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1612 - 1789 - Terres et fiefs relevant de l’Evêché d’Angoulême - 1ère partie

D 22 juillet 2009     H 01:09     A Pierre     C 2 messages A 4959 LECTURES


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Dans un long document, Edouard Sénemaud, archiviste méthodique, publie un inventaire des terres et fiefs dressé de 1612 à 1640 par Jean Mesneau, chanoine de la cathédrale d’Angoulême. Puis il prolonge la succession des propriétaires jusqu’à la Révolution, à partir de documents tirés de la série G des Archives Départementales de la Charente.

On regrette que les cotes de ces documents ne soient pas mentionnées, car cet inventaire aurait pu constituer une très solide base de recherche. Mais l’ensemble mérite la visite.

Source : Revue nobiliaire, héraldique et biographique - Angers & Paris - 1865 et 1866 - BNF Gallica

En raison de sa taille, ce document est réparti sur plusieurs pages :

Première partie Deuxième partie Troisième partie

Principaux patronymes cités dans cet article

1ère partie : Acarie, Amboise, Arnaud, Aydie, Barbezières, Bareau, Barry, Belcier, Bochard, Brosse, Bureau de la Rivière, La Charlonie, La Châtaigneraye, Châtillon-Saint-Paul, Chauvigny, Craon, Craon-Châteaudun, Guez de Balzac, Guy, Lambertye, Livenne, Lusignan, Montespan, Nesmond, Normand de la Tranchade, Polignac, la Porte, Rancon, Robuste, Rochefoucauld, Rouault, Saint-Gelais, Sainte-Maure, Taillefer, Talleyrand, Thouars, Tizon d’Argence, Vivonne
2ème partie : Abzac de la Douze de Mayac, Aiguechave, Arnaud, Bardonin, Chapiteau de Guisalle et de Rémondias, Chasteigner, Curzay, Fornel de Limérac, Fornel de Minzac, Gourville, Hauteclaire, Lentilhes, Pérusse d’Escars, Prévost de Sansac, Redon, Regnaud, Valleteau de Chabrefy.
3ème partie : Arnauld, Balathier, Boisson, Broglie, Chambes ou Jambes, Chérade, Corlieu, Damas, Damas de Cormaillon, Goullard, Jaubert, Loménie de Brienne, Mareuil, Montalembert, Montbron, Montmorency, Le Musnier de Lartige, Perry de Saint-Auvent, Pons, Prévost de Sansac, du Puy-Montbrun, La Roche-Chandry, Rochechouart, Rohan, des Ruaux, Saint-Gelais, Sainte-Hermine, de Sault ou Dussaux, du Tillet, Tison d’Argence, Vigier, Vivonne, Voyer de Paulmy d’Argenson

Terres et fiefs relevant de l’Evêché d’Angoulême au 1er janvier 1789

Les droits dont jouissaient les évêques d’Angoulême au moyen âge et jusque vers le milieu du XIVe siècle, étaient considérables. Mais à partir de cette époque, les malheurs des temps, les guerres avec l’Anglais, et plus encore, les guerres civiles et religieuses du XVIe siècle n’ont fait que les amoindrir. Le pillage du trésor de la cathédrale en 1562, la seconde occupation de la ville en 1568 par les Calvinistes ont fait disparaître des titres précieux. La dispersion et la perte de ces titres ont mis les évêques dans l’impossibilité de revendiquer les privilèges dont leurs prédécesseurs jouissaient depuis les temps les plus anciens, ab antiquo, disent nos chartes angoumoisines. Le siège épiscopal resta vacant durant la plus grande partie des troubles, et l’évêque Ch. de Bony, nommé en 1567, sacré seulement en 1574, étranger à l’Angoumois, étranger à la France, privé de conseils et d’appui, ne sut ou ne put réclamer et faire reconnaître ses droits seigneuriaux. Cette revendication, du reste, ne pouvait se poursuivre qu’au moyen de titres authentiques, et les pillages de 1562 et de 1568, avaient, je l’ai déjà dit, dispersé et détruit ces titres. Les fiefs situés hors de l’Angoumois et pour lesquels des hommages et des honneurs étaient dus depuis un temps immémorial aux évêques d’Angoulême, auraient pu former une grande province, nous assure !e doyen Jean Mesneau. Quelques-uns de ces fiefs ont été démembrés, d’autres aliénés. Les hommages ont été portés au Roi ou à d’autres seigneurs. Les érections nouvelles en duchés-pairies de grandes terres qui étaient dans la mouvance de l’évêché [1] ont encore contribué à restreindre les droits des évêques. Ce n’est guère que sous l’épiscopat d’Antoine de La Rochefoucauld qu’il fut question de rechercher les titres nécessaires pour arriver à recouvrer ce qu’il était encore possible de recouvrer de droits qui semblaient perdus depuis plus d’un demi-siècle. Le doyen Jean Mesneau se mit à l’oeuvre. Il réunit à grand’peine les quelques débris qui avaient échappé au pillage et à l’incendie ; il dressa l’inventaire des titres du chapitre et de l’évêché il fit prendre des copies au château de Nérac et à la Chambre des Comptes de Paris. Tant de zèle devait être couronné par le succès. Les démarches et les recherches du vénérable doyen furent souvent heureuses, et avant de mourir, il eut la consolation de voir sa chère Église d’Angoulême [2] rentrer enfin en possession d’une partie de ses droits et de ses privilèges.

Jean Mesneau a consigné dans une des copies de son inventaire [3] plusieurs notes renfermant des instructions relatives aux moyens à employer par les évêques pour rentrer en possession des hommages et des droits de lods et ventes qui leur étaient dus en Bas-Limousin et en Périgord. Je reproduis une de ces notes

« NOTA. Qu’il n’est point fait mention du fief d’Ayen, Exandon, Exandonnet, Nontron et autres fiefs dont jadis les vycomtes de Limoges rendoient hommage à l’évesché d’Angoulesme, et n’y a que le carthulaire en parchemin qui en parle. La raison est que l’année auparavant que je feisse le présent inventaire, les tistres en avoient esté mis entre les mains du sieur Bradent, qui depuis en a fait les poursuites au grand Conseil contre Me Etienne Gouth, fermier de l’ancien domaine de Navarre où fut donné arrest au profit de feu M. de La Rochefoucauld, précédent evesque, l’année mil six cent dix et douze, qui fut le second arrest sur requeste civile contre ledit Gouth et Riche, desquels arrest défunt Monsieur d’Angoulesme a receu les lodz, ventes et honneurs d’une grande partie desdits fiefs, mais il ne fut pas soigneux de rendre les pièces et tistres qui avoient esté produits en grand nombre et dont une partie avoit esté extraite du trésor de Nérac.

Or, à présent que j’escrit cecy, 25 febvrier 1641, ledit fief d’Ayen a esté érigé cy-devant en comté et appartient à M. de Nouailles qui possède 13 paroisses dudit fief aujourd’hui comté, sçavoir : Ayen, Saint-Robert, Longinat, Gonzours, Segonzac, Rouyère, Vars, Saint-Cyprien, Le Temple, Perpezat, Yssandon, Brignat, Cublat.

« Et quant aux autres 11 paroisses, sçavoir Varrezy, SaintAulaire, Saint-Bounet, Chabrignat, Saint-Gault, toutes et encore cinq autres qui ont fait depuis 50 ou 60 ans l’hommage au Roy, lors vycomte de Limoges, et non à Mons. l’evesque, ni au seigneur principal dudit fief d’Ayen, et par ce moyen font perdre à l’un et à l’autre la directe, l’hommage, lodz et ventes et honneurs et les prétextes qu’ils ont prins pour rendre les hommages séparés au Roy, a esté que depuis Alain d’Albret qui avoit rendu les hommages desdits fiefs en personne à Mons. l’evesque, ils n’ont pas esté recherchés, sinon, par feu M. de La Rochefoucauld, précédent evesque, qui avoit obtenu un arrest comme dit est et qui fut exécuté en partie, et contre ledit seigneur de Nouailles et non pas contre les autres qui tiennent lesdites 11 paroisses.

« Et c’est ce qui reste aujourd’hui à faire et qui est de grande importance, autrement avec le temps elles se perdront pour l’evesché, comme faisons aussi Nontron et autres qui sont au Bas-Limousin et Périgord.

« 25 février 1641. Signé Mesneau, doyen. »

Il résulte de la note qui précède, qu’en 1641 l’évêché avait déjà perdu les hommages d’un grand nombre de fiefs qui ne se trouvent plus par conséquent au tableau dressé en 1789. Il en existe un bien plus grand nombre encore dont je n’ai pu retrouver les noms. Voici du reste la liste particulière que j’ai écrite à mesure du dépouillement des liasses composant le fonds de l’évêché.

ANS, châtellenie en Périgord.
L’hommage était encore rendu en 1775 pour quelques-unes des terres de cette châtellenie.

LA FAYE, châtellenie d’Ans.

NONTRON, baronnie en Périgord.
J’ai retrouvé des aveux d’Alain d’Albret, vicomte de Limoges, à l’évêque d’Angoulême, pour la châtellenie et baronnie de Nontron, en 1499 et 1501 pour Ayen, Essandon, Ans et Nontron, en 1505 ; pour la baronnie de Nontron en 1514.
Il existe un contrat de vente et d’aliénation du 18 août 1600, de la châtellenie et baronnie de Nontron, appartenances et dépendances, sises en Périgord, dépendant de la vicomté de Limoges, par les commissaires, députés du roi pour vendre et aliéner ledit bien, pour et au nom dudit roi et de Madame sa soeur unique, au profit de messire Charles-Hélie de Coullonge de Pellegrue, chevalier de l’ordre du Roi, sieur de Bourdeix, Piégut et Soumissac, comme dernier enchérisseur.

Par acte du 4 février 1612, Antoine de La Rochefoucauld promit à M. de Coullonges, chevalier, sieur de Bourdeix, baron de Nontron, de réunir à sa baronnie les deux paroisses de SaintMartial et Saint-Pardoux-Ia-Rivière, comme faisant partie de ladite baronnie, laquelle en entier est mouvante et tenue en fief et hommage dudit sieur évêque à cause de son évêché.

Le 30 septembre 1614, par arrêt du grand Conseil, ]e sieur de Coullonge fut condamné à payer à l’évêque les droits de lods et ventes de l’acquisition par lui faite de la terre et baronnie de Nontron, et à en rendre foi et hommage.

SAINT-ANGEL, baronnie de Nontron.

LA RENAUDIE (Périgord) LA GIRALDiE, près Montignac d’Auberoche (Périgord) ; MARQUESSAC et BOURDEILLES (Périgord) LA BUSSIÈRE et LA FAURIE (Périgord)

Le 2 mars 1676, l’évêque d’Angoulême reçut l’hommage de Théophile Gourvat pour les château et seigneurie de La Faurie, du tiers de la justice de la paroisse de Bussière et des deux tiers de la justice de Monbayol.

Le 15 septembre 1775, messire François de La Tour rendit hommage pour sa terre et seigneurie de La Faurie.

BOURZAC, GRÉSIGNAC, MAREUIL (Périgord). LA TOUR-BLANCHE, partie au Roi, partie aux Bourdeilles (Périgord)
Par jugement du 21 août 1680, les trésoriers de France à Bordeaux maintinrent François de Péricard, évêque d’Angoulême, dans les hommages à lui dus à cause de son évêché par les possesseurs des terres et seigneuries de Nontron, Mareuil, Ans, Bourzac, Grésignac, La Tour-Blanche, circonstances et dépendances. Ces terres sont mentionnées dans les aveux rendus aux évêques en 1243 et 1265, par Guy, vicomte, et Marguerite, vicomtesse de Limoges.

MONTCHENiL (Périgord)
Le 15 juin 1703, saisie féodale fut faite de !a terre de Montchenil sur messire Blaise Deydier (d’Aydié), comte de Bernadières et de Montchenil, faute d’hommage rendu au roi, à la requête du procureur du roi au bureau des finances de Bordeaux.
Un délai fut accordé le 4 juillet 1703 au sieur de Bernardières pour justifier que la terre de Montchenil était de la mouvance de l’évêché d’Angoulême.

AYEN et ESSANDON (Limousin)
Je citerai parmi les nombreuses pièces que j’ai trouvées relativement aux droits des évêques et à l’indemnité qu’ils réclamaient à l’occasion de l’érection de ces terres en duché-pairie en faveur de M. de Noailles :

1° Un factum (imprimé), pour François de Péricard, évêque d’Angoulême, contre M. le duc de Noailles et contre le contrôleur-général des domaines du Roi pour prouver que les terres d’Ayen, Essandon, etc., ont été mouvantes de l’évêché d’Angoulême, et que pour leur érection en duché, il est dû indemnité audit évêque ;

2° L’arrêt du Conseil d’Etat du 20 septembre 1678 qui condamne les héritiers du feu duc de Noailles à payer à François de Péricard, évêque d’Angoulême, l’indemnité des terres mouvantes de son évêché, sur l’estimation qui en sera faite

3° L’arrêt du Conseil d’Etat du 31 août 1682 entre François de Péricard, évêque d’Angoulême, d’une part, et Louise Boyer, veuve de feu Messire Anne, duc de Noailles, tutrice des enfants mineurs dudit feu et d’elle, et Anne-Jules, duc de Noailles, substitué aux biens de François de Noailles, évêque d’Acqs, portant que la baronnie et châtellenie de Mansacq a été mouvante de l’évêché d’Angoulême, et qu’il sera procédé à l’indemnité envers ledit évêque ;

4° L’arrêt du Conseil d’Etat du 27 juin 1684, qui fixe l’indemnité due par la succession de Messire Anne, duc de Noailles, à François de Péricard, évêque d’Angoulême, pour les terres d’Ayen, Essandon, etc., qui avaient été mouvantes de l’évêché.

VILLEBOIS (Angoumois), châtellenie et baronnie érigée en duché-pairie en 1622 sous le nom de La Valette.

En reproduisant la liste des 54 fiefs relevant de l’évêché en 1789 [4], je donnerai, avec les noms des possesseurs connus certaines indications sommaires recueillies dans les liasses de la série G, que j’ai pu consulter et étudier il y a quelques années au dépôt des Archives départementales de la Charente

- I. La Baronnie de LA PEINE (La Pesne), dans la ville d’Angoulême, d’où dépendent plusieurs maisons dans la ville et plusieurs fiefs dans les environs.

L’Évêque d’Angoulême était baron de la Pesne, baronnie située dans la ville et sur l’emplacement même de l’évêché. Selon une vieille expression du pays, deux monts et deux roches en relevaient Montbron, Montmoreau, La Roche-Foucauld et La Rochechandry. Les seigneurs de ces quatre terres devaient hommage à chaque muance de seigneur et de vassal. Ils devaient en outre porter l’évêque, le jour de son intronisation, depuis le monastère de Saint-Aubone jusqu’à l’église cathédrale.

L’évêque, comme baron de la Pesne, avait droit de prendre et faire prendre par ses gens et officiers un pot de chacune charge des potz, ou autre vesselle de terre qui sera menée au marché de la dite ville d’Angoulême toutes les semaines, et qui sera exposée en vente [5].

