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1728 - La Rochefoucauld, Verteuil et la Terne : l’inventaire des trois châteaux du duc de La Rochefoucauld

D 30 juin 2009     H 17:14     A Jean-Claude, Pierre     C 0 messages A 1555 LECTURES


Une description de l’aménagement intérieur de trois belles demeures de Charente, à La Rochefoucauld, à Verteuil et à Luxé, à emporter avec soi pour recréer le cadre et le mode de vie à l’occasion d’une visite des lieux. Le notaire, pressé d’en finir avec ces inventaires interminables, nous prive de détails qu’on aurait bien aimé trouver, en particulier sur les livres de la bibliothèque de Verteuil. Suivons-le...

Sources
- pour l’encadré d’introduction : Bibliothèque de l’École des Chartes - année 1886 - BNF Gallica
- Inventaire des objets mobiliers existant dans les châteaux de La Rochefoucauld, Verteuil et La Terne à la mort de François VIII de La Rochefoucauld (1728) - Par M. P. De Fleury, archiviste du Département de la Charente - Bulletin de la Société Archéologique et Historique de la Charente - Tome années 1884-1885 - BNF Gallica

Les illustrations en noir et blanc sont tirées du bulletin de la SAHC. Celles en couleurs sont de Jean-Claude Chambrelent.

Voir aussi Généalogie de la famille de la Rochefoucauld 1ère partie 2ème partie

Notice

Inventaire des meubles existant dans les châteaux de La Rochefoucauld, de Verteuil et de la Terne, à la mort de François VIII de La Rochefoucauld (1728), publié d’après l’original des Archives de la Charente, par P. de Fleury.

Angoulême, 1886. pet. in-4° de 439 pages (tiré à 400 ex.). L’inventaire publié dans ce volume fut dressé, après la mort du duc François "VIII, par ordre de ses fils Alexandre, duc de la Rochefoucauld et de la Rocheguyon, et Guy, comte de la Rochefoucauld, de concert avec Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois, leur mère. Il contient au grand complet la liste de tous les objets, meubles, tentures, effets et ustensiles divers renfermés dans les trois châteaux de la succession, châteaux probablement inhabités depuis longtemps. L’éditeur, qui a jugé nécessaire de moderniser le texte en en corrigeant l’orthographe défectueuse, n’a rien voulu retrancher à la minute originale. Une seule partie toutefois a été laissée de côté : le catalogue des 1 ,069 ouvrages de la bibliothèque du château de Verteuil, dont le noyau a été l’ancienne bibliothèque d’Anne de Polignac à laquelle M. L. Delisle a consacré jadis une notice savante. Les indications se trouvent être, paraît-il, tellement sommaires et tellement fautives qu’elles sont souvent méconnaissables ; seuls les manuscrits, dont plusieurs sont connus aujourd’hui, ont été conservés. Pourtant la publication n’eût pas perdu, ce nous semble, à être aussi intégrale ici que pour le reste et il n’y a pas lieu de penser qu’elle eût offert moins d’intérêt, si l’éditeur avait pris le parti d’y joindre quelques notes indispensables, ce qu’il a généralement négligé de faire. Rien n’est intéressant et précieux, pour connaître les usages du temps ou la distribution intérieure des châteaux, comme ces inventaires de mobilier que l’on exhume de nos jours. Il est malheureusement trop rare que, dressés comme ils sont par un notaire ou un clerc peu lettré, ils s’attachent à décrire les objets qu’ils enregistrent, de manière qu’il soit possible de s’en faire une idée aujourd’hui. Ici, par exemple, nous n’avons qu’une simple estimation des plus banales. Il faut s’en prendre à l’état de vétusté où se trouvait le mobilier en question. Sans doute, un ou deux siècles plus tôt, on eût trouvé plus à dire, mais à cette date de 1728 la formule qui accompagne presque invariablement chaque article est puisée dans la nomenclature suivante : « Fort usé, troué en plusieurs endroits et fort passé, fort vieux, fort mauvais, bosselé, rompu, percé, taché, cassé, pourri, déchiré, gâté, hors d’usage. » Aussi les prix sont-ils d’ordinaire assez misérables.

