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1310 - Procès des Templiers des diocèses de Saintes et d’Angoulême - Les interrogatoires - 1/3

1ère partie - en raison de leur volume, ces documents sont divisés en 3 parties

D 15 septembre 2007     H 02:45     A Pierre     C 3 messages A 6057 LECTURES


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Minutes en latin (+ traduction) des interrogatoires des Templiers membres et responsables (précepteurs) des établissements situés dans les diocèses de Saintes et d’Angoulême, lors de leur procès entre 1307 et 1310. Identification des lieux mentionnés.

Des témoignages en tous genres, à charge et à décharge. Condamnés d’avance ? Les bûchers ne sont pas loin.

Source : Le procès des Templiers - Jules Michelet - Imprimerie royale - 1841 - Traduction : Pierre Collenot.

- Dans le texte latin, les noms de lieux (établissements templiers) sont écrits en gras.
- Dans la traduction française, sont écrits :
- en vert, les éléments qui donnent des informations sur la structure de l’Ordre,
- en bleu ceux qui décrivent son rituel et ses usages,
- en rouge ceux qui révèlent le contenu de l’acte d’accusation contre l’Ordre..
Ces éléments sont regroupés et commentés dans la colonne de droite.
Voir le contenu des 128 articles qui servent de trame aux commissaires enquêteurs

2ème partie

Sont présentés ici les 23 documents suivants :
- [traduit] 17 février 1310 - Résultats groupés d’interrogatoires individuels de prisonniers questionnés sur leur volonté de défendre l’Ordre
- [traduit] 13 avril 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes de sancto Benedicto, precepteur de la maison du Temple de l’Ile-Bouchard, diocèse de Tours, admis dans l’Ordre au Temple de La Rochelle
- [traduction partielle] 15 avril 1310 - Johannes Anglici de Hinquemeta, du diocèse de Londres, admis au Temple de La Rochelle (17)
- 11 mai 1310 - Interrogatoire de frère Humbertus de Podio, du diocèse de Poitiers, admis au Temple du Dognon (16 Cressac-Saint-Genis)
- 12 mai 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes Bertaldi, du diocèse de Poitiers
- 8 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Liège, précepteur du Temple de La Rochelle
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus d’Erree - Faits survenus au Temple de Lamanh ou Laman dans le diocèse de Saintes
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Theobaldi, précepteur de la maison du Temple de Châteaubernard (16)
- 9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Hélias Raynaudi, précepteur de la maison du Temple du Dognon (Cressac-Saint-Genis 16)
- 20 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Geraldus de Augnihaco, du diocèse de Limoges
- 22 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère de Monte Trichardi, précepteur du Temple de Malo Leone, diocèse de Poitiers
- [traduit] 22 mars 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes Durandi diocèse de Limoges, precepteur du Temple de Codria, diocèse de Poitiers
- 3 avril 1311 - Convocation de témoins
- 7 avril 1311 - Extrait de l’interrogatoire de frère Guillelmus de Plexeyo du diocèse d’Evreux
- 7 avril 1311 - Interrogatoire de frère Bartholomeus Bartholeti, admis au Temple de Bernay (Marans 17)
- 7 avril 1311 - Interrogatoire de frère Arnaudus Breion de Goerta, du diocèse d’Angoulême, admis au Temple de Beauvais-sur-Matha (17)
- 7 mai 1311 - Discours de Guido, évêque de Saintes, à plusieurs frères incarcérés
- 7 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Soromina, admis au Temple de Châteaubernard (16)
- 8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus Audenbon, admis au Temple de Syourac (Civrac) (17 Mirambeau)
- 8 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Narsac, précepteur de la maison du Temple des Epeaux (Meursac 17)
- 10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Helias Costati, admis au Temple des Epeaux (Meursac 17)
- 10 mai 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Geraldi de Mursac, admis au Temple des Epeaux (17 Meursac)
- 18 mai 1311 - Interrogatoire de frère Hugo de Jansac, admis au Temple du Fouilloux

Commentaires généraux sur ces textes :
- La lecture des actes du procès fait apparaître que les frères Templiers connaissaient une grande mobilité géographique, entre France, Terre-Sainte et Chypre, et en France, entre les divers établissements. Le rattachement géographique retenu ici pour présenter ces extraits est celui qui découle du lieu de l’admission dans l’Ordre ou celui du lieu d’exercice au moment de l’arrestation. Il ne s’agit donc pas, sauf coïncidence non vérifiable, du lieu de naissance des frères cités.
- Quelques éléments (mention du maître d’Aquitaine) indiquent que le parcours entre établissements en France se fait à l’intérieur d’une structure de commandement locale (le diocèse) ou régionale, regroupant plusieurs diocèses.
- La structure générale de l’Ordre en France apparaît calquée sur la structure de l’Eglise de France de l’époque.

17 février 1310 - Résultats groupés d’interrogatoires individuels de prisonniers - Ils sont questionnés sur leur volonté de défendre l’Ordre

Texte originalTraduction)Notes et commentaires
Item, eisdem die et loco fuerunt adducti coram eisdem dominis commissariis (excepto domino archidiacono Magalonensi, qui jam, quoad ea que dicta die restabant agenda, se excusavit) fratres subscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Pictavia, videlicet fratres Iterius de Lombihacho miles Lemovicensis, Petrus de Lonihis Remensis, Guillelmus de Sanzeto Lemovicensis, Helias Aymerici Lemovicensis, Galterus de Pincon Cameracensis, Aymericus Boeti Engolismensis, Guillelmus Vigerii Engolismensis, Matheus de Alveto Cameracensis, Petrus de Rupe Turonensis, Matheus de Stagno Turonensis, Helias de Chalhistrat presbyter curatus ecclesie de Relhatus Lemovicensis, Guillelmus Barbot Pictavensis, Raynardus de Bondis Parisiensis diocesium. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem deffendere, dixerunt et responderunt quod sic.

Item, frater Humbertus de Reffiet Pictavensis diocesis, qui eodem modo interrogatus, respondit quod pauper homo est et non intendit defendere dictum ordinem, sed habebit ratum illud quod Magister ordinis faciet.

Item, et alii fratres subscripti cum aliis predictis de Pictavia, ut dicebatur, adducti. Qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt ut sequitur.

Frater Audebertus de Porta Pictavensis diocesis querit consilium Magistri, sub cujus obediencia est.

Frater Johannes Bochandi Pictavensis diocesis respondit et dixit quod pauper homo est et non posset defendere, sed erit contentus de hoc quod Magister faciet.

Frater Thomas de Camino Rothomagensis diocesis respondit quod pauper homo est et non posset defendere, sed defendat Magister, si vult, quia de hoc quod ipse faciet est contentus.

Frater Johannes le Bergonhons Lingonensis diocesis, in habitu laycali existens, dixit quod non vult defendere dictum ordinem, quia, antequam Templarii essent capti, apostitaverat bene per annum, propter quamdam mulierem.

Frater Laurencius Bacizin Pictavensis diocesis dixit quod libenter defenderet dictum ordinem, si posset, sed non habet unde, propter quod relinquit defensioni superiorum suorum.

Frater Guido de Gorso Lemovicensis diocesis dixit quod libenter defenderet, si posset, sed non habet de quo, et relinquit defensioni Magistri.

Frater Johannes de Anonia Cameracensis diocesis dixit quod vult defendere suo posse.

Frater Stephanus de Lamon Lemovicensis diocesis dixit quod non potest defendere quamdiu est captus, sed si esset liber, defenderet suo posse.

Frater P. Raynardi Pictavensis diocesis relinquit defensioni Magistri.

Frater Guillelmus Bonamof Caturcensis diocesis relinquit defensioni majorum ordinis.

Frater Johannes de Bisonio Bituricensis diocesis dixit quod vult defendere suo posse.

Frater Stephanus Anglici Pictavensis diocesis relinquit defensioni Magistri ordinis, quia tempore capcionis fratrum non fuerat in dicto ordine nisi per duos annos.

Frater Aymericus Chamerlent Lemovicensis diocesis dixit quod non vult defendere, imo vult stare confessioni facte per eum coram domino Pape.

Fratres Stephanus Quintini Pictavensis, et Gerardus de la Terlanderia Engolismensis diocesium, dixerunt quod volebarit dictum ordinem defendere pro posse suo.

Frater Iterius de Breveza Lemovicensis diocesis relinquit defensioni majorum.

Item, eisdem die et loco fuerunt adducti coram eisdem dominis commissariis fratres suscripti, qui adducti fuisse dicebantur de Crespino Silvanectensis diocesis, qui singulariter et separatim interrogati, si volebant dictum ordinem defendere, responderunt ut sequitur :

Frater Radulphus de Taverniacho Parisiensis diocesis dixit quod vult defendere usque ad finem.

Fratres Reginaldus de Parisius presbyter, Matheus de Tabulla Belvacensis, et Nicolaus de Compendio Suessionensis diocesium, dixerunt quod volunt dictum ordinem defendere usque ad mortem.

Fratres Helias de Gostro Meldensis, Johannes de Oratorio Suessionensis, P. de sancto Lupo Parisiensis, et Bonio de Volenis Lingonensis diocesium, dixerunt quod volunt dictum ordinem defendere.

Acta fuerunt hec predictis die et loco, presentibus me Floriamonte Dondedei et aliis notariis supra proximo nominatis.
Item, le même jour au même lieu on conduisit en présence des seigneurs commissaires (excepté monseigneur l’archidiacre de Maguelonne qui à ce moment, alors qu’il restait à faire ces auditions, s’excusa) les frères ci-dessous, qu’on disait avoir été amenés de Poitiers, à savoir les frères Iterius de Lombihacho (Limoges), Petrus de Lonihis (Reims), Guillelmus de Sanzeto (Limoges), Helias Aymerici (Limoges), Galterus de Pincon (Cambrai), Aymericus Boeti (Angoulême), Guillelmus Vigerii (Angoulême), Matheus de Alveto (Cambrai), Petrus de Rupe (Tours), Matheus de Stagno (Tours), Helias de Chalhistrat prêtre curé de l’église de Relhatus (Limoges), Guillelmus Barbot (Poitiers), Raynardus de Bondis (Paris).[(diocèse)]. Lesquels ont été interrogés individuellement et séparément, [pour savoir] s’ils voulaient défendre l’Ordre, répondirent comme suit :

- frère Humbertus de Reffiet (Poitiers), interrogé de cette manière, répondit qu’il était un homme pauvre et qu’il n’avait pas l’intention de défendre cet Ordre, mais qu’il tenait pour sur que le Maître de l’Ordre se défendrait.

Les autres frères ci-dessous, avec les précédents amenés de Poitiers, comme on l’a dit. Interrogés individuellement et séparément, répondirent comme suit :

- frère Audebertus de Porta (Poitiers) demanda le conseil du Maître, sous l’obédience duquel il et placé.

- frère Johannes Bochandi (Poitiers) répondit et dit qu’il est un homme pauvre et qu’il ne pourrait le défendre, mais qu’il sera content de ce que fera le Maître.

- frère Thomas de Camino (Rouen) répondit qu’il est un homme pauvre et qu’il ne pourrait le défendre, mais que le Maître se défende, s’il veut, parce qu’il est content de ce que le Maître fera.

- frère Johannes le Bergonhons (Langres), en habit laïc, dit qu’il ne veut pas défendre cet ordre, parce que avant que les Templiers soient emprisonnés, il a apostasié, il y a bien un an, pour une femme.

- frère Laurencius Bacizin (Poitiers) dit qu’il défendrait volontiers l’Ordre, s’il pouvait, mais il n’a pas de quoi payer, voila pourquoi il a renoncé à la défense de ses supérieurs

- frère Guido de Gorso (Limoges) dit qu’il défendrait volontiers, s’il pouvait, mais il n’a pas de quoi, et il renonce à la défense du Maître.

- frère Johannes de Anonia (Cambrai) dit qu’il veut le défendre comme il le peut.

