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L’ile de Ré (17) et l’ile de Loix, par Louis-Etienne Arcère (1698-1782)

D 28 janvier 2009     H 01:44     A Pierre     C 0 messages A 6414 LECTURES


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Laissez-vous guider par Louis-Etienne Arcère, dans une Ile de Ré que vous ne connaîssez pas.

Cette page comporte 2 cartes du XVIIIe siècle : l’Ile de Ré, et l’Ile de Loix

Voir : Carte satellite des lieux décrits par Louis-Etienne Arcère

Source : Histoire de la ville de la Rochelle et du Pays d’Aulnis - Louis-Etienne Arcère - La Rochelle - 1754 - Books Google

Nota : aujourd’hui, l’Ile de Loix n’est plus une ile, et est entièrement rattachée à l’Ile de Ré. (clic pour voir la carte)

Louis-Étienne Arcère, né à Marseille le 15 avril 1698 et mort à La Rochelle le 7 février 1782, professeur de philosophie et supérieur de la maison de l’Oratoire à La Rochelle, était également l’un des historiens les plus célèbres de la ville.

Voir sa biographie et ses œuvres

Ile de Ré
Carte de 1743

On a dit, il y a long-temps, que la Chronologie & la Géographie sont les deux yeux de l’Histoire. Si l’une arrange les événemens, l’autre attache les faits aux lieux où ils se font passés : elle montre le théâtre sur lequel on a étalé des scenes intéressantes, & par ce moyen, nous met en état de les envisager dans leur vrai point de vue, ce qui rend le spectacle plus piquant.

La connoissance de la Géographie étant si nécessaire à l’intelligence de l’Histoire, on ne peut se dispenser de donner une Description chorographique du Pays d’Aulnis, Pays assez mal connu, & qui toutefois mérite de l’être. Parmi les traits qui doivent former ce tableau, on choisira les plus dignes des regards du public, & qui fourniront des observations curieuses, soit à l’égard de l’Histoire & de l’Antiquité, soit par rapport à ce qui concerne l’Histoire naturelle.

Louis-Etienne Arcère

Isles du Pays d’Aulnis.

Isle de Ré.

De tous les anciens Géographes, l’anonime de Ravennes [1] est le seul qui sasse mention de l’Isle de Ré sous le nom de Ratis : elle est appellée Radis dans les Annales de Metz. M. Valois fait descendre ce mot de Ryde, mot Galois qui signifie un lieu d’ancrage. La position des lieux justifïe la vérité de cette étymologie. Les rades de l’Aiguillon, de la Palisse, de Saint-Martin & de Loix, auront donné à l’isle voisine le nom d’Isle des Rades, Insula Ratis ou Radis. De cette source est venue la dénomination postérieure de Rodi, qu’on trouve dans une Charte de Charles le Chauve, & le nom de Ré, qu’on lit dans les Actes de Rymer, & dans la Chronique de Maillezais.

Dans la suite on a corrompu ce nom, & l’Isle de Ré a été appellée Regum Insula, Reta [2] ou Retia, à cause des filets de pêcheurs ; Rea, Reacum & Reorum Insula [3], parce que c’étoit, dit-on, un lieu d’exil pour les criminels : la première de ces étymologies est absurde, & l’autre est fausse, & ne peut être justifiée par l’Histoire.

C’est mal-à-propos que Maichin appelle l’Isle de Ré Hiera & Hieras, ce nom qu’il défigure est celui de Noirmoutiers, ou d’Hiers près de Brouage.

Auteserre [4] confond encore l’Isle de Ré avec Noirmoutiers : après avoir cité l’Auteur de la vie de Saint Philbert, dans laquelle sont décrits les ravages que les Normands firent dans l’Isle Herio, il ajoute que cette isle a été appellée dans la suite Reacum, vulgairement l’Isle de Ré. Auteserre vraisemblablement a consulté Bouchet qui rapporte le même fait dans ses annales, plaçant la scene dans l’Isle de Ré. C’est ainsi qu’en suivant un mauvais guide, on s’égare.

D’anciens Martyrologes [5] retracent la mémoire d’un Moine nommé Basile mort dans l’Isle Ratensis. Le Pere Godefroi Henschenius, avoue qu’il ignore la position de cette Isle. S’il m’étoit permis de forcer les barrières, qui ont arrêté le Sçavant Bollandiste, je dirois que cette Isle inconnue est l’Isle de Ré. Le mot Ratensis descend visiblement de Ratis. Je fortifierois même ma conjecture, en faisant remarquer qu’il y eut autrefois dans l’Isle de Ré un Monastere célèbre au huitième siecle, & qu’il est probable que ce fut dans cette sainte retraite, que le solitaire Basile termina ses jours. Il est nommé Saint Vesle dans de vieilles heures, comme le remarque un Hagiologiste [6] ; peut être même est-il honoré sous le nom de Saint Blaise, dans le Prieuré de la Cleraye, en l’Isle de Ré.

Grégoire de Tours [7], parlant de Leudaste, grand Ecuyer de la Reine Marcouëse dit que la patrie de cet homme étoit l’Isle Cracina. Papyre Masson croit que ce nom désigne l’Isle de Ré. Selon M. Valois [8], il faudroit corriger le texte, & lire Cratina ou Ratina, au lieu de Cracina : en effet, Ratina paroît être enté sur Ratis, ancienne dénomination de l’Isle de Ré,

Pour développer la conjecture de ce Sçavant, j’ajouterai que Leudaste étoit fils d’un Leucadius domestique de celui qui avoit pris à ferme les droits établis sur le vin qu’on recueilloit dans l’Isle Cracina. Il falloit donc que cette Isle fut considérable par l’étendue de ses vignobles [9]. Ce qui ne peut gueres convenir qu’à l’Isle de Ré, Isle grande & fertile en vin.

Ile de Ré - Le phare des Baleines
Photo : Pierre Collenot - 2008

Ici je ne puis dissimuler une difficulté que présente le texte de Gregoire de Tours, Cracina Pictavensis insula. Or l’Isle de Ré du temps de cet Ecrivain, étoit dans le territoire de Saintonge, elle n’étoit donc pas l’Isle Cracina. On peut répondre que Grégoire de Tours auquel il est échappé bien des méprises, a pu se méprendre au sujet de l’attribution de l’Isle Cracina au Poitou, & que cette erreur est assez ordinaire & excusable, même quand on désigne, sans examen, & en passant, la position de certains lieux qui se trouvant placés sur les limites de deux Provinces, semblent appartenir à toutes les deux ; & telle est la situation de l’Isle de Ré, à l’égard du Poitou & de la Saintonge.

Mais je laisse à part une réponse vague & générale, pour rapprocher en faveur de l’Isle de Ré, comme Isle de Saintonge, des indications plus précises & plus certaines. Cette Isle au XIII. & XIV. siecles étoit dans le district spirituel de Saintes, il faut donc la supposer dans les premiers temps enclavée dans ce ressort, & par une conséquence historique, faisant partie autrefois du territoire des anciens Saintongeois.