- II. Fief dans les paroisses de Lénard et de Fléac.

La seigneurie de Fléac appartenait au moyen âge à la famille Seguin qui finit au XVe siècle par une fille, Marguerite, dame de Fontaines, de Fléac, des Roys, d’Antignac et de Fors, mariée à Achard de Polignac, deuxième du nom, seigneur d’Écoyeux. Le deuxième fils d’Achard et de la dame de Fléac, Foucaud, auteur de la branche de Fontaines, fut seigneur de Fléac et autres terres provenant de sa mère. Il épousa Agnès de Chabanais, soeur de la femme de son frère aîné et en eut plusieurs enfants. L’aîné, Elie, seigneur de Fléac, mourut sans postérité connue. La seigneurie de Fléac passa, croit-on, à Louis de Montbron qui se trouve qualifié de seigneur de Polignac et à Anne de Belleville.

Louise, fille de Foucaud de Polignac et d’Agnès de Chabanais, qualifiée dame de Fléac, épousa François du Fou, seigneur du Vigean et de Chantolière. Sa soeur, Antoinette, quelquefois appelée Jeanne, demoiselle attachée à la cour de Louise de Savoie, sut captiver le coeur du comte d’Angouiême. Une autre soeur, Marguerite, dite de Rieux ou des Ryaulx, demoiselle d’honneur de Louise de Savoie, fut mariée à Nicolas Courbon, maître d’hôtel de François 1er.

Cette maison de Polignac remplissait de nombreux emplois à la cour des comtes d’Angoulême. Je trouve dans les comptes de Louise de Savoie, comme officiers attachés à sa maison, 1° Jehan de Poulignac, sieur dudit lieu,.maîstre d’ostel de ma dite dame, aux gages de six vingt treize livres tournois 2° Pierre de Poulignac, escuier, sieur des Ryaulx, aux gages de 81 livres par an ; et au chapitre des dons et récompensacions, à Jehan de Poulignac, escuier, sieur duditlieu, la somme de cent livres tournois de don à lui fait par ma dite dame et en récompense du droit qu’il prétendait en l’escuierie de feu Monseigneur, comme son escuier d’escuierie., comme appert plus applain par le dit rolle et quictance au sieur de Poulignac, la somme de vingt-six livres tournois comme récompense des services qu’il a faits à ma dite dame au fait de son office de maistre d’ostel auparavant qu’il fût enrôlé en l’estat du dit maistre d’ostel, comme appert plus applain par le dit rolle et quictance dudit de Poulignac.

Au milieu du XVIIIe siècle, on comptait plusieurs fiefs dans la paroisse de Fléac. Le principal, celui du Lugeat, appartenait à Philippe Thevet, de la famille du cosmographe André Thevet. Ensuite venaient les fiefs de La Vergne, au sieur du Bois et du Tranchard à Jean-François Guitton, dit le chevalier du Tranchard.

POLIGNAC. Ecartelé aux 1 et 4 d’argent, à trois fasces de gueules ; aux 2 et 3 de sable, à un lion rampant d’or, lampassé de gueules, armé et couronné d’argent.
Le comte de Polignac (Guillaume-Alexandre), de la branche de Fontaines, capitaine au régiment du Roi en 1772, portait fascé de gueules et d’argent de six pièces [6]

- III. Fief dans la paroisse de Soyaux.

Il s’agit du fief de Frégeneuil, appelé autrefois Dontromme, fief considérable qui fut possédé pendant longtemps par la famille des Gérauld. Il passa ensuite aux Guillaume venus du Limousin. Le chapitre en prétendait la directe.

Le mercredi après la Nativité de N. D. de l’année 1318, Jehan Chauval avoue tenir de Mre Gaillard, évêque d’Angoulême, tout le droit qu’il avait sur le mas ou borderie de Puydonant et au mas Pierre Seguin, etc., situés dans la paroisse de Dirac entre le mas de Fregeneuil et le mas le Soumagnat, et contre le plantier de Joubertière et le Maine-aux-Boux « pour raison de quoy ledit advouant est tenu lorsque l’evesque dict sa première messe épiscopale et tient sa première cour, et doibt faire porter trois cuves, deux pour mettre du vin et une pour mettre de l’eau, qu’il doibt prendre en la cave de l’evesché et l’y porter entre les deux portes de la salle et de la chambre, prendre et faire servir dudit vin durant le festin ; recognoist aussy tenir le mayne de Limersolle situé entre Soyaux et Ladoux joingnant le mas de Mainestheroux et la borderye appelée la Vergne du roy, mouvante du chapelain de Saincte-Benigne. »

- IV. La terre et seigneurie de Dirac.

Possédée par M. d’Argence.

Les Tizon d’Argence, ancienne famille d’Angoumois, portaient : d’or, à deux lions passants de gueules, posés l’un sur l’autre, et au lambel de trois pendants d’azur.

Par son aveu et hommage du 20 mai 1558, Benoît Tizon, chevalier, seigneur d’Argence « avoue tenir de Mons. l’évêque d’Angoulême le fief et logis noble de la Monette, ses jardins et appartenances et plusieurs autres maisons en la dite ville et confrontées par le dit dénombrement. Item, tous les debvoirs qu’il a accoustumé de prendre lorsque Mons. l’évêque célèbre premièrement messe en l’église Saint-Pierre d’Angoulesme, soit en pain, vin, poisson, plat garny, la couppe ou tasse du dit sieur évesque le jour de son entrée et première messe, soit en vesselle d’argent ou aultres espèces, et moyennant ce, le dict Tizon ou aultre pour luy, doibt seulement servir le premier plat et en trancher devant le dict seigneur évesque. »

- V. Fief dans la paroisse de Dignac.

Un aveu fourni à Jean, évêque d’Angoulême, en 1233, par P. Mathana, de Dignac, mentionne la terre Boareu, celle de la Brune, une partie de la borderie Périer Corbet, des prés Dexmier, les terres de Beum, de la Jarrige et de Charla. Je renvoie pour cet aveu à une note rectificative du Gallia (Ecclesia Engolismensis), t.II, col. 992, no XXXI, article E, I, note que j’ai lue le 7 janvier 1859 à la Société archéologique et historique de la Charente, dont j’avais l’honneur alors d’être le Secrétaire. (Voir le Bulletin de la Société, tome 1er de la 3e série, pages 4, 5, 39 et 40).

- VI Fief dans la paroisse de Garat.

Possédé en 1789 par M. Normand de La Tranchade.

Ce fief, dont on retrouve l’existence dans le XIe siècle, était considérable. Son château, dit Vigier de La Pile, était autrefois une forteresse servant de retraite dans les dernières guerres civiles. Il appartint depuis le XIe jusqu’à la fin du XVIIIe siècle à un grand nombre de familles, entr’autres à celle des Tizon, des Pressac, des Saint-Gelais, des Barry, des Nesmond, des Belcier, des d’Aydie, des Lambertye. Il passa enfin avant 1670 dans la famille des Normand qui le possède encore de nos jours.

SAINT-GELAIS : d’azur, à la croix alaisée d’argent.

BARRY : d’azur à deux lions léopardés d’or, l’un sur l’autre.
A cette famille appartenait Geoffroy de Barry, sieur de la Renaudie, surnommé La Forêt, qui fut le chef apparent de la conspiration d’Amboise.

NESMOND d’or, à trois cors de chasse de sable, liés de gueules 2 et 1

BELCIER : d’azur, à la bande ondée d’or, accompagnée en chef d’une comète d’argent.

AYDIE : de gueules, à quatre lapins d’argent courant l’un sur l’autre.

LAMBERTYE : d’azur à deux chevrons d’or.

NORMAND DE LA TRANCHADE d’azur à la bande d’or accompagnée en chef d’une croix de Malte d’argent. et en pointe de trois glands d’or rangés en orle.
Devise : in fide quiesco. .

- VII. Fief dans la paroisse de Touvre.

L’évêque prenait parfois le titre de baron de Toulvre. Le château de ce nom, en ruines depuis le XVIe siècle, aurait été bâti, disent nos annalistes angoumoisins, avant 1074, par Guillaume, évêque d’Angoulême, frère du comte Foulques, de la famille des Taillefers. Ce château est connu sous le nom de château de Ravaillac, non qu’il ait jamais appartenu à l’assassin du roi Henri IV, mais parce que le régicide serait né à Touvre, peut-être dans une maison construite au pied des ruines.

En 1242, à la suite de querelles entre le comte d’Angoulême et l’évêque, querelles qui se renouvelèrent souvent pendant le cours du même siècle, il intervint une transaction, le lendemain de la Saint-Martin, entre Hugues de Lusignan, comte de La Marche et d’Angoulême, Isabelle, reine d’Angleterre, dite la Comtesse-Reine, sa femme, avec Hugues, Guy et Geoffroy leurs enfants, et l’évêque Radulphe. Le comte avait refusé de faire l’hommage à l’évêque dont il avait saisi les maisons épiscopales de Vars et de Marsac et le maine épiscopal. La Comtesse-Reine Isabelle avait même chassé le prélat et toute sa famille de la ville d’Angoulême. Le comte, la comtesse et leurs enfants furent obligés de venir à composition et de se mettre à la merci de l’évêque, qui ordonna par son jugement, que ledit comte lui ferait hommage lige pour les château et châtellenie de Montignac et arrière-fiefs, et pour le fief vicomtal (situé à La Rochefoucauld). Cette transaction portait encore que les maisons épiscopales d’Angoulême et de Touvre auraient leur chauffage en la forêt de Romagos (la Braconne), ainsi que les fours de ces maisons. Le droit de pêche était reconnu au prélat depuis le pont Valle jusqu’à la Charente avec deux bateaux et deux rets en tout temps, excepté depuis la Saint-André jusqu’à la Purification, pendant lequel temps l’évêque pourrait pêcher devant le port de Magnac seulement ; et pour satisfaction des intérêts, ledit comte assignerait des revenus suffisants pour entretenir deux cierges ardents à matines, grandes messes et vêpres en l’église cathédrale.

Le 18 mai 1365, l’évêque d’Angoulême obtint du prince de Galles des lettres-patentes portant reconnaissance de son droit de pêche en la Touvre. Le 23 juin 1533, délivrance fut faite à l’évêque, par le juge des Eaux et Forêts d’Angoumois, de l’exploit et usage en la forêt de Romagos pour le chauffage de son four de Touvre, en bois mort et mort bois seulement.

Une sentence des Eaux et Forêts, rendue en 1566, ordonna, sur l’exploit requis par M. le cardinal de La Bourdaisière, évêque d’Angoulême, dans la forêt de Romagos pour le chauffage de son four de Touvre, qu’il en serait instruit avec le Procureur du Roi. On lui délivra cependant trois milliers de fagots de bois de serpe par provision pour un an.

Le droit de pêche en la rivière de Touvre relaté plus haut fut enfin confirmé par une sentence en réformation et en dernier ressort, du 13 juillet 1673, rendue par M. de Froidour, commissaire député par Sa Majesté.

Parmi les droits appartenant encore aux évêques en leur qualité de sieurs et barons de Touvre, je mentionnerai celui-ci, rappelé par un contrat de donation du 21 mars 1581, portant « qu’une maison sise au bourg de Toulvre, tenant à la maison de Jehan Raymond, est sujette envers M. l’évêque d’Angoulême d’y retirer ses prisonniers toutefois et quantes qu’il voudra. »

- VIII. Fiefs de Chamarante et autres dans la paroisse de Champniers.

M. Luillier, en 1789.

Le seigneur principal au milieu du XVIIIe siècle était le seigneur de Breuil, François Arnaud, président au présidial d’Angoulême. Les possesseurs connus du XIIIe au XVIIe siècle, étaient les Guy de Puyrobert, famille nombreuse et puissante, représentée encore en 1750 par deux branches établies dans l’Election de Cognac. En 1294, Hugues Guy, de Champniers, sa femme Péronnelle et leurs enfants, vendaient à Aimery Pascaud, chevalier, le fief des Mézeaux (plus tard appelé des Maisons), fief qui relevait de l’évêché. En 1489, on trouve un Olivier Guy, écuyer et seigneur de Fontenilles, et Marie de Rouffignac, veuve de Jeannot Guy, seigneur du Breuil, tutrice de ses deux enfants Antoine et Jeannot. Quelques années plus tard, en 1496, Antoine était attaché à la maison de Louise de Savoie en qualité de pannetier.

Le fief de Puydenelle, possédé longtemps par une branche de la maison de Talleyrand, que paraissent avoir oubliée les généalogistes, fut acquis depuis par le seigneur du Breuil

Les autres fiefs compris dans la paroisse de Champniers étaient ceux de Denac, appartenant après 1736 à l’hérédité du sieur de Denac, en qui finit la branche aînée des Bareau, et de Fontenilles, qui appartint à un membre de la branche cadette de la famille Robuste, famille originaire de Normandie.

ARNAUD : d’azur, au croissant d’argent, surmonté d’une étoile d’or.

BAREAU : d’azur à trois croissants d’argent, 2 et 1, duquel sort une palme d’or en pal.

GUY : d’argent, à trois fermaux de gueules, au chef d’azur.

ROBUSTE : de gueules, à deux lions d’or affrontés en chef, et un rocher de même en pointe. Devise Arduis superiores.

TALLEYRAND : de gueules, à trois lionceaux d’or, lampassés, armés et couronnés d’azur.

- IX. Fiefs dans la paroisse de Balzac et de Brie.

La paroisse de Brie, autrefois annexe de Champniers, renfermait le fief du même nom qui fut possédé par une branche de la famille Nesmond, et ceux des Giraudières et de la Prévôterie, appartenant vers 1750 au président de Girac, de la famille Bareau.

Les Nesmond de Brie, sont issus de François Nesmond, échevin de la ville d’Angoulême, de 1590 à 1598, et lieutenant général après la mort de Jean Arnaud. En 1750, le fief était possédé par Martial de Nesmond, marié à Marie de Pontenier, dont postérité.

Les Giraudières relevaient directement du seigneur de Montignac. La famille Bareau a donné deux maires à la ville d’Angoulême, en 1479 et en 1628. Elle a formé trois branches dans le XVIIe siècle ; c’est à celle de Girac qu’appartenait François Bareau de Girac, évêque de Saint. Brieuc en 1766, de Rennes en 1769, mort chanoine de Saint-Denis, le 29 novembre 1820.