- frère Stephanus de Lamon (Limoges) dit qu’il ne peut le défendre tant qu’il est emprisonné, mais s’il était libre, il ferait tout son possible.

- frère P. Raynardi (Poitiers) a renoncé à la défense du Maître.

- frère Guillelmus Bonamof (Cahors) a renoncé à la défense des chefs de l’Ordre.

- frère Johannes de Bisonio (Béziers) dit qu’il veut faire son possible pour le défendre.

- frère Stephanus Anglici (Poitiers) a renoncé à la défense de l’Ordre, car au moment de l’emprisonnement des frères de l’Ordre, il n’était dans l’Ordre que depuis 2 ans.

- frère Aymericus Chamerlent (Limoges) dit qu’il ne veut pas le défendre, surtout il veut s’en tenir à la confession qu’ils on faite en présence de notre seigneur le Pape.

- frère Stephanus Quintini (Poitiers) et Gerardus de la Terlanderia (Angoulême) ont dit qu’ils voulaient défendre cet Ordre autent que possible.

- frère Iterius de Breveza (Limoges) a renoncé à la défense de ses chefs.

Item, le même jour au même lieu furent amenés en présence des seigneurs commissaires les frères ci-dessous, qu’on dit être amenés de Crespino, diocèse de Senlis, qui, interrogés individuellement et séparément sur leur volonté de défendre l’Ordre, répondirent ce qui suit :

- frère Radulphus de Taverniacho (Paris) dit qu’il veut défendre l’Ordre jusqu’au bout.

- frères Reginaldus de Parisius prêtre, Matheus de Tabulla (Beauvais), et Nicolaus de Compendio (Soissons), dirent qu’ils veulent défendre l’Ordre jusqu’à la mort.

- frères Helias de Gostro (Meaux), Johannes de Oratorio (Soissons), P. de Sancto Lupo (Paris) et Bonio de Volenis (Langres), dirent qu’ils veulent défendre cet Ordre.

Dont acte, au jour et lieu susdits, en présence de moi Floriamonte Dondedei et des autres notaires ci-dessus nommés.
Tome 1, p. 76

Sont cités dans cet extrait, où l’on trouve un regroupement un peu régional (templiers incarcérés à Poitiers) :
- Aymericus Boeti, du diocèse d’Angoulême,
- Guillelmus Vigerii, du diocèse d’Angoulême
- Gerardus de la Terlanderia, du diocèse d’Angoulême

13 avril 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes de sancto Benedicto, precepteur de la maison du Temple de l’Ile-Bouchard, diocèse de Tours, admis dans l’Ordre à la maison du Temple de La Rochelle

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Post hec, die Lune sequenti, que fuit tercia decima dies mensis Aprilis, dicti domini Bajocensis et Lemovicensis episcopi ac Magalonensis archidiaconus, una nobiscum notariis subscriptis, accesserunt apud sanctum Clodoaldum predictum, ad domum episcopalem dicti loci, in qua dictus frater Johannes jacebat infirmus, et exposita sibi causa eorum adventus, idem frater Johannes, sacrosanctis Evangeliis per eum manu tactis, secundum formam suprapositam, juravit eis dicere totam, plenam et meram veritatem quam scit vel credit de dictis articulis a sede apostolica missis et eos contingentibus, non immiscens aliquid falsitatis ; quod eciam diceret veritatem, tam contra ipsum ordinem quam pro ipso ordine, et quod nec prece, nec precepto, nec amore, nec timore, nec privato odio, nec pro comodo temporali quod habuerit vel habeat, vel habere speraret, testimonium dicet. Quo juramento sic prestito, idem frater Johannes deposuit ut sequitur :

Frater Johannes de sancto Benedicto, preceptor domus Templi de Insulla Bochardi, Turonensis diocesis, et de eadem diocesi natus, in lecto egritudinis positus, etatis LX annorum vel circa, ut dixit, testis juratus secundum formam predictam et diligenter interrogatus super articulis a sede apostolica missis super inquisicione facienda contra Templariorum ordinem ;

et primo super primis articulis in quibus agitur de abnegacione Christi vel Jhesu, etc. usque , ad articulum de spuicione super crucem, sibi diligenter expositis, dixit quod ipse fuit receptus bene sunt XL anni vel circa apud Rupellam, diocesis Xantonensis, per fratrem P. de Legione, tunc preceptorem de Rupella, nunc defunctum, qui in ejus recepcione dixit sibi quod oportebat eum abnegare Dominum nostrum, non recollens si Jhesum vel Christum vel Crucifixum nominavit, sed dixit ipsi testi quod totum est unum ; cui iste testis respondit quod si negaret eum, non negaret corde sed ore, et sic negavit eum ad instigacionem recipientis.
Après cela, le lundi suivant, 13ème jour du mois d’avril, les évêques de Bayeux et de Limoges, et l’archidiacre de Maguelonne, avec nous notaires bas nommés nous rendîmes près de Saint Cloud, en la demeure épiscopale du lieu, dans laquelle le frère Johannes gisait, malade, et après que nous lui ayons exposé la raison de notre venue, ce frère Johannes, sur les saints évangiles touchés de sa main, selon la forme requise, jura de leur dire la vérité totale, pleine et entière sur ce qu’il sait ou croit de ces articles émis par le siège apostolique et les concernant, sans y mêler quelque mensonge ; que de plus il dirait la vérité, tant contre l’ordre qu’en sa faveur, et qu’il ne ferait ce témoignage ni sous l’effet de la supplication, ni sur ordre ni par amour, ni par crainte, ni par haine individuelle, ni pour un avantage temporel qu’il a ou aurait, ou espèrerait avoir. Une fois ce serment prêté, le frère Johannes fit la déposition suivante :

Frère Johannes de sancto Benedicto, précepteur de la maison du Temple de l’Ile-Bouchard, diocèse de Tours, né dans ce même diocèse, couché dans son lit de malade, âgé de 60 ans ou environ, à ce qu’il dit, témoin assermenté selon la forme ci-dessus et interrogé consciencieusement sur les articles envoyés par le siège apostolique sur l’enquête à faire contre l’ordre des Templiers ;

et premièrement sur les premiers articles où il est question du reniement du Christ ou de Jésus, etc. jusqu’à l’article sur le crachat sur la croix, qui lui ont été exposés scrupuleusement, il dit que lui-même fut reçu il y a bien 40 ans ou environ à La Rochelle, diocèse de Saintes, par le frère P. de Legione, alors précepteur de La Rochelle, aujourd’hui défunt, qui lors de sa réception lui avait dit qu’il lui fallait renir notre Seigneur, ne se rappelant plus s’il l’avait appelé Jésus, le Christ ou le Crucifié, mais avait dit à ce témoin que tout est un ; à quoi ce temoin répondit que s’il le reniait, ce serait en paroles, mais non du coeur, et ainsi il le renia, sur la demande de celui qui le recevait.
Tome 1, p. 178-182

Dans le cartulaire de Saint-Jean d’Angély T II - AHSA Tome 33 - 1903 - p. 198. une charte de 1299 mentionne Guillelmus de Legis, précepteur de la maison de la milice du Temple de La Rochelle.

15 avril 1310 - Interrogatoire de Johannes Anglici de Hinquemeta, du diocèse de Londres, admis dans l’Ordre à la maison du Temple de La Rochelle

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Post hec, in crastinum, scilicet die Mercurii sancta, que fuit xv dies mensis Aprilis, Johannes Anglici de Hinquemeta, Londonensis diocesis, testis suprajuratus, deferens vestes de burello grisso, absque mantello et habitu ordinis Templi predicti, habens barbam rasam, etatis xxxvi annorum vel circa, ut dixit, venit ad presenciam dictorum dominorum commissariorum, ut deponeret dictum suum ; et sciendum quod die Sabati proximo precedenti dictus Johannes projecerat et dimiserat dictum mantellum coram predictis dominis commissariis, sicut scriptum est superius in processu.

Requisitus autem super singulis articulis supradictis a dominis commissariis antedictis, respondit ut sequitur. Super i-xiii articulis requisitus, respondit quod ipse fuerat receptus in dicto ordine apud Rupellam Xantonensem a fratre Petro de Madit milite dicti ordinis, magistro in Pictavia, et cum imposuisset sibi mantellum supra collum, idem miles ad requisicionem fratris Guillelmi de Leodio, tunc preceptor [sic] de Rupella in cujus servitio idem testis tunc morabatur, ut dixit idem miles, duxit ipsum testem retro quoddam altare, et precepit sibi quod negaret ter Jhesum et quod spueret super quamdam crucem oblatam ibidem ; adiciens se abnegasse Jhesum ad pre-ceptum dicti militis, ter, ore, non corde, et spuisse ter juxta dictam crucem.

Item, dixit quod Raynaldus capellanus ipsius ordinis in dicta domo de Rupella tradidit sibi quamdam cordulam de filo albo et precepit quod de illa cingeret se die ac nocte super camisiam suam, et asseruit idem capellanus, ut dixit idem testis, quod quoddam capud fuerat cinctum predicta cordula, sed nescit quod, nec illud vidit.

Item, dixit quod predictus miles, qui eum recepit, osculatus fuit ipsum testem, post ipsam recepcionem, in ore, presentibus fratribus qui adberant recepcioni ; postmodum idem miles, cum duxisset eum retro altare, fuit eum osculatus in pectore et inter scapulas in carne nuda.

Item, dixit predictum militem tunc precepisse eidem quod supradicta teneret secrete et super hoc recepisse juramentum ab eo, faciendo ipsum jurare super quendam librum.

Requisitus de tempore dicte sue recepcionis et de astantibus, respondit decem annos esse vel circa quod fuerat receptus, et quod fuerant presentes iiii fratres dicti ordinis cum dicto receptore, videlicet frater Raynaldus predictus, frater Stephanus, tunc claviger dicti loci, frater Theobaldus Mandies miles, frater Stephanus Picardi carpentrarius dicti loci, quos omnes dixit obiisse preter preceptorem predictum.

Requisitus, si sciebat aliquas observancias dicti ordinis, respondit quod jejunabant vel jejunari debebant vi feria a festo Omnium Sanctorum vel circa usque ad Pascha, et ex tunc qui volebant et per quemdam Quadragesimam ante Natalem Domini, et dicebant vel dicere debebant, inter diem et noctem pro vivis et defunctis, LX Pater noster et Ave Maria, et pro singulis horis canonicis diei novies Pater noster, ut sibi videtur, et pro singulis horis beate Marie septies Ave Maria, ut sibi videtur.

Requisitus, si ille qui precepit sibi quod abnegaret Jhesum et quod spueret super crucem reddidit sibi aliquam causam vel racionem. quare talia faceret, respondit quod dictus miles sibi dixit quod ita servabatur in ordine, aliam causam nec sibi dixit nec presens testis scit.

Item, dixit quod quando fecit abnegacionem et spuicionem predictas et deosculacionem in pectore et in scapulis, nullus erat qui videret nisi ipse testis et dictus miles eum recipiens, sed osculum horis bene viderunt alii fratres presentes.

Item, requisitus, an hoc vidit in aliis in ordine servari, dixit quod ipse, per iiiios annos. vel circa post suam recepcionem, vidit in dicta domo Templi de Rupella in quadam camera in fratrem recipi dicti ordinis quemdam qui vocabatur Petrus de Chatenhac Xantonensis diocesis, et fuit receptus per dictum Petrum militem et ductus per eum post imposicionem mantelli in capella retro altare, et secuti fuerunt dictum Petrum ipse testis et frater Raynotus, Stephanus claviger et Stephanus carpentrarii supradicti, et credit quod predictus recipiens fecit fieri ab ipso recepto, sicut factum fuerat per ipsum testem, sed non poterant videre iste testis et alii predicti, quia dictus recipiens et receptus erant retro altare.