Dira-t-on qu’antérieurement aux siecles eue l’on vient de citer, cette Isle étoit soumise à la Jurisdiction Ecclésiastique de Poitiers ; mais il ne reste aucun document qui soit garant de ce fait. Jean XXII. démembra le Diocèse de Poitiers pour en former deux nouveaux Evêchés, il étoit naturel, que. l’Isle de Ré (si elle eut été de ce Diocèse) restât annexée à Poitiers ou qu’elle se trouvât dans la distraction qui fut faite, & que par ce nouvel arrangement, elle appartint à Maillezais ou à Luçon, & sur-tout à cette dernière Ville du bas Poitou si voisine de cette Isle. Toutefois cette Isle reconnoît alors pour ses pasteurs les Evêques de Saintes, elle les avoit donc antérieurement reconnu ; elle a donc toujours été une Isle Saintongeoise, & on doit lui adjuger la dénomination Cracina, de Grégoire de Tours, dénomination qu’un Auteur [10] du siecle dernier a conservé, Rupeculae capta, Cracina servata. Enfin par un enchaînement nécessaire, Leudaste natif de Cracina aura pris naissance dans L’Isle de Ré.

Cet insulaire sorti du sein de la poussiere, homme illustre par ses titres, & deshonoré à jamais par tes crimes, doit être connu. Sa vie trouve naturellement une place dans la description d’une Isle sa patrie. Le portrait que je ferai de cet Insulaire sera d’après Grégoire de Tours, qui ne le peint pas en beau. Mais la Religion ayant consacré le nom de cet Ecrivain, on doit croire que Grégoire, en représentant son ennemi, sous les plus hideuses couleurs, a employé un pinceau guidé par l’amour de la vérité, mais qui doit peut-être la force ou la dureté de ses touches, au ressentiment des injures que Grégoire avoit reçues de cet homme.

Leudaste né en L’Isle de Ré, & fils d’un serf, fut d’abord destiné à des emplois convenables à & qualité d’esclave [11]. Forcé de ramper par état, une certaine hauteur de sentiment qu’il tenoit de la nature, lui inspira du mépris pour la bassesse de ses fonctions. Il se retira secrètement pour aller chercher dans un Pays étranger une meilleure destinée. L’esclave fugitif fut poursuivi & ramené. Il disparut encore & fut repris. Sa fuite ne fut pas heureuse, on lui coupa une oreille. Dans les horreurs du désespoir, où le jetta l’infamie de ce châtiment, Leudaste s’échappa de nouveau, & alla se présenter à Marcouëse ; c’étoit la fille d’un Cardeur de laine, & Femme de chambre de la Reine Ingoberge. Marcouëse étoit devenue la maîtresse du voluptueux Charibert. Elle mit Leudaste au service du Roi, qui lui donna l’inspection sur les chevaux d’élite de ses écuries.

L’ambitieux esclave regarda son emploi, comme un degré pour monter plus haut ; il brigua la charge de Connétable (Comes [12] stabuli) & 1’obtint. Les dignités développant en lui le germe de ses vices, leur donnèrent alors une forme sensible, & les firent paroître. Leudaste se montra tel qu’il étoit ; c’est-à-dire, dédaigneux, fier, bouffi d’orgueil, avide de biens, ardent pour les plaisirs.

Marcouëse mourut. Leudaste appréhenda que son crédit étayé jusqu’alors par le crédit de cette femme, ne tombât avec elle. Des présens habilement répandus lui servirent beaucoup auprès du Roi qui le continua dans ses charges. Pour le malheur des Peuples, on lui confia dans la suite, la dignité de Comte de Tours. L’autorité le déchargeant alors des contraintes de la vie privée, ses passions qui n’avoient été que des vices, devinrent des excès monstrueux, injustices criantes, manège artificieux, outrageantes insultes, calomnies andacieusement débitées, débauches déshonorantes.

Charibert étant mort, son Royaume fut partagé entre ses trois frères. Sigebert par ce partage, eut entr’autres domaines, la cité de Tours. Leudaste qui le craignoit, quitta son Gouvernement, & se rendit auprès de Chilperic. Celui-ci s’étant emparé de la Ville de Tours, par les intrigues de Theodebert son fils, Leudaste rentra dans son Gouvernement : comme il appréhendoit d’être obligé de le quitter une seconde fois, si le Prince a qui on avoit enlevé la Ville de Tours, venoit à la reprendre, il crut devoir se préparer une ressource contre ce malheur, en se conciliant l’amitié de l’Evêque Grégoire. Il prit donc avec lui, un air insinuant, & des manières affables : il s’abaissa même jusqu’aux supplications, & jura sur le tombeau de Saint Martin d’être désormais le protecteur de l’Eglise, & de n’écouter dans l’administration de la justice que la voix de la raison & du devoir.

Ses allarmes s’etant dissipées par la mort de Sigebert, les dehors imposans du fourbe s’évanouirent bientôt. Résolu à perdre l’évêque Grégoire, il en concerta les moyens avec Riculfe. C’etoit un scélérat caché sous l’enveîoppe du sacré caractère dont il étoit revêtu. Leudaste commença par décrier la conduite de Grégoire ; puis il alla dire à Chilperic que ce Prélat publioit partout que Bertrand, Evêque de Bordeaux, avoit des liaisons criminelles avec Fredegonde, cette fameuse Reine qui sçut réunir de grands talens à de grands vices. On tint un Synode à Brenne, au sujet de l’accusation du Comte de Tours. Gregoire qui fut cité, nia le fait, & s’en justifia. Son innocence triompha des artifices des faux témoins, du pouvoir de la Reine & des intrigues de Leudaste.

Le Ciel devoit des châtimens à cet homme pervers. Infâme calomniateur, il fut excommunié par les Evêques. Le Roi justement irrité d’un faux rapport dont l’infamie sembloit rejaillir sur lui, le fit poursuivre, & défendit qu’il y eût dans ses états un asyle pour ce malheureux. Riculfe son complice périt sous les coups des bourreaux, qui lui briserent le corps avec des bâtons. Leudafte fit jouer tant de ressbrts, qu’il vint à bout de calmer la colère du Prince. Le point important étoit d’adoucir l’implacable Fredegonde. Le proscrit alla se jetter à ses pieds, humble suppliant, il en fut rébuté ; tout sembloit autoriser ses craintes & exiger des précautions. Mais le jour de son ignominie étoit arrivé. L’imprudent Leudaste, loin de prendre la fuite, entra dans la boutique d’un Marchand pour acheter plusieurs choses de grand prix, dans le dessein de les présenter à la Reine : il comptoit qu’à la vue de ses présens, le cœur de Fredegonde armé de haine se trouveroit sans défense.

Sur ces entrefaites, des Gardes furent envoyés pour l’arrêter. Il tira l’épée, & après en avoir blessé quelques-uns, il reçut un coup sur la tête, qui lui ouvrit une partie du crâne. On le prit, il fut jette dans une prison. Comme les Médecins jugèrent qu’il mourroit bientôt ; Fredegonde qui craignit que la mort du coupable ne dérobât à sa vengeance le plaisir du supplice, le fit étendre sur un poteau, le dos renversé ; on lui écrasa la tête à coups de bâton. Ainsi mourut un homme qui de la bassesse de sa naissance, étoit parvenu au comble de la fortune, dont il ne mérita jamais les faveurs.