La terre de Balzac, arrière-fief de l’évêché, appartenait au XVIIe siècle à la famille Guez. Le premier possesseur de ce nom, François Guez, trésorier de l’extraordinaire des guerres, fit bâtir la maison seigneuriale ; située sur la Charente. Le fief passa ensuite à son fils Jean-Louis Guez, plus connu sous le nom de Balzac, né à Angoulême, au mois de mai 1597, mort dans cette même ville, le 8 février 1654 [7]

Le fief de Balzac relevait directement, au XIIIe siècle, de la baronnie de Touriers. Les possesseurs dont j’ai pu retrouver les noms sont Guillaume Sevin, dans une transaction du 25 novembre 1261 Philippe de Montagu, écuyer, en 1486 ; Louis de Chazerai, chevalier, gouverneur et bailli du duché de Berry et dame Anne de Pocquière, son épouse, en 1560, qui font hommage lige et serment de fidélité au comté de La Rochefoucauld pour raison du lieu, tour et hôtel de Balzac [8] Guillaume Guez et Jean-Louis Guez, dans la première moitié du XVIIe siècle ; François de Guez, écuyer, sieur de Balzac, qui rend foi et hommage pour raison des fiefs du Grand et Petit Balzac, le 4 août 1682, à la réserve de ce qui est tenu du Roi à cause de son château d’Angoulême.

L’acte porte quittance de la somme de 40 sols pour la juste valeur d’une paire de gants de cerf, due à mutation de seigneur et de vassal.

Le 14 septembre 1729, André de Guez, chevalier, seigneur de Balzac, vendit cette terre à Robert Bourée, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, et en 1741, dame Marie Cazaud, veuve de ce dernier, son fils Louis-Robert Bourée, écuyer, conseiller du Roi, receveur ancien des tailles de l’Election d’Angoulême, et dame Marie Babaud, son épouse, vendirent à leur tour le fief et seigneurie de Balzac à un gentilhomme du Limousin, Hélie Pasquet de Saint-Mesury, cadet de famille, qui avait fait en Amérique une fortune considérable.

Le contrat de vente passé devant Caillaud, notaire royal de la ville d’Angoulême (expédition délivrée le 13 juillet 1741), portait que les château, terre et seigneurie du Grand et du Petit Balzac consistaient dans le château dudit lieu de Balzac, bâtiments, cour, jardins, bois de haute futaie et autres, préclôtures, métairies, vignes, prés, terres labourables et non labourables, cens, rentes seigneuriales, agriers, complants, eaux et pêcheries et tous autres droits et devoirs seigneuriaux dépendant desdites terre et seigneurie de Balzac, ensemble la haute justice, moyenne et basse, et droits d’échange dans toute l’étendue de ladite paroisse de Balzac. Ces biens en partie mouvants du Roi à cause de son château d’Angoulême ; en partie de Mgr le duc de La Rochefoucauld à cause de sa baronnie de Touriers ; et le surplus de M. l’abbé de Grosbosc.

Les vendeurs en outre cédaient et transportaient à l’acquéreur les meubles meublants existant dans ledit château de Balzac. Cette vente était faite à la charge par l’acquéreur de payer à l’avenir les droits et devoirs seigneuriaux et les rentes ou légats mentionnés audit contrat, montant à la : somme de ’125 livres 10 sols par an, et outre pour la somme de 125,000 livres, savoir 9,150 livres pour les meubles meublants, bestiaux, fruits et denrées ; 41,490 livres pour ce qui relève du Roi ; 70,000 livres pour ce qui relève de Mgr le duc de La Rochefoucauld, et 4,000 livres pour ce qui relève de l’abbaye de Grosbosc, avec 1,000 livres par forme de pot de vin, revenant le total à la somme de 126,000 livres, payée comptant.

Il fut payé pour les lods et ventes de ce qui relevait de la baronnie de Touriers, 4,500 livres dont le duc de La Rochefoucauld voulut bien se contenter, ayant fait don du surplus. La quittance porte que c’est sans approuver les ventilations et énonciations portées au contrat, et préjudicicr aux droits de Mgr ni à ceux d’autrui.

GUEZ DE BALZAC de gueules, à deux fasces d’or

- X. Fief de la Puignerie, dans la paroisse de Marsac.

M. de Nesmond, en 1789.

La terre de Marsac, comme celle de Vars, formait le domaine particulier des évêques. Le chef de la branche des Nesmond de La Puignerie ou Pougnerie, fut Jean, troisième fils de Jean de Nesmond, baron de Chézac et de La Grange, et de Marie de Mongon. Il épousa en 1654 Marie de La Rochebeaucourt dont il eut un fils, Jean, qui suit, et plusieurs filles. Jean de Nesmond, deuxième du nom de la branche, seigneur de la Pougnerie, fut marié, en 1673, à Marie de Lamau dont il eut

  • 1° Guillaume, qui suit ;
  • 2° Marie-Anne de Nesmond, supérieure générale des Dames religieuses Miramionnes de Paris, morte en 1772 à l’âge de 96 ans.

Guillaume de Nesmond épousa, en 1722, N. de Chasson qui lui donna

  • 1° Guillaume, qui suit ;
  • 2° Pierre de Nesmond, marié à une demoiselle Préverand, dont une fille.

Guillaume de Nesmond, deuxième du nom, marié en 1746, fut père de quatre enfants

  • 1° Guillaume ;
  • 2° Pierre ;
  • 3° Silvestre-Louis
  • 4° autre Pierre de Nesmond.

- XI. Fief de Cousiers et partie du fief de Scez (Cé) dans la paroisse de Vars.

La terre de Vars formait le domaine des évêques.

En 1273, l’évêque régla par sentence et appointement la permission et licence de vendre du vin au bourg de Vars. Il était dit par la sentence, que les habitants ne pouvaient vendre du vin sans la permission de Mgr l’évêque, et que lorsqu’ils en mettraient en vente, ils ne pourraient tenir qu’un tonneau en perce. Et « quand le seigneur évêque voudra tenir vin à vendre, les autres habitants ne pourront aucunement vendre, quelque permission qu’ils eussent auparavant ».

Par acte de 1275, l’évêque déclare avoir le droit de tenir vin à vendre en la paroisse de Vars, si bon lui semble, toute l’année, sans que personne pendant ce temps en puisse vendre.

Le 11 juin 1468, il intervint une transaction entre révérend Père en Dieu Mgr Geoffroy, évêque d’Angoulême, d’une part, Et noble et puissant Monseigneur Jean, seigneur de La Rochefoucault, de Montignac-Charente et de Touriers, d’autre part.

Après l’exposé réciproque de leurs droits, les deux parties transigent ainsi qu’il suit :
C’est à savoir que dorénavant à jamais et perpétuellement les dites terres et châtellenies de Montignac et de Touriers d’une part, et la terre et châtellenie de Vars d’autre, sans préjudice des fins et limites et droits paroissiaux des paroisses étant èsdites châtellenies, se diviseront et limiteront en la forme et selon les fins et limites qui s’ensuivent c’est à savoir depuis le lieu où souloit être une borne de pierre sur le chemin de Montignac à la Maladrerie qui est en la paroisse de Vars et à l’endroit de l’anguillard appelé Thibaut, tirant tout au long du bord de la rivière de Charente jusqu’à la moitié du ruisseau d’Aive, appelé de Vaillac, qui passe sous le pontil de la dite maladrerie et tout au long du cours de l’Aive (eau) de Vaillac en montant jusqu’à la planche de Vaillac et de là retournant sur main droite le long du chemin où est la dite planche par où l’on va de Saint-Amant à Angoulême jusqu’au carrefour de la croix de l’Ageard et d’icelui carrefour de l’Ageard retournant sur main gauche le long du chemin par lequel on va de Vars vers Nitrac jusqu’au chemin de Montignac à Anais, suivant l’ancien chemin jusqu’à la font de Fosse-Jean et de là suivant le chemin ancien jusqu’au carrefour de La Faye, et de là retournant un chemin ancien jusqu’au carrefour de Maupertbuis et de là suivant vers Anais jusqu’au carrefour des Cubes, de là jusqu’au carrefour des Vignaux qui est auprès des maines de La Touche et du Vignaud, et d’icelui carrefour des Vignaux suivant le chemin par lequel on va de Mansle à Angoulême bien bas jusqu’à un terrier qui s’en tire vers la rivière qui est dessous la font vieille de Coussière, retournant sur main droite le long d’un terrier jusqu’à la dite font vieille de Coussière et de là montant le long d’un terrier jusqu’au carrefour des Tables, autrement des trois seigneuries et du Pignou. »

Suivent les stipulations qui fixent pour l’avenir les droits des parties conformément à ces limites.

Cet acte, d’une certaine étendue, est signé J. Forest et Gabory. Nous avons cru devoir en extraire le passage qui concerne la délimitation des deux seigneuries de Vars et de Montignac, à cause de son importance.

Le fief de Cé se rencontre à diverses époques réuni au fief de Servolles. Ils relevaient tous les deux (celui de Cé pour moitié) des baronnies de Montignac et de Touriers et étaient tenus à hommage lige mais sans aucun devoir. Je les trouve mentionnés en 1399, en 1486 (Jean Regnauld, seigneur) et en 1685 (Louis Regnauld, écuyer, seigneur desdits fiefs).

Il est question en 1342 du fief des Ratiers situé dans la paroisse de Vars, mais relevant de la baronnie de Touriers. Je ne possède aucun renseignement sur le fief de Cousiers,

- XII. La terre et seigneurie de Montignac.

M. de La Rochefoucauld, en 1789.

L’annaliste angoumoisin Corlieu écrit que, vers le commencement du Xe siècle, Guillaume 1er Taillefer « bastit le chasteau de Montignac des pierres et matière du château d’Anzone qui estoit là près, lequel il ruyna ». Vigier nous dit ensuite « Vulgrin.(1120-1140) fit le siège du château de Montignac dont Girard de Blaye était maître et qu’il défendait avec plusieurs barons du Poitou et de la Saintonge. Ceux-ci qui avaient fortifié le château le défendirent d’abord vaillamment. Le siège fut long et meurtrier. Les assiégés abandonnèrent enfin ce fort nuitamment à petit bruit, et s’enfuirent. Le comte s’en empara et en fit hommage à Girard, évêque d’Angoulême, comme étant de sa mouvance. Il y bâtit une tour haute et forte, qu’il entoura, ainsi que le château, de très-bonnes murailles ; c’est la tour qui reste aujourd’hui. »

Les comtes d’Angoulême de la maison de Lusignan, héritiers et successeurs des Taillefers, possédèrent ensuite la seigneurie de Montignac pour laquelle ils firent hommage aux évêques. J’ai parlé (art. VII) de l’appointement de 1242 aux termes duquel Hugues X promettait l’hommage à l’évêque Radulphe. Guillaume de Valence, quatrième fils de Hugues, devenu seigneur de Montignac, fut attiré en 1247 par son frère utérin le roi Henri III en Angleterre où il s’établit et devint comte de Pembrocke par son mariage. En 1248, il avertissait Pierre, évêque d’Angoulême, qu’il avait donné le château de Montignac et ses appartenances à Geoffroy de Lusignan, son frère, et il le priait en conséquence de l’investir de ce fief et de le recevoir à hommage.

En 1274, rentré en possesion de son fief par la mort de son frère, Guillaume de Valence rendit l’hommage à l’évêque Guillaume de Blaye, et deux ans plus tard, par lettres datées de Londres, il avertissait le prélat qu’il avait donné le château avec toutes ses appartenances à son second fils, Guillaume II de Valence, dit le jeune, le priant de le mettre en possession et de recevoir son hommage.

Guillaume II, seigneur de Montignac, tué au combat de Lantilawit, au pays de Galles, en 1283, fut enterré à Westminster. Il avait épousé N., qui lui donna :

  • 1° Aymar de Valence, qui suit ;
  • 2° Élisabeth de Valence, mariée à Jean, sire de Hastings, chevalier anglais, dont elle eut Laurent de Hastings, comte de Pembrocke.

L’évêque Guillaume se saisit du fief pour défaut de devoir et d’hommage de son vassal, et il l’afferma le vendredi avant la Saint-Laurent de l’année 1283, à Hyrvoix, seigneur de Ruffec, chevalier, sous la caution de Pierre Chouvet, bourgeois de Belac, de Pierre Dupont et de Guillaume Thibaud, de Montignac. Aymar était remis en possession en 1299, du château et de la châtellenie pour lesquels il rendit hommage requis.

Le 29 août 1319, Aymar donna procuration à Henry d’Estargues pour faire en son nom les foi et hommage à l’évêque, offrant de faire ledit hommage en personne quand les troubles du diocèse auraient cessé. Il épousa en secondes noces [9] en 1321, Marie de Châtillon-Saint-Paul dont il n’eut pas d’enfants et qui était veuve en 1324 ainsi qu’il résulte d’un acte de son procureur Robert des Préaux qui reconnaît avoir reçu de Gaillard, évêque d’Angoulême, les fruits perçus par le prélat dans la châtellenie de Montignac saisie après la mort d’Aymar de Valence faute de devoir du vassal. On remarque parmi ces fruits et revenus perçus par l’évêque et rendus plus tard à la dame de Montignac par considération pour elle trente tonneaux de bon vin, bonne mesure ; trente setiers de blé pour tiers à la mesure de Saint-Amand-de-Boixe ; dix livres de monnaie royale et de cours à Angoulême pour la vente des herbes du pré des Deffends ; soixante-trois sols de la même monnaie pour la vente des herbes du pré des Iles et tous les foins des prés de Marchet, etc.

En 1331, Marie de Saint-Paul rendit l’hommage à l’évêque Ayquelin. La dame de Montignac vivait encore en 1355. Après elle ou peut-être de son vivant, la seigneurie passa à messire Bureau de La Rivière qui la céda à Tristan, vicomte de Thouars, en échange du château de Saint-Maurice et de Corio. La veuve de Tristan, Péronnelle, vicomtesse de Thouars, comtesse de Benaon et dame de Talmond, est dame de Montignac en 1392. En 1398 et le 22 juin, Pierre, sieur d’Amboise, vicomte de Thouars et comte de Benaon, donne procuration pour rendre foi et hommage à l’évêque d’Angoulême pour ses château et châtellenie de Montignac et autres terres, et en fournir dénombrement par écrit. Enfin le 15 janvier 1398 (v. s.) [10] noble homme Guy, sire de La Rochefoucauld, faisait l’acquisition de noble et puissant seigneur Pierre, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars, des châtel, châtellenie, terre, appartenances et appendances de Montignac-sur-Charente, ressortissant à Paracoul (Parcoul ?), et tenus par foi et hommage de Révérend Père en Dieu M. l’évêque d’Angouiême, tant en maisons, édifices, terres, près, bois, vignes, étangs, rivières, pêcheries, garennes ; dîmes, champarts, corvées, droitures, fiefs, arrière-fiefs, hommages, .hommes liges, devoirs, servitudes, maines, cens, rentes en deniers, blés, vins, poulailles et autres choses quelconques, moulins, fours, justice, seigneurie, juridiction et autres droits nobles, revenus et autres choses quelconques sans aucune chose excepter, réserver ni retenir, pour le prix et somme de 5,400 francs, prix payé pour la plus grande partie en écus d’or valant 22 sols 6 deniers chacun.

Les ventes et honneurs de cette acquisition furent payés à l’évêque d’Angoulême par quittance du 15 mars 1398.

La famille de La Rochefoucauld a possédé la baronnie de Montignac jusqu’en 1789.

Arrière-fiefs dépendant de Montignac.

- 1. La Motte de Ruffec ou de Jauldes.