Requisitus, si iste modus servabatur ubique in ordine tam citra mare quam ultra, dixit quod credit quod sic, sed non vidit nisi illa de quibus supra deposuit ; de aliis contentis in predictis articulis, dixit se nichil amplius scire.

Item, super XIIII et xv articulis requisitus, respondit quod ita audivit dici ab aliquibus secularibus ante capcionem eorum, sed nunquam vidit nec interfuit nec a fratribus dicti ordinis dici audivit, nec recolit de nominibus secularium predictorum.

Item, super xvi articulo et aliis sequentibus usque ad xxiiii articulum requisitus, respondit quod ipse credit sacramenta altaris et alia ecclesiastica sacramenta, sed nescit quid alii fratres credebant vel non credebant, nec an sacerdotes dimitebant verba canonis misse per quod conficitur corpus Christi vel non, sed post capcionem Templariorum audivit dici a pluribus personis quod sacerdotes ordinis predicti obmitebant aliqua verba in canone misse, sed nescit an sit verum vel non ; dixit eciam quod ter in anno, videlicet in festo Pasche, Pentecoste et Natalis Domini, dicti fratres communicabant de manu sacerdotis ordinis sui ; de aliis contentis in dictis articulis, dixit se nichil amplius scire.

Item, super xxiiii articulo et aliis sequentibus articulis usque ad xxx requisitus, respondit quod audivit dici pluries a pluribus fratribus ordinis predicti, de quorum nominibus non recolit, ut dixit, quod magnus Magister ordinis poterat committere et precipere capellanis ejusdem ordinis quod absolverent fratres confitentes peccata sua, sed si non confiterentur non audivit dici quod possent absolvere ; de aliis contentis in dictis articulis, dixit se nichil amplius scire, nisi quod visitatores et preceptores bene imponebant penas fratribus predicti ordinis, de comedendo ad terram super mantellos suos.

Item, super xxx° articulo et aliis sequentibus usque ad xxxiiii requisitus, respondit id quod supra et nichil plus.

Item, super xxxiiii articulo et aliis sequentibus usque ad LX requisitus, respondit quod ipse ad mandatum illius qui recepit eum juravit super quemdam librum quod ipse dictum ordinem non exiret, et credit quod omnes alii qui recipiebantur in dicto ordine idem facerent, et ipse hoc vidit de predicto fratre Petro de Chatenhac quando fuit receptus, et quod statim reputabantur pro professis. Item, dixit quod recepciones dictorum fratrum fiebant clamdestine, scilicet januis fortiter clausis, et nullis presentibus nisi fratribus dicti ordinis. Requisitus qualiter scit hoc, respondit quod quia vidit de se fieri et servari in recepcione sua et dicti fratris P. de Catenhaco, et credit quod eodem modo fiebat et servabatur in ordine ; dixit eciam quod ex clandestina recepcione fuit vehemens suspicio contra dictum ordinem a satis longis temporibus.

Item, super XL articulo et aliis sequentibus usque ad XLVI requisitus, respondit quod nunquam audivit dari illam licenciam, quod unus cum alio posset vel deberet se carnaliter commiscere ; immo credit quod esset gravissimum peccatum et facere et pati. Audivit tamen dici, bene sunt decem anni, quod ultra mare aliqui fratres inter se committebant illud peccatum, non tamen credit quod hocsit de licencia Magistri nec de statuto ordinis supradicti. Requisitus a quibus hoc audivit dici, respondit quod a quibusdam secularibus et eciam ab aliquibus fratribus dicti ordinis, qui fuerant et venerant de ultra mare, de quorum nominibus non recordatur, ut dixit.

Item, super XLVI et aliis sequentibus articulis usque ad LXV requisitus, respondit quod ipse nescit nec vidit illud ydolum, nec illud capud, nec audivit dici quod essent in.ordine nisi post capcionem eorum, nec eciam credit nisi quantum et prout supradixit de cordulis ; de aliis contentis in dictis articulis, dixit se [non ?] amplius scire.

Item, super LXV et aliis sequentibus articulis usque ad LXXIII articulum requisitus, respondit quod non vidit nec audivit aliquem fratrem interfici, nec carceri mancipari, nec male tractari, nec comminaciones fieri nisi predicta faceret ; non tamen scit nec audivit quod aliquis renuerit facere abnegacionem et spuicionem ac deosculaciones predictas per eum recognitas. Item, dixit quod de modo recepcionis sue eciam inter se non loquebantur nec audebant. Interrogatus quare, respondit quod credebat quod pro honore seculi seu pro verecundia propria. De aliis contentis in dictis articulis, dixit se nichil amplius scire, nisi quod supra deposuit.

Item, super LXXHI articulo requisitus, respondit quod capellani ordinis predicti bene prohibebant fratribus ne confiterentur aliis quam presbiteris de ordine Templi, non tamen audivit quod Magister ordinis vel alii preceptores fecerunt istam inhibicionem. Requisitus a quibus capellanis audivit fieri istam inhibicionem, dixit quod a capellanis locorum in quibus ipse testis fuit moratus, et credit quod hoc esset de statu ordinis, sed aliter nescit.

Cumque propter hore tarditatem, dictus testis non posset perficere dictum suum, dicti domini commissarii ob reverenciam festivitatis paschalis, non volentes dicto negocio quo ad presens ulterius intendere, voluerunt et concordaverunt quod idem testis ad eos reveniret in eumdem locum, die Jovis post Pascha, ad perficiendum dictum suum. Dictus vero dominus Bajocensis dicens quod ipse de mense vel ultra non posset intendere dicto negocio, cum haberet recedere tam propter concilium provinciale Rothomagense, quod interim celebrari debebat et cui interesse oportebat, quam propter aliqua alia negocia, excusavit se usque ad regressum suum, volens quod alii domini commissarii, in dicto negocio, procedant ejus ab sericia non obstante.

Acta fuerunt hec in dicta capella per dictos dominos commissarios, predicta die Mercurii, presente me Floriamonte notario et aliis notariis suprascriptis, excepto Guillelmo Radulphi.

Post hec, die Jovis post Pascha, que fuit xxiii dies mensis Aprilis, supradicti domini commissarii, excepto domino Bajocensi excusato ut supra, convenerunt in capella predicta, et revenit coram eis ad perficiendum deposicionem suam, que propter hore tarditatem non poterat perfici dicta die Mercurii ante Pascha, qua dicta die Mercurii inceperant examinari eundem. Requisitus autem super LXXIIII, v et vi articulis, respondit se credere vera esse contenta in ipsis articulis, quia sic audiverat dici a fratribus dicti ordinis, et specialiter a dicto preceptore Rupelle qui vivus est, ut credit ; qui autem presentes fuerunt quando audivit predicta et quo tempore, dixit se non recordari, fuerat tamen ante tempus eorum capcionis eorum fere per bienium, ut credit, et predicta dixit se audivisse a prefato preceptore in colocutorio domus Templi de Rupella ante portam.

Item, super LXXVII et aliis sequentibus usque ad LXXXVIII requisitus, respondit se nichil scire nisi de credulitate, quia credit omnia contenta in dictis articulis esse vera quantum ad ea que confessata sunt per eundem supra in aliis articulis.

Item, super LXXXVIII et aliis sequentibus articulis usque ad xcvi requisitus, respondit se credere contenta in ipsis articulis vera esse quoad illa que supra de se confessus est, aliter dixit se nescire nec causam reddere nisi de aditu dici.

Item, super xcvi articulo requisitus, respondit se credere quod Magister et visitatores et preceptores possent punire nolentes facere predicta, non tamen vidit aliquem puniri nec audivit dici quod aliquis noluerit facere predicta confessata de se ; dixit eciam se credere quod nolentes facere illa que ipse confessus est de se fecisse fuissent puniti per eorum superiores ; aliter dixit se nescire.

Item, super xcvii articulo requisitus, respondit quod in multis domibus Templi fiebant ellemosine et hospitalitas servabatur, non tamen ita plene et bene sicut debuissent et sicut ordinaverant alii qui bona sua relinquerant ordini pro ipsis ellemosinis faciendis et hospitalitate servanda. Interrogatus, si ex statuto ordinis fiebant dicte ellemosine, respondit quod in domibus in quibus sunt capelle, sed non in aliis fiebant ellemosine, ter in septimana, ex statuto ordinis, ut credit, et ita vidit observari, ut dixit, tempore quo ipse fuit in dicto ordine. Item, dixit se vidisse in domo dicti ordinis, civitatis Nannatensis, quod Thomas claviger dicte domus, frater dicti ordinis, dabat interdum porcis bonum bladum et pauperibus panem de fulfure, licet preceptor dicte domus precepisset dicto clavigero quod faceret debitam ellemosinam, et hoc dixit se audivisse dum existeret in domo predicta.

Item, super XCVIII-C articulis requisitus, respondit se nichil scire, vidit tamen quod per litteras apostolicas multi vexabantur a, fratribus dicti ordinis et aliqua extorquebant obtentu dictarum litterarum ab eis, et vidit, ut dixit, quod dominus Guaufredus de sancto Britone, episcopus quondam Xantonensis, fuit conquestus fratri Guaufredo de Vicheyo visitatori dicti ordinis de fratre Martino preceptore de Epans ejusdem diocesis, quem asserebat idem episcopus extorsisse indebite ab ejus subditis ultra quingentas libras, et petebat a dicto visitatore quod faceret eum cessare a dictis extorsionibus et reddere sic extorta, sed dictus visitator surda aure pertransivit et dissimulavit predicta, de quo dictus episcopus fuit valde turbatus. Interrogatus de tempore quo fuerunt predicta, dixit quod decem anni erant, et quod dictus episcopus parum vixerat post predicta. Requisitus quot annis fuerat ipse testis in ordine Templi antequam predicta audivisset, respondit quod per quadriennium, de quibus fuerat moratus per duos annos in dicto loco des Enspans ut donatus, sed nondum indutus, et per alios duos in domo de Rupella ut frater dicti ordinis. Requisitus de loco in quo dictus episcopus predicta dixerat dicto visitatori, respondit quod apud castrum Bernardi Xantonensis diocesis.

Item, super CI-CVI articulis requisitus, respondit quod clam consueverunt tenere sua capitula, eciam excluso predicatore qui aliquando predicabat in dictis capitulis, et se audivisse dici quod predicta capitula tenebantur circa auroram, sed non interfuerat in dictis capitulis, ut dixit, nec vidit nec audivit dici quod familiares expellerentur extra claustras domus, non tamen audebant appropinquare ad hostia domus, in quo capitulum tenebatur, et firmabant ita hostia ecclesie vel domus in quibus tenebant capitulum, quod nullus posset intrare, sed non alia hostia domus. De contentis in cv articulo dixit se nichil scire ; contenta vero in cvi articulo dixit vera esse. Requisitus, si fuerat in aliqua domo dicti ordinis ubi capitulum teneretur, respondit quod non, postquam fuit receptus in fratrem dicti ordinis, sed ante recepcionem suam, dum erat familiaris dictorum fratrum, fuerat in dicta domo de Rupella, ubi fratres tenebant suum capitulum, et ibi vidit, ut dixit, que supra deposuit de dicta clausura hostiorum.

Item, super cvii et cviii articulis requisitus, respondit se nichil scire de Magistro quod absolveret vel absolvere posset, sed fratres presbiteri dicti ordinis predictas absoluciones faciebant.

Item, super cviiii et cx articulis requisitus, respondit se nichil scire.

Item, super cxi articulo requisitus, respondit se nichil scire, nisi de presbiteris prout supra deposuit.

Item, super cxii et xiii articulis requisitus, respondit se credere contenta in dictis articulis esse vera. Requisitus de causa, respondit . quod sic audiverat dici a fratribus dicti ordinis.

Item, super cxiiii articulo requisitus, respondit se credere quod longo tempore duraverunt in dicto ordine dicti errores confessati per eum, et se audivisse dici a fratribus dicti ordinis quod in dicto ordine erant aliqua que indulgebant corectione et indiguerant, triginta anni erant elapsi de tempore tamen, loco et personis et a quibus audivit predicta, respondit se non recordari.