Revenons à l’isle de Ré, patrie de cet infortuné. Il y a eu dans cette isle deux fameux Monasteres : le premier fut fondé par Eudes Duc d’Aquitaine. En creusant les fondemens d’un nouveau corps-de-logis pour le Gouverneur de l’Isle de Ré [13], on découvrit en 1730 (sans doute dans l’emplacement de ce Monastere) une couronne de cuivre qui fut envoyée à M. d’Angervilliers, Ministre & Secrétaire de la guerre. Une partie de crâne étoit fortement attachée à cette couronne : l’on y remarquoit en quelques endroits des restes d’une assez belle dorure, & des pierres que l’humidité de la terre avoit rendues ternes. Les fleurons représentoient des especes de fleurs-de-lys, au nombre de quatre, & autant de triangles renversés, dont les lignes étoient un peu courbes. Les pierres enchassées sous les fleurons décoroient le cercle : la principale étoit une turquoise qui posoit sur le front. Les autres n’étoient que des cristaux. On trouve la représentation de cette couronne dans la Préface du tome quatrième des Monumens de la Monarchie Françoise. L’Auteur du Journal de Verdun [14] observe que les quatre fleurs de cette couronne sont toutes semblables à celles qu’on voit sur la couronne de Fredegonde, dans l’Eglise de Saint Germain-des-Prés, à Paris [15].

Les sentimens furent partagés au sujet de cette découverte. Les uns prétendirent que c’étoit la couronne de Hunold, Duc d’Aquitaine. M. de Beauharnois [16], Intendant de la Marine à Rochefort, jetta ses vues sur Eudes [17] pere de Hunold. Selon lui, ce Duc d’Aquitaine attira les Sarrasins en France, pour les opposer à Charles Martel, qui l’avoit si souvent humilié ; Ce Duc serra plus étroitement les nœuds de cette alliance, par le mariage de sa fille avec Munuza, qui cornmandoit dans la Cerdagne ; dans la suite, Eudes touché de repentir, & honteux d’avoir sacrifié sa fille à sa politique, fonda avec Valtrude sa femme, une Abbaye en l’isle de Ré, & il y fut inhumé en 735 ; comme il ne paroît pas par aucun Historien qu’un autre Prince qu’Eudes ait été enterré en cette isle, il est à présumer que ce tombeau est celui de ce Duc.

La première opinion contredit la vérité de l’histoire [18]. Hunold fils d’Eudes, ayant fait crever les yeux à Hatton son frère, se retira l’an 745 dans le Monastere que son pere avoit fondé dans l’Isle de Ré ; & après avoir remis à Waifre son fils le Duché d’Aquitaine, il vécut dans la solitude du cloître. Après la mort funeste de Waifre, que Pépin avoit poursuivi à outrance, Hunold sortit de sa retraite, ou il avoit passé vingt-trois ans. Il reparut donc & se mit à la tête de ses anciens sujets, pour faire rentrer dans sa maison la Principauté d’Aquitaine, que Pépin venoit de lui enlever. Ses tentatives furent malheureuses, Hunold forcé de fuir devant Charlemagne, chercha un asyle chez Loup, Duc de Gascogne, son neveu. Loup à qui le vainqueur annonça la désolation de ses états & sa destitution même, s’il ne remettoit pas entre ses mains le Prince fugitif, livra Hunold à son ennemi. Il est incertain si Charlemagne le confina dans le Monastere de l’Isle de Ré, ou s’il le tint en prison.

Quoi qu’il en soit, Hunold se retira en Italie deux ans après. La haine qui l’animoit contre Charlemagne, lui fit prendre le parti de Didier, Roi des Lombards. Il s’enferma dans Pavie, que Charlemagne vint assiéger. Le peuple de cette Ville réduit aux abois, tua Hunold à coups de pierres, le regardant comme le principal auteur de ses désastres. Doit-on penser que dans ces conjonctures, on ait transporté, dans l’Isle de Ré, le corps d’un Prince errant & proscrit, & dont les Etats étoient au pouvoir de son ennemi ?

La conjecture de M. de Beauharnois a tout l’air du vrai, & ne demande qu’à être étayée. La fondation du Monastere de l’Isle de Ré par Eudes, & son inhumation dans ce Monastere, sont constatées par une Charte [19] de Charles le Chauve, où l’on trouve la vraie origine de ce Duc d’Aquitaine, laquelle n’étoit pas connue, & qui descendoit des Rois de la première race : en effet Eudes étoit petit-fils de Charibert Roi de Toulouse, frère de Dagobert, & pere de Boggis Duc d’Aquitaine. Eudes succéda à la partie des Duchés d’Aquitaine & de Gascogne que Boggis son pere avoit possédée, & il devint maître de l’autre partie par la cession volontaire que lui en fit Hubert son cousin germain. Eudes épousa Valtrude fille du Duc Valchisige.

La vie de ce Prince fut extrêmement agitée. Il prit les armes contre Pépin, Maire du Palais, & contre Charles son fils, & ne fut pas heureux dans ces expéditions militaires. La fortune le seconda mieux contre les Sarrasins, qu’il battit devant Toulouse. Mais comme ses Etats étoient toujours exposés à la fureur des Infidelles, qui descendoient des Pyrénées tels qu’un torrent, pour inonder la partie méridionale de la France, il fut obligé de faire avec eux un traité d’alliance, & crut devoir acheter la tranquillité de ses Provinces, au prix même de sa fille, Princesse extrêmement belle, qu’il donna en mariage à Munuza, Général Maure. Cette paix fut de peu de durée. Abderame, Gouverneur général des Sarrasins d’Espagne, entra dans l’Aquitaine. Eudes l’attendit au-delà de la Dordogne, présenta la bataille, & fut entièrement défait. Le Prince Aquitain, sans ressource, alla implorer la protection de Charles Martel, qui dans cette occasion, consulta moins sa générosité que son intérêt, pour secourir un Prince qu’il n’aimoit pas. Le sort des armes se déclara contre les Sarrasins, qui furent taillés en pièces, aux environs de Poitiers. Eudes rentra dans ses états, où il mourut quelque temps après, c’est-à-dire en 735 [20].

La couronne dont on a déjà parlé, nous fournit une autre preuve, en faveur d’Eudes inhumé dans l’Isle de Ré. L’Historien continuateur de Frédégaire, dit que le Roi Chilperic, & le Maire Rainfroi, après qu’ils eurent été défaits à la bataille de Vinci, appellerent Eudes à leur secours & lui donnèrent le Royaume. Auxilium rogant, regnum & munera tradunt. Le sçavant Pere le Cointe de l’Oratoire, croit que regnum se prend là pour une couronne, & l’on trouve effectivement, quelquefois avec regnum, cette signification. D’autres prétendent que Chilperic reconnut la souveraineté d’Eudes sur toute l’Aquitaine. Ainsi qu’on prenne le mot regnum pour une simple couronne, sans aucune attribution ou reconnoissance de souveraineté, ou pour l’acte authentique de la souveraineté d’Eudes, reconnue par Chilperic, il résulte que notre Prince Aquitain avoit droit de porter la couronne, & qu’on 1’a déposée dans son tombeau, ou comme l’auguste attribut de la souveraineté, ou comme une marque d’honneur.