- 2. Villognon, seigneurie relevant en partie de Montignac, en partie de l’abbaye de Saint-Amand de Boixe.

- 3. Les Combes et Grand-Reclos. Le dénombrement en est fourni le 11 février 1656 par Pierre de Talleyrand de Grignaux, écuyer, sieur de Puydenelle, Cigogne, etc., à hommage.

- 4. Mailloux, à hommage plain, au devoir de gants blancs ou 12 deniers à muance de seigneur.
Possesseurs, en 1486 François de Mosnac, écuyer, sieur de Mailloux ; – 1511 Dlle Jeanne Tison, veuve de François de Mosnac ; - 1560 Jacques Flament, écuyer, sieur de Mailloux.

Ce fief fut depuis cédé et transporté en 1666 à Gabriel Gandillaud, écuyer, seigneur du Chambon, président en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoulème, et à François Raimbaud, sieur de Roissac.

- 5. Puynaime, à hommage-lige et achaptement de 9 sols à mutation de seigneur et de vassal.
Possesseurs, en 1460 Rampnu de La Rivière, écuyer, sieur de Mailloux ; 1560 Jacques Flament, écuyer.

- 6. La Verdillanche ou la Flichière, relevant partie de Montignac, partie de Touriers ; à deux hommages liges l’un au devoir de 5 sols à mutation de seigneur ou de vassal ; l’autre, de 9 sols à mutation de seigneur.
Possesseurs, en 1560 Jean de La Faye, écuyer, seigneur de Lugerac ; 1684 François-Louis Flament, écuyer, sieur de Lugerac.

- 7. Les Blanchards, à hommage lige, avec le baiser et le serment de fidélité.
Possesseurs, en 1519 Jean de Refuge, écuyer ; 1536 François de Refuge, écuyer.

- 8. La Ronde, à hommage plain, et au devoir d’un gant blanc, à mutation de seigneur.et de vassal.
Possesseurs, en 1533 : Paul Goulard, écuyer, sieur de La Ronde et de La Clavellerie ; 1560 Pierre Gouiard, prêtre, écuyer, sieur de La Clavellerie et Faugières 1654 Me Isaac Papot, avocat au siège présidial d’Angoulême, sieur de Boisrousseau et de La Ronde ; .1684 Isaac Papot.

- 9. Estaules, à hommage, au devoir de 12 deniers tournois, à mutation de seigneur et de vassal.
Possesseurs, 1632 Jacques Gastault, écuyer ; 1560 Artus de Vassoigne, écuyer ; 1585 Jean Préveraud, écuyer, sieur de Nitrac et d’Estaules.

- 10. La Brouzate ; possédé vers la fin du XVIIe siècle par Jean Préveraud, écuyer, sieur de Nitrac.

- 11. Quatre fiefs, dont l’un consistant en eaux et pêcheries, paroisse d’Ambérac ; hommage rendu en 1685 par Clément de Cercé écuyer, sieur de Portfoucauld.

- 12. Vérine, paroisse d’Anais ; à foi et hommage plain, et au devoir de 12 deniers à muance de seigneur.
Possesseurs, en 1561 Louis du Vergier, notaire ; 1682 Léonard Gignac, avocat en Parlement, à cause de Dlle Martin, sa femme.

- 13. Le Puy-François, paroisse d’Anais ; au devoir d’une paire d’éperons dorés estimée à demi-écu.
Possesseur, en 1598 Antoine Martin, sieur de Montgoumard, marchand et bourgeois d’Angoulême.

- 14. Puychaussat, paroisse d’Aussac, à hommage plain, et au devoir et achaptement d’un tiercelet d’autour, à mutation de seigneur et de vassal.
Possesseurs, en 1560 : Pierre Michon, écuyer, sieur de Puychaussat ; 1684 Chartes de Barbezières, écuyer, sieur de Puychaussat.

- 15. Brosse-Roye, paroisse de Bignac, tenu à foi et hommage lige sans achaptement.
Possesseurs, en 1399 Giraud Gastueil - 1459 François Gastueil, écuyer, seigneur de Saint-Touan.

- 16. Les Giraudières, paroisses d’Anais et Champniers ; à hommage et sous un devoir qui n’a pu être déclaré.
Possesseurs, en 1685 dame Catherine de Gaufreteau, veuve de François de Feydeau, écuyer,. seigneur de Peyras, Romazières, les Giraudières, etc.

- 17. Sallevert et La Prade, paroisse de Chebrac, tenus, le premier de Montignac, à hommage lige et au devoir de 10 sols à mutation de seigneur ; le second, de Touriers.
Possesseurs, en 1474 : Aimard Prevost, écuyer, à cause de Jeanne de Faugière, sa femme ; 1653 Mre Léon Baudoin, chevalier, seigneur de Fleurac, Sallevert, la Prade et Nitrac, à cause de dame Luce de Bordes, sa femme ; 1685 Pierre Guy, seigneur de la Prade et Puymartin.

- 18. Fief faisant partie de la seigneurie de Coulgens, à hommage lige, à muance de seigneur et au devoir de 10 sols de cens, à payer en la fête de Noël.
Possesseurs, en 1463 Jacques de Lorme, écuyer, seigneur de Coulgens ; 1487 Élie de Lorme, écuyer ; 1602 Perrinet Guillon, seigneur du Puis, receveur général du roi en la Généralité de Limoges.

- 19. Cigogne, paroisse de Coulgens, à hommage lige, sans aucun devoir.
Possesseurs, en 1463 Jean Acarie, écuyer, sieur du Fé ; 1528 Jean Acarie, seigneur de Cigogne ; 1584 Roch Tison, écuyer, sieur de la Rochette ;– 1655 Jean Tison, écuyer, seigneur de Cigogne et de la Marche de Coulgens ; 1683 François du Vignaud, écuyer, seigneur de Vaucarte.

- 20. La Vallade, paroisse de Douzac, au devoir et achaptement d’un épervier garni de sonnettes et de gants d’oiseau, à mutation de vassal.
Possesseurs, en 1463 Pierre de Livenne, écuyer, sieur de Verdilles et de Neuillac 1560 Jean de La Porte, écuyer, seigneur de La Vallade et de Châtillon ; 1685 Me Gabriel Gandillaud, chevalier, seigneur de Fontguyon, La Vallade, Fontfroide, Le Chambon, etc.

- 21 Fayolles, paroisse de Jauldes à hommage et serment de fidélité.
Possesseurs, en 1486 Olivier Tison ; 1516 Olivier Tison, écuyer, seigneur de Fayolles, et maître d’hôtel du comte de La Rochefoucauld ; 1560 Antoine de Lubersac, écuyer ; 1566 Léonet de Lubersac ; 1590 François de Bordes ; 1629 Marguerite de Ripe, dame de Nitrac ; 1648 François du Vignaud, écuyer ;– 1654 Françoise de Forgues, sa veuve ; 1666 et 1683 Henry du Vignaud, écuyer.

- 22. Magnac, paroisse de Jauldes, à foi et hommage, au devoir d’un épervier valant 10 sols, à mutation de seigneur et de vassal. Ce fief, vendu en 1641 par César de l’Étang, écuyer, seigneur de Rulle, Cigogne, Boisberton, etc., à dame Agnès Cirode, veuve de noble Pierre Guilloré, vivant chef du gobelet du roi, était possédé en 1659, 1682 et 1684 par Pierre Guilloré, écuyer, sieur de La Haye, Magnac, etc., chef du gobelet du roi.

- 23. Pellegrellier, paroisse de Jauldes ; à hommage en 1594, et imposé en 1657 au devoir d’une paire de gants blancs, ou 5 sols pour iceux, à mutation de seigneur et de vassal.
Possesseurs, en 1594 François de Voyon, écuyer, sieur des Rivaux ; –1633 : Étienne de Voyon, écuyer, et puis par échange, Jean Thomas, écuyer, sieur de Saint-Simon ; 1657 Pierre Thomas, écuyer, sieur de Saint-Simon ; 1687 Claude Thomas, écuyer, sieur de Maisonnettes.

- 24. Luxé (seigneurie), à hommage lige et au devoir et achaptement d’une paire de gants de cerf ; à mutation de seigneur.
Possesseurs, en 1248 Jean de Luxé, clerc, et Pierre, son frère ; 1299 Pierre de Luxé, écuyer ; 1467 Giraud de Barro 1477 :Jean de Barro et Jacques de La Madeleine, écuyers, seigneurs de Luxé ; 1522 Mre Merlin de Saint-Gelais, chevalier, seigneur de Saint-Severin ;–1529 Madeleine de Beaumont, sa veuve ; 1563 Mre François de Saint-Gelais, chevalier, seigneur de Saint-Severin et Luxé ; 1584 et 1604 Madeleine de Saint-Gelais, dame de Lusignan, Saint-Severin, Luxé et Goué ; 1634 François de Hauteclaire, écuyer, seigneur de Luxé et du Maine-Gaignaud 1638 Jean et Philippe de Lesmerie, écuyers, sieurs d’Échoisy, Luxé et Ambelle ; 1654 Philippe de Lesmerie, écuyer ; 1660 Jean de Lesmerie, chevalier. seigneur de Luxé etc. 1684 Mre Jean de Lesmerie, chevalier, seigneur de Luxé, etc. 1729 Messire Jean-Jacques de Lesmerie, chevalier, comte d’Échoisy, lieutenant pour le roi, commandant en la province d’Angoumois.

- 25. Fief de La Brangerie, paroisse du Maine-de-Boixe. A foi et hommage lige et achaptement de cinq sols tournois.
Possesseurs, en 1526 : François de Refuge, écuyer, seigneur d’Espaignac. 1560 Artus de Vassoigne, écuyer, seigneur de la maison noble de la forêt d’Ortes.

- 26. Fief de Nanclars, paroisse du même nom. A foi et hommage, sous le devoir et achaptement de cinq sols à mutation de seigneur et de vassal.
Possesseurs, 1666 François Bouhier, écuyer, sieur de Nanclars en 1685 demoiselle Marie Bouhier.

- 27. Fief et seigneurie de Neuvic, paroisse du même nom. Par acte du 2 octobre 1566, Jean Acary, seigneur de Neuvic et de La Motte-Saint-Genis, rendit son dénombrement au comte de La Rochefoucauld, à cause de sa baronnie de Montignac, pour raison des seigneuries de Neuvic et de La Motte, tenues de ladite baronnie de Montignac sous deux hommages, l’un plain et l’autre lige, et aux devoirs d’un haubert et d’un heaume.

Un mémoire du 27 octobre 1691, écrit au sujet des lods et ventes de la terre et châtellenie de Neuvic, renferme certaines particularités curieuses que je reproduis d’après l’inventaire manuscrit [11] des titres des terres et baronnies de Montignac-Charente et Touriers.

On y remarque d’abord que quoique la terre de Neuvic appartienne à titre de succession à M. le marquis de Montespan, néanmoins lui étant dû sur icelle autant qu’elle vaut, il a choisi le parti de se la faire adjuger par décret pour purger les hypothèques que pour cet effet, il en poursuit l’adjudication aux requêtes du palais sous le nom d’un conseiller de la cour, créancier sur cette même terre où il l’a enchérie à la somme de 70,000 livres, et qu’il ne se trouve point de plus haut enchérisseur.

On remarque ensuite que M. le marquis de Montespan a, le 20 mars 1684, composé avec Mgr (de La Rochefoucauld), à la moitié des lods et ventes pour ce qui en relève de ses baronnies de Montignac et de Touriers, et te 20 octobre 1685, avec M. le marquis de Pons, à la somme de 1,200 livres pour les ventes de ce qui relève de lui.

Que pour régler lesdits lods et ventes par rapport à Mgr ses officiers se sont transportés au lieu de Neuvic, et qu’étant entrés dans l’examen de la consistance de cette terre avec les officiers de M. le marquis de Montespan, ils ont trouvé que la terre de Neuvic, dans son entier et de la manière qu’elle se comportait alors, est composée de plusieurs membres et relève de plusieurs seigneurs.

Le premier membre est le fief et seigneurie de Maumont dans la paroisse de Macqueville qui est en droit de châtellenie et relève du Roi à cause de Châteauneuf, les droits duquel fief et seigneurie sont la haute, moyenne et basse justice avec ce qui en dépend, plusieurs cens, rentes, agriers et quelques arrière-fiefs que les officiers de M. le marquis de Montespan ont déclaré éventiller à la somme de 10,000 livres.

Les 2e, 3e .et 4e membres sont la paroisse d’Herpes, où il y a haute, moyenne et basse justice, la seigneurie du Verger où il y a semblable justice, et le fief du petit Bourdeau, dont les droits consistent en une métairie et des prés avec des cens, rentes et agriers dans ladite paroisse d’Herpes ; dans une maison noble, deux métairies, des prés et bois taillis et de futaie, avec plusieurs cens, rentes et agriers dans ladite seigneurie du Verger, et en des rentes et agriers dans le fief du petit Bourdeau, le tout relevant de M. le marquis de Pons à cause de sa baronnie de Thors, et éventillé comme dessus à la somme de 30,000 livres.

Le 5e membre est un fief appelé le fief volant, qui relève de M. le marquis de Bourdeilles, à cause de son comté de Mathas. Ce fief, situé hors du territoire de la châtellenie de Neuvic et composé de quantité de devoirs seigneuriaux et féodaux comme dîmes, cens, rentes et arrière-fiefs en plusieurs paroisses, a été éventillé comme dessus à la somme de 6,000 livres.

Le 6e, appelé le fief de La Botte, relevant du sieur chambrier de l’abbaye de Saint-Cyband-lès-Àngoulême, dont les droits consistent en cens, rentes, agriers et quelques terres et maisons de peu d’étendue a été éventillé comme dessus à la somme de 2,000 livres.

Le 7e, composé d’environ la tierce partie de la seigneurie de Sonneville, où il y a justice, haute, moyenne et basse, relevant de M. l’abbé de Saint-Amand-de-Boixe et du sieur Des Bouchaux, et dont les droits sont des cens, rentes, agriers et arrière-fiefs, à quoi on a ajouté quelques rentes nobles énervées de la cure de Mareuil et acquises du temps des aliénations des biens d’église, le tout éventillé comme dessus à la somme de 5,000 livres.

Le 8e, composé des deux tierces-parties de la même seigneurie de Sonneville, qui relève de Mgr le duc de La Rochefoucauld, à cause de sa baronnie de Touriers, pour raison de quoi il est dû un hommage particulier, dont les droits consistent en la justice haute, moyenne et basse, plusieurs cens, rentes et agriers et des arrière-fiefs.

Et le 9e et dernier est la châtellenie dudit lieu de Neuvic, dans le territoire de laquelle il y a une forteresse et château considérable, le bourg de Neuvic assez renommé par les foires qui s’y tiennent, le village de La Brousse, du Fouet et de Puygar, celui du Treuil autrement de la Baretrie et celui de La Faye, plusieurs beaux droits, cens, rentes et agriers avec droit de justice haute, moyenne et basse sur tous lesdits lieux, comme aussi des bois taillis et de futaie, le tout relevant de mondit seigneur à cause de sa baronnie de Montignac, et éventillé comme dessus avec les deux tierces parties de ladite seigneurie de Sonneville à la somme de 17,000 livres.