Item, super cxv, xvi et xvii articulis requisitus, respondit se credere vera esse contenta in ipsis articulis, nec vidit, ut dixit, aliquam emendacionem in erroribus supra confessatis per eum.

Item, super cxviii articulo requisitus, respondit quod multi exierant dictum ordinem, nescit tamen ex qua causa, et quod ipse testis exivisset dictum ordinem vii anni sunt elapsi, et credit eciam quod quingenti alii et ultra fecissent idem ante eorum capcionem per aliqua tempora, nisi ob timorem ordinis retracti fuissent. Requisitus ex qua causa ipse exivisset ordinem predictum, dixit quod propter abominacionem dictorum errorum per eum confessatorum.

Item, super cxviiii articulo requisitus, respondit se nichil scire, nisi de auditu dici post tempus capcionis eorum.

Item, superr cxx xxi, ii, iii articulis requisitus, respondit quod inter fratres dicti ordinis erant noti et manifesti errores, de quibus ipse supra deposuit, et erat fama publica inter eos dictos errores vigere in ordine supradicto, nescit tamen, ut dixit, quod extra ordinem ante capcionem eorum esset fama predicta. Requisitus quid vocat hic famam publicam, respondit quod illud quod communiter sciebatur inter fratres dicti ordinis.

Item, super CXXIIII, XXV, XXVI et XXVII articulis requisitus, respondit se credere esse vera contenta in eis. Requisitus quare credit, respondit quia hoc audiverat legi in litteris bullatis in presencia officialis Pictavensis. Requisitus, si sic deposuit prece, precio, precepto, timore, odio vel amore, aut aliquo comodo temporali, doctus vel instructus, respondit quod non.
Ensuite, le lendemain, à savoir jour de Mercredi Saint, le 15 avril, Jean Anglici de Hinquemata, du diocèse de Londres, témoin assermenté, portant vêtements de laine grise, sans le manteau et les habits de l’Ordre du Temple, barbe rasée, de 36 ans environ, à ce qu’il dit, vint en présence des seigneurs commissaires, pour faire sa déposition. Et sachant que le samedi précédent, ledit Johannes avait enlevé et abandonné ledit manteau en présence des commissaires, comme il est écrit auparavant dans le procès.

Interrogé sur les articles I à XIII, il répondit qu’il fut admis dans cet Ordre à La Rochelle du diocèse de Saintes par le frère Pierre de Madit "miles" de l’Ordre, maître en Poitou, et comme il le lui passait autour du cou, ce même "miles", à la demande de frère Guillaume de Leodio, alors précepteur de la Rochelle, au service duquel ce témoin était alors demeuré, comme l’a dit ce "miles", conduisit ce témoin derrière un autel et lui enjoignit de renier trois fois Jésus, et de cracher sur une croix qu’il avait apportée ; ajoutant qu’il avait renié Jésus à la demande dudit "miles", trois fois, de la bouche mais non du coeur, et craché trois fois à proximité de ladite croix.

Item, il dit que Raynaldus, chapelain de l’Ordre à la maison de La Rochelle, lui remit une cordelette de fil blanc et lui enjoignit de s’en ceindre jour et nuit sur sa chemise, et que ce même chapelain lui assura, comme dit le témoin, que quelque "capud" (amulette ?) était attaché à cette corde, mais il ne sait pas quoi, et il ne l’a pas vu.

Item, il dit que ce "miles" qui l’a admis fut embrassé au visage, après cette admission, sur la bouche, par les frères présents à cette admission ; par la suite, ce même "miles", comme il le conduisait derrière l’autel, se fit embrasser sur la poitrine et sur les épaules, sur sa peau nue.

Item, dit que le "miles" lui enjoignit de tenir ces choses secrètes, et reçut à ce sujet son serment, en le faisant jurer sur un livre.

Interrogé sur la date de son admission et sur ceux qui y assistaient, il répondit qu’il y avait environ 10 ans qu’il avait été admis, et que quatre frères de l’Ordre étaient présents, avec celui qui l’admettait, à savoir frère Raynaldus (déjà nommé), frère Stéphane alors clavaire du lieu, frère Théobaldus Mandies "miles", frère Stéphanus Picardi, charpentier du lieu, il dit en outre que tous ont quitté cette préceptorerie.

Questionné s’il savait d’autres observances de cet ordre, il répondit qu’ils jeûnaient ou devaient jeûner six jours entre la fête de Toussaint et la fête de Pâques, et ceux qui voulaient pendant la période des 40 jours avant Noël, et disaient ou voulaient dire, entre le jour et la nuit, pour les vivants et pour les morts, 60 Pater Noster et Ave Maria et pour les simples heures canoniques du jour, neuf fois Pater Noster, comme il l’a vu, et pour les simples heures de la bienheureuse Vierge Marie sept fois Ave Maria, comme il l’a vu.

Questionné si celui qui lui avait enjoint de renier Jésus et de cracher sur la croix lui en avait fourni la cause est la raison, pourquoi il devait faire de telles choses, il répondit que ledit "miles" lui avait dit que cela se pratiquait dans l’Ordre, sans que lui et les présents n’en connaissent la cause.

Item, il dit que lorsqu’il fit le reniement et le crachat, les baisers sur la poitrine et les épaules, il n’y avait personne qui le voyait, si ce n’est lui le témoin et ledit "miles" qui l’admettait, mais les autres frères présents ont bien vu le moment des baisers.

Item, questionné sur ce qu’il avait vu, il dit que pendant les quatre années ou environ qui suivirent son admission à la maison du Temple de la Rochelle, dans la chambre où se faisait l’admission des frères de l’Ordre, un dénommé Petrus de Chantenac, du diocèse de Saintes, et fut reçu par le dit Petrus "miles" et conduit par lui après l’imposition du manteau, dans la chapelle, derrière l’hôtel et le dit Petrus fut suivi par frère Raynotus, Stéphanus, clavaire, et Stephanus, charpentier, et il croit que la personne admise a fait ce qui a été fait pour lui-même, mais on ne pouvait le voir, car l’admettant et l’admis étaient derrière l’autel.

Questionné si ce mode d’admission était pratiqué également outre-mer, il dit qu’il croit que oui, mais qu’il n’a rien vu et n’a rien déposé à ce sujet ; des autres points contenus dans les autres articles, il dit ne pas en savoir plus.

Item, questionné sur les articles XIV et XV, il répondit qu’il avait entendu le dire par des laïcs avant leur arrestation, mais jamais il n’a vu ni ne fut mêlé et il ne l’a pas entendu de frères de l’Ordre, et il ne se rappelle pas les noms des laïcs.

Item, questionné sur l’article XVI et suivants jusqu’au XXIV, il répond qu’il croit aux sacrements de l’autel et autres sacrements ecclésiastiques, et ne sait pas ce que les autres frères croient ou ne croient pas, ni si les prêtres omettaient les mots du canon de la messe par lesquels se fait le corps du Christ ou non, mais après l’arrestation des templiers, il a entendu plusieurs personnes dire que les prêtres de l’Ordre omettaient plusieurs paroles du canon de la messe, mais il ne sait pas si c’est vrai ou non ; il dit même que trois fois par an, c’est à dire à Pâques, à la Pentecôte et à Noël, lesdits frères communiaient de la main du prêtre de l’Ordre ; des autres contenus de ces articles, il dit n’en savoir plus.

Item, interrogé sur l’article XXIIII et suivants jusqu’à XXX, il répondit qu’il a entendu plusieurs frères de l’Ordre dire à d’autres, dont il ne se rappelle pas les noms, comme il a dit, que le Grand Maître de l’Ordre pouvait demander aux chapelains de l’Ordre d’absoudre les frères qui confessaient leurs péchés, mais s’ils ne se confessaient pas, il n’a pas entendu dire qu’ils puissent absoudre ; des autres contenus de ces articles, il dit ne rien savoir de plus, si ce n’est que les visiteurs et précepteurs imposaient bien des punitions aux frères de l’Ordre, de manger par terre sur leurs manteaux. (incertain)

Item, sur l’article XXX et suivants jusqu’à XXXIIII, questionné, il répondit comme ci-dessus, et rien de plus.

Item sur l’article XXXIIII et suivants jusqu’à LX, questionné, il répondit qu’à la demande de celui qui l’admettait, il jura sur un livre qu’il ne quitterait pas l’Ordre, et il croit que c’est pareil pour tous les autres admis dans l’Ordre, et il le vit quand le frère Pierre de Chatenhac fut reçu, et que aussitôt ils étaient considérés comme profès. Item, il dit que les admissions des frères étaient clandestines, cad portes bien closes, et sans spectateurs hormis les frères de l’Ordre. Questionné sur comment il sait cela, il répond qu’il l’a vu pour son cas et celui du frère P. de Catenhaco, et il croit que cette méthode était pratiquée dans l’Ordre ; il dit même que cette admission clandestine a suscité en lui un fort soupçon contre l’Ordre depuis assez longtemps.

Item, sur l’article XL et suivants jusqu’à XLVI, il répondit que jamais il n’a entendu que soit donnée une telle permission, que l’un avec l’autre puisse ou doive s’unir charnellement ; bien au contraire il croit que c’est un gravissime péché de le faire et de le subir. Cependant il a entendu dire, il y a bien 10 ans, qu’outre-mer des frères commettaient entre eux ce péché, cependant il ne croit pas que ce soit avec l’autorisation de Maître ni du statut de l’Ordre. Questionné de qui il l’avait entendu, il répondit que c’étaient des laïcs et quelqes frères de l’Ordre qui étaient revenus d’outre-mer, dont il ne se rappelle pas les noms, comme il a dit.

Item, questionné sur l’article XLVI et suivants jusqu’à LXV, il répondit qu’il n’a su ni vu aucune idole, ni aucun "capud", ni n’a entendu dire qu’il y en eut dans l’Ordre ni après leur emprisonnement, et il ne croit ni combien et pourquoi il a parlé plus haut de cordelettes ; des autres sujets contenus dans ces articles, il dit ne rien savoir de plus.

Item, questionné sur l’article LXV et suivants jusqu’à LXXIII, il répondit qu’il n’a pas vu ni entendu de frère être tué, ni jeté en prison, ni maltraité, ni menacé, ni le faire aux autres ; il ne sait ni n’a entendu ce qui est advenu à ceux qui ont refusé le reniement, le crachat et les baisers précités. Item il dit qu’ils ne parlaient pas entre eux du mode d’admission. Interrogé pourquoi, il répondit qu’il croyait que pour l’honneur du siècle, ou par amour-propre. Du reste du contenu des articles, il dit qu’il n’en savait pas plus que ce qu’il avait déposé plus haut.

Item, questionné sur l’article LXXIII, il répondit que les chapelains de l’Ordre interdisaient aux frères de se confesser à d’autres prêtres que ceux de l’Ordre, cependant il n’a pas entendu que le Maître de l’Ordre ou autres précepteurs fassent cette interdiction. Questionné sur les chapelains qu’il avait entendu faire cette interdiction, il dit que ceux du lieu où il demeurait le disaient, et qu’il a cru que cela était dans les statuts de l’Ordre, mais autrement il ne sait pas.

Comme il était tard, l’audition ne pouvait se poursuivre, les seigneurs commissaires, en raison du respect des fêtes pascales, ne voulant pas ... convinrent de revenir en ce lieu le jeudi après Pâques, pour terminer la déposition. Le seigneur de Bayeux, disant qu’il ne pourrait s’occuper de cette affaire au cours du mois à venir, à cause du concile provincial de Rouen, où il devait absolument être, s’excusa, voulant que les autres commissaires traitent l’affaire sans retard.

Ces actes furent faits en cette chapelle par lesdits seigneurs commissaires, ce mercredi, en présence de moi Floriamont notaire et les autres notaires susdits, excepté Guillelmus Radulphi.

