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1713 - Journal de voyage de dom Jacques Boyer en Angoumois, Saintonge et Aunis

D 5 juin 2008     H 19:27     A Pierre     C 0 messages A 2916 LECTURES


Chargé de visiter et de contrôler le fonctionnement des abbayes et prieurés de la congrégation de Saint-Maur, dom Jacques Boyer achète un cheval le 15 juin 1712 et part sillonner les routes du quart sud-ouest de la France.

Son journal de voyage en Angoumois, Saintonge et Aunis de mai à octobre 1713.

Une impression ressort de ce journal : les établissements ne sont pas au mieux de leur forme. Maigres effectifs, règle appliquée de façon élastique. On sait par d’autres sources qu’au XVIIIème siècle cette situation va continuer à se dégrader.

Source : Journal de voyage de Dom Jacques Boyer, religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur, dans les diocèses de Clermont, Le Puy, Bourges, Autun, Lyon, Viviers, Mende, Tulle, Limoges, Cahors, Montauban, Toulouse, Sarlat, Périgueux, Angoulême, Bordeaux, Saintes, La Rochelle, Luçon, Angers et Poitiers – 1710-1714 – Publié et annoté par Antoine Vernière – Clermont-Ferrand – 1886 – BNF Gallica.

Index des lieux
Ains (Haimps ?)

Angoulême, abbayes de St Ausone, St Cybard

Asnières-la-Giraud

Aulnay

Bassac

Bignay, le Poupeau, prieuré St Sauveur

Blanzac

Blaye

Bordeaux

Brantôme

Le Breuil

Brioux-sur-Boutonne

Chaniers, prieuré de St Georges d’Orion

La Chapelle-Baton

Châteauneuf-sur-Charente

Courgeac, abbaye de Bournet

La Couronne, abbaye

Fontenet, prieuré St Vincent

Grosbot, abbaye (Charras)

Jarnac

Macqueville

Merpins, abbaye de la Frenade

Mirambeau, le Petit-Niort

Moulidars

Pons

Rochefort

La Rochelle

Saint Bris des Bois, abbaye de Fontdouce

Saint-Denis du Pin, la Fayolle

Saint Jean d’Angély, abbaye

Saint Même

Saint Porchaire, la Roche-Courbon

St-Savinien, prieuré

Saint Sigismond de Clermont, abbaye de la Tenaille

Saintes

Surgères

Tonnay-Charente

Vieux-Mareuil

Villaines (79 Périgné)

La Villedieu

Mai 1713.

13. Je partis de Brantôme très-reconnaissant des honnêtetés de nos RR. PP. Je passai à Vieux-Mareuil et couchai à Grosbos [1], où je ne trouvai qu’un religieux qui me reçut fort bien.

14. Dimanche. Je dis la messe au grand autel de Grosbos. Le P. prieur, qui est Bas-Breton, arriva sur les neuf heures, et me donna la clef des archives, où je visitai tous les titres et dressai une liste des abbés. St Eutrope et Ste Quiterie [2] sont révérés à Grosbos ; chacun a son autel, et il y a des reliques de cette sainte. M. le prieur me fit prêcher, et voulut me retenir quelques jours. On lui a volé 12,000 livres.

15. Après dîner, je partis pour Angoulême. Je trouvai un bourgeois de Cognac qui me fit loger à la Syrène, chez Croizet.

16. Je dis la messe de St Benoît, dont on faisait l’office à son autel, dans l’abbaye de St-Ausone [3]. Madame d’Orléans de Rothelin [4], qui en est abbesse, me fit déjeûner, et me retint à dîner, et me donna obligeamment M. le curé de la Vallette, qui avait été aumônier de feu Madame de Ste-Croix de Poitiers [5], sa tante, pour me conduire dans la ville. Je fus voir M. l’évêque qui me retint jusqu’au soir et me fit cent amitiés.

17. Je fus à l’abbaye de la Couronne [6], à une lieue d’Angoulême, où le P. Guenon, Parisien, qui en est prieur, me reçut très-bien. Le P. Aubert, qui est procureur depuis longtemps, me fit voir les titres qui sont en bon ordre. Les autres Chanoines-Réguliers me firent bien des amitiés.