Et que contre ces estimations et évaluations, il a été opposé par les officiers de Mgr, que les lieux qui relèvent de lui ne sont pas prisés le quart de ce qu’ils valent, parce que la terre de Neuvic en total vaut cinquante mille écus, et qu’il y en a la moitié qui relève de Mgr, et qu’au pis aller, à prendre les choses sur le pied de l’enchère de 70,000 livres, les membres de la terre de Neuvic qui relèvent de Mgr, valent à bon compte trente mille livres.

- 28. Fief du Breuil de RouilIac, paroisse du même nom. A hommage lige au devoir d’un denier d’or ou la valeur, payable à muance de seigneur.

Noble homme Jean de Frondeboeuf, écuyer, seigneur de Rouillac, désirait réunir à son domaine les héritages détenus par Pierre Noyau, dont ce dernier, disait-il, s’était emparé depuis longtemps, mais que Pierre Noyau, au contraire, prétendait lui appartenir comme lui étant venu de Pierre Noyau, son aïeul, et ensuite de Pierre Noyau son père, héritages dont lui et ses frères n’avaient cessé de jouir que pendant les guerres et mortalités qui par longtemps avaient été au pays. Les parties transigèrent le 27 mai 1449, ainsi qu’il suit : Le sieur de Rouillac, bien et duement informé, reconnut que ces héritages devaient appartenir audit Pierre Noyau et à ses frères, et il consentit à ce qu’ils leur demeurassent à perpétuité à eux et à leurs ayant cause, mais à la condition de lui faire pour ces biens un hommage lige au devoir d’un denier d’or. Pierre Noyau fit à l’instant l’hommage au sieur de Rouillac, qui l’y reçut sauf son droit et celui d’autrui.

La seigneurie directe de ce fief fut ensuite transportée au seigneur de Montignac, comme le prouvent les dénombrements du 30 juin 1486, du 2 avril 1529, du 28 août 1560, et du 5 juin 1684. Par ce dernier dénombrement, le devoir d’un denier d’or est remplacé par celui d’un bouton d’or, apprécié à 15 deniers, à mutation de seigneur et de vassal.

- 29. Fief de Boisbertaud, paroisse de Rouillac. A hommage lige et au devoir de 7 sols 6 deniers. Il était possédé en 1706 par François de Curzay, écuyer.

- 30 : Fief de Nitrac, paroisse de Saint-Amand-de-Boixe. A hommage lige et achaptement d’un marabotin ou 8 sols pour icelui au choix et option de l’avouant, à muance de seigneur ou de vassal. Possesseur en 1686 Jean Préveraud, écuyer.

- 31 Fief de Bellejoye ou du Communeau, paroisse de SaintAmand-de-Boixe. A hommage plain et achaptement de 7 sols à payer à muance de seigneur et de vassal.
Possesseurs, en 1560 Élie Paillier, seigneur de Nitrac 1685 Jean Préveraud, écuyer, sieur de Nitrac.

- 32. Fief des Caillauds, paroisse de Saint-Amand-de-Boixe.

Ce fief doit son origine à une concession de Guillaume de Valence, seigneur de Montignac, en faveur de Jean de Luxé, clerc, de maisons et d’un hébergement à Saint-Amand, ténus autrefois par Guillaume Caillaud et sa femme. Dans les dénombrements de la terre et seigneurie de Luxé, du 23 octobre 1529, du 30 août 1655 et du 23 décembre 1660, article 6, les biens compris dans la donation semblent faire partie de la seigneurie de Luxé. Dans les dénombrements du 5 mars 1663 et du 15 mai 1684, article 10, ces biens au contraire forment un fief distinct et séparé sous le devoir d’une queue de renard à mutation. de seigneur seulement.

- 33. Fief d’Auchier, paroisse de Saint-Amand-de-Boixe.

- 34. Fief de La Barre d’Andonne, paroisse de Saint-Amand-de Boixe.

Fief formé de divers héritages tenus à hommage lige et sous deux différents devoirs, l’un d’une paire d’éperons dorés, prisés un écu d’or de la valeur de 27 sols 6 deniers tournois, payables à muance de seigneur et de vassal ; et l’autre, de 10 sols d’accroissement.

- 35. Fief du Châtelard de Saint-Amand, paroisse de Saint-Amand-de-Boixe.

En 1648, l’abbé de Saint Amand-de-Boixe intervint à l’occasion d’une saisie féodale, et prétendit que le fief était mouvant de son abbaye. Il ne paraît pas que cette contestation ait jamais été jugée.

- 36. Fief de La Barre, paroisse de Saint-Amand-de-Noire.

A foi et hommage au devoir d’une paire de gants appréciés à 8 sols, payables à muance de seigneur et de vassal.
Possesseur en 1665 Jean Horry, écuyer.

- 37. Fief de Fontguyon, paroisse de Saint-Amand-de-Noire.

Ce fief était possédé, en ’t654, par Gabriel Gandillaud, écuyer, sieur de La Vallade et de Chambon, conseiller du Roi en ses conseils d’État et privé, président au siège présidial d’Angoumois.

- 38. Fief de Puyromain, paroisse de Saint-Cybardeaux. A hommage lige et sans achaptement, selon les dénombrements de 1648 et 1659. Il est question dans l’acte de foi et hommage du 29 mai 1682 d’un devoir d’une paire de gants évalués à 8 sols, à mutation de seigneur et de vassal, devoir qui n’est pas mentionné dans te dénombrement du 2 décembre 1682.
Possesseur, en 1682 Jean de Marcossaine, écuyer.

- 39. Fief des Petits-Bouchaux, paroisse de Saint-Cybardeaux. A foi et hommage sous un devoir que l’avouant n’a pu déclarer (dénombrement du 20 juillet 1685).
- 40. Fief faisant partie de celui de Mailloux, paroisse de Saint-Cybardeaux. A foi et hommage et sous le devoir dont l’avouant offre souffrir l’imposition eu égard à la force des lieux (dénombrement du 30 mars 1685).

- 41. Fief d’Andreville, paroisse de Saint-Cybardeaux.

Ce fief consistait en une maison à Saint-Cybardeaux et autres lieux. Il avait autrefois appartenu à Jean Raoul, écuyer. En 1687, la maison était tenue à rente par le sieur de La Pinotte, et la rente avait été vendue à M. de Luzignac, conseiller au siège présidial d’Angoumois.

- 42. Fief de Jean Morin, paroisse de Saint-Claud.

Le 4 mars 1400, dénombrement était fourni à noble homme Joachim de Volluire, seigneur de Ruffec et de La Motte, par Jean Morin, écuyer, de Signac en la paroisse de Saint-Claud, pour les héritages composant ce fief et tenus dudit seigneur de Ruffec, à cause dudit lieu de La Motte, à hommage lige et achaptement de. deniers à faire et payer à mutation de seigneur et de vassal. Ce fief releva plus tard en plein fief de la baronnie de Montignac après la réunion qui y fut faite du fief de La Motte, par l’acquisition du 8 avril 1480.

- 43. Fief de Saint-Genis, paroisse du même nom. A hommage lige et au devoir d’un clou d’or, apprécié 40 sols à payer à mutation de seigneur.

Dénombrement fourni le 30 août 1458, par Pierre de Livenne, écuyer, sieur de La Chapelle, pour et au nom de Perrot de Livenne, écuyer, sieur de Saint-Genis, son père. Le 10 avril 1682, l’hommage en fut rendu par Henry de La Porte, écuyer.

- 44. Fief de Sonneville, dite paroisse, tenu du seigneur de La Rochefoucauld, a cause de ses terres et châteaux de Montignac et de Touriers, au devoir d’une paire d’éperons dorés.

Dénombrement fourni à Jean, seigneur de La Rochefoucauld, par Jean Brouard (sans date).

Ce fief, qui est dit plus tard, relever de la seigneurie de Touriers, au devoir d’une paire d’éperons dorés, et des religieux et couvent de Saint-Amand-de-Boixe au devoir d’une paire d’éperons blancs, fut vendu le 2 juin 1567, par demoiselle Louise de Brémond à demoiselle Claude de Vivonne. (Voir ce qui a été dit plus haut, no 27, fief de Neuvic.)

- 45. Fief de Servolles, paroisse de Vars. A hommage lige.
Possesseur, en 1488 Guy de Livenne.

- 46. Fief de Vervant, paroisse du même nom.

Le 28 janvier 1664, le duc de La Rochefoucauld fit cession à Amand Gratereau, de trois articles de rente : le 1er d’un boisseau d’avoine ; le 2e de douze sols ; le 3e de sept sols six deniers,

Et des droits d’agrier et complants qui appartenaient audit seigneur en la paroisse de Vervant ; A la charge de les tenir de mondit seigneur noblement et sous un hommage lige au devoir d’une sonnette d’argent pour oiseau de chasse estimé à 10 sols, à mutation de seigneur ou de vassal.

Le 29 décembre 1685, un dénombrement fut fourni par Amand Gratereau, sieur de Vervant et des Bodinaux, capitaine des chasses de Montignac, demeurant audit lieu de Vervant.

- 47. Fief consistant en droits d’exploit et de franchise, paroisse de Vervant.

Le 22 mai 1523, Etienne Bodineau, paroissien de Vervant, fournit son dénombrement au comte de La Rochefoucauld, pour les choses qui suivent tenues dudit seigneur à cause de son château de Montignac, sous un hommage lige et achaptement de 10 sols payables à mutation de seigneur.

Savoir un droit d’exploit en la forêt de Boixe, et un droit de franchise en toute la baronnie de Montignac.

Un hommage pour ce fief avait été rendu le 27 avril 1520.

Le 2 septembre 1560, François Bodineau fournit son dénombrement à François, comte de La Rochefoucauld, pour

  • 1° Son usage ou exploit en la forêt de Boixe pour y chasser aux lièvres, renards et chevreux (sic) et pour y prendre des bois y croissant autant qu’il sera nécessaire à l’avouant et pour chauffage, ou pour faire brûler en ses maisons et faire cuves ou vaisseaux et madriers de maisons ou merrains, et toutes autres choses nécessaires à son domicile
  • 2° Le droit de vendre son blé aux foires et marchés et en toute la châtellenie de Montignac, sans aucun payement de levage, péage et vente, lequel exploit et usage Guillaume Constantin, prédécesseur de l’avouant, a acquis de Pierre Lebeau, de Vervant.

Le 7 juillet 1685, le dénombrement fut fourni par Amand Gratereau, sieur de Vervant et du fief des Bodineaux.

- 48. Fief des Voutes, paroisse de Vervant. A foi et hommage plain et au devoir d’une couple de chiens courants appréciés à 50 sols.
Possesseur, en 1684 Jean Thinon l’aîné, avocat en Parlement.

- 49. Fief de La Cercèze, paroisse de Villejoubert, tenu au devoir d’une paire de gants.

Hommage du 16 juillet 1683, rendu par Abraham de Poutignac, sieur de Chambonneau, à cause de demoiselle Marie Birot. sa femme.

Dénombrement du 5 juillet 1685. J’ignore si ce fief relevait de la baronnie de Montignac ou de celle de Touriers.

- 50. Fief et seigneurie de Villognon, paroisse du même nom. A hommage lige et au devoir de gants blancs appréciés à 12 deniers à mutation de seigneur et de vassal (dénombrement fourni le 30 mars 1561 au comte de La Rochefoucauld, par Jeanne Raimond, demoiselle, veuve de François Regnauld, vivant écuyer, sieur de Villognon).

D’un acte passé le 7 juillet 1428, entre Foucaud, seigneur de La Rochefoucauld, Montignac et Touriers d’une part, Et Yvon Regnauld, écuyer, seigneur de Villognon, serviteur et familier domestique dudit seigneur de La Rochefoucauld d’autre part, il appert que ledit seigneur de La Rochefoucauld a approuvé certaine baillette, autrefois faite par ses auteurs à ceux dudit écuyer, des terres et bois des Tranches, situés en la paroisse de Villognon, tenant d’un côté à un grand chemin par lequel on va de Villognon à Cellettes, tirant jusqu’au chemin d’Echoisy à Xembes, proche et suivant la forêt de Boixe allant tout au long du chemin jusqu’à un grand terdre (sic), suivant en bas ledit terdre jusqu’aux terres du prieur de Villognon retournant un autre grand terdre, passant au travers d’un autre chemin bas aussi dudit Villognon à Cellettes et tirant à l’avant dit chemin, au devoir de 7 sois 6 deniers de cens accoutumés être payés au dit seigneur de La Rochefoucauld et de Montignac, et à ses prédécesseurs par chacun an, en chacune fête de Saint-Michel, en continuant à l’avenir le payement dudit cens.

Et qu’en outre, ledit seigneur de La Rochefoucauld a donné audit écuyer et aux siens les exploits en toute la forêt de Boixe à prendre renards, lièvres, chevreux, bois de ligne et de chauffage pour l’exploit de leur dite maison, tant au titre dudit cens que pour les bons et agréables services dudit écuyer, qui a promis de les continuer et de payer ledit cens à la recette de Montignac. L’exploit dont il est ici question, fut confirmé au, profit de Louis Regnauld, écuyer, sieur de Villognon, par sentence de la baronnie de Montignac, du 13 mai 1632. Le 34 juillet 1686, Marc Gourdin, écuyer, sieur Dupuis et de Villognon fournit son dénombrement pour les diverses parties du fief dont il est question. Par contrat passé le 3 septembre 1723 devant Meunier et Lorinier, notaires à Paris, le duc de La Rochefoucauld acquit la seigneurie de Villognon, d’Isaac-François Faure, sieur de Grandmaison qui l’avait acquise de Me Marc Gourdin, écuyer, chanoine prébendé de l’église cathédrate de Saint-Pierre d’Angoulême, Marc Guyot, écuyer, sieur de La Motte-Viliognon, et dame Anne Guyot, son épouse, par deux contrats passés devant Serpaud et son collègue, notaires à Angoulême, les 1er et 2 juillet 1710, dans lesquels il est dit comme dans le contrat de 1722, que la seigneurie de Villognon relève tant de la baronnie de Montignac que de l’abbaye de Saint-Amand-de-Boixe.

- 51. Fief faisant partie du fief et seigneurie d’Ambérac, paroisse de Xembes.

D’après le dénombrement fourni le 26 juillet 1685 au duc de La Rochefoucauld, par Clément de Cercé, écuyer, seigneur de Port-Foucauld et en partie du fief d’Ambérac au lieu des sieurs de Goué et de Lambertie, Cette partie dudit d’Ambérac, située dans les paroisses de Xembes, Coulonges et Ambérac était tenue dudit duc de La Rochefoucauld, à cause de son château et baronnie de Montignac, à hommage et sous le devoir qu’il plaira à mondit seigneur imposer eu égard à la valeur du fief.

- 52. Fief faisant partie de celui des Bodineaux, paroisse de Xembes.

