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Nieuil alias Nieul-sur-Mer (17), par Louis-Etienne Arcère (1698-1782)

D 1er février 2009     H 01:38     A Jean-Claude, Pierre     C 0 messages A 1094 LECTURES


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En supplément de l’histoire du lieu, L-E Arcère nous montre comment on élevait et récoltait les huîtres au XVIIIème siècle. Et avec Pline l’Ancien (?) il explique pourquoi il vaut mieux éviter d’en consommer en mai et juin.

L’ostréiculture à Nieul-sur-Mer aujourd’hui : voyez la carte satellite et faites un zoom sur le bord de mer

Voir : Carte satellite des lieux décrits par Louis-Etienne Arcère

Source : Histoire de la ville de la Rochelle et du Pays d’Aulnis - Louis-Etienne Arcère - La Rochelle - 1754 - Books Google

Nieuil

Cabane en zone ostréicole
Dessin de Jean-Claude Chambrelent

Nieuil en latin Niolium est un Bourg à une lieue de la Rochelle. Ce lieu est renommé pour les huîtres qu’on parque le long de la côte. Cette manière de nourrir ces poissons à coquille est ancienne. « Le premier, dit le vieux traducteur de Pline [1], qui trouva l’invention de faire des viviers d’huître fut Sergius qui en fit à Baie du temps de Lucius Crassus, & ce avant la guerre des Marses, ce qu’il ne fît pour friandise ou magnificence, ains par avarice ; car il tiroit grand profit de ses inventions. » [2]

Ausone fait mention des huîtres de Saintonge, c’est-à-dire de celles de Marennes ou de Nieuil, Santonico quae tecta salo [3], expressions qu’il faut entendre des huîtres de drague, toujours couvertes d’eau, & que les pêcheurs tirent du fond de la mer avec l’instrument qu’on appelle drague ; c’est ainsi que l’explique Elie Vinet [4], ex iis locis everruntur quae nunquam aqua detegit, & vocitant Santones ostreas ex dragua : ce qui justifie ce Commentaire , c’est la différence qu’Ausone met entre les huîtres de Baies & celles de Saintonge & quae Baianis pendent fluitantia pilis, Santonico quae tecta salo : les premières étoient attachées à des pieux & parquées, & les autres ne l’étoient pas. L’usage des bouchaux sur nos côtes étoit alors ignoré.

La couleur des huîtres de Nieuil est grisâtre. La chair en est courte, épaisse & d’un goût exquis, qualité quelles doivent aux eaux douces dont elles sont abreuvées, & qui dans ce canton se perdent dans la mer, telle est la fontaine à Grimault & d’autres petites sources.

Les huîtres sont maigres en été, fades & contraires à l’estomac : aussi un habile Médecin de la Rochelle, connu par plusieurs ouvrages, en appelle à l’expérience, lorsqu’il releve à ce sujet le commentaire du Savant Pere Hardouin sur Pline, chap. 6, liv. 22. [5] « Vous dites sur ce passage, ces paroles : tum meliora esse utiliora que tradidit athenaeus ; c’est-à-dire, qu’elles sont au mois de Mai & de Juin, beaucoup meilleures que dans une autre saison, qu’elles sont plus agréables au goût, & qu’elles plaisent plus à l’estomac. Mais nous expérimentons ici le contraire, & il ne faut pas qu’une autorité prévale sur la vérité que nous découvrons tous les ans. C’est alors que ces poissons se préparèrent à multiplier leur espece, & qu’étant pleins de semence, ils deviennent maigres, fades au goût, désagréables à la bouche & contraires à l’estomac. Ce que Pline confirme en disant, nec salivâ suâ lubrica, qu’il ne faut pas que l’huître soit en lait pour être bonne, prenant le mot de salive pour le lait des huîtres. Aussi on n’en pêche point au mois de Mai & de Juin, ni dans la manche, ni au pays d’Aulnis, ni en Angleterre où l’on fait d’expresses défenses, d’en pêcher alors à Glocestre où elles sont les meilleures ».

Antoine du Pinet a ridiculement traduit le passage de Pline, dont il est ici question : praecipuè vero in quacumque gente spissa nec salivâ suâ lubrica. « On fait toujours état de celles qui sont épaisses & qui ne sont point glissantes, quelle humeur qu’elles ayent ». [6]

La Paroisse de Nieuil renferme le Bourg & le territoire de Lozieres qui donne le meilleur vin blanc du pays. A l’est du Bourg de Nieuil, on voit les ruines du Prieuré de Sermaise, membre de l’Abbaye de Grammont.

La Terre de Nieuil est un Fief relevant de l’ancien Château de la Rochelle : c’est un Domaine engagé par le Roi & divisé par portion. Dans une Charte de l’an 1220, citée par Rymer [7], il est fait mention d’un Geofroi de Neuil ou Nieuil, ancien Sénéchal de Gascogne pour le Roi d’Angleterre.

En 1569, René Chaudrier qualifié noble homme étoit Seigneur de Nieuil. Il y a contrat d’engagement fait en faveur de Louis Gargouilleau le 16 Juillet 1589, par Thomas de Lorme, moyennant onze cent vingt-six écus-sols. Il paroît par cet actte que de Lorme avoit pouvoir d’aliéner des terres & rentes du Domaine Royal en Aulnis, jusqu’à la concurrence de 4166 écus de rente, au denier douze, au principal de 50000 écus pour les besoins de l’Etat [8].

Les Frères de la Charité qui gouvernent l’Hôpital de S. Barthelemi de la Rochelle, sont en partie Seigneurs de Nieuil. C’est dans cette Pa¬roisse qu’est renfermée la Seigneurie de la Prée-aux-Bœufs. Cette terre membre autrefois dépendant de l’Abbaye de Notre-Dame des Châtelliers en l’isle de Ré, fut mise en vente par le Procureur de ladite Abbaye, pour satisfaire à la somme de 345 liv. & de 15 écus de rente, que cette Abbaye devoit porter pour sa part de 1500000 liv. & 5oooo écus de rente, accordés alors par aliénation du temporel des Eglises du Royaume, moyennant le prix & somme de 534 trente écus d’or-sols, pour le fort & principal. Les Lettres patentes en date du 28 Janvier 1579, portent confirmation de cette vente faite à Jean le Grand, bourgeois de la Rochelle.


[1Pinet

[2Liv. 9, ch. 24.

[3Epist 13.

[4In Auson. Epist. N° 451

[5Lett. de Ven. au R. P. Hardouin, 28. Octob. 1697.

[6Pag. 240, édit. de Lion.

[7Tom. 1, p. 246.

[8Extr. des Reg. du Bureau des Finances

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