Eudes Duc d’Aquitaine fut maître de l’Aulnis, puisqu’il I’étoit de la Saintonge. In Pago Tolosano, Cadurcensi, Santonensi, &c. qua fuerunt dicti Ludonis Aquitaniae, Ducis. Chart. de Charles le Chauve.

Ce Monastere qui fut fondé par Eudes, dans l’Isle de Ré, étoit sous l’invocation de la Vierge, les Normands le ruinèrent au neuvième siecle. Une Charte de Louis le Chauve, datée de l’an 845, en fait mention, comme d’un Monastere qui depuis long-temps ne subsistoit plus que par ses ruines. Etenim de Monasterio Sanctae Mariae de Rodi Insula, cum à Nortmannis jamdudum incensum ac dirutum extet, nihil de ejus instauratione speratur & ita de eo non loquitur.

Les Moines de Cisteaux dans le douzième siecle, bâtirent en l’Isle de Ré, un Monastere aussi dédié à la Sainte Vierge, sous le nom de Notre-Dame. Il fut détruit durant les guerres civiles de la religion vers l’an 1574 : on en voit des restes près du Fort-Laprée. Ce Monastere fut fondé en 1178, par Eble de Mauleon, qui donna aux Religieux de Cisteaux le lieu appelle le Breuil-chateliers. Aimeri de Mauleon son neveu, approuva cette fondation & l’augmenta même ; exemple oui fut suivi par Raoul de Mauleon, par Savari de Mauleon & Amable sa femme. En 1170, Gui Vicomte de Thouars, Seigneur de l’Isle de Ré, confirma & ratifia tous les dons faits à l’Abbaye des Chateliers. Cette Abbaye a été unie & incorporée à la Maison des Prêtres de l’Oratoire de Paris, rue Saint-Honoré, le 25 Septembre 1623. Le dernier Abbé commendataire a été Louis de Morainvilliers d’Orgeville, Prêtre de l’Oratoire, Docteur de Sorbonne, & Vicaire général de Ferdinand de Neufville, Evêque de Saint-Malo. Ce Prêtre de l’Oratoire est l’auteur d’un Livre intitulé Examen Philosophiae Platonicae, imprimé à Saint-Malo en 1650.

L’Isle de Ré [21] est au 3e degré, 54 minutes, 28 secondes de longitude, à compter du méridien de Paris, & au 46e degré, 14 minutes, 48 secondes de latitude septentrionale, & distante de l’Observatoire de Paris de 210868 toises, c’est-à-dire de 107 lieues. Cette Isle, depuis Rive-doux jusqu’à la Tour dés Baleines, a cinq lieues & trois quarts de longueur : la largeur est si irréguliere, qu’on ne peut la déterminer en général ; au Fort-Laprée, & au-dessus de la Flote, elle comprend une étendue d’une lieue, deux mille deux cent cinquante toises, vis-à-vis la Ville de Saint-Martin. Le reste se termine en pointe, jusqu’à la redoute du Martrai. Cette pointe s’élargit ensuite, & se développe, pour former la petite plaine d’Ars, où le Prince de Soubise fut battu en 1624. Le contour de l’Isle est de quatorze lieues & demie, en laissant les marais salans.

Le terrein de l’Isle de Ré est occupé par ces marais salans & par beaucoup de vignobles, qui produisent communément, dit-on, vingt-cinq mille tonneaux de vin, & presque le double dans les années d’une grande abondance. On est surpris d’en voir sortir une si immense quantité d’une terre, dont le fond est sablonneux. On doit en attribuer la cause, à une plante marine, vulgairement nommée sar, autrement goémon & varech. La mer en montant arrache cette plante, & la jette sur ses bords. Les Insulaires qui la ramassent avec soin, la mettent au pied des vignes. Le vin en est médiocre, mais on en fait des eaux-de-vie excellentes.

Le Pays, qui est bien peuplé, comprend six Paroisses & plusieurs Villages. On y compte 20000 habitans ou environ, dont on forme de très-bonnes milices.

L’Isle de Ré obtint au treizième siecle, le droit de Commune & de Mairie. Dans l’extrait du catalogue [22] des rôles Gascons, Normands & François, conservés dans la Tour de Londres, il est fait mention d’une Charte, pro hominibus de Insula de Re ad-habendum Majorem, Juratos & Communiam. Teste Rege, apud Tonnai. 28 Jun. ann. Domini 1242. On trouve encore cette pièce dans les Actes de Rymer [23]. Le Roi d’Angleterre qui accorda ce privilège, étoit Henri III. du nom. Les affaires publiques de l’Isle sont dirigées présentement par un Syndic, un co-Elu & deux Commissaires dont l’élection se fait par les notables Bourgeois. L’Isle de Ré suit la Coutume de la Rochelle ; en cas d’appel, elle ressortit au Siège de cette Ville.

Sous le règne de Louis XI. il falloit qu’il y eût des Elus dans l’Isle de Ré. En effet Philippe de Comines, parlant d’un nommé Merindot, qu’il chargea de la part du Roi d’une commission importante auprès du Roi d’Angleterre [24], nous apprend qu’il lui promit une Election en l’Isle de Ré & de l’argent.

L’Isle de Ré est divisée en deux Seigneuries particulières. La Baronnie, qui comprend la plus grande partie de l’Isle, renferme les Paroisses de la Flote, de Sainte-Marie, de Saint-Martin & ses Annexes, le Bois & la Couarde. L’autre portion de l’Isle, consistant dans les Paroisses d’Ars, de Loyx & des Portes, est de la dépendance du Collège Mazarin, depuis que la mense abbatiale de l’Abbaye de S. Michel en l’Herm a été unie à ce Collège. Anciennement l’Abbé de S. Michel & ce Monastere jouissoient des domaines qui ont été distraits par la Bulle de Clément X. donnée le 3 Août 1671. [25]

« En notre venue ez parties de Saintonge, est-il dit dans une Ordonnance de Jean de Rie [26], Seigneur de Balencon, & de Morrelet de Montmor Commissaires du Roi, les habitans de ladite Isle, requirent avoir parlement à nous, ils nous dirent qu’une partie estoient subgets de noble homme Messire de Craon, & de Madame de Touars sa femme, & les autres : estoient subgets de l’Abbé & Conven de St. Michau en Lers ».

Les premiers Seigneurs de l’lsle, qui nous soient connus [27], sont les Ducs d’Aquitaine, ensuite les Mauleons. Apres eux les Vicomtes de Thouars en jouirent. Un mariage fit passer ce beau domaine dans la maison de Sancerre de Beuil.