Après cela, le jeudi après Pâques, c’est-à-dire le 23 du mois d’avril, les susdits commissaires, excepté le seigneur de Bayeux excusé comme ci-dessus, se réunirent dans cette chapelle, et il revint devant eux pour achever sa déposition, incomplète en raison de leur tardive le mercredi de Pâques, commencée ce même jour.

Interrogé sur les articles LXXIIII, V et VI, il répondit qu’il croyait vrai le contenu de ces articles, parce qu’il avait entendu les frères de l’Ordre le dire, et spécialement le précepteur de la Rochelle, qui est vivant, à ce qu’il croit, qui était présent quand il entendit cela, et en quel temps ?, il dit ne pas s’en souvenir ; cependant c’était avant leur incarcération, il y a environ deux ans, à ce qu’il croit, et il dit qu’il a entendu cela de la bouche de ce précepteur dans le parloir de la maison du temple de la Rochelle, avant la porte.

Item, interrogé sur l’article LXXVII et suivants jusqu’au LXXXVIII, il répondit qu’il ne s’est rien ... parce qu’il croit que tout leur contenu est vrai dans la mesure où est vrai ce qu’il a confessé précédemment au sujet des autres articles.

Item, interrogé sur l’article LXXXVIII et suivants jusqu’au LCVI, il répondit que leur contenu est vrai autant que ce qu’il a confessé ci-dessus ; autrement il dit qu’il ne sait rien, ni en expliquer la cause, ni si cela est possible.

Item, interrogé sur l’article XCVI, il répondit qu’il croit que le Maître, les visiteurs et les précepteurs peuvent punir, mais ne veulent pas faire cela, et qu’il n’a jamais vu quelqu’un être puni, ni entendu dire qu’il n’aurait pas voulu faire aux autres ce dont il s’est confessé ; il dit même qu’il croit que ceux qui ne voulaient pas faire ce qu’il a confessé étaient punis par leurs supérieurs ; autrement il dit qu’il ne sait rien.

Item, interrogé sur l’article XCVII, il répondit que dans de nombreuses maisons du Temple on faisait les aumônes et que l’hospitalité était pratiquée, cependant pas pleinement ni bien comme ils le devaient, ni comme l’avaient ordonné ceux qui avaient abandonné leurs biens à l’ordre pour faire ces aumônes et faire pratiquer l’hospitalité. Interrogé pour savoir si ces aumônes étaient faites en raison des statuts de l’Ordre, il répondit que dans les maisons où il y a des chapelles, mais pas dans les autres, les aumônes étaient faites, trois fois par semaine, en raison de statuts de l’Ordre, à ce qu’il croit, et il a vu que cela était observé, à ce qu’il dit, tout le temps qu’il a passé dans cet Ordre. Item, il a dit qu’il a vu, dans la maison de l’Ordre, en la ville de Nantes, que Thomas, clavaire de cette maison, donnait de temps en temps aux porcs du bon blé, et du pain de [fulfurae] aux pauvres, quoique le précepteur de cette maison ait enjoint à ce clavaire de faire l’aumône due, et il a dit qu’il avait entendu cela tant qu’il était dans cette maison.

Item, interrogé sur les articles XCVIII à C, il répondit qu’il ne savait rien, cependant il a vu que par les lettres apostoliques, beaucoup étaient tourmentés par les frères de cet Ordre, et ils les extorquaient par l’obtention des dites lettres, et il a vu, à ce qu’il dit, qu’une plainte fut déposée contre Gaufredus de Vicheyo, visiteur de l’Ordre, auprès du seigneur Guaufredus de Sancto Britone [1], évêque de Saintes, par le frère Martinus, précepteur des Epeaux, même diocèse, qui soutenait devant cet évêque que ce visiteur lui avait extorqué une somme indue de plus de 500 livres, et il demandait à l’évêque de faire cesser les extorsions faites par ce visiteur, et de lui faire rendre les sommes ainsi obtenues ; mais le dit visiteur continua à faire la sourde oreille et ses dissimulations, ce dont l’évêque fut grandement perturbé. Interrogé sur la date où ces faits ont eu lieu, il dit qu’il y avait 10 ans, et que cet évêque n’avait pas vécu assez longtemps après les faits. Interrogé sur le nombre d’années que ce témoin avait passées dans l’Ordre avant d’entendre parler de ces faits, il répondit quatre années, donc deux passées en ce lieu des Epeaux, en qualité de "donatus", mais pas encore "indutus", et deux autres années à la maison de la Rochelle, comme frère de cet ordre. Questionné sur le lieu où cet évêque avait dit ce qui précède à ce visiteur, il répondit que c’était à Châteaubernard, diocèse de Saintes.

Item, interrogé sur les articles 101 à 106, il répondit qu’ils avaient l’habitude de tenir leurs chapitres en cachette, à l’exclusion du prédicateur qui prêchait parfois dans ces chapitres, et qu’il avait entendu dire qu’ils se tenaient à l’aurore, mais il n’y participait pas, à ce qu’il dit, et il n’a vu ni entendu que la domesticité ait été chassée hors des clôtures de la maison, et cependant ils osaient s’approcher des portes de la maison où se tenait le chapitre, et ils fermaient les portes de l’église ou de la maison où ils tenaient chapitre, pour que personne ne puisse entrer, mais pas les autres portes de la maison.

Du contenu de l’article 105, il dit ne rien savoir.

Il dit que le contenu de l’article 106 est vrai. Questionné si il avait été dans une autre maison de l’Ordre où un chapitre se serait tenu, il répondit que non, après avoir été reçu comme frère de l’Ordre, mais avant son admission, lorsqu’il était parmi les proches des frères, il était à la maison de La Rochelle, où les frères tenaient leur chapitre, et là il a vu, comme il l’a dit, ce qu’il a déposé plus haut au sujet de la fermeture des portes.

Item, sur les articles 107 et 108, il a dit ne rien savoir au sujet du Maître qui absoudrait ou pourrait absoudre, mais les frères prêtres de l’Ordre faisaient ces absolutions.

Item, sur les articles 109 et 110, il répondit ne rien savoir.

Item, sur l’article 111, il répondit ne rien savoir au sujet des prêtres, comme il l’a déposé ci-dessus.

Item, sur les articles 112 et 113, il répondit qu’il croit que leur contenu est vrai. Interrogé sur la raison, il répondit qu’il avait entendu des frères le dire.

Item, sur l’article 114, il répondit qu’il croyait que les erreurs confessées par lui ont duré longtemps dans l’Ordre, et qu’il avait entendu dire par les frères que dans l’Ordre il y avait des choses sur lesquelles on passait et qui auraient eu besoin d’être corrigées, cependant 30 ans s’étaient écoulés depuis, et il répondit qu’il ne se rappelait pas où, qui, et de qui il avait entendu cela.

Item, sur les articles 115, 116, et 117, il répondit qu’il croyait que leur contenu était vrai, et il n’a vu, à ce qu’il dit, aucune action corectrice sur les erreurs confessées plus haut.

Item, sur l’article 118, il répondit que beaucoup quittaient l’Ordre, et il n’en connait pas la cause, et lui-même a quitté l’Ordre il y a 7 ans, et il croit même que 500 antres ou plus ont fait de même avant leur incarcération

à suivre ...

Page en travaux

la traduction prochainement sur cette page

T1 - p. 195-201


Lieux
- de Epans et des Enspans : établissement des Epeaux (Meursac 17) - précepteur : frère Martin
- castrum Bernardi : établissement de Châteaubernard (16)
- domus de Rupella : établissement de La Rochelle (17)


Le rituel et les usages de l’Ordre du Temple
- le vêtement
- le port de la barbe (les frères sont habituellement « mantellum ordinis et barbam defferens », c’est à dire qu’ils portent la tenue de l’ordre, comme sur cette gravure, et la barbe. Quand ils sont décrits autrement, ce n’est pas par hasard ; une explication est à trouver dans le texte de la déposition.)
- la procédure d’admission au sein de l’Ordre
- la prière des heures
- le jeûne


Les étapes de l’admission dans l’Ordre du Temple
Le nouvel admis dans l’Ordre est
- à son entrée, "donatus" (pendant 2 ans ?)
- puis "indutus", c’est à dire "revêtu" sous-entendu, de la robe des Templiers (pendant les 2 années suivantes ?)
- puis "frater", frère.


La structure d’une commanderie du Temple
- le commandeur ou précepteur
- le clavaire, responsable des clefs
- le chapelain
- un charpentier
- un prêtre, aumônier


Les éléments de l’accusation contre les Templiers
- reniement de Jésus et blasphème envers la croix
- modification du texte du canon de la messe
- magie
- homosexualité (sodomie)

11 mai 1310 - Interrogatoire de frère Humbertus de Podio, du diocèse de Poitiers

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Post hec, die Lune sequenti, que fuit xia dies mensis Maii, convenerunt predicti domini commissarii, exceptis dominis Narbonensi et Bajocensi, ut supra excusatis, in capella predicta sancti Ellegii, et fuit adductus ad presenciam eorumdem, ut deponeret dictum suum, frater Humbertus de Podio Pictavensis diocesis, serviens, testis supra juratus, deferens habitum Templi et barbam, etatis, ut dixit, XLV annorum vel circa. Requisitus si fuerat alias examinatus in negocio Templariorum, respondit quod sic, primo per Johannem de Jamvillaet Sen. de Peyto,apud monasterium Bovini Pictavensis dicte diocesis Pictavensis, et fuit ibidem, ut dixit, de eorurri mandato ter questionatus, quia non confitebatur que volebant, et postmodum, ut dixit, fuit positus in quadam turri apud Nivortum ejusdem diocesis, et ibidem ad panem et aquam detentus in vinculis, ut dixit, xXxvi septimanis, et ex inde fuit adductus Pictavis, et ibidem examinatus fuit per officialem et decanum Pictavenses, et juravit, ut dixit, coram eis quod non retrocederet confessione facta per eum coram eisdem. Requisitus autem super omnibus et singulis articulis predictis, sibi diligenter expositis, respondit ad eos ut sequitur :

In primis, ad primos iv articulos, de abnegacione, etc., respondit quod nunquam interfuit alicui capitulio, nec recepcioni alicujus fratris ordinis supradicti, et quod de contentis in dictis ivor articulis nichil sciebat, nisi per auditum dici ; audiverat tamen, ut dixit, a fratre Bartholomeo Merloti fratre serviente dicti ordinis, qui erat de Pictavia, quod predicta servabantur in predicto ordine. Requisitus ubi, et quando. et quibus presentibus audivit predicta, respondit se audivisse apud Castrum Bernardi Xantonensis diocesis, in domo ordinis Templi, antequam esset frater dicti ordinis, sunt circiter novem anni ; non tamen credebat tunc quod illa que dicebantur essent vera, nec adhuc credit, et quod nullus fuit preseris quando dictus frater Bartholomeus dixit sibi predicta.

Requisitus quomodo intervenerat materia ad loquendum de predictis, respondit quod dictus frater Bartholomeus volebat quod ipse testis esset frater dicti ordinis, qui erat consanguineus suus germanus, et idem frater Bartholomeus dixerat ei se audivisse dici quod predicti errores in ordine servabantur ; et cum de hoc loqueretur alia vice, idem frater Bartholomeus dixit ei quod non crederet supradicta.

Requisitus ubi, quando, qualiter, a quo et quibus presentibus ipse fuerat receptus in ordine, respondit quod fuerat receptus in domo Templi de Dompuho Xantonensis diocesis, in capella dicte domus, auctoritate fratris P. de Villaribus preceptoris Pictavie, a fratre Symone Picardi, sunt circiter octo anni, presentibus fratribus Guillelmo Bergerio Pictavensi avunculo ipsius testis, et Arnaudo Berzo, Enrico Guillelmo de Villa Vinossa Xanctonensi, et Bartholomeo Merloti, qui obierunt omnes, exceptis fratribus Bartholomeo et Arnaudo predictis. Fuit autem receptus, ut dixit, in hunc modum.