A hommage et sous le devoir qu’il plaira au seigneur duc imposer (dénombrement fourni le 26 juillet 1685, par Clément de Cercé, écuyer, sieur de Port.-Foucaud).

- 53. Fief faisant partie de celui d’Estaules, paroisse de Chebrac. A hommage et sous le devoir qu’il plaira au seigneur duc imposer (dénombrement fourni le 17 mai 1685, par Jean-Louis Laisné, écuyer, sieur de Chardonneau). Baronnie de Touriers.

Baronnie de Touriers.
La baronnie de Touriers. acquise en même temps que celle de Montignac par la maison de La Rochefoucauld et possédée par cette famille jusqu’en 1789, relevait également de l’évêché d’Angoulême. Depuis l’an 1398, elle paraît être réunie à celle de Montignac, et ces deux seigneuries sont le plus souvent comprises dans les mêmes aveux et dénombrements. J’indiquerai, comme je l’ai fait pour Montignac, les possesseurs de la seigneurie de Touriers dont j’ai pu recueillir les noms, et je terminerai par la nomenclature des arrière-fiefs qui me sont connus.

En 1259, Pierre Baudran, chevalier, était seigneur de Touriers.

En 1274, Arnaud Bochard, seigneur de Touriers, fournit son dénombrement à l’évêque d’Angoulême pour les objets suivants tenus de l’évêché sous un hommage lige

  • 1° La ville et territoire de Touriers, excepté l’ancien Verteil (ou Verteuil) ;
  • 2° La forêt de Boixe avec ses dépendances et la maison et forteresse de Laumont avec ses dépendances ;
  • 3° Tout ce que l’avouant avait dans le château et châtellenie de Montignac, et dans les villes, paroisses et bourgs de Vars, de Marsac, de Champniers, de Brie, de Balzac, de Douzac, de Rouillac, de Banais, et à Angoulême, dans la châtellenie de Blanzac, dans le bourg et paroisse de Saint-Cierset aux environs et tout ce que le Vigier d’Archiac tient de lui excepté.
  • 4° Et généralement tout ce qui est à l’avouant et est possédé de lui dans lesdits lieux sous hommages, cens, devoirs gariment ou autrement, etc.

Excepté les choses qui suivent :

  • La liberté qu’ont les hommes de l’avouant dans le territoire du seigneur de Marcillac ;
  • Le fief que l’avouant tient de l’abbé de Saint-Amant de Boixe, à Aussac et à Vadalle ;
  • Le fief de l’abbé de La Couronne en Marange
  • Le fief de l’archidiacre d’Àngoulême en honneur de Marcillac ; Le fief du seigneur de Jarnac en honneur de Jarnac ;
  • Et le fief que l’avouant tient du seigneur de La Roche à SaintCiers et à Fontclaireaux.

Arnaud Bochard était mort avant 1295. Sa fille aînée Agnès épousa Jean, vicomte de Brosse, à qui elle porta la seigneurie de Touriers, et Jean en fit hommage à l’évêque Guillaume de Blaye. Trois ans plus tard Regnault de Pretigné, nouvel époux d’Agnès, rendait au même prélat, hommage pour le même fief comme mari et bail de ladite Agnès.

En 1328, le mercredi après la Saint-Valentin, l’évêque Ayquelin reçoit l’hommage de la seigneurie de Touriers qui lui est rendu par André de Chauvigny, chevalier, seigneur de Châteauroux et vicomte de Brosse, tant en son nom que comme mari et bail de Jeanne, vicomtesse de Brosse et dame dudit Touriers. Le successeur d’André, Guy de Chauvigny, qui apparaît dans l’acte d’hommage de 1364, vendit les terres de Touriers et de Laumont au vicomte de Thouars dont la veuve, PéroneIIe, vicomtesse de Thouars, dame de Montignac, Touriers et Laumont dut, par suite d’une transaction passée en 1392, s’obliger à rendre foi et hommage à l’évêque pour ces dernières terres et s’engager à payer 50 livres tournois pour certain contrat de vente ou échange qui s’était fait. Quelques mois auparavant, les officiers du roi avaient saisi les deux terres de Montignac et de Touriers pour défaut d’hommage, mais sur les réclamations de l’évêque, le sénéchal de Saintonge, Jehan Harpedanne, seigneur de Montendre, rendit une sentence portant que mal à propos on avait saisi les terres et châtellenies dont il est question, attendu qu’elles étaient tenues en fief, à foi et hommage de l’évêque d’Angoulême, ledit sieur évêque ayant seul le droit de les mettre sous sa main faute d’hommage et de devoir de ses vassaux

Enfin, le 15 janvier 1398, noble homme Guy, sire de La Rochefoucauld, acquit de noble homme Ingelger d’Amboise, seigneur de Rochecorbon, le lieu ou forteresse de Touriers avec toutes ses appartenances et dépendances pour le prix et somme de 1,200 francs d’or. Les ventes et honneurs de cette acquisition furent payés à l’évêque d’Angoulême le i5 mars 1398. J’ai donné plus haut (art. xi), les indications relatives à l’union des deux terres de Montignac et de Touriers et à leur délimitation.

Arrière-Fiefs.

- 54. Fief assis en la paroisse de Touriers et comprenant divers héritages tenus. à foi et hommage lige sans aucun achaptement.

Un dénombrement de ce fief fut fourni le 25 novembre 1414 à Guy de La Rochefoucauld par N., héritier de feu Ithier Corgnol, chevalier.

- 55. Fief de Pouillac, paroisse de Touriers, à foi et hommage sous le devoir et achaptement de 2 sols à muance de seigneur ou de vassal.
Possesseur, en 1682 Jean Gourdin, écuyer, sieur de La Faye.

- 56. Partie de la seigneurie d’Amberac et Fief des Crois ou des Grosges uni à ladite seigneurie, paroisse d’Ambérac, relevant en partie de Montignac, en partie de Touriers, à foi et hommage plain et à 5 sols de devoir.

Possesseurs, en 1494 Jean Richard, écuyer, seigneur d’Ambérac En 1505 François de La Tour, écuyer, seigneur d’Ambérac à cause de demoiselle Jeanne Richard, sa femme ; En 1561 Gabriel Raimond, écuyer, à cause de demoiselle Jeanne de La Tour, sa femme ; En 1686 Jean de La Faye, chevalier, seigneur d’Ambérac, fils et héritier de Madeleine Raimond sa mère et de demoiselle Françoise Raimond sa tante. Le surplus de la seigneurie d’Ambérac relevait de la principauté de Marcillac. La seigneurie fut acquise ensuite par le duc de La Rochefoucauld par contrat passé devant Du Chastenier et Ligonnière, notaires à Poitiers, !e 3 juin 1720, pour être possédée séparément et sans réunion aux terres de Marcillac et de Montignac. J’ai parlé (voir n° 51) de la partie de la seigneurie qui compose un fief à part dans la paroisse de Xembes.

- 57. Fief de Gourset, uni à la seigneurie d’Ambérac, à foi et hommage lige et à 5 sols de devoir de morte-main.
Possesseurs, en 1456, Pierre Turpin ;

  • En 1487 Jean Richard, écuyer, seigneur d’Ambérac. En 1520 François de La Tour, écuyer, seigneur d’Ambérac, à cause de demoiselle Jeanne Richard, sa femme ; En 1686 Jean de La Faye, chevalier, seigneur d’Ambérac, héritier de Madeleine Raimond sa mère et de Françoise Raimond sa tante. Par le dénombrement du 20 avril 1686, le devoir est dit de 5 sols à mutation de seigneur et de vassal.

- 58. Fief des Turpins, paroisse d’Ambérac. Le 12 janvier 1487, Louis de Clervaulx, écuyer, tant en son nom que comme fondé de procuration de demoiselle Marie Gaudin, sa femme, vendit à Jean Richard, écuyer, seigneur d’Ambérac, tous les droits, domaines et choses quelconques qu’ils avaient de l’hommage et fief des Turpins pour le prix et somme de 160 livres tournois.

Le 15 février 1507, François de La Rochefoucauld donnait des lettres à François de La Tour, chevalier, seigneur d’Angles, par lesquelles il reconnaissait que ledit de La Tour, au nom et à cause de Jeanne Richard, demoiselle, sa femme, fille et héritière seule et pour tout, de feu Jean Richard, écuyer, tant pour elle que pour ses personniers, lui avait fait les hommage plain et serment de feauté qu’il lui devait pour raison des choses acquises par ledit feu Richard, de Louis de Clervaulx, écuyer, et de demoiselle Marie Gaudin, sa femme, fille de feu Jean Gaudin et de Marguerite Turpin, sa femme, tenues noblement et par hommage dudit seigneur de la Rochefoucauld, à cause, de son château de Touriers. 59. Fief de Chanteloube, paroisse d’Anais, tenu à hommage lige et achaptement de 10 sols, payables à mutation de seigneur.

Possesseurs : en 1396 Jean Geoffroy à cause de sa femme ; En 1560 Michel Geoffroy, écuyer, sieur des Bouchaux.

- 60. Fief de Pignoux, paroisse d’Anais. A hommage lige et achaptement d’un gant ou de 12 deniers à faire et payer à mutation de seigneur et d’homme.

Ce fief fut transporté à titre d’échange le 13 juin 1560, par Je seigneur de La Rochefoucauld et Touriers à Rampnou de La Rivière, écuyer, sieur de Mailloux. Le 6 janvier 1460, le dénombrement en fut fourni par Jacques Flamen, écuyer, fils et héritier de Romaine de Mosnac qui était fille et unique héritière de François de Mosnac, vivant écuyer, héritier de feu Rampnou de La Rivière.

- 61. Fief de La Monnette, dans la ville d’Angoulême, tenu du seigneur de Touriers à hommage plain, sans devoir.

Dénombrement fourni le 2 février 1479 par Jean Tison, seigneur de Dirac et d’Argence, des cens qu’il perçoit au bourg de Saint-Martin d’Angoulême et des foires dudit lieu de Saint Martial et autres choses y déclarées.

Dénombrement fourni le 13 avril 1556 par Benoît Tison, écuyer, seigneur d’Argence. Par procuration en date du même jour, Messire Benoît Tison, chevalier, seigneur d’Argence, gentilhomme et panetier servant de la maison du Roi, demeurant au lieu noble de Fissac, avait chargé son frère Cybard Tison, seigneur de Leigne, de rendre hommage en son nom, de présenter le dénombrement, d’offrir de le vérifier, etc. Il y eut en 1641 et 1642 quelques procédures faites au sujet des mouvances de ce fief qui étaient contestées par le procureur du Roi d’Angoulême.

- 62. Fief du Grand et Petit-Balzac (voir art. IX ).

- 63. Fief du Maine-Gaignaud, paroisse de Champniers, tenu à hommage et sous le devoir d’une paire d’éperons dorés appréciés à 4 sols à mutation de seigneur et de vassal.

Possesseur, en 1682 : N. de La Charlonie, écuyer.

- 64. Fiefs de Villers et Terrebourre, paroisse de Coulgens, à hommage lige et sans aucun achaptement.

Possesseurs :

  • en 1463 Jean Acarie, seigneur de Cigogne
  • En 1528 Jean Acarie, seigneur de Cigogne
  • En 1687 Messire Roch Frotier Tison, chevalier, seigneur de La Rochette, Villers, Terrebourre et Cigogne en partie.

- 65. Fief de Douzac, paroisse du même nom. A hommage lige et achaptement de 20 sols à mutation de seigneur.

Possesseurs :

  • en 1487 Pierre Allis ;
  • En 1656 Jean de Roche, écuyer, sieur de Douzac ;
  • En 1685 Gabriel Gandillaud, chevalier, seigneur de Fontguyon.

Le devoir est d’une paire d’éperons dorés évalués à 50 sols à mutation de seigneur, d’après le dénombrement du 12 juillet 1656. Celui du 24 avril 1657 dit A hommage lige et achaptement d’une paire d’éperons dorés évalués à 50 sols. tournois accordés par mondit seigneur (le duc de La Rochefoucauld), pour raison d’une collation de clerc abonnée auxdits 50 sois.

- 66. Fief de Fontclaireaux, paroisse du même nom. A foi et hommage.

Acte de foi et hommage rendu le 19 mai 1685 par Me François Engaigne, sieur de Becoiseau, avocat au Parlement, sénéchal et juge ordinaire du marquisat de Ruffec, curateur à la personne et biens de François Préveraud, sieur de Fontclaireaux, son petit-fils. Comme François Préveraud était mineur et âgé seulement de dix à onze ans, ledit Engaigne, audit nom, a demandé souffrance et délai pour rendre le dénombrement, jusqu’à la majorité dudit Préveraud.

- 67. Fief de Maisons réuni à la terre de Touriers, paroisse de Fouqueure, à hommage lige.

Par lettres du mois de juin 1259, P. Amigon, Jourdaine, sa femme, et Agnès, femme de Ranulphe, fils dudit P. Amigon, reconnaissent que le fief est tenu de P. Baudran, chevalier, seigneur de Touriers, et pour éviter d’être traduits en jugement pour avoir aliéné ledit fief et l’avoir fait passer en main forte à son préjudice notable sans sa permission, ils le lui donnent et délaissent avec tous droits qu’ils y peuvent avoir.

- 68. Fief de La Ruade, paroisse de Genac. A hommage plain et au devoir de cinq sols à mutation de seigneur.

Possesseurs, en 1399 Hugot de La Gordelière, héritier de feue Bonne de La Ruade, tant pour lui que pour ses personniers.

- 69. Fief des Guillauds, paroisse de Genac. A hommage lige et achaptement de dix sols à payer à mutation de seigneur.

Ce fief relevait de celui de Laumont, réuni depuis aux baronnies de Montignac et Touriers. Il comprenait, aux termes du dénombrement de 1398

  • Une fragnée assise proche le rivau qui va au moulin Bardet ;
  • Ledit moulin Bardet et autres héritages.

Possesseurs,

  • en 1398 Bienvenue-Guillaude de Genac, fille et héritière de Guillem Guillaud ;
  • En 1473 Guillaume Plante, fils et héritier en partie de Richard Plante, et de Potine.

- 70. Fief de Laubertière, paroisse de Genac. A hommage plain et achaptement de cinq sols tournois.

Possesseur, en 1448 Pierre de Saint-Gelais, chevalier, seigneur de Montlieu, de Cornefou et du Breuil-au-Loup.

- 71. Fief du Chêne, paroisse de Genac. A hommage lige et sans achaptement.

Possesseur, en 1448 Pierre de Saint-Gelais, chevalier, seigneur de Montlieu, etc.

- 72. Fief faisant partie de la seigneurie de Gourville, dans la paroisse de Genac. A hommage lige et au devoir et achaptement d’un autour sorprins ou de cent sols tournois à muance de vassal.

Possesseur, en 1473 Jean de Roufïignac, écuyer, seigneur de Jarzay, de Gourville et d’Aiguechave.

- 73. Fief de Charron, paroisse de Lanville. A hommage lige. Un dénombrement de 1520 porte un devoir d’un lévrier payable à mutation d’homme.