En 1274, Eléonore de Soissons, veuve de Renaud de Thouars, S., de Vihers & de Tifauges, mort sans enfans, transigea avec Gui II du nom, Vicomte de Thouars, neveu de Renaud, pour tout ce qu’elle pouvoit prétendre, sur le Talmondois, & l’Isle de Ré. [28]

Vers l’an 1400, la Terre & Seigneurie de l’lsle de Ré, fut saisie, faute de foi & hommage, à la réquisition de Denis de Maurroy, Procureur Général. Pierre d’Amboise, Vicomte de Thouars, Comte de Benon, & S. de l’Isle de Ré, prétendit [29] que ses ancêtres avoient tenu cette Terre en franc-aleu sans être tenus d’en faire foi & hommage ne autre debvoir, ne redevance. Cette affaire fut terminée par un accomodement. « Pierre d’Amboise s’engagea à faire la foi & hommage-lige, pour la Seigneurie de Ré, à cause du Chastel de la Rochelle, & au ressort & souveraineté accoutumées,à une florence ou maille d’or, ou la valeur d’icelle pour tout debvoir de rachapt ou d’abonny ou autre debvoir de fief, à muance de vassal. » Les Lettres du Roi au sujet de cet accommodement furent expédiées à Paris le 23 Juin de l’an 1404.

Pierre d’Amboise étoit mal fondé dans ses prétentions, puisque Raoul de Mauleon, en 1245 avoit fait la foi & hommage-lige au Comte de Poitou [30].

Charles V. accorda de grands privilèges, aux habitans de l’Isle de Ré. Les Commissaires, ci-dessus nommes, promirent au nom du Roi [31], qu’on ne mettroit ni Capitaines ni gens d’armes dans les forts de l’Isle, que du consentement des Insulaires, qu’on ne pourroit les forcer à porter les armes hors de l’Isle, par terre ou par mer, que dans les cas prescrits par l’usage, qu’on ne mettroit ni impositions ni subventions, sans leur consentement, qu’aucune provision ne seroit faite en ladite Isle par les Officiers ou Commissaires du Roi, sinon en payant. Il faut entendre par provision ou prise, un ancien droit qui avoit du rapport à ce que nous appellons ustenciles en terme de guerre. Quand les Rois voyageoient, les habitans des lieux étoient obligés de fournir certains meubles nécessaires aux logemens de la Cour : cet usage auquel on avoit donné une extension odieuse, avoit dégénéré en abus, & un abus déguisé sous le nom d’un droit ou d’une loi, est un fléau bien redoutable.

L’Isle de Ré fut encore exemptée de tailles, aides, subsides & subventions en 1408, exemption confirmée par Charles VII. en 1437. On trouve un grand, détail des privilèges de cette Isle, dans l’inventaire des titres & privilèges de l’Isle de Ré, imprimé à la Rochelle, chez Pierre Mesnier, 1728.

L’Isle de Ré environnée de fortifications présente aux ennemis de l’Etat, un front redoutable. On voit par l’ordonnance de Balencon & de Montmor Commissaires de Charles V. qu’il y avoit déjà des forts, dans cette Isle, en 1372.

En 1456, on jetta les fondemens d’une place forte, dont le nom n’est pas désigné. Aussi pour la fortification de la place que lesdits habitans ont commencé faire. Déclar. des biens de l’Eglise, Colleg. de Saint Jean-Dehors [32], pour les francs-fiefs. Cette place seroit-elle, ce que nous appellons aujourd’hui la Ville de Saint Martin ? Quoiqu’il en soit, cette dernière Ville située au Nord-est de l’Isle, a été agrandie sous le règne de Louis XIV. elle est de figure à peu près ronde, flanquée deux bastions. En 1682, on fortifia la Ville de Saint Martin, sur le plan que M. de Vauban en avoit donné. L’enceinte fut presque achevée l’année suivante. En 1689, on perfectionna les ouvrages, il n’y avoit encore que deux demi-lunes qui couvroient les portes, on en éleva trois autres, avec trois cavaliers, & une demi-contregarde devant le bastion de la mer. Le front de ces fortifications tourné vers la mer, est magnifique, & solidement bâti. Mais le côté qui regarde l’intérieur de l’Isle n’a pas la même décoration. On a établi dans cette place, un Etat Major ; plusieurs Ingénieurs y sont entretenus. Le Gouverneur de la Ville l’est tout à la fois de la Citadelle & de l’Isle, Il y a dans la Ville de S. Martin un Couvent de Capucins, & un Hôpital royal, dirigé par les Freres de la Charité. Une portion de l’ancienne Eglise sert présentement de Paroisse.

Le port de la Ville de Saint Martin, est oblong, & coudé vers le milieu : il a 30 toises dans sa plus grande largeur, & plus de 150, dans sa longueur. Ses bords sont revêtus de maçonnerie ; le fond est de roche vive. Les Bâtimens n’ont rien à craindre dans ce Havre, depuis qu’on a couvert l’entrée par une grande masse ou éperon qui brise les vagues poussées par le Nord-est.

L’ancienne Citadelle de S. Martin qui fut commencée en 1615, par M. d’Argencour Ingénieur général, fut défendue en 1627, par le brave Thoiras à qui tout manqua, hors l’intrépidité & un noble désespoir. La place que ce grand homme avoit à défendre, n’étoit encore qu’un ouvrage naissant. Les courtines étoient peu élevées ; des planches & des fascines en soutenoient les terres : les parapets, & les trois demi-lunes n’étoient formées qu’à demi & les quatre tenailles qui devoient être devant les angles des bastions, étoient à peine commencées. La foiblesse de ces fortifications fut réparée par le courage d’un guerrier intrépide, qui en devint le plus ferme rempart, ayant soutenu un siege opiniâtre durant 140 jours.

Thoiras devint [33] Maréchal de France ; il fut tué au siege de Fontanette dans le Milanois. Je ne puis me dispenser de rapporter ici l’Epitaphe de ce Guerrier qui sauva l’Isle de Ré & le pays d’Aulnis. Cette Epitaphe a été composée en Latin par Isaac Habert Théologal de l’Eglise de Paris, depuis Evêque de Vabres.

Heroum cineres, & magni nominis umbras
Quisquis amans post fata, colis, ne lumine sicco,
Praetereas hospes, monet hoc te carmine virtus.
Toirasii tenuem conjectum corpus in urnam,
Demissis ingens, velat victoria pennis.
Nulli unquam tam fida cornes ; rea testis, & anglus,
Et medulus, Rupellae tua praeludia cladis ;
Concussaque alpes, Cazalisque occlusus Ibero :
Fortunaque fides melior : ne quaere triumphos.
De tumulo palmae servataque lilia crescunt.

Toi qui chéris les noms de ces mortels célèbres, [34]
Que la Parque engloutit dans ses antres funèbres,
Ici du sort cruel déplore les rigueurs :
Voi la victoire, avec ses ailes,
Couvrir d’un fier Guerrier les palmes immortelles,
Et baigner son urne de pleurs ;
Passant, joins tes soupirs à ses tendres douleurs.
Dans ces lieux renommés qu’arrose la Garonne,
Dans ce temple de Mars, que la mer environne,
Thoiras se signala par des travaux guerriers,
Heureux présage de la foudre,
Qui d’un Peuple trop vain mit les remparts en poudre :
Sur d’arides rochers, il cueillit des lauriers.
Et quand le démon des batailles
Lançoit contre Casal, les traits de son courroux ;
La main de ce Héros étaya des murailles,
Prêtes à tomber sous ces coups.
De sa vertu, l’envie osa lui faire un crime,
Il en fut la noble victime ;
En dépit des revers, que son destin est beau !
Passant, pourquoi veux-tu répandre
Des fleurs sur son illustre cendre ?
Les lys qu’il a sauvés décorent son tombeau.