Il y a pourtant, comme toujours, des choses curieuses. Ainsi on trouverait à noter parmi les rares œuvres d’art un certain nombre de portraits : des La Rochefoucauld d’abord, François, premier duc, seul et aux pieds de la Vierge ; Henry- Achille enfant ; Marie-Catherine, fille de François VI ; le baron d’Estissac ; le cardinal et le prince de la Rochefoucauld ; Silvia Pica de la Mirandole, qui avait épousé François III ; puis Mmes de Puisieux, de Sillery, de Guiercheville ; l’abbesse de Poissy ; le comte de la Mirandole ; M. et Mme de Liancourt. Un portrait de Louis XIII, un autre de Louis XV ; un portrait de la Pucelle d’Orléans. Puis des tableaux de piété, des Christs, des Vierges, des Madeleines, saint Jérôme, saint Grégoire, saint Jean ; des paysages, un Prométhee, une Joconde, etc. Il faut dire qu’il y avait une chambre des tableaux au château de la Rochefoucauld, et l’inventaire note en bloc, à quinze sous la pièce, cent petits tableaux sur bois « représentant des têtes d’hommes et de femmes illustres. »

Plusieurs tapisseries sont désignées comme d’après leur étiquette : les plus fréquentes sont celles dites « de Monplaisir » ; puis les tapisseries « d’Actéon, des Vendangeurs, des Grands Personnages, des Bûcherons, des Comtes de Flandre, de Jérusalem, de Restions, des Satins verts, de la Licorne, des Travaux d’Hercule, des Moralistes, des Cros- tets, des Pots à fleurs, des Quatre Saisons, des Sibylles, l’histoire de Latone, Holopherne et Judith, » enfin « l’histoire de Jacob ou l’histoire de saint Consistant. »

N’oublions pas de signaler deux charmantes vues, reproduites par l’héliogravure Dujardin, des châteaux de la Rochefoucauld et de Verteuil : c’est le principal attrait du volume, d’ailleurs imprimé avec un soin et un luxe typographique qui en font vraiment un livre de bibliophile.

H. de Curzon.

Bibliothèque de l’École des Chartes - année 1886 - BNF Gallica

Introduction

Quelques jours après la mort de François VIII, duc de La Rochefoucauld, ses deux fils, Alexandre, duc de La Rochefoucauld et de La Rocheguyon, pair de France, et Guy, comte de La Rochefoucauld, son frère, de concert avec dame Madeleine-Charlotte Le Tellier de Louvois, leur mère, veuve commune en biens du feu seigneur duc, firent faire l’inventaire de tous les meubles qui existaient alors dans les trois châteaux de La Rochefoucauld, de Verteuil et de La Terne, qui formaient, en Angoumois et en Poitou, l’hérédité dudit seigneur. Cette importante opération, commencée le 9 novembre 1728, ne fut achevée que le 24 du même mois, ayant duré douze jours, dont quatre furent employés au château de La Rochefoucauld, cinq à celui de Verteuil, trois à celui de La Terne, et elle eut pour résultat un cahier de quarante-huit feuillets, format in-folio, dont on trouvera ci-après une transcription conforme à l’original quant au sens, la correction en plus.

Le cahier-minute qui renferme le triple inventaire dont il vient d’être parlé, n’est pas seulement défectueux par les incorrections dont il fourmille ; son état de conservation laisse beaucoup à regretter, surtout dans certaines parties. En effet, si les feuillets 1 à 36 sont restés à peu près intacts, il en est tout autrement des suivants et surtout des huit derniers. On ne sera donc pas surpris de voir des lignes de points remplacer souvent les parties détruites.