Possesseurs :

  • en 1486 Germain de Vivonne, chevalier, seigneur de Lanville et autres lieux ;
  • En 1530 André de Vivonne, chevalier, seigneur d’Anville et de La Châtaigneraye ;
  • En 1532 Dame Louise de Daillon, veuve de Messire André de Vivonne, vivant seigneur de La Châtaigneraye, Anville et autres lieux, tutrice naturelle et testamentaire, et confirmée par justice des personne et biens de Charles de Vivonne, écuyer, représentant feu Messire Charles de Vivonne, son père, fils aîné et principal héritier dudit feu Messire André de Vivonne.

- 74. Fief de Montigny, paroisse du même nom. A hommage lige et achaptement d’un clou d’or à faire et payer à muance de seigneur et de vassal.

Possesseurs :

  • en 1434 Pierre de Berbegières (Barbezières), écuyer, ayant le droit de l’hôtel et appartenances de Montigny ;
  • En 1457 Pierre de Barbezières, écuyer, fils de feu Péricautt de Barbezières, en son vivant écuyer, seigneur de Montigny ;
  • En 1488 Pierre de Barbezières.

- 75. Fief faisant partie de celui de Villesion, paroisse de Nanclars. A foi et hommage et en droit de seigneurie, au devoir que l’avouant n’a pu déclarer.

Dénombrement fourni le 17 octobre 1684 par Samuel de Roche, écuyer, sieur de Villesion.

- 76. Fief de Jean de Barro, paroisse de Nanclars. A hommage lige.

Dénombrement fourni le 26 décembre 1486, par Jean de Barro.

- 77. Fief de Pierre de Berbegières, paroisse de Nanclars. A hommage libre et achaptement de dix sols à mutation de seigneur et de vassal.

Dénombrement fourni le ler décembre 1492, par Pierre de Berbegières, écuyer, sieur de Romefort.

- 78. Fief de Bois-au-Roux, paroisse de Rouillac. A foi, et hommage lige, au devoir d’un clou d’or apprécié à quinze sots tournois.

Possesseurs :

  • en 1486 Pierre de Barbezières, écuyer, seigneur de Montigné
  • En 1491 Louis de Barbezières, écuyer, seigneur de Montigné
  • En 1560 Hercule de Barbezières, écuyer, seigneur de Montigné
  • En 1683 François Vallantin, écuyer, sieur de Montbrun et de Bois-au-Roux.

- 79. Fief de Saint-Ciers, paroisse dudit lieu. A hommage et sans achaptement.

Possesseurs :

  • en 1409 Guillaume de Romagne, demeurant à Saint-Ciers ;
  • En 1530 Pierre de Romagne, fils de feu Bernon de Romagne, vivant seigneur de La Cour et hôtel noble de Saint-Ciers ;
  • En 1560 Aimard de Romagne, écuyer, demeurant à SaintCiers, fils et héritier de Pierre de Romagne ;
  • En 1685 Me Roch Benoît, conseiller du Roi, juge-magistrat en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoumois.

Les dénombrements de 1560 et 1685 mentionnent avec l’hommage lige et serment de féauté, l’achaptement d’une paire de gants blancs ou deux sols à faire et payer à muance de seigneur et de vassal.

Par contrat du 31 juillet 1739, passé devant Filhon et son confrère, notaires à Angoulême, M. Me Jean Gervais, écuyer, seigneur de Lussaud et de Devezeau, conseiller du Roi et lieutenant criminel en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoumois, vendit à Jacques Salomon, écuyer, conseiller secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France près le Parlement de Bordeaux, seigneur du Châtenet et autres lieux ; Le fief et seigneurie de Saint-Ciers, paroisse dudit lieu, châtellenie de La Rochefoucauld, en Angoumois, consistant en cens, rentes seigneuriales, droits de prélation, ventes et honneurs, agriers, biens, maisons, bâtiments, jardins tant anciens que de nouvelle construction, orangers, prés, bois, vignes, terres labourables et non labourables, droits honorifiques, droit de chapelle et de banc dans l’église de Saint-Ciers, et droits d’échange dans toute ladite paroisse, eaux et pêcheries sur les rivières de Bonnieure et de Tardoire, rentes secondes si aucunes sont, et tous les domaines roturiers appartenant à ladite seigneurie et droits de chasse, etc., moyennant la somme de 33,000 livres.

- 80. Fief de Bourdelais, paroisse de Saint-Front. A foi et hommage.

Le 19 décembre 1597 fut passé un contrat d’échange sous le scel d’Aunac, entre Guillaume Rabion, écuyer, sieur de La Combe, d’une part ; Et Pierre Renon, sieur de La Côte, et Suzanne Demoulinon, demoiselle, sa femme, d’autre part ;

Par lequel ledit Rabion bailla, céda, quitta, délaissa et transporta, à titre d’échange, auxdits Renon et Demoulinon la somme de 100 écus sols de rente constituée, et à lui due par Jacques Descards et dame Louise Jay, son épouse, assignée sur la moitié de la maison noble et seigneurie de Sebiron ;

Et en contre échange lesdits Renon et Demoulinon baillèrent, cédèrent, délaissèrent et transportèrent tous et chacun, les droits, noms, raisons et actions, succession et échéoite qui leur devaient compéter et appartenir en tous et chacun les biens, domaines et héritages, à ladite Demoulinon, échus et obtenus par le décès de Jean Demoulinon, vivant écuyer, et demoiselle Charlotte Aubert, sa femme, père et mère de ladite Suzanne, vivants, seigneur et dame de Bourdelais, et ses dépendances.

Le fief des Bourdelais appartenait, en 1683, à Joseph Jay, écuyer, sieur de Moutonneau, et l’hommage alors au devoir de dix sols fut rendu par Henri Jay, écuyer, sieur de Bourdelais, comme ayant charge dudit sieur de Moutonneau qu’il déclara être mineur.

- 81. Fief de Cé, paroisse de Vars. (Voir art. XI.)

En 1685, Louis Regnauld était seigneur de Cé et de Servolles.

- 82. Fief des Bodineaux, paroisse de Vervant. A hommage lige et achaptement de dix sots à muance de seigneur.

Possesseurs :

  • en 1398 Pierre Raoul, paroissien de Vervant ;
  • En 1447 Pierre Rou (Raoul), le même que le précédent ;
  • En 1472 Jean Bodineau, gendre de feu Pierre Raoul, tant pour lui que pour Jean Bourreau, son beau-frère, et ses freschiers
  • En 1523 Etienne Bodineau ;
  • En 1560 François Bodineau, tant pour lui que pour ses personhiers
  • En 1685 Noble homme Amand Gratereau, capitaine du château de Montignac et sieur du fief de Vervant et des Bodineaux.

- 83. Fief de Combisan, paroisse de Xembes. A foi et hommage sous le devoir et achaptement de dix sols, à muance de seigneur et de vassal.

Possesseur : en 1685 Clément de Cercé, écuyer, sieur de Portfoucauld.

- 84. Fief du Maine-Gaignaud, paroisse de Champniers. A hommage lige et au devoir d’une paire d’éperons dorés appréciés à quatre sols payables à muance de seigneur et de vassal.

Dénombrement fourni le 31 août à M. le duc de La Rochefoucault par M. Me Annet de La Charlonie, écuyer, sieur du Maine-Gaignaud, conseiller du Roi, juge-magistrat en la sénéchaussée et siège présidial d’Angoumois, au lieu et place de Louis de Hauteclaire, vivant écuyer, sieur du Maine-Gaignaud.

Il s’agit ici de ventes et d’agriers. Le fief du Maine-Gaignaud relevait du Roi au XVIe siècle. Un hommage et un dénombrement de 1682 le disent ensuite relever de la baronnie de Touriers. (Voir no 63.)

Amboise : Palé d’or et de gueules de six pièces.

Brosse (de) : D’azur à 3 gerbes ou brosses d’or, liées de gueules.

Bureau de la Rivière : De sable à la bande d’argent.

Chatillon Saint-Paul. : De gueules à 3 peaux de vair, au chef d’or chargé d’une fleur de lys au pied coupé de gueules.

Chauvigny (de) : A cinq fusées et deux demies de gueules.

Lusignan : Burelé d’argent et d’azur de 10 pièces. — Comtes de La Marche et d’Angoulême. Burelé d’argent et d’azur de 10 pièces, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d’or, brochant sur le tout. — Cimier. Une Melusine.

Lusignan, seigneurs de Montignac. 1° Guillaume de Valence, porte sur un sceau l’écu burelé, et pour brisure un lambel à cinq pendants chargés chacun de trois lions. — 2° Aymar de Valence, comte de Pembrocke, portait l’écu de 7 burelles brisé de 9 merlettes posées 4, 2, 2 et 1.

Rochefoucauld (de la). Burelé d’argent et d’azur de dix pièces, à trois chevrons de gueules, le premier écimé, brochant sur le tout.

Rouault (Tristan), époux de Perronnelle, vicomtesse de Thouars : de sable à deux léopards d’or l’un sur l’autre.

Taillefer. Losangé d’or et de gueules.

Thouars (vicomte de). D’or, semé de fleurs de lys d’azur, an franc quartier de gueules.

- XIII. Fief de Lugerac dans la paroisse de Montignac.

M. de La Chapelle, en 1789.

Le 14 septembre 1684, Louis Flamen, écuyer, sieur de Lugerac, rendit hommage au duc de La Rochefoucauld pour raison dudit fief tenu, était-il dit, de Monseigneur, au devoir d’un gant blanc ou 12 deniers.

Cette mouvance était contestée par l’évêque, suivant un inventaire de 1701. Il existait au trésor de Montignac plusieurs pièces relatives à celte contestation :
- 1° Une copie non signée d’un dénombrement fourni à l’évêque d’Angoulême par Jean Flamen, écuyer, sieur de Lugerac, pour la maison dudit Lugerac et ses appartenances, en date du 3 mai 1602 ;
- 2° Un avis de M. Gervais, signé de lui, touchant ledit fief, délibéré à Angoulême le 17 juillet 1670 ;
- 3° Un mémoire non signé, par lequel il était dit que Lugerac, en grande partie roturier, était mouvant de Monseigneur (le duc de La Rochefoucauld).

En 1740, les droits de l’évêque sur une partie du fief se trouvèrent reconnus. Le 20 mars de cette même année, dame Marie-Charlotte Flamen, veuve de Mre Clément de Cercé, chevalier, seigneur de Portfoucauld, héritière sous bénéfice d’inventaire de feu Mre François-Louis Flamen, chevalier, seigneur de Lugerac et autres lieux, son père, vendit à M. Maître Bernard Faux de Rancureau, conseiller du Roi, élu en l’élection de Cognac, subdélégué en l’intendance de la Généralité de La Rochelle, demeurant en la ville de Cognac, la maison noble et seigneurie de Lugerac, biens, domaines, agriers et autres choses en dépendant, avec droits et devoirs tant nobles que roturiers, sans en rien réserver ni excepter, le tout situé es paroisses de Montignac, Vouharte, Saint-Amand de Boixe, Xembes et Vervant. Le fief était dit mouvant tant noblement que roturièrement de Monseigneur le duc de La Rochefoucauld, de M. l’évêque d’Angoulême et du prieuré de Vouharte.

- XIV. Fief des Brosses et La Forest, paroisse de Saint-Amand-de-Boixe.

- XV. Fief de Saint-Genis des Meulières.

M. de Roissac, en 1789.

Les parties de ce fief qui relevaient de l’évêché sont ainsi énumérées à l’article 19 du dénombrement fourni le 24 août 1661 au duc de La Rochefoucauld :
« Dans l’étendue duquel fief et terre de Saint-Genis cy-dessus confronté, ont esté comprises les choses qui suivent, que l’avouant tient et relève à hommage du seigneur évêque d’Angoulême, à cause de l’archiprestré, cure et église de Saint-Genis unie et annexée au temporel de son évêché, au devoir d’une paire de gants valant cinq sols à mutation de seigneur :

  • 1° L’hôtel et château de Saint-Genis avec la garenne tenant d’un côté au chemin de l’église de Saint-Genis à Grosbost, à main gauche, d’autre, au chemin de ladite église au château, en suivant ledit chemin vers Saint-Cybardeaux, d’un bout à la partie de garenne que l’avouant tient de mondit seigneur ;
  • 2° Plus les maisons nobles appelées de La Chapelle, appartenant au seigneur de La Chapelle, près Marcillac, parageur de l’avouant ;
  • 3° Comme aussi les maisons nobles qui ont appartenu au seigneur de Lourmont, acquises par François Raimbaut, sieur de Roissac, co-seigneur de ladite terre de Saint-Genis, lesdits château et maisons situés dans le bourg de Saint-Genis ;
  • 4° Plus tout le bourg de Saint-Genis, avec les domaines qui sont entre les confrontations indiquées ;
  • 5° Plus le village de la Cou tille, avec ses jardins et ouches contigus, que l’avouant tient dudit seigneur évêque, etc. ;
  • 12° Le village de Bois-Ruffier, excepté demi-journal de terre assis sous le village des Héraulds, qui est mouvant du prieur de Vindelle. »

Possesseurs,

  • en 1429 : Perrot de Livenne, écuyer ;
  • En 1460 : Pierre de Livenne, écuyer, sieur de La Chapelle ;
  • En 1598 : Marie de Livenne, demoiselle, dame de Saint-Genis ;
  • En 1661 : Henry de La Porte, chevalier, seigneur de Beaumont et de Saint-Genis ;
  • En 1682 : Henry de La Porte, écuyer, sieur de Saint-Genis.

Livenne : D’argent, à la fasce d’azur, frettée d’argent, accompagnée de trois étoiles de gueules.

La Porte : D’azur, à la fasce componèe d’or et de gueules de six pièces, accompagnée de deux loups passants d’or.

- XVI. La terre et seigneurie de Marcillac.

M. de La Rochefoucauld, en 1789.

La terre de Marcillac fut possédée depuis 866 jusqu’en 1789, par les maisons de Taillefer, de Rancon, de Sainte-Maure, de Craon et de La Rochefoucauld. Passée en 1389 par mariage dans cette dernière famille, cette seigneurie qui ne fut jamais qu’une simple châtellenie, est décorée du nom de principauté dans tous les aveux rendus aux évéques d’Angoulême par les comtes et ducs de La Rochefoucauld, à dater du XVIe siècle, et toujours, depuis cette époque, les aînés de la famille se sont qualifiés princes de Marcillac.

Avant la Révolution, le fief de Marcillac, situé dans la province et comté de Poitou, dépendait de la Généralité de La Rochelle et de l’Election de Cognac. Compris dans le diocèse d’Angoulême, il relevait de l’évêché, à quelques exceptions près, relatées et rappelées dans tous les dénombrements. Une petite partie, dite le fief de Saint-Cybard, relevait de l’abbaye de ce nom.

Vulgrin, comte de Périgord et d’Angoulême, que Charles-le-Chauve donna pour successeur à Ensenon, en 866, bâtit le château de Marcillac pour arrêter les incursions des Normands. Ce château devint au moyen âge le théâtre de tragiques événements que je ne puis raconter ici et pour le détail desquels je renvoie à ma Notice historique sur la principauté de Marcillac [12].