En 1681, on jetta les fondemens d’une nouvelle Citadelle sur le terrein de l’ancienne. Ce fut le 29 Juin, que M. Arnoul Intendant posa la première pierre, dans l’angle flanqué du bastion du Roi. Cette cérémonie se fit avec beaucoup d’appareil. Les ouvriers marchoient à la file les uns des autres, portant tous les instrumens propres de leurs métiers : ensuite venoit l’Intendant & le corps des Ingénieurs. Ce qu’il y eut de singulier, c’est qu’on enchassa dans le creux de la première pierre un verre [35] plein de vin, symbole de cette liqueur qu’on recueille dans une Isle si renommée par ses vignobles.

Quatre bastions, trois demi-lunes, & la contregarde Dauphine, composent les fortifications de la Citadelle, qui est un quarré parfait. La Ville & la Citadelle se communiquent par une fausse-braie.

Les autres fortifications de l’Isle sont placées de distance en distance. Le Fort-Laprée qui est vis-à-vis le continent, fut bâti vers le même temps que l’ancienne Citadelle fut construite. Ce ne fut d’abord qu’un ouvrage en étoile à quatre pointes flanquées par de petites courtines, courbées en cul de chaudron du côté de la place. Ce poste fut fortifié à diverses reprises. En 1655, M. Blondel fit ajouter trois bastions plats & trois redans. Les demi-lunes & les contregardes du Chevalier de Clerville, furent commencées en 1673, & continuées jusqu’en 1680. Tous ces ouvrages faits après coup, & sortis de l’idée de différens maîtres, ne furent pas conduits avec beaucoup d’entente ; d’ailleurs ils manquoient de l’uniformité de dessein, ils ne pouvoient par conséquent former qu’un tout extrêmement défectueux. Aussi M. Ferri fit raser en 1684, une partie de ces ouvrages, & laissa en entier l’ancien donjon avec les logemens & les ouvrages qui sont du côté de la mer. Le tout fut enveloppé d’un chemin couvert & d’un glacis.

Le Fort-Laprée a un petit Port où se retirent les chaloupes, qui traversent de l’Isle au continent. Ce lieu est le plus grand passage de l’Isle. Ce fut là que vint débarquer le secours conduit par le Maréchal de Schombert qui fit lever aux Anglois le siege de la Citadelle, défendue par M. de Thoiras. On voit auprès du Fort-Laprée, les ruines de l’Abbaye des Chatelliers.

La redoute de Sablanceau placée à la pointe Méridionale de l’Isle de Ré, fut reconstruite en 1673 ; on l’enveloppa d’un chemin couvert en 1689. Ce poste qui est important, sert à empêcher les descentes sur la pointe. Au-dessous de la redoute de Sablanceau, & sur l’estran de la mer, on a élevé en 1747, un Fort que les sables poussés par les vents couvriront bientôt.

Le Fort du Martray fut bâti en 1675, sur la côte que la mer sauvage arrose à l’Ouest de l’Isle : quelque temps après on y ajouta de nouvelles fortifications, & l’on forma le projet d’en faire la principale défense de l’Isle, projet dont M. de Vauban fit sentir les inconvéniens. En effet, le Fort du Martray étoit trop petit pour en faire une Forteresse importante. D’ailleurs le vaste platin que le flux laisse à découvert, facilitant l’escalade, il auroit fallu donner beaucoup de hauteur au revêtement, qui auroit été d’un grand entretien, parce que l’impétuosité des vagues & la furie des vents s’y font sentir plus que dans aucun autre endroit de l’Isle. Le Fort du Martrai fut rasé en 1655, & il ne reste que la redoute qui est bien revêtue, entourée d’un bon fossé & d’un chemin couvert.

La redoute des portes située au Nord de l’Isle, fut bâtie en 1674 : ce poste qui est bien fortifié, est vis-à-vis du banc du Bûcheron, sur lequel le Prince de Soubise descendit en 1615. La même année, M. de Thoiras y fit débarquer un corps de troupes, tandis que la Flotte royale favorisoit sa tentative. En 1627, il s’y fit une troisième descente durant le siege de Saint Martin.

La nature s’est réunie avec l’art, pour défendra l’Isle de Ré. Son côté Occidental est battu des flots de la mer sauvage ; ces flots se roulent avec fureur sur des rochers, & leur bruit menaçant annonce le péril aux Navires qui s’en approchent.

A l’extrémité Occidental est le banc des baleines, qui court bien avant dans la mer, Sur ce banc, on a élevé en 1679, une tour, dont M. Auger a donné le dessein. Ce phare a 14 toises de hauteur, depuis le rez-de-chaussée, lequel est élevé de 8 a 9 pieds au-dessus des plus hautes marées. Autrefois on entretenoit le feu, au haut de la tour, par le moyen d’une grande lampe, depuis quelques années on a substitué à l’huile, le charbon de terre.

Au Sud-est, de la côte, & sous le Bourg de Sainte Marie, est encore un banc d’un grand quart de lieue de longueur. Du côté de Sablanceau, à la pointe méridionale, on trouve Laverdin, à une demi-lieue de la terre : c’est un écueil de figure à peu près ronde, couvert de 2 ou 3 pieds d’eau, en basse mer ; il asseche cependant en quelques endroits

Isle de Loix

Carte particuliere des costes de Poittou, Aunis et de La Rochelle et du fort St Louys comme aussy de l’Isle de Rè ou St Martin avec ses forts / Petrum Schenk Junior
Carte du XVIIIe siècle - Source : BNF Gallica

L’Isle de Loix faisoit autrefois partie de L’Isle de Ré ; ce n’est à proprement parler, qu’une portion isolée que la violence des vagues à détachée de son tout. Elle en est séparée par un canal de 50 a 60 toises de largeur, à son embouchure, du côté de la fosse. Le pas du Fenaut fait actuellement la communication ordinaire de l’Isle de Ré avec Loix. Il y reste fort peu d’eau de basse mer. L’Isle de Loix à 3000 toises de long, & 8 a 900 de large. Elle comprend trois Villages ; le terrein est assez fertile.

Une Ordonnance [36] de Charles V. de l’an 1372, donne à cette Isle le nom de Loys & un pouillé du Diocèse de Saintes de 1404, fait mention de l’Eglise Paroissiale de cette petite Isle, sous le nom de Sainte Catherine de legibus. Il n’est pas aisé de tirer l’ancienne dénomination de l’isle de Loix. Isnard [37] l’appelle Insula anserina, sans aucun fondement ; Le docte Valois dans sa notice des Gaules adopte cette chimérique dénomination, ita ut Insula & vicus, nomen akansere vel aucâ recepisse videantur. Sans doute, le nom tel qu’on l’écrit ordinairement Loye, a trompé ce sçavant homme. Il ignoroit vraisemblablement que dans les XIV. & XVI. siecles, cette isle s’appelloit, Loys & de legibus.

