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1602 - 1680 - Marennes (17) - L’abbesse de Saintes et la famille de Pons

D 11 juillet 2007     H 01:37     A Jean-Claude, Razine     C 4 messages A 3016 LECTURES


En 1602 l’abbesse de Saintes décréta sur les représentations de la Fabrique la reconstruction de l’église. En plusieurs endroits apparents de la vieille église on remarquait les armes des Seigneurs de Pons, patrons et seigneurs du pays. Anne de Pons avait abjuré la foi catholique pour embrasser la réforme mais comme héritière de la famille de Pons elle était de droit patronne de l’église de Marennes. L’abbesse de Saintes s’en émut. Elle réunit donc un conseil où il fut décidé qu’Anne de Pons serait dépossédée de son droit de patronage et que ses armes seraient remplacées par celles de l’évêque de Saintes et celles de l’abbesse.

Anne de Pons et sa famille se défendirent dans un procès qui dura de 1604 à 1680.

Source : actes, archives et mémoires de la Commission des Arts et Monuments historiques de la Charente Inférieure - Tome 3 - Année 1877

L’église de Marennes et son clocher impressionnant
Un amer pour rassurer les marins ou une flèche pour les impressionner ?
Dessin de Jean-Claude Chambrelent

L’église de Marennes exigeant une réparation complète car le monument avait beaucoup souffert des guerres de religion (Seul le clocher était resté intact), l’Abbesse de Saintes décida de sa reconstruction. C’est à ce moment qu’elle refusa la reconnaissance des droits de patronage d’Anne de Pons, puisqu’elle avait abjuré la foi catholique. De plus on fit en sorte qu’Anne de Pons se trouvât dépouillée également de sa Seigneurie et des titres de Dame de Marennes et de Saint-Sornin. Mais Anne de Pons ne l’entendit pas de cette oreille... La tradition familiale faisait remonter l’apanage à Agnès, épouse de Geoffroy-Martel, le fondateur de l’abbaye de Saintes, qui par testament écrit en 1049 était transmis à l’aîné des héritiers de la Maison de Pons.

Voici la relation d’une pièce du procès :

Sur la requête faite par le Procureur fiscal de la présente juridiction universelle et suzeraine de l’Isle, Baillage et châtellenie de Marennes, disant que les anciens Seigneurs de céans, ayant fondé l’Abbaye en 1047, ils lui auraient donné les droits curiaux et ecclésiastiques de l’église paroissiale dudit Marennes et se seraient conservé leur terre qu’ils firent passer au fils aîné de la maison de Pons à titre d’institution par le testament de la comtesse Agnès de l’an 1049, depuis lequel temps jusqu’à l’année 1602, les seigneurs de Pons ont toujours joui paisiblement de tous les droits honorifiques dans ladite église de Marennes, en qualité de Seigneurs, Baillis, Châtellains, Suzerains et Patrons honoraires de ladite église, leurs armes étant gravées à la clef de voûte, aux piliers et autres endroits éminens de ladite église….

Ce long procès se termina en 1682. En voici la conclusion

A ces causes requiert qu’il soit fait prohibition et deffense aux Sieurs Curé et fabriqueurs de l’église paroissiale, à tous entrepreneurs, ouvriers et autres de mettre, faire mettre, ny souffrir d’y mettre autres armes que celles de Monseigneur de céans, à la clef de voûte qui se fait actuellement, aux pilliers et autres endroits éminens de ladite église et à eux enjoint d’y mettre ou laisser aux pierres la place d’y mettre et graver lesdites armes de Monseigneur de céans, tout ainsi que celles desdits Seigneurs de la maison de Pons qui existaient à l’ancienne voûte, le tout à peine de mille livres et telle autre que de droit, même d’être procédé extraordinairement contre eux en trouble des droits Seigneuriaux du présent Baillage et Châtellenie.

Cette sentence explique pourquoi contrairement à l’habitude de l’époque les clefs de voûte de l’église de Marennes ne portent aucun écusson. Par prudence les fabriqueurs ne mirent aucun signe distinctif affirmant les droits de la famille de Pons, donnant ainsi la prérogative à l’Abbesse de Saintes.

Vos commentaires

  • Le 23 novembre 2010 à 19:36, par nones En réponse à : Descendant de la famille De Pons

    Bonjour à tous,

    C’est en tombant sur des vieux papiers de mes parents que je me suis relancé dans des recherches généalogiques, je compte d’ailleurs créer un petit site web avec tous ces vieux documents numérisés d’ici peu.

    Le nom de jeune fille de ma mère est Laurence De Pons, il est très amusant pour moi d’avoir découvert ceci car ma compagne est originaire de saintes, plus précisément à la Tremblade et je me suis déjà promené à la Marennes sans avoir aucune existence de ceci !

    Répondre à ce message

  • Le 11 septembre 2009 à 07:21, par Jean-Charles En réponse à : 1602 - 1680 - Marennes (17) - L’abbesse de Saintes et la famille de Pons

    Attention à la photo : elle ne représente pas l’Eglise de Marennes mais celle de la Tremblade.

    Répondre à ce message

  • Le 24 avril 2008 à 18:19, par duguet En réponse à : 1602 - 1680 - Marennes (17) - L’abbesse de Saintes et la famille de Pons

    Les armes des seigneurs de Pons n’ont pas été gravées avant la fin du XIVe siècle. En effet, le premier des seigneurs de Pons à avoir été seigneur de Marennes est Renaud VI qui, le 23 septembre 1391, se qualifie “seigneur de Marennes”, dans un acte “donné en son château d’Oléron”(Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis, tome XXXI, 1902, p. 120-121).

    Le procureur fiscal a été victime d’un faux : le « testament de la comtesse Agnès » de 1049, qui a dû être fabriqué pour la circonstance. Quant à l’auteur de l’article publié par la Commission des Arts, il ne s’est pas fatigué pour s’informer.

    Répondre à ce message

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