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Les pouillés du diocèse de Saintes par l’abbé Lacurie (vers 1870)

D 22 juin 2007     H 01:44     A Pierre     C 0 messages A 1912 LECTURES


Vers 1870, l’abbé Lacurie (1799 Pons - 1878 Saintes) rédige une synthèse de 5 pouillés du diocèse, dont les dates se situent entre 1402 et 1756.
Un document manuscrit publié intégralement dans cette page - Avec tableaux téléchargeables au format pdf

Source : Bibliothèque Municipale de Saintes - Fonds ancien - MS 146

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Pouillés de Saintes - Recueillis par ordre de Mgr. Clément Villecourt, évêque de La Rochelle, par M. l’abbé Lacurie, chanoine honoraire de La Rochelle.

Les pouillés, polyptica, poleticum, puletum, pollegiticum, pulegium, étaient dans l’origine des registres qui offraient l’état des impôts et des charges publiques ; ou bien des livres qui contenaient le nom de tous les sujets du royaume sur lesquels se faisait la répartition des impôts. (Dict. de Discip. De Dom de Vaines). Les particuliers avaient aussi leurs polypthiques qui contenaient, outre les corvées et redevances, des censitaires, le précis des chartes (ibid.)

Les églises employèrent ce moyen pour conserver la mémoire des donations qui leur étaient faites.

Le plus ancien polypthique de ce genre que l’on connaisse est celui d’Irmion, abbé de Saint-Germain-des-Prés, au commencement du IXe siècle (ibid.).

La dénomination de pouillé paraît depuis longtemps consacrée aux inventaires des bénéfices ecclésiastiques séculière et régulière de chaque diocèse, présentant, avec le nom du bénéfice celui du collateur ou patron, quelquefois le chiffre présumé du bénéfice, le nom du saint sous l’invocation duquel l’église était placée, rarement le nombre des communiants, le tout classé par archidiaconés et doyennés.

De ces notions on doit inférer toute l’importance attachée à la connaissance des pouillés au point de vue de l’étude soit de la topographie ancienne, soit de la hiérarchie ecclésiastique et même féodale du Moyen Âge, aussi bien que pour l’indication des sources pouvant fournir des matériaux à l’histoire de chaque localité.

Diocèse de Saintes

Ce diocèse, l’un des premiers de l’Aquitaine et l’un de ceux dont l’origine n’est pas encore bien fixée. Généralement ont fait dater son existence du IIIe siècle ; toutefois de graves raisons semblent appuyer l’opinion de ceux qui voient en saint Eutrope un envoyé de St. Pierre ou de St. Clément dès le 1er siècle. On ne s’expliquerait pas comment, dans un espace de deux ou trois cents ans qui se seraient écoulés depuis l’apôtre de la Saintonge jusqu’au temps de St. Pallais ont eut totalement perdu le souvenir, non seulement de son martyre mais encore des principaux actes de sa vie ; les traditions locales, au VIe siècle se taisent complètement sur des faits qui devaient intéresser souverainement les fidèles, et qu’un laps de temps si court n’aurait pas effacé de la mémoire des populations chrétiennes d’une contrée nouvelle encore dans la foi. Nous savons parfaitement aujourd’hui les principaux traits de la vie de saint François de Sales : dans l’hypothèse, St. Eutrope n’était guère plus éloigné des temps de saint Grégoire de Tours que nous ne le sommes de l’époque à laquelle florissait saint François de Sales ; et cependant St. Grégoire de Tours n’ose rien affirmer sur le temps où vécut St. Eutrope ; il ne savait rien de ses actions.
Quoi qu’il en soit d’une question sur laquelle nous n’osons nous prononcer qu’avec grande réserve la cité des Santones, que le diocèse de Saintes représente paraît avoir été dans les derniers temps de la domination romaine comprise entre l’océan d’une part, les Pictones les Lémovices, les Petrocorii et les Bituriges vivici, de l’autre ; renfermant dans son étendue la tribu des Agesinates et les peuplades libres répandues dans les Iles du lac des deux Corbeaux, et sur le littoral voisin, et qui depuis le XVIIe siècle sont incorporés au diocèse de la Rochelle.

Si nous avions besoin de justifier ce que nous disons ici de la cité des Santones nous rappellerions que dans les temps anciens on suivit l’ordre du gouvernement civil dans l’établissement des évêchés et que l’étendue de la juridiction ecclésiastique fut pour ainsi dire identifiée avec celle de la juridiction civile ; le ressort épiscopal était le même que le ressort du diocèse ou département particulier de chaque cité.

Nous connaissons plusieurs cartes du diocèse de Saintes ; mais dans ce que les géographes anciens ou modernes nous ont laissé de la topographie du pays on désirerait plus de critique peut-être, et surtout une meilleure orthographe des noms qui, presque tous, sont méconnaissables et présentent des non-sens.