19 mai. Je retournai, de bon matin, à Angoulême. Je travaillai tout le jour dans l’abbaye de St-Ausone où je soupai. Je n’en sortis que pour aller dîner chez M. l’évêque [7], qui m’envoya à l’abbaye un de ses gens, pour m’en prier.

20.Je travaillai à l’évêché, où il y a un beau Cartulaire, et j’eus l’honneur de manger avec le prélat.

21.Je dis la messe à St-Ausone. J’écrivis au P. de Ste-Marthe et à la supérieure de l’Hôtel-Dieu du Puy. J’envoyai un paquet de Mémoires, pesant trois livres, au P. de Ste-Marthe. Je mangeai, ce jour-là, à l’auberge. Je travaillai au doyenné, où M. du Verdier [8], doyen, docteur de Sorbonne, me communiqua beaucoup de Mémoires. Je fus aux Capucins, où il y a une bibliothèque bien placée et remplie de bons livres. Il y a, entre autres, un livre chinois et un grand in-folio rempli de lettres Mss. originales. Ce recueil est très-curieux.
J’entendis, à la Cathédrale, les premières vêpres de St Ausone que l’on chanta solennellement.

22. Je dis la première messe à St-Ausone. Je fus ensuite à l’abbaye de St-Cybard [9], où je fis des extraits du Cartulaire qui est excellent. M. le prieur me fit déjeûner avec ses religieux, qui furent ensuite à la Cathédrale, pour faire la procession des Rogations avec les chanoines. Je dînai à l’évêché. J’entendis vêpres, le sermon et le salut à St-Ausone. On fêtait, ce jour-là, la solennité de ce premier évêque d’Angoulême. Un Dominicain fît l’éloge de ce saint martyr avec beaucoup de feu et d’éloquence. Il prit pour texte ces paroles de l’Evangile de la fête : Ego sum pastor bonus. Au premier point, il fit voir que St Ausone avait prêché de parole : Vocat oves ; au second, qu’il avait prêché d’exemple : ante eas vadit ; au troisième, qu’il avait souffert le martyre pour la consommation de sa charité : Bonus pastor animam ponit pro ovibus. Les Bénédictines chantèrent une belle musique à vêpres et au salut. Elles ont d’excellentes voix et font bien l’office. Il y a beaucoup de régularité dans cette maison. Après le salut, M. l’évêque voulut que M. du Breuil, son aumônier, me conduisît dans son carrosse par la ville, et me fit voir le séminaire, l’hôpital, etc. Je soupai avec M. l’évêque, M. d’Osmond [10], archidiacre, parent de l’évêque, et M. du Breuil. Le prélat ne donne jamais à souper ; mais il a toujours douze couverts à dîner, et il traite magnifiquement et l’on y est bien servi. Les personnes de la première qualité se font un honneur d’être à la table de ce prélat, qui a des manières nobles et aisées. Il m’a distingué, sans aucun mérite de ma part, toutes les fois que j’ai mangé à l’évêché.

23. Je travaillai et dînai à l’évêché, et soupai aux Minimes.

24. Je travaillai et dînai à St-Cybard, où j’entendis les premières vêpres de l’Ascension. Je fus coucher a la Couronne.

25. Je dis la messe, et le jour suivant, à l’autel de Notre-Dame. J’assistai à la grand’messe et à vêpres. MM. les Chanoines-Réguliers me firent mille caresses, surtout le P. Pintard [11], natif de Chartres, qui me donna plusieurs de ses ouvrages en vers français, où il y a du sel. Le P. Tardieu, régent de philosophie, et le P. Sanadon, sacristain, me firent beaucoup d’accueil. Le cours est de quatre écoliers, qui sont tout à fait aimables : F. Chotard et F. Fleury, poète, tous deux Guépins ou Orléanais ; F. Vernet, le plus jeune, qui a deux frères Chanoines-Réguliers, natif de Lyon ; et F. Julien La Mothe, de Langeac, que j’ai connu en Auvergne et aimé particulièrement.

26. Je séjournai encore ce jour-là à la Couronne, pour laisser reposer ma jument qui avait pris un clou de rue, dont elle a boité huit jours. Le P. Clément, prieur de St-Jean de Colle, arriva.