Primo, pecierunt ab eo quod facerent intrare quandam cameram continguam capelle predicte, in qua camera recluserunt eum sub clave, et dictum fuit sibi si volebat esse servus et sclavus domus Templi, et cum respondisset quod sic, fecerunt eum venire ad dictam capellam, et cum esset ibidem coram eis, iterato pecierunt ab eo si volebat esse servus esclavus Templi ; quo respondente quod sic, dixit ei predictus frater Symon quod oportebat eum mutare statum suum, et velle suum pro alieno dimittere, et esse subditum inferiori se quandoque, et esurire quando vellet comedere, et vigillare quando vellet dormire, et fecerunt eum jurare super misale, quod misale stabat ad terram, ut dixit, et erat super eum quedam crux.argentea, quod esset obediens superioribus suis., et secreta Templi non revellaret, et quod non interesset in loco ubi homo exheredaretur injuste, nec interesset ubi aliquis judicaretur criminabter, nisi esset de justicialibus dicti ordinis, et quod non interesset in loco ubi mulier jaceret in puerperio et sollempnizaretur matrimonium, et quod servaret castitatem, et non haberet proprium et quod jaceret in camisia et femoralibus, cinctus quadam cordula, et in caligis, et quod servaret bonos usus et bonas consuetudines Templi, et injunxerunt ei sine juramento quod jejunaret Quadragesimam ordinariam, et eciam Quadragesimam que est inter festum beati Martini hiemalis et festum Nativitatis Domini, et vigillias Apostolorum et beate Virginis. Et dixit ei dictus frater Symon quod multa alia erant precepta et statuta ordinis que non poterat tunc sibi explicare, sed alias explicaret ei, nunquam tamen ulterius dixit sibi aliud, nec declaravit ; remansit tamen in eadem domo per annum, ut dixit ; prius tamen quam recepisset habitum, fuerat in eadem domo prepositus et administrator septem annis. Post predicta autem tradiderunt sibi mant tellum, ut dixit. Requisitus si in dicta sua recepcione fecerunt eum abnegare Ghristum et alia contenta in ipsis quatuor articulis, respondit quod non. Requisitus si ab aliquo alio audivit quod in dicto ordine essent dicti errores vel alii, respondit quod postquam fuerunt capti, audivit dici a fratribus Johanne Botan diocesis Pictavensis, et Guillelmo dicto Santongier Xantonensis diocesis servientibus, quod aliqua inhonesta erant in dicto ordine. Requisitus ubi et quibus presentibus audiverat dici predicta, respondit se audivisse Parisius in domo ad Serpentem, die Jovis proximo preterita, a prefato fratre Johanne Botan, et erant soli ; et alias, in domo Templi Engolisme a dicto Guillelmo Sanctongier, sunt sex anni vel circa, presente N. Brossardi clerico Engolismensi, clavigero dicte domus.

Item, requisitus super vvm articulis, de dogmatizacione, etc., respondit se nichil scire, nec audivisse, nec credere vera esse.

Item, ad vmixiii, de spuicione et conculcacione crucis, etc., respondit se nichil scire. Postquam tamen fuit captus, audivit dici a multis secularibus quod spuebant super crucem dicti fratres ; ipse tamen non credit contenta in ipsis articulis esse vera.

Item, ad xiv et xv, de cato, etc, et ad xvixxm, de sacramento altaris et aliis de omissione verborum canonis, respondit se nichil scire, nec credere contenta in ipsis articulis esse vera. Audivit tamen dici multa de contentis in ipsis articulis postquam fuit captus, a multis secularibus.

Item, ad xxiv, vvim respondit nec scire, nec credere, nec audivisse dici quod possint absolvere a peccatis nisi presbyteri et episcopi, nec quod magnus Magister fuerit predicta confessus.

Item, adxxx, xxxi, n et in, de osculis, respondit se nichil scire, nec credere, nec audivisse dici ante capcionem, excepto osculo oris quod confitetur.

Item, ad xxxiv et v respondit se credere contenta in ipsis articulis esse vera, pro eo quod ipse juraverat non exire dictum ordinem, et fuerat sibi dictum quod pro professo habebatur.

Item, ad xxxvivim respondit quod recepciones fiebant in ordine clandestine, januis clausis, nullis presentibus, nisi fratribus ordinis, et credit quod ex hoc esset suspicio contra dictuni ordinem magna et mala communiter.

Item, ad XLV, de commixcione carnali, respondit se nichil scire, nec credere contenta in ipsis articulis esse vera.

Item, ad XLVILVII respondit se nichil scire, nec credere contenta in ipsis articulis esse vera.

Item, ad LVIIILXI respondit quod ipse cingebatur quadam cordula quam ipse idem fecerat super camisiam, ut supra deposuit, et dicta cordula portabatur, ut audivit dici, in signum castitatis, et dixit se vidisse quod frater Helias Aymerici Lemovicensis diocesis, qui nunc detinetur Parisius, cingebatur ita stricte dicta cordula quod caro sua est multum inter lesa ; alia de contentis in ipsis articulis dixit se nescire nec credere.

Item, ad LXII, III et iv respondit se credere quod ubique in ordine servetur talis modus recepcionis qualiter deposuit servatum fuisse in recepcione sua et non alium diversum in substancia.

Item, ad LXV, VI et vn respondit se non credere quod interficerentur vel incarcerarentur. illi qui nolebant facere predicta erronea, que ipse testis dixit se non credere esse vera, nec servari in ordine.

Item,ad LXVIIILXXII respondit notum esse quod mirabiliter servarentur secreta ordinis, et quod non revellarent modum recepcionis sue ; de aliis contentis in ipsis articulis dixit se nescire.

Item, ad LXXIII respondit verum esse quod non debebant confiteri nisi fratribus presbyteris dicti ordinis, et ita fuit sibi dictum per fratrem Arnaudum de Lobester preceptorem de Interduomaria Burdegalensis diocesis, et quod a dicto fratre Bartholomeo postquam fuit receptus, ipse tamen fuit confessus, ut dixit, pluribus fratribus Minoribus et presbyteris secularibus.

Item, ad LXXIV, v et vi respondit quod scientes errores esse in ordine, sunt et fuerunt stulti et fatui, si non correxerunt dictos errores, et non denunciaverunt Ecclesie.

Item, ad LXXVII et seqiientes usque ad xcvn, quod predicta servabantur citra mare et ultra mare, etc, respondit se nichil scire nisi quod, supra deposuit ; credit tamen quod ille qui recepit eum, juxisset quod docuisset eum puncta et statuta ordinis ; non tamen scit nec credit errores predictos esse in ordine.

Item, ad xcvn respondit quod ellemosine fiebant bene et sufficienter in ordine ter in septimana, et hospitalitas bene servabatur ibidem, et hoc dixit se ipse testis servasse et fecisse servari in domo de Dompuho in qua erat locum tenens preceptoris, et hoc faciebat ex.precepto dicti preceptoris, ut dixit, et ibidem vidit servari apud Rupellam, et in aliis locis dicti ordinis in quibus fuit, ut dixit.

Item, ad xcvin, vmi et c respondit quod nunquam juravit nec scivit alium jurasse quod acquirererit per nephas dicto ordini, riec quod propter hoc degerare non esset peccatum ; scit tamen quod multi injuste acquirebant in ordine supradicto, et quod ipse idem, ut dixit, abstullerat decimam quando ab archipresbytero de Pruihac Engolismensis diocesis.

Item, ad CIVI respondit quod capitulia, sicut audivit dici, tenebantur post matutinum, exclusa familia a circuitate domus in qua capitulia tenebantur vel fiebant recepciones ; de aliis contentis in ipsis articulis dixit se nichil scire.

Item, ad CVIIXI respondit, ut supra deposuerat, se nichil scire, nec credere quod magnus Magister, visitatores vel preceptores laici possent absolvere a peccatis, nec ipse testis reputaret se absolutum, ut dixit, et si confessi sunt predicta, reputat eos stulticiam fuisse confessos.

Item, ad cxn et xin respondit se audivisse dici contenta in ipsis articulis esse vera, et vidisse servari per anrium vel circa in ordine quod fratres non comedebant pisces in die Veneris, nec in aliis diebus nisi de uno ferculo carnium, et quod non portarent in extremitate zone et corrigie calcarum mordent de ferro vel argento vel de alio metallo, quod magnus Magister dicebatur ordinasse predicta, et insuper ordinavit dictus M.agister quod ellemosine restringerentur in ordine, et hec servarentur per plures annos ; et LX hoc nobiles aliqui de Lemovicinio, sicut audivit dici, occupaverunt possideri [?] per eos ciietas Templariorum in domibus de Prulhaco et de Manso Dei.

Item, ad cxrvxvii respondit se nescire si et quando dicti errores fuerunt introducti in ordine.

Item, ad cxvm respondit se nescire ; vidit tamen quod III vel iv exierunt ordinem propter maliciam eorum propriam, ut credit, et fuerunt suspensi in seculo propter maleficia et scelera eorum.

Item, ad cxvmi respondit post capcionem multa scandala esse exorta, et quod ante capcionem erat suspicio contra dictum ordinem, ut supra deposuit.

Item, ad cxxxxni respondit quod ante capcionem erat suspicio, ut supra deposuit, sed postmodum est ordo diffamatus de multis, ex criminibus supradictis.

Item, ad cxxivvn respondit se credere quod confessi sunt multos ex en ;oribus supradictis coram domino Papa, et cardinalibus et aliis.

Item, requisitus si sic deposuit precb, precepto, premio, amore, timore, odio, comodo temporali habito vel habendo, instructus vel informatus ut sic deponeret, respondit quod non. Et fuit inhibitum per dictos dominos commissarios quod predicta non revellaret, quousque domino nostro summo Pontifici fuerint ostense et publicate. Acta fuerunt hec predictis die et locis, presentibus me Floriamonte Dondedei et aliis notariis suprascriptis proximo.
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Tome 1, p. 267-270

Lieux :
- domus Templi Castri Bernardi : Etablissement de Châteaubernard
- domus Templi de Dompuho : Etablissement du Dognon, diocèse de Saintes, précepteur frère P. de Villaribus
- domus Templi Engolisme : établissement d’Angoulême, N. Brossardi clavaire
- Rupella : établissement de La Rochelle

12 mai 1310 - Extrait de l’interrogatoire de frère Johannes Bertaldi, du diocèse de Poitiers

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Item, ad xcvii respondit quod ellemosine fiebant bene et sufficienter in ordine ter in septimana, et hospitalitas bene servabatur ibidem, et hoc dixit se ipse testis servasse et fecisse servari in domo de Dompuho in qua erat locum tenens preceptoris, et hoc faciebat ex.precepto dicti preceptoris, ut dixit, et ibidem vidit servari apud Rupeliam, et in aliis locis dicti ordinis in quibus fuit, ut dixit.
Item, ad xcviii, viiii et c respondit quod nunquam juravit nec scivit alium jurasse quod acquirererit per nephas dicto ordini, riec quod propter hoc degerare non esset peccatum ; scit tamen quod multi injuste acquirebant in ordine supradicto, et quod ipse idem, ut dixit, abstullerat decimam quando ab archipresbytero de Pruihac Engolismensis diocesis.
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Tome 1, p. 271 et ss

Pour une cause inconnue, il y a une interruption de 10 mois entre ce dernier interrogatoire et le suivant.