Le pays offrait plusieurs établissements romains considérables – Mediolanum santonum, Portus santonum, Novioregium, Tamnum, Blavia, Burgus Leontii, Condate, Sarrum, Icolisma, Cassinomagus, et d’autres dont les noms ont disparu.

L’emplacement de plusieurs de ces établissements ne peut faire l’objet d’aucune difficulté, la position géographique des autres est controversée parmi les érudits.

Bien que les itinéraires romains et les géographes du Moyen Age qui les ont copiés ne mentionnent que trois ou quatre voies romaines partant de Mediolanum santonum, pour se rendre l’une à Burdigala par Blavia, l’autre à Limonum par Aunedonnacum, une troisième à Lugdunum par Vesuna, et la quatrième à Augustoritum par Cassinomagus, il est certain que de nombreuses voies romaines sillonnaient le pays en tous les sens. Les traces de ces anciennes voies sont encore existantes ; et à l’aide de ce fil d’Ariane nous avons pu arriver à reconnaître plusieurs points importants ainsi que nous l’avons établi dans notre notice sur le pays, et la carte que nous en avons dressée.

Le diocèse de Saintes qui n’existe plus que dans l’histoire a fourni une longue liste d’évêques depuis St. Eutrope, apôtre de la Saintonge et martyr, jusqu’à Louis de La Rochefoucauld, massacré aux Carmes. Ainsi les deux anneaux extrêmes de cette chaîne non interrompue durant un espace de 15 siècles au moins sont marqués par le sang versé pour la foi ; l’auréole des saints brille au front de quelques-uns ; la pourpre romaine en a honoré plusieurs et l’histoire a enregistré les noms des Pérauld, des Solderini et de Charles de Lorraine.

Pouillés de Saintes

Les pouillés que nous réunissons ici sont au nombre de cinq.

L’un, sorti des presses barbares d’Alliot, en 1648 ; l’autre manuscrit, beaucoup plus complet que le précédent ; le troisième également manuscrit, offrant les noms des titulaires ; le quatrième tout latin porte la date de 1402 ; le cinquième également latin est de 1586. Les cartulaires, les rôles gascons et Dom Fonteneau nous fournissent les éléments d’un 6ème.

Le second date évidemment de la fin du XVIIe siècle, attendu qu’il ne fait aucune mention de la partie du diocèse qui depuis 1648 en avait été distraite pour entrer dans la circonscription du nouveau siège de la Rochelle ; quelques variantes à l’endroit des revenus, les noms de plusieurs titulaires ont été ajoutés au texte vers la fin du XVIIIe siècle. Du reste, rien qui puisse indiquer par qui fut dressé ce pouillé mis en vertu de quelle autorité il fut publié.
Le troisième porte la date de 1746 et nous a conservé les noms de tous les titulaires.

- Le premier déjà publié par Alliot nous laisse dans le doute quant à l’époque de sa rédaction. Toutefois, il ne peut remonter au-delà de la première moitié du XIIIe siècle, ni descendre en deçà de la deuxième moitié du XVIe siècle. En effet, plusieurs bénéfices y sont à la collation de l’abbaye de le Châtre ; or l’abbaye N. D. de la Châtre ne fut fondée en 1237 ; l’église de Saint-Maurice y est comptée parmi les paroisses de la ville de Saintes, et cette église détruite par les protestants en 1568 n’a jamais été rétablie depuis. Nous faisons la même remarque touchant la paroisse St Maur qui figure également dans ce pouillé ; nous n’avons pu trouver de date plus précise de ce document qui a été composé entre les années 1237 et 1568.

Froissart nous fournirait peut-être le mot de l’énigme : Héliot de Plassac, moult gentil escuyer et vaillant homme d’armes, comme dit Froissart, qui commandait la garnison anglo-gasconne du château de Bouteville dans la haute Saintonge se rendait redoutable par les déprédations qu’il exerçait dans tout le pays environnant. Il s’avançait fréquemment à la tête de ses compaignons anglois et gascons jusque sous les murs de Saint-Jean d’Angély et de la Rochelle, tombant à l’improviste sur les habitants isolés ; ils tenoyent ces deux villes en tel doubte, que nul n’osait issir dehors fors en larrecin, dont les chevaliers et escuyers du païs estoient moult courrouciés, fatigués des déprédations de ces robeurs ; le corps de ville de Saint-Jean d’Angély prit le parti d’assurer la tranquillité publique au moyen d’un tribut annuel.

Et nous trouvons dans les archives de la ville plusieurs délibérations concernant cet objet.