L’Isle de Loix seroit-elle désignée par l’anonyme de Ravennne, dans le dénombrement qu’il fait des Isles Aquitaniques : Noetoja & Insula Obceorum, & selon la correction de Papyre Masson, Ovorum ou Oborum. Mais pourroit-on établir une preuve sur une base si chancellante.

Je trouve encore une Isle de l’Océan, appellée Oia ou Augia, dans laquelle il y avoit un Monastere qui servoit de retraite à Saint Arnand , depuis Eveque de Maëftricht. Le Moine Baudemont [38] nous apprend cette particularité. Patriam parentesque relinquens Oiam Insulam qua à littore maris oceani quadraginta distat millibus, felici navigans cursu, tandem Portum Monasterii petiit. Un ancien bréviaire de Bourges, donne à cette Isle le nom d’Agnavi Insula. Dom Mabillon [39] qui parle de la retraite de Saint Amand dans un Monastere, la place dans l‘isle d’Oye. In Oia seu Ogia Insula Monasterium, cujus nomen haud proditur. [40]

« M. Baillet dit que l’Oye est une petite Isle de l’Aquitaine, où S. Amand se retira vers l’an 609, & qui ne subsiste plus ; qu’on y a établi une Paroisse qui s’appelle Loye, de même que l’isle, par corruption de l’article avec le nom. » [41]

Le sçavant Pere le Cointe de l’Oratoire [42], long-temps avant Baillet, s’étoit déclaré en faveur de l’Isle de Loix. Mais comme la grande distance dont l’ancien Annaliste Baudemond fait mention, n’est pas applicable à cette mesure, le Pere le Cointe prétend donner une solution à cette énigme. Sita est Oya è regione Rupella & Insula Reaco adeo propinqua, ut aestu maris defluente, ex una in alteram siccis pedibus transeatur, distatque ab oceani littore, quatuor tantùm milliaribus : quapropter aut recessit oceanus, aut error in Baudemundi numeros irrepsit, ut plerumque fieri solet ; aut Baudemundus quadraginta millia numeravit non ab oceani proximo littore, sed à portu, ex quo Amandus solvit, in Oyam profecturus.

Le Pere Longueval de la Compagnie de Jesus [43], embrasse le sentiment du Pere le Cointe. « S. Amand, dit-il, quitta la maison paternelle, & se retira dans une Isle proche la Rochelle ».

M. de Valois revendique le nom Oia pour l’Isle-Dieu ou d’Yeu sur les côtes du bas Poitou.. Comme il ne prouve pas ce qu’il avance, j’étayerai son opinion d’un détail de preuves qui donneront à cette légère conjecture un air de vérité.

1°. L’Isle de Loix, vers le commencement du septième siecle, devoit encore être unie à l’Isle de Ré, & par conséquent elle n’étoit pas Isle. Le canal qui la sépare n’a guère que cinquante à soixante toises de largeur, c’est-à-dire trois cent ou trois cent soixante pieds. Or si nous consultons la progression du mouvement annuel des eaux sur nos côtes, telle que nous l’avons déjà établie, d’après l’expérience, le canal qui sépare les deux Isles, devroit être bien plus grand qu’il ne l’est, supposé que la mer les divisât alors. Il faut donc conclure que Loix tenoit encore au terrein de l’Isle de Ré. Ce ne sera donc plus là, qu’il faudra chercher la retraite du solitaire Amand.

2°. Du temps de Henri I, c’est-à-dire dans l’espace compris entre l’an 1031 & 1060, des particuliers donnent au Monastere de S. Cyprien de Poitiers cinq Eglises dans l’lsle Oia, quinque Ecclesias in Insula maris qua vocatur Oia [44]. Dans un terrein aussi borné, aussi resserré que l’lsle de Loix, de quel usage pouvoient être cinq Eglises ? C’est dans une Isle plus étendue qu’il est convenable de les placer ; & cette isle ne peut-être que l’Isle d’Yeu.

3°, Un Acte du treizième siecle [45] nous montre l’IsIe-d’Yeu dans l’Isle Oia. Dono iterum & concedo dicta Abbatia in Insula de Oys viginti modios vini puri, necnon quindecim libras annui reditus super terras de foresta ejusdem, ad culturam redactas, Dono iterum & concedo de hominibus meis in Hero Insula, & in Oys Petrum Alay. De cette fondation faite par un Seigneur nommé Pierre de la Garnache, au Monastere de l’lsle Herio, (Noirmoutiers) il résulte que l’lsle d’Oys ne sçauroit être la petite Isle de Loix, près de l’Isle de Ré.
- 1°. Pierre de la Garnache donne un de ses main-mortables de l’Isle Oys, vingt muids de vin, & des rentes dans la même Isle ; mais il est bien certain que ce Seigneur ne l’a jamais été de l’Isle de Loix, enclavée dans les domaines de l’Abbaye de S. Michel en l’Herm. Comment a-t-il pu donner des terres dont il n’étoit pas propriétaire, & donner surtout un serf de cette Isle, n’en étant pas le Seigneur ?
- 2°. Les terres dont il fait don étoient une portion d’une forêt défrichée, ce qui suppose une certaine étendue, qui seule convient à l’Isle-d’Yeu, laquelle a sept lieues de circuit, & non à la petite Isle de Loix, où il ne paroît pas qu’il y ait eu de forêt.
- 3°. Les Religieux de l’Ordre de Cisteaux de Notre-Dame de la Blanche, B. Maria de Alba, dans l’Isle Herio, Noirmoutiers, ont eu des possessions dans l’Isle-d’Yeu. La mémoire du don qu’ils reçurent de Pierre de la Garnache [46], subsiste dans leurs titres, & l’on voit encore dans le Cimetière de l’Isle-d’Yeu, une vieille Chapelle qui vraisemblablement leur a appartenu, puisqu’elle est sous l’invocajion de Notre-Dame de la Blanche. Oia sera donc L’Isle-d’Yeu, & non l’lsle de Loix.
- 4°. Dans les rôles Gascons [47] ... on lit, de Insula vocata Oyes in mari inter Britanniam & Poitou concessa Berengario de Calderer. Or l’Isle-d’Yeu élonge les côtes du Poitou & appartient à cette Province, position qui ne sçauroit convenir à Loix, Isle Saintongeoise, & qui n’est point placée entre la Bretagne & le Poitou.
- 5°. Le Moine Ermentaire [48] qui écrivoit en 836, raconte que des Corsaires vinrent de son temps faire descente en l’Isle Oia ; qu’après l’avoir ravagée ils se remirent en mer, & cinglèrent vers l’Isle Herio (Noirmoutiers) que ces Barbares étoient à mi-chemin, lorsque jettant leurs regards sur cette Isle, ils crurent voir dans le lointain, une troupe de combattans bien disposés à les recevoir : c’étoit un essain d’oiseaux aquatiques, voltigeans sur les eaux, dans les parages voisins de l’Isle. Cette image trompeuse jetta l’effroi dans le cœur des Brigands, & les dissipa.