La terre de Marcillac passa vers la fin du XIe siècle ou au commencement du XIIe, par suite de circonstances qui me sont inconnues, des mains des comtes d’Angoulême dans celles des seigneurs de Rancon, dont le dernier, Geoffroy VI, décéda sans postérité en 1263.

Geoffroy de Rançon avait fait présent de la seigneurie de Marcillac à Isabelle de Lusignan, son épouse ; mais la donation ne pouvait comprendre que l’usufruit et non la propriété foncière qui devait retourner aux héritiers de Geoffroy, ce qui du reste parait suffisamment prouvé par les diverses chartes que j’ai publiées [13].

Guillaume III, fils et successeur de Guillaume II de Sainte-Maure et de Jeanne de Rancon, rendit hommage pour Marcillac, en 1271 et en 1274 à Hélie Carel, abbé de Saint-Cybard, et à Guillaume de Blaye, évêque d’Angoulême. Dans un hommage d’Isabelle, en 1278, ce Guillaume est déclaré propriétaire du fief. « Nos, Hysabellis de Lesignaco, domina Quimiquerii et de Marciliaco, notum facimus universis, quod nos, die Sabbati in crastinum beati Hylarii, fecimus homagium ligium venerabili patri in Christo domino Guillelmo de Blavia, venerabili Engolismensi episcopo, pro usufructu omnium rerum pro quibus Guillelmus de Sancta Mora, proprietarius feudi moventis a dicto domino episcopo in Castro et castellania de Marciliaco, fecit homagium ligium episcopo supradicto, etc [14]. »

Guillaume III mourut en 1300. L’année suivante, sa fille Ysabeau portait, par son mariage avec Amaury, la seigneurie de Marcillac dans la maison de Craon, et Amaury en faisait hommage en 1302, époque de la mort de Jeanne de Rancon, aïeule de sa femme Ysabeau.

Un dénombrement rendu par Guillaume III, en 1296, avait fort mécontenté l’évêque parce que le feudataire avait considérablement limité l’étendue de son fief. Les recherches commencées au sujet de ce dénombrement inexact qui devait être blâmé furent arrêtées par la mort du sire de Sainte-Maure. Amaury III de Craon parut lui-même hésiter un instant en 1302 sur la validité de l’hommage qui lui était réclamé, mais bientôt ses doutes disparurent après la lettre que lui adressa Isabelle de Lusignan en 1304, lettre dans laquelle la dame de Beauvoir-sur-Mer certifiait qu’elle avait souvent ouï dire à feu Geoffroy de Rancon, son premier mari., que le château et la châtellenie de Marcillac et leurs dépendances étaient dans la mouvance de l’évêché d’Angoulême, à l’exception du Verteuil et du fief de Saint-Cybard [15]. Depuis ce temps, Amaury de Craon rendit fidèlement son hommage et ses aveu à l’évêché, eu 1309, comme mari et bail d’Ysabeau, fille de Guillaume de Sainte-Maure, et en 1311 et 1314, après la mort d’Ysabeau.

Amaury de Craon obtint le 13 avril 1320 des lettres du roi Philippe-le-Long, portant que sa châtellenie de Marcillac serait distraite du siège de Niort pour ressortir au siège de Poitiers. Il mourut en 1322. Son second fils, Guillaume Ier, dit le Grand, et son petit-fils, Guillaume II, vicomtes de Châteaudun, lui succédèrent comme seigneurs de Marcillac. En 1389, une fille de Guillaume II fit passer par mariage cette terre dans la maison de La Rochefoucauld. Guy VIII, chevalier, seigneur de La Rochefoucauld, Marthon, Blanzac, Cellefrouin et Bayers, ajouta à tous ces titres celui de seigneur de Marcillac, et rendit hommage aux évêques d’Angoulême ainsi qu’avaient fait ses prédécesseurs.

En 1445, si nous en croyons le P. Anselme, Jean de La Rochefoucauld, chambellan de Charles VII, obtint de ce prince la permission de fortifier Marcillac et d’y bâtir un château. L’ancien devait avoir été ruiné au temps de la guerre avec les Anglais.

François II, comte de La Rochefoucauld (1517-1533), se qualifia, le premier, prince de Marcillac.

En 1550 et en 1567, l’évêque d’Angoulême rencontra quelque résistance de la part de François III pour l’hommage, que le comte essaya de transporter au roi. Le 9 janvier 1550, François, qui avait déjà fait hommage au roi pour le comté de La Rochefoucauld, le château et la châtellenie dudit lieu, les baronnies et châtellenies de Marthon, Blanzac, Verteuil et Bayers, relevant de l’évêché d’Angoulême, lui en rendit un second dans lequel il comprenait la principauté de Marcillac relevant du comté de Poitou. L’évêque présenta un aveu de Guy VIII de La Rochefoucauld, du 15 septembre 1398, et l’hommage dut être rendu.

En 1567, les administrateurs de l’évèché, en l’absence de l’évêque Charles de Bony, qui ne vint prendre possession de son siège que fort tard, à cause des troubles, se virent contraints, pour vaincre la résistance du vassal, de produire un Vidimus de l’aveu de 1398. Ce mauvais vouloir du comte de La Rochefoucauld, ce refus de rendre un hommage auquel il se reconnaissait certainement obligé, peut s’expliquer. François III avait embrassé la réforme qui avait recruté de nombreux adhérents dans la province, et l’Angoumois, en 1567, se trouvait menacé d’une nouvelle guerre civile et religieuse. Le seigneur de Marcillac pouvait donc croire qu’il lui serait facile de se soustraire aux obligations imposées à ses prédécesseurs. Telles sont, si je ne me trompe, les causes qui motivèrent ces tentatives d’affranchissement. Les rapports entre le suzerain et le vassal ne paraissent pas être troublés de quelque temps, et les difficultés soulevées un instant, par suite du refus d’hommage, disparaissent pour ne plus se renouveler qu’à l’occasion des lettres patentes de 1732.

Au mois de février 1732, Alexandre, duc de La Rochefoucauld, fils de François VIII, n’ayant plus que des filles, obtint des lettres patentes portant extension aux filles, du duché-pairie, que l’aînée, Marie-Louise-Nicole, devait faire passer à son mari, qu’elle était tenue de prendre dans la maison de La Rochefoucauld, et à leurs enfants mâles, et à défaut, aux autres filles aux mêmes conditions ; et s’il ne se trouvait plus de mâles de cette maison, il était dit que celui qu’elles épouseraient serait tenu aux nom et armes de La Rochefoucauld.

La mouvance des terres du duché relevant de l’évêché, disparaissait alors par suite de l’hommage porté au Roi. Les officiers de la sénéchaussée et du présidial, et l’évêque d’Angoulême, réclamèrent le droit d’indemnité. Le long procès qui suivit ne fui terminé qu’après la mort du duc, sous l’évêque de Broglie, qui obtint d’abord l’indemnité de la duchesse d’En ville, puis son hommage pour la terre de Marcillac, en 1766, après que les lettres patentes de juillet 1740, portant union de la terre de Marcillac au duché de La Rochefoucauld eurent été rapportées.

L’évêque, dans l’intervalle, avait fait dresser un état du revenu des terres du duché qui relevaient de l’évêché, pour se fixer sur le chiffre de l’indemnité à réclamer. Le total du revenu de ces terres mouvantes de l’évêché dans le duché s’élève à la somme de 33 mille 760 livres, et dans ce chiffre, la terre de Marcillac mouvante presque en entier de l’évêque est portée à 10,000 livres de revenu.

Le duc de La Rochefoucauld était mort le 4 mars 1762. Il laissait deux filles : Marie-Louise-Nicole, l’aînée, qui épousa Jean-Baptiste-Louis-Frédéric de La Rochefoucauld- Roye, duc d’Enville, mort en mer le 17 septembre 1746, lieutenant général des armées navales, comte de Roye avant son mariage. Cousin-germain cadet du duc d’Estissac, le duc d’Enville, par son mariage avec la fille aînée du dernier duc de La Rochefoucauld, fit passer, quoique cadet, la possession du duché à son fils, de préférence au duc d’Estissac qui, quoique aîné, n’avait épousé que la cadette des filles du duc.

Le duc d’Estissac, Louis-François de La Rochefoucauld, ci-devant comte de Marthon, époux de Marie, devint par son droit d’aînesse, chef des nom et armes de sa maison par la mort de son beau-père.

J’ai dit plus haut que les lettres de juillet 1740 portant union de la terre de Marcillac au duché avaient été rapportées. Elles furent remplacées au mois d’avril 1765, par de nouvelles lettres patentes, dûment enregistrées, portant désunion du duché de ladite terre de Marcillac et dépendances.

Enfin, en 1766, la duchesse d’Enville rendit, à Paris, à l’évêque Joseph-Amédée de Broglie, dans l’appartement de ce prélat, logé au séminaire des Missions étrangères, rue du Bac, faubourg Saint-Germain, la foi et l’hommage qu’elle devait pour la terre, seigneurie et châtellenie de Marcillac et circonstances lui appartenant, mouvant et relevant en plein fief, foi et hommage dudit évêque à cause de son évêché. La duchesse, après s’être mise en devoir de vassale pour accomplir cet acte, obtint de l’évêque dispense d’aller rendre la foi et l’hommnge sur les lieux, mais pour cette fois seulement et sans tirer à conséquence, en s’engageant néanmoins à fournir son aveu et dénombrement pour ladite terre et seigneurie, dans le temps fixé par la coutume.

La duchesse d’Enville eut deux enfants, une fille, Elisabeth-Louise, née le 17 juin 1740, mariée à Antoine-Auguste de Rohan-Chabot, comte de Maillé-la-Marche, dit le comte de Chabot, et un fils, Louis-Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Roche-Guyon, né le 12 juillet 1743, et marié en 1762 avec Louise-Pauline de Gand de Mérode de Montmorency.

Louis-Alexandre fut le dernier prince de Marcillac. Il mourut assassiné à Gisors, le 14 septembre 1792, sous les yeux de sa femme et de sa mère, la duchesse d’Enville, alors âgée de près de quatre-vingts ans. Il ne laissait pas d’enfants. Son cousin, François-Alexandre-Frédéric, duc de Liancourt, né le 11 janvier 1747, mort à Paris le 27 mars 1827, prit le titre de duc de La Rochefoucauld ; il était fils du duc d’Estissac, mort en 1783, et de Marie, fille cadette du duc Alexandre de La Rochefoucauld, VIIIe prince de Marcillac mort en 1762.

Taillefer : Losange d’or et de gueules.

Rancon : de … semé de losanges de … au pal de … brochant sur le tout.

Sainte-Maure : d’argent, à la fasce de gueules.

Craon : losangé d’or et de gueules.

Craon-Chateaudun : écartelè,aux 1 et 4 losangé d’or et de gueules, qui est de Craon, aux 2 et 3 d’or, au lion de sable, armé et lampassé de gueules, qui est de Flandre.

La Rochefoucauld : burelé d’argent et d’azur de dix pièces, à trois chevrons de gueules, le premier écimé, brochant sur le tout.

En raison de sa taille, ce document est réparti sur plusieurs pages :

Première partie Deuxième partie Troisième partie

[1Érection du duché de Noailles (Limousin), en 1663, en faveur de la famille de Noailles. Éteint en 1789.
Érection du duché de La Rochefoucauld ( Angoumois ), en 1622. Éteint en 1789.
Erection en duché de la terre de Villebois ( Angoumois ), en 1632 sous le nom de La Valette, en faveur du second fils de Jean-Louis Nogaret, duc d’Epernon. Eteint en 1661.

[2De 1628 à 1634, le doyen Jean Mesneau restaura l’église cathédrale et en rétablit les voûtes. On lit à la fin de son inventaire des titres de la cathédrale « Nota. Que moy Jehan Mesneau bâtissois l’église cathédrale lorsque j’ay escript cecy de ma main. « Nota. Que j’ay employé cinq ans à réédifier l’église cathédrale, etc. » Fait ce 29 juillet 1634. Signé Mesneau, doyen. »

[3Cet inventaire manuscrit conservé aux Archives de la Charente, ( 1 registre in-fol. rel. en velin, en 1640 ), porte sur la couverture la mention suivante : « inventaire des titres de l’Evêché d’Angoulesme, fait par M. Jean Mesneau, l’hors Trésorier et à présent Doyen de l’église cathédrale. C’est l’original qui appartient a M. Mesneau, doyen, qui l’a fait. J.Castain, chanoine, a eu ce livre de feu M. Mesneau, son oncle, doyen d’Angoulême. »

Ce manuscrit se compose d’une table et de cinq registres. Le folio du 1er registre porte la date de 1612. Il en existe plusieurs copies. Jean Mesneau mourut à l’âge de 85 ans le 6 février 1660.

[4Je publie cette liste, telle que je l’ai trouvée en 1859 aux archives départementales de la Charente.

[5Sentence du 19 avril ISiS, donnée aux requêtes du palais, à Paris, en faveur de l’évêque Antoine d’Estaing.

[6Cette ancienne famille est originaire de la terre de Poulignac à deux lieues au sud-ouest de Blanzac, en Angoumois. Jusqu’en 1587 elle s’est appelée dans tous ses actes, de Poulignac ou de Poulignat. Depuis elle a répudié son nom pour prendre celui de Polignac, et changé les armes de son premier auteur connu, Achard de Poulignac, qui portait son écu écartelé aux 1 et 4 d’un lion, aux 2 et 3 d’un filet en barre, pour porter des fasces, par allusion à sa prétention de descendre des anciens vicomtes de Polignac en Velay.

[7Voir les Recherches sur la maison où naquit Jean-Louis Guez de Balzac, sur la date de sa naissance, sur celle de sa mort, etc., par M. Eus. Castaigne, bibliothécaire de la ville d’Angoulême, dans le Bulletin de la Société Archéologiue et historique de la Charente, année 1846.

[8La tour, hôtel noble et seigneurie de Balzac, avec appartenances et dépendances, étaient assis en la châtellenie d’Angoulême.

[9Sa première femme, qui n’est point citée par les généalogistes, se nommait Béatrix de Vigilla, et vivait en 1299. ( Voir n° 24, fief de Luxé.)

[10En Angoumois, l’année commençait te 25 mars, fête de l’Annonciation.

[112 vol.in-fol.,1743

[12In-8° de 90 pages, J.-B. Dumoulin, libraire. Paris, 1869.

[13Voir ma Notice historique, pièces justificatives.

[14Voir ma Notice historique, pièces justificatives, n° V, p. 70.

[15Le P. Anselme et tous les généalogistes qui l’ont copié, font mourir Isabelle le 14 janvier 1299. C’est une erreur que j’ai déjà relevée ailleurs et sur laquelle je reviendrai quand je publierai ma nouvelle chronologie des comtes d’Angoulême, de la maison de Lusignan. Isabelle, qui vivait encore en 1314, est mentionnée dans le testament de Yolande, sœur de Guyard, dernier comte de La Marche et d’Angoulême.

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