Ces patis au moyen desquels la ville de Saint-Jean d’Angély se rédimait chaque année des pilleries et des robeurs de ceulx de Bouteville, nous expliqueraient peut-être pourquoi, dans notre pouillé, se trouvent rangés au nombre des bénéfices de l’archiprêtré de Bouteville, l’archiprêtré, quant au titre, et l’abbaye de Saint-Jean d’Angély. Et comme les Anglo-Gascons ne sont demeurés maîtres du château de Bouteville que depuis l’année 1345 jusqu’en 1379, il s’ensuivrait que notre pouillé aurait été rédigé entre l’une et l’autre de ces deux époques.

Ranger Saint-Jean d’Angély et son abbaye dans l’archiprêtré de Bouteville ne peut pas être une faute d’impression, ni une erreur de copiste, attendu que Saint-Jean d’Angély était un archiprêtré dont le territoire est parfaitement délimité dans le pouillé même.

- La quatrième copie vers 1650 sur un manuscrit de 1402 appelé Pancharta de Rochechouart, donne, avec toutes les paroisses du diocèse de Saintes par archidiaconés, le nom des collateurs, présentateurs, ainsi que la taxe due pour le patronage. Une table alphabétique range sous quatre colonnes le bénéfice, le nom du saint, celui du collateur, et enfin l’archiprêtré d’où le bénéfice dépend. C’est un second pouillé ajouté au premier.

Il y a eu à Saintes trois évêques du nom de Rochechouart, Guy élu en 1426, et qui se démit en 1460. C’est lui qui au moyen de nombreuses indulgences accordées par Nicolas V en 1451, acheva et répara la cathédrale ; Louis neveu du précédent, compétiteur d’Alcuin de Coëtivy, cardinal débouté en cour de Rome, et Pierre qui mourut en 1503. La pancharte dite de Rochechouart n’était donc qu’une copie d’un pouillé dressé en 1402 sous l’épiscopat de Bernard III, sage et digne pontife, qui mit fin au longues contestations du chapitre de Saintes avec la commune de la Rochelle au sujet de quelques revenus.

- Le cinquième donne par ordre alphabétique
- la table des collateurs, des dignités, prieurés et cures du diocèse de Saintes ;
- la liste des dignités conférées par l’évêque ;
- les bénéfices qui sont de plein droit à la nomination de l’évêque ;
- l’état du chapitre de la cathédrale et la liste des bénéfices dont la présentation ou collation lui appartient, ainsi qu’à chacun des chanoines en particulier ;
- la suite des doyens est chanoines de l’église cathédrale depuis l’an 1586 jusqu’en 1650 ;
- la liste des bénéfices à la nomination des évêques, chapitres, abbés et prieurs étrangers.

On doit probablement ce pouillé à Nicolas Le Cornu de la Courbe, évêque de Saintes, qui avait conservé la Pancharte de Rochechouart. Cet évêque qui jeta les fondements de la nouvelle cathédrale en 1582, mourut en 1617.

Quant à la marche que nous avons suivie en cette publication, nous l’empruntons à M. A. Le Prévost – Pouillés de Normandie - comme la plus rationnelle. Ainsi,
- à la première colonne nous donnons le nom du lieu ou l’établissement indiqués dans le pouillé le plus ancien désigné par A,
- aux 2ème et 3ème colonnes nous donnons celui que nous fournissent les pouillés du XVIIe et XVIIIe siècles (B & C), qui offrent souvent soit une variante, soit un supplément, soit une correction à la publication barbare d’Alliot ;
- une 4ème colonne indique le nom du saint sous l’invocation duquel chaque église est placée ;
- à la 5ème nous donnons les noms anciens recueillis dans les cartulaires et autres documents authentiques ;
- la 6ème indique soit le nom moderne, soit l’état actuel du bénéfice ;
- la 7ème relate le montant de la taxe du bénéfice à quatre époques connues ;
- les 8ème, 9ème et 10ème sont consacrés au patronage de chacune des trois époques successives de manière à en faire ressortir la différence au premier coup d’oeil ;
- enfin la dernière offre le nom des titulaires au milieu du XVIIIe siècle.

Nous avons ajouté à ces pouillés :
- les diptyques de l’église de Saintes,
- une liste des églises dédiées sous l’invocation de chaque saint ;
- une liste des présentateurs ou collateurs, avec l’indication des églises qui dépendaient de chacun d’eux ;
- une table alphabétique des noms de lieux anciens ;
- une table alphabétique des noms de lieux modernes
- l’état du chapitre de Saintes à l’époque de 93 ; un manuscrit de monsieur l’abbé Legrix, chanoine de Saintes, touchant les événements de la ville et du chapitre de Saintes depuis le 4 janvier 1781, jusqu’au 20 mars 1791.
- une pièce inédite signée d’un grand nombre d’ecclésiastiques destinés à l’île d’Aix.

Pouillés de Saintes, par l’abbé Lacurie
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