Mais ces lacunes ne sont qu’un des motifs qui m’ont déterminé, je pourrais dire forcé à résumer en quelques pages les neuf feuillets qui contiennent la nomenclature des 1,069 ouvrages dont se composait, en 1728, la bibliothèque du château de Verteuil. Il y aurait eu grand intérêt à reproduire intégralement le catalogue d’une bibliothèque dont le noyau a été l’ancienne « librairie » d’Anne de Polignac, si les indications portées à l’inventaire avaient permis, au moyen des dates des ouvrages, de suivre pas à pas les accroissements donnés à ce dépôt, d’abord par la veuve de François II de La Rochefoucauld elle-même [1], puis par ses successeurs. Mais le notaire, peu préoccupé de distinguer les éditions, ne s’est pas même astreint à reproduire exactement les titres des ouvrages et les noms des auteurs, si bien que, dans un très grand nombre de cas, ils sont défigurés au point de n’être pas reconnaissables. En présence de cette difficulté, force m’a été de passer sous silence les livres imprimés pour consacrer quelques pages aux manuscrits, qui, quoique peu nombreux, intéressent à un bien plus haut degré l’histoire locale. Plus heureux, en effet, que les imprimés, qui ont été dispersés pendant la période révolutionnaire, les anciens manuscrits du château de Verteuil ont pu figurer au nombre de dix-sept à la vente qui a eu lieu à Paris, chez M. Charles Labitte, le 18 mars 1879. C’est seulement à cette date qu’ils ont été séparés pour passer, quatre à la Bibliothèque nationale, quatre entre les mains de M. le duc de La Rochefoucauld Bisaccia, un dans le cabinet de M. le marquis de Lambertye, un dans la collection de M. le comte Armand et un dans celle de M. Bachelin. On n’a pas oublié que c’est dans les reliures de neuf d’entre eux que M. Léopold Delisle, le savant administrateur général de la Bibliothèque nationale, a retrouvé des fragments d’ouvrages imprimés à Angoulême par nos premiers typographes, Pierre Alain et André Chauvin, en 1491, 1492 et 1493. Ce dernier fait, joint à la provenance des manuscrits, leur donne une valeur de plus et achève de justifier les développements dans lesquels je n’ai pas craint d’entrer à leur sujet, en utilisant dans mon travail les notices que M. Léopold Delisle leur a consacrées [2].

Accès aux textes des inventaires

Château de La Rochefoucauld

Château de Verteuil

Château de La Terne (Luxé)

à venir

[1Anne de Polignac était fille de Jean de Polignac, seigneur de Beaumont et de Randan, et de Jeanne de Jambes, sœur d’Hélène de Jambes, femme de l’historien Philippe de Commynes. « Cette dame, dit Gaspard Chabron, fut laissée bien jeune par son père sous la tutelle et gouvernement de sa mère, soutenue de la faveur de la reine de France Anne, de laquelle elle portoit le nom comme estant sa filleule, et qui l’eut en grande recommandation. » Elle était née vers 1495 et épousa en premières noces Charles de Bueil, comte de Sancerre, issu de l’ancienne maison des comtes de Champagne, qui fut tué à la bataille de Marignan et duquel elle eut un fils, Jean, comte de Sancerre, mort sans alliance. Son second mari fut François II, comte de La Rochefoucauld, qu’elle épousa en 1518 et duquel elle eut trois fils, François, Charles et Jean, et quatre filles, Françoise, Jeanne, autre Françoise et Marie. Devenue veuve pour la seconde fois, elle vint s’établir au château de Verteuil, où elle reçut, le 6 décembre 1539, l’empereur Charles-Quint, qui lui rendit publiquement ce témoignage « qu’il n’estoit jamais entré en maison qui sentît mieux la vertu, honnesteté et seigneurie que celle-là ». L’auteur déjà cité, Gaspard Chabron, ajoute qu’ayant été troublée par le vicomte de Polignac, son cousin, dans la possession de la terre de Randan, Anne de Polignac laissa à demi achevé le château de Randan pour aller reconstruire celui d’Onzain et le couvent des Cordeliers du même lieu, où elle fut enterrée.

[2La bibliothèque d’Anne de Polignac et les origines de l’imprimerie à Angoulême, par Léopold Delisle. Paris, 1879.

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