Si ces Corsaires partirent de l’Isle de Loix pour aller débarquer à Herio, (Noirmoutiers) le fait raconté par Ermentaire est faux, parce qu’il est impossible. En effet, de Loix à Noirmoutiers, il y a vingt-deux lieues & un tiers, de deux mille cinq cent toises chacune ; & comment ces Corsaires étant à mi-chemin, c’est-à-dire à onze lieues de distance, auroient-ils pu voir ces oiseaux ?

Ce fait absurde relativement à l’Isle de Loix, devient vrai, ou il ne sort pas des bornes de la vraisemblance, s’il s’agit de l’Isle-d’Yeu & de Noirmoutiers. Il n’y a de l’une à l’autre que cinq lieues. La moitié du chemin se réduira donc à deux lieues & demie ; & les Corsaires pouvoient, dans un temps clair & serain, appercevoir à cette distance, ou à peu près, ces nuages d’oiseaux qui rembrunissoient l’horison : je dis nuages sans métaphore, & presque dans la rigueur du terme. Ceux qui connoissent ces côtes sçavent bien que ces oiseaux aquatiques vont souvent par troupes innombrables, & qu’ils s’ébattent tous ensemble sur les eaux.

Fera-t-on valoir contre l’Isle-d’Yeu le trop grand éloignement de l’IsIe Oia aux bords de l’Océan ? La distance des quarante milles dont fait mention le Moine Baudemont, est visiblement une erreur de calcul, ou une faute de copiste. En effet l’ancien mille contenoit 754 toises de Paris ; il falloit donc 30060 toises pour les 40 milles : de-là il résultoit une distance de plus de dix lieues. Or il est bien certain que de toutes les Isles de la France occidentale & de la Flandre, il n’en est aucune actuellement, éloignée de dix lieues du continent : elles en étoient encore moins éloignées au septiéme siecle, puisque nous voyons la mer battre continuellement & détruire ses bords.

- 6°. Enfin le Moine Hériger dans la vie de S. Landoald, parlant de la retraite de S. Amand, dans l’Isle Oya, la place à l’occident d’Herbauge, patrie de ce saint Solitaire. Oyamque Insulam ad occidentem [49] maris Oceani positam. Ici le gisement des lieux, forme une preuve simple & complette. L’Isle-d’Yeu est à l’Ouest, quart de Sud-ouest, de Grand-lieu [50] ou Herbauge ; & l’Isle de Loix est au Sud. Il est donc démontré que l’Isle Oia ou Oya est l’Isle-d’Yeu, & non l’Isle de Loix, & que cette première Isle fut la retraite du saint Evêque de Maëstricbt, né a Herbauge en Poitou.


[1Collect. de Don Bouquet, tom. 2. Not. Gall.

[2Besly, pag. 263.

[3Isnard, Areis San-Mart. Obsid.

[4Rerum Aquitan. Pag. 104.

[5Not. Gall.

[6Chastellain, not. sur le Martyrol. P. 631

[7Lib. 5.

[8Isle Cracina

[9On ne pourroit attribuer le nom Cracina qu’à Noirmoutiers ou à l’Isle d’Yeu. Mais la première est toujours désignée dans les anciens Annalistes sous le nom d’Herio, & la seconde sous celui de Oia. Cracina ne leur convient donc point.

[10Le P. Philibert Monet, de la Compagnie de Jesus.

[11Greg. Tur. Collect. de Dom Bouquet, tom. 2, pag. 261 & seq.

[12Comes stabuli equorum Principis curam habebat, quae dignitas postea militaris facta. Not. D. Bouquet, tom. 2..

[13Lett de M. Bompar, Médecin en l’Isle de Ré.

[14Dom. de Montfaucon.

[15Septemb. 1736, pag. 172.

[16Mém. de M. de de Beauharnois.

[17Voyez l’Apologie d’Eudes Duc d’Aquitaine, dans la sçavante Histoire de Languedoc, tom. I.

[18Annal. Met. Dom Bouquet, tom. 5, pag. 687

[19Hist. de Lang. Preuv. tom. I, p. 86.

Dictus Vandregisilus eidem Monasterio reliquit inprimis omne jus quod ad se pertinere dixit super Monasterium de Rodi Insula, quod olirn in honorem Beatae Mariae aedificavit Ludo Aquitaniae Dux cum uxore sua bona memoria Vulsruda Valchisigi Ducis de nostra progenie filia, & ubi praedictus Ludo sepultus est. Hist. de Lang. tom, I pag. 86.

[20Dom Bouquet, tom. 2.

[21Carte par triangl. de MM. Maral & Thury,

[22Imprim. à Londres. 1743.

[23Tom. 1, p. 407.

[24Livr.4, chap. 7 ; sous l’année 1474

[25Gall. Christ. Tom. 2, col 1419

[26Secousse, Ordon. ann. 1372.

[27Dupuy, droits du Roi.

[28Gr. Offic. de la Cour, t. 2, .p. 502

[29Mmss.de Dupuy, donnés par M. de Lomenie, p. 340

[30Invent. Des Chart. 1 vol. Poitou. 1 sac.

[31Secousse, Ordon.

[32Arch. de la Maison de l’Oratoire.

[33Jean de Saint-Bonnet, Sieur de Thoiras, né à S. Jean de Gardonnenques en Languedoc, en 1585, fut tué le 14 Juin 1636.

[34On trouve cette traduction dans se second Rec. de l’Acad. de la Rochelle.

[35J’ai aidé à planter les premiers piquets & à tracer la Ville & la Citadelle, & j’ai versé le vin qui est dans un verre encastré dans la première pierre, qui fut posée par M. Àrnou. Mém. Mmss.. de M. Masse.

[36Secousse

[37Relat. lat. de la desc. des Angl.

[38l’Isle Oia retraite de s. Amand. Collect. de Dom Bouquet, tom. 3, pag. 532.

[39Collect. Labbe. tom. 2, pag. 345

[40Annal. Benedict. tom. 1, lib. 10. p. 297

[41Topogr. des Sts. tom. 4, pag. 18,

[42Annal. Eccles, Franc, tom. 2, p. 594, n°. 13.

[43Hist. de l’Eglise Gallic. liv. 9, p. 485.

[44Cartul. de S.Cyprien, fol. 129.

[45Gall. Christ. tom. 2. col. 1441.

[46Lett.de M. Joussemed, Curé de l’Isle-d’Yeu.

[47pag. 107. ad ann. 1341

[48Collect.de Dom Bouquet, tom. 6, p. 308

[49Je crois qu’il y a une transposition dans le texte, & qu’il faut lire Oyamque Insulam maris Oceani, ad occidentem positam. Oyia ne pouvoit être à l’Ouest de la mer Océane, puisque les côtes du Ponant, aussi-bien que les Isles qui rangent ces côtes, ont toutes l’Océan a l’Ouest, au lieu d’être à l’Ouest de l’Océan.

[50Eadem vero Urbs (Herbauge) terrae hiatu absorpta, in magnum conversa est latum. Ex ipso latu, veterum aedificiorum rudera etiam num ab incolis extrahi feruntur. Collect, de Dom Bouquet, tom. 3, pag. 586

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