8 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillaume de Liège, précepteur du Temple de La Rochelle

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Post hec, die Lune sequenti, que fuit VIII dies dicti mensis Marcii, fuerint adducti pro testibus ad presenciam eorurn dominorum commissariorum, in domo predicta fratrum Minbrurii, fratres Guillelmus de Torrage miles Carnotensis, Guillelmus deu Liege preceptor de Rupella, P. Theobaldi preceptor de Castro Bernardi Xantonensis, et Helias Raynaudi Petragoricensis, preceptor domus Templi de Dongno diocesis Xantonensis, Guillelmus Terice Cenomanensis, et-Thomas de Panpalona preceptor domus d’Averin in Navernia Panpalonensis, et domus de Riba Forada Therasconensis diocesis. Qui tactis sacrosanctis Evangeliis juraverunt dicere in isto negocio plenam et meram veritatem, secundum formam juramenti aliorum testium superius registratam, expositam et vulgarizatam eisdem.

Quo facto, dictus frater Guillelmus de Liege servieris, preceptor de Rupella Xantonensis diocesis, testis supra juratus, mantellum ordinis et barbam defferens, qui fuit protestatus quod non intendit recedere a deposicione per eum facta coram domino archiepiscopo Xantonensi, per quem absolutus et reconciliatus fuerat apud Rupellam, octuaginta annorum vel circa, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, responditse nichil.scire, credere vel, audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur. Videlicet quod ipse in recepcione sua de nullo illicito vel inhonesto fuerat requisitus vel solicitatus, nec post recepcionem, nec vidit fieri in recepcionibus aliorum quibus adfuerat nec post. Ipse autem fuerat receptus, in vigillia Nativitatis Domini proximo preteriti fuerunt sexaginta duo anni vel circa, in capella domus Templi de Roches Pictavensis diocesis, per fratrem Hugonem Grisardi militem quondam, preceptorem tunc Aquitanie, presentibus fratribus Roberto Anglico preceptore de Banes Xantonensis diocesis serviente, Francone de Bort tunc preceptore de Lemozucinio, Symone de Nigella, tunc preceptore de Insula Bochardi, militibus, et pluribus aliis deffunctis, in hunc modum : nam cum pluries interpolate peciisset panem et aquam, societatem et pauperem vestitum ordinis , et responsum fuisset ei quod bene deliberaret super hoc, et ipsi eciam deliberarent, finaliter concesso quod reciperet eum, fecit eum vovere et jurare super quoddam missale apertum, ubi erat ymago Crucifixi, et apponere manus suas prope canonem ibi Te igitur etc, quod viveret sine proprio, servare castitatem, obedienciam, et obedire omnibus preceptoribus suis, servare bonos usus et bonas consuetudines ordinis, et quod non esset in loco ubi aliquis exheredaretur injuste. Post que imposuit sibi mantellum, et ipse et fratres astantes fuerunt eum osculati in ore. Postea instruxit eum quot Pater noster diceret pro horis suis, qualiter jaceret, et quod caveret sibi specialiter a crimine sodomitico, quia si committeret, poneretur in carcere perpetuo, et quod non revelaret secreta capitulorum. De nullo autem illicito vel inhonesto fuit illi facta mencio in recepcione sua vel post ; nec ipse fecit fieri, nec precepit, nec scivit quod fierent in recepcionibus illorum quos ipse recepit nec post. Audivit tamen dici ab aliquibus ex fratribus ordinis ; de quorum nominibus non recordatur, quod preceptum fuerat eis in recepcionibus eorum quod spuerent supra crucem ; sed ipsi dicebant se non spuisse ; non tamen audivit dici ab eis qupd preciperetur eis aliquid de abnegacione, nec de conculcacione, nec deosculis inhonestis, nec eciam de crimine sodomitico, vel de aliquo inhonesto. Requisitus quando audivit predicta dici, dixit quod sunt quinquaginta anni vel circa, et ex tunc habuit maiam suspicionem contra ordinem, quam antea non habebat.

Ipse autem recepit xx vel xxv fratres in ordine de quibus dixit esse vivum in Rupella Petrum de Luchet servientem Xantonensis diocesis, omnes alios esse mortuos ; quem Petrum recepit in capella de Rupella, circa instans festum nativitatis beati Johannis Baptiste erunt ;quinque anni vel circa, presentibus quodam fratre presbitero ordinis Gallicano, cujus nomen et cognomen ignorat, Bartholomeo de Pertenay, Guillelmo de Mortone Engolismensis diocesis servientibus deffunctis, et eum recepit per eum modum per quem deposuit se fuisse receptum.

Dixit eciam se recepisse predictos Petrum et alios secundum modum licitum, quia cum dimisisset ducentas libras Turonenses reddituales, quas habuisset existens in seculo, ut existens in ordine salvaret animam suam, nullo modo consensisset aliquid illicite actum , eo sciente, mandante vel consenciente ; sed ex quo audiverat dici quod aliquibus receptis per alios quam per ipsum preceptum fuerat quod spuerent supra crucem, et habuerat suspicionem in corde suo quod hoc esset verum, quando contingerat eum adesse recepcionibus aliorum, recedebat quam prius poterat, tradito mantello receptis.

Requisitus si per aliquem ex superioribus suis fuerat ei preceptum, quod servaret aliquid illicitum in recepcioriibus fratrum vel post, respondit quod non. Requisitus si ipse locutus fuerat eisdem superioribus se audivisse dici quod predicta spuicio crucis precipiebatur per aliquos fieri in ordine, respondit quod non ; dixerat tamen frequenter multis ex fratribus ordinis quod sibi displicebat multum quia eorum recepciones fiebant clandestine, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, et se dubitare quod male eis propter premissa contingeret, et hoc dicebat quia credebat et credit quod propter premissas clandestinaciones seculares haberent suspicionem contra eos.

Requisitus quos viderat in ordine recipi, respondit se non recordari, et credit quod omnes sint mortui ; sed in Rupella sunt circa XV VIVI, qui fuerunt recepti auctoritate magistri Pictavie : et de mandato ipsius magistri, ipse testis recipiebat eos ad beneficia ordinis, et reservabat ipse testis inducionem eorum dicto magistro, et postmodum ipso teste absente, induebantur per ipsum magistrum, vel per alios quibus ipse magister committebat super hoc vices suas, quia non curabat ipse testis eos induere nec quando induebantur adesse.

Requisitus quare non curabat eos induere nec interesse recepcionibus eorum vel aliorum, respondit quod propter suspicionem quam habebat quod fieret spuicio supradicta.

Requisitus si erat aliquis superior eo qui adesset recepcionibus illorum quos ipse recepit et recipi mandavit, respondit quod non.

Requisitus si credit quod aliquis illorum qui adfuerunt recepcionibus illorum quos ipse recepit vel recipi mandavit, preceperit dictis receptis quod facerent aliquid illicitum, respondit se credere quod non , sed credit quod illi qui recipiebant alios quos ipse vidit recipi, vel aliqui ex astantibus, post recessum ejus, preceperunt eis quod spuerent, et quod ipsi spuissent in dictam crucem vel prope eam.

Requisitus si scit vel credit quod dicta spuicio fieret ex punctis ordinis vel ex precepto superiorum ordinis, respondit se nescire unde ortum habuit, nec a quibus nec. quando ; nec credit quod hoc fieret ex punctis ordinis nec ex regula eorum, sed quod dictus error fuerit introductus ab aliquibus perversis de superioribus ordinis.

Requisitus si scit, vel audivit dici, vel creditquod aliquis alius error vigeret in ordine, respondit se credere quod non, sed multi ex eis erant superbi et alios opprimentes, extorsiones ab eis facientes, per abusum litterarum apostolicarum et aliis modis.

Requisitus si scit vel credit quod comuniter preciperetur in ordine quod fieret spuicio supra dicta, respondit se nescire, nec credebat quod communiter in dicto ordine fieret nec preciperetur, sed per aliquos in aliquibus locis.

Item dixit,.quod ipse bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres or-dinis bene crederent, et quod eorum sacerdotes debite celebrarent. Laici tenentes capitula in eorum terminacione dicebant in effectu talia verba : De hiis que obmittetis dicere, propter verecundiam carnis velpropter timorem discipline ordinis, nos facimus vobis talem indulgenciam qualem possumus, sed loquamini de hoc fratribus sacerdotibus.

Requisitus si per dicta verba prelata aliqui credebant esse, absoluti a peccatis venialibus vel mortalibus, respondit quod ipse non credit, nec credit quod alii crederent, sed. ex quadam consuetudine dicebant predicta verba.

Requisitus si in capitulis manifestabant peccata eorum carnalia, respondit quod hoc nunquam viderat nec audiverat fieri.

Item, dixit quod ex privilegiis ordinis, statim pro professis habebantur, ut possent micti ultra mare quocumque injungeretur eis. Dicebatur eis quod absque licencia superiorum non poterant exire ordinem. Cordulis assumptis unde volebant cingebantiir super camisias cum quibus jacebant, nec scit nec credit quod tangerent capita ydolorum, nec quod haberent nec adorarent ydola. Qui revelassent secreta capitulorum vel eaque in ipsis capitulis agebantur circa recepciones vel alia, eciam fratribus qui non adfuerant, fuissent incarcerati et puniti. Absque licencia non poterant nisi sacerdotibus ordinis confiteri. Fratres scientes errores fuerunt negligentes, quia non correxerunt eos nec denunciaverunt Ecclesie. Injungebatur in ordine quod elemosinas et hospitalitatem debite observarent, et eas vidit convenienter in dicto ordine fieri et servari ; et inhibebatur quod injuste non acquirerent ordini. Januis clausis, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, eorum capitulia tenebantur. Quod magnus Magister cum conventu statuisset servasset totus ordo, contra quem nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta. Confessata per eum credit quod essent nota multis ex fratribus ordinis, ad cujus se deffensionem non obtulerat.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio vel comodo temporali habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non.revelaret hanc suam deposicionem quousque attestaciones fuerint publicate : et est sciendum quod intelligebat Latinum.

Acta fuerunt hec predictis die et loco, presentibus magistro Amisio, me Floriamonte Dondedei, et aliis notariis supra ultimo nominatis.
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Tome 2, p. 6 et ss.

9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Guillelmus d’Erree, du diocèse du Mans - Faits survenus au Temple de Lamanh ou Laman dans le diocèse de Saintes

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Frater Guillelmus d’Erree serviens Cenomanensis diocesis, testis supra juratus, sexagenarius et ultra, mantellum ordinis et barbam defferens, cum quo inquisitum fuerat, absolutus et reconciliatus per dominum episcopum Xantonensem, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire nec credere de contehtis in eis, nec audivisse dici, nisi quod sequitur. Dixit enim se fuisse receptum, in instanti festo beati Barnabe erunt quinquaginta duo anni vel circa, in capella domus Templi de Aynes Cenomanensis diocesis, per fratrem Petrum Armenart servientem quondam, preceptorem tunc dicte domus, de mandato fratris Hugonis Gisardi tunc magistri Aquitanie, de cujus parentela eratipse testis, presentibus fratribus Johanne Armenart fratre dicti preceptoris, Johanne Musseti servientibus, deffunctis, in hunc modum : nam cum peciisset panem et aquam, prout instructus fuerat, et obtulisset se velle fieri servum esclavum ordinis, et requisitus per eos respondisset quod non erat alteri religioni nec matrimonio alligatus, nec excommunicatus, fecit preceptor eum vovere et jurare super quemdam librum apertum castitatem, obedienciam, vivere sine proprio, servare bonos usus et bonas consuetudines ordinis, et non revelare secreta capitulorum. Postea imposuit sibi mantellum, et ipse et fratres astantes osculati fuerunt eum in ore, et feeerunt eum induere vestes religionis, et instruxerunt eum quot Pater noster diceret pro horis suis, quod jaceret cum pannis lineis, cinctus una cordula ; sed de abnegacione, vituperiis crucis, osculis inhonestis, crimine sodomitico vel aliquo alio illicito non fuit ei locutum in dicta recepcione nec post, licet aliud dicat se recognovisse coram dicto domino episcopo Xantonensi, metu tormentorum, quoad spuicionem crucis et abnegacionem Dei, sed primo, antequam esset ad panem et aquam positus, predictas spuicionem et abnegacionem negaverat coram eo sicut negat nunc. Requisitus si scit, credit vel audivit dici quod in recep-cionibus aliorum intervenerunt aliqua ex illicitis que nunc negavit intervenisse in sua, respondit quod non, quia vidit recipi circa decem vel xv in ordine, in quorum recepcionibus non vidit fieri aliquid illi-citum nec.audivit dici quod post fieret. Requisitus de riominibusiHo-rum quos vidit recipi, respondit quod, infrarnensem arecepcionesua, vidit in capella predicta recipi insimul fratres Matheum Golarat et Johannem Borrel niilites, deffunctos, per fratrem Matheum Bardo militem quondam, dictis preceptore dicte domus et ejus fratre, et Johanrie Musseti presentibus. Vidit eciam recipi, in capella domus Templi de Lamahn Xantoriensis diocesis fratrem Petrum de sancto Genesio presbiterum quondam per preceptorem de Rupella, eri examinatum, surit xxv.anni vel circa ; et.frater Robertus Guiteri serviens quondam fuit receptus cum dicto presbitero, et interfuerunt fratres Guillelmus de la Cabana serviens quondam, et alii de quibus non recolit. Vidit eciam recipi per dictum preceptorem de Rupella fratrem Arnaudum Bocandi agricultorem, in dicta capella de Laman, deffunctum, sunt circiter xxv anni, presentibus illis qui adfuerant recepcioni dictorum presbiteri et Roberti Guiteti. Vidit eciam recipi ultra mare in Acoy, sunt xxxii anni et amplius, per fratrem Thomam Berardi, tunc magnum Magistrum ordinis, fratrem Guidonem de Charbac militem quondam Cenomanensis diocesis, in pleno conventu, presentibus fratribus Hugone de Perando et Raynerio de Affricourt, Raynerio de Lissi, Theobaldo Gaudini, qui postea fuit magnus Magister ordinis, militibus, et pluribus aliis ; de nominibus aliorum quos vidit recipi dixit se non recordari ad presens.

Item, dixit quod bene credebat ecclesiasticis sacramentis, et credit quod alii fratres bene crederent et quod eorum sacerdotes debite celebrarent. Juravit ordinem non exire. Statim pro professis habebantur. Clandestine recipiebantur, quod ei displicebat, ut dixit, et secreta capitulorum non audebant, eciam fratribus qui non adfuerant, revelare et cordulas quibus cingebantur portabant in signum castitatis. Absque licencia non debebant confiteri aliis quam sacerdotibus ordinis, si eos habere poterant. Elemosinas et hospitalitatem fecit et vidit convenienter fieri in domibus ordinis in quibus fuit ; sed aliquando, quando non habebant unde, restringebantur. De nocte aliquando, propter negocia occurentia, et alias de die clam eorum capitulia tenebantur. Quod magnus Magister cum conventu statuisset fuisset servatum in ordine, contra quem nunc grandia scandala, suspicio et infamia stitit exorta, indebite, ut credit. Non obtulerat se ad deffensionem ordinis.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio vel comodo temporali habitb vel habendo, respondit quod non sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem quousque attestaciones fuerint publicate.
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Tome 2, p. 13 ss.

9 mars 1311 - Interrogatoire de frère Pierre Theobaldi, précepteur de la maison du Temple de Châteaubernard (16)

Texte originalTraductionNotes et commentaires
Frater Petrus Theobaldi serviens, preceptor domus Templi de Castro Bernardi Xantonensis diocesis, testis supra juratus, mantellum ordinis et barbam defferens, quadraginta annorum vel circa, absolutus et reconciliatus par dominum episcopum Xantonensem qui inquisiverat cum eo, ut dixit, lectis et diligenter expositis sibi omnibus et singulis articulis, respondit se nescire, nec credere, nec audivisse dici de contentis in eis nisi quod sequitur. Dixit enim quod ipse fuit receptus in quadam camera domus Templi de Banes Xantonensis diocesis, circa festum Conversionis sancti Pauli nuper preteritum fuerunt xxiii anni vel circa, per fratrem Amblardum quondam de Vienesio militem, tunc magistrum Aquitanie, presentibus fratribus Johanne Galvuti presbitero, Petro Danbon, Fulcone de sancto Genesio servientibus, deffunctis, et quibusdam aliis de quibus non recolit, in hunc modum : nam cum ipse peciisset se recipi ad societatem ordinis, et diceret se velle fieri servum esclavum ordinis, dictus receptor, prestito per juramentum quod non erat excommunicatus, nec debitis que non posset solvere obligatus, nec matrimonio vel religioni alteri obligatus, fecit eum vovere et jurare obedienciam, castitatem, vivere sine proprio, servare bonos usus et bonas consuetudines ordinis, et quod acquirendum Terram Sanctam juvaret pro posse suo. Quo facto, imposuit ei mantellum , et ipse et receptor et alii duo fuerunt ipsum testem osculati in ore. Postmodum instruxit eum quot Pater noster diceret pro singulis horis, et qualiter se regeret et haberet in ordine. Requisitus si abnegaciones, vituperia crucis, dogmatizaciones, oscula inhonesta vei aliqua alia tangencia crimen sodomiticum fuerunt dicta vel injuncta seu facta in recepcione sua predicta vel post, respondit per juramentum suum quod non, licet aliquid de predictis recognoverit coram dicto domino episcopo Xantonensi, metu tormentorum prius scilicet per dimidium annum ante recognicionem predictam sibi illatorum, et eciam propter minas que per alios, non per dictum dominum episcopum, inferebantur eidem, ut dixit. Requisitus si predicta illicita credit quod, seu aliqua ex eis vel alia inhonesta, fierent in recepcionibus aliorum vel post, respondit se non credere, quia vidit aliquos recipi, in quorum recepcionibus non vidit aliquid illicitum vel inhonestum injungi vel fieri, nec audivit quod post recepciones eorum aliqua illicita vel inhonesta intervenissent. Requisitus de nominibus eorum quos vidit recipi in ordine, dixit quod ipse vidit recipi fratrem Johannem Mathei servientem, in capella domus Templi de Votone Engolismensis diocesis xx anni sunt vel circa, per fratrem Raymundum de Marolio militem quondam, preceptorem tunc dicte domus de Votone, presentibus fratribus Petro Mathei presbitero, et Gerardo la Veruha serviente, tunc preceptore Petragoricensi, deffuncto, et quibusdam aliis de quibiis non recordatur ; et eisdem die et loco, et per eumdem, et eisdem presentibus et eodem modo fuerunt recepti cum dicto fratre Johanne Mathei fratres Geraldus Juiza, et Petrus Sapientis servientes, deffuncti. Vidit etiam aliquos alios recipi, de quibus non recordatur, in quorum recepcionibus vidit fieri et servari modumi per quem deposuit se fuisse receptum, et nulla illicita vel inhonesta intervenerunt in eorum recepcione nec post, quod ipse sciverit vel audiverit. Credit sacramentis ecclesiasticis, et credit quod alii fratres crederent et quod eorum sacerdotes debite celebrarent. Dicebatur eis quod statim pro professis habebantur, et quod ordinem exire non poterant absque licencia superiorum. Clandestine recipiebantur et eorum capitulia tenebantur, ex quo credit quod esset suspicio contra eos. Cordulis unde volebant assumptis cingebantur supra camisias cum quibus jacebant. Injungebatur eis quod non revelarent secreta capitulorum et ea que agebantur in ipsis capitulis, nisi essent communia, illis fratribus qui non adfuissent in eis ; et si revelassent, audivit dici quod perdidissent domum. Injungebatur eis quod, quamdiu possent habere sacerdotes ordinis, non confiterentur aliis. Credit quod uniformiter reciperentur in ordine, sicut deposuit se fuisse receptum. In capitulis audivit precipi quod eleemosime debito modo fierent, et eas ac hospitalitatem vidit convenienter fieri et servari in domibus ordinis in quibus fuit commoratus. Precipiebatur eis quod debito modo acquirerent ordini. Januis clausis, nullis presentibus nisi fratribus ordinis, eorum capitulia tenebantur, proviso quod non audirentur exterius que fiebant et dicebantur interius. Totus ordo servasset quod magnus Magister cum conventu statuisset. Nunc grandia scandala, suspicio et infamia sunt exorta contra ordinem, contra quem magnus Magister et alii dicuntur aliqua fuisse confessi ; ad cujus deffensionem ordinis se non obtulerat.

Requisitus si sic deposuerat prece, precepto, timore, amore, odio vel temporali comodo habito vel habendo, respondit quod non, sed pro veritate dicenda ; cui fuit injunctum quod non revelaret hanc suam deposicionem quousque attestaciones fuerint publicate.
Page en travaux

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Tome 2 - p. 19 et ss.

Lieux
- domus Templi de Castro Bernardi : établissement de Châteaubernard (16) - son précepteur : Pierre Theobaldi
- domus Templi de Banes : établissement de Beauvais-sur-Matha (17)
- domus Templi de Votone : établissement de Vouthon (16)

[1A propos de cet évêque de Saintes, on trouve dans Gallia christiana ces informations :

XLII. GAUFRIDUS I

Hunc episcopum Sammarthani cognominant de S. Briant ; verum legendum esse de S. Briçon probant veteres chartae, ut mihi indicavit, qui eas prae manibus hahuit V. C. Dom. de Clairambault. Nempe an. 1284. arbiter fuit litis inter Perettam (vel Philippam) de S. Briçon, & Gaufridum de S. Briçon, qui eodem an. fuerunt ejus heredes. Praterea eadem erant ipsius insignia gentilitia ac Johannis de S. Briçon, qui vivebat anno 1234. Uterque enim in parma caerulea gestabat lilii flores argenteos disseminatos. His adde in rationibus accepti pro anniversariis, legi ad annos 1510, 1544, 1545 pro legato Goffredi de S. Brisone, ep. Santon. 25 solid. Sedebat jam Gaufridus an. 1281

Vos commentaires

  • Le 6 octobre 2010 à 10:35, par philae En réponse à : 1310 - Procès des Templiers des diocèses de Saintes et d’Angoulême - Les interrogatoires - 1/3

    Dans la traduction il semble que le témoignage de Johannes de Sancto Benedicto, par ex., présente un certain nombre d’erreurs, en particulier sur la “tête”, traduit en "amulette”, qui n’était absolument pas “attachée à la corde” mais qu’on avait fait toucher par la corde. De même ce n’est pas le “miles” – pourquoi ne pas dire “chevalier” ?- qui embrasse le récipiendaire, mais l’inverse et cela se fait en présence des autres frères (qui eux n’embrassent personne).
    Et puis “dans la chapelle, derrière l’hôtel “ pour “dans la chapelle, derrière l’autel”.
    Voilà ce qu’une de mes amies latiniste a relevé rapidement.
    "Traduire c’est trahir" mais c’est très utile pour les non= latinistes comme moi.
    Merci

    Répondre à ce message

    • Le 7 octobre 2010 à 11:26, par Pierre En réponse à : 1310 - Procès des Templiers des diocèses de Saintes et d’Angoulême - Les interrogatoires - 1/3

      Merci pour ces rectifications que je vais prendre en compte dès que possible.

      Nous recherchons des bénévoles pour traduire ces textes latins.

      Les latinistes se font rares, et sont peut-être très sollicités.

      A ma connaissance, malgré le grand intérêt que suscitent les Templiers, il n’existe pas de traduction française intégrale de ces textes de leur procès.

      C’est dommage, et cela laisse la porte ouverte à des commentaires et des reconstructions historiques souvent très hasardeux.

      Répondre à ce message

  • Le 15 septembre 2007 à 09:57, par duguet En réponse à : 1307 - Procès des Templiers des diocèses de Saintes et d’Angoulême - Les minutes

    Michelet (ou un informateur) a mal lu des noms de lieux qu’il ignorait. Ainsi, Siturat aurait dû être lu Sitvrat. Il s’agit de Civrac.

    Répondre à ce message

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