27. Je dînai à Châteauneuf [12], chez les bons Pères Minimes, qui me donnèrent une belle carpe de Charente. Le P. Julienne, correcteur, me fit voir l’église priorale qui dépend de Bassac [13], où je fus souper avec le P. prieur et M. Aultier.

28 mai. Le P. Maurice de Fondbon, Minime de Châteauneuf, que j’avais connu à Bommiers, me vint voir à Bassac, où je trouvai aussi Dom Thomas Viviers, que le P. prieur de Brantôme y avait envoyé à ma demande. Je reçus des lettres de M. l’évêque de Périgueux, de Dom Guillot et Dom Chillac, Chartreux, des prieurs de Brantôme et de Mauriac, et une toute obligeante de M. l’évêque de Sarlat. J’écrivis à M. Mignot, prieur de Montfort-la-Canne, à M. du Breuil, chanoine d’Angoulême et à M. l’abbé de Blanzac [14].

30. Dom Thomas et le P. Fondbon partirent de Bassac. J’ai écrit à M. de Périgueux, au P. prieur de Brantôme, qui m’avait écrit une seconde lettre avec des Mémoires, qu’il m’avait envoyés, de Chancelade et de Tourtoyrac, à M. l’abbé d’Osmond et au P. Pintard. J’ai reçu une lettre de Dom Girardin, et j’en ai écrit une autre à Dom Laugier.

31. M. l’évêque de Saintes [15] vint diner de Cognac à Bassac. J’eus l’honneur de dîner avec lui et de l’accompagner, avec le cher P. Prieur, jusqu’à Angoulême où Monseigneur l’évêque me reçut avec un accueil charmant et nous fit souper à l’évêché.

Juin 1713.

1. Je travaillai vigoureusement sur le Cartulaire d’Angoulême que MM. de la Cathédrale me prêtèrent bien obligeamment. J’en écrivis vingt grandes pages. Nous dînâmes magnifiquement à l’évêché. Il y avait une noble compagnie. Sur le soir, je fus voir M. le doyen, et Madame l’abbesse de St-Ausone que je trouvai avec le R. P. général des Feuillants. M. le doyen me vint voir.

2. Je continuai fortement mon travail, depuis cinq heures jusqu’à dîner. Après dîner, nous partîmes pour Bassac. M. de Saintes et M. l’abbé de Jarnac [16] montèrent dans le carrosse de M. l’évêque d’Angoulême. Je fus dans la chaise de Mgr de Saintes. Le P. prieur [17] nous donna un souper royal.

3. Nous dînâmes magnifiquement. Mgr de Saintes dit la messe et, après dîner, il fut à Barbezieux [18], où il doit faire la visite et donner la confirmation.

4. Je fis diacre à la grand’messe du P. prieur, mon ami. Le P. dépositaire prêcha après vêpres.

8. Je passai la Charente, au port de Vinade [19], et dînai à l’abbaye de la Frenade [20], où je ne trouvai que les valets. Je repassai la Charente, au port de Lys, proche Merpins [21], et soupai à Saintes [22], chez Saintpé, à l’enseigne de St Paul.

9 juin. Je dis la messe à l’autel de St Eutrope, dans le monastère de ce nom [23]. Dom du Caurroy [24], qui en est prieur, me fit toutes sortes d’amitiés, et me régala bien. Dom Friou m’accompagna jusqu’à l’évêché, où le prélat me reçut parfaitement bien. Il n’était arrivé de Barbezieux que vers les onze heures. Je fouillai toutes les archives, sans y pouvoir trouver quoi que ce soit. Je fis collation aux Cordeliers, où le R. P. gardien m’entraîna, avec le P. Bonsonge, qui est un joli homme et tout plein d’honnêteté.

10. Je dis la messe à l’abbaye de Notre-Dame de Saintes [25]. Madame de Lauzun me fit beaucoup d’honnêtetés et me communiqua le Cartulaire, que je parcourus entièrement. MIle de Biron, sa nièce, a un mérite extraordinaire. Je dînai à l’évêché, où je fus bien régalé, et fis collation aux Jacobins, où le P. Guillet me caressa fort.

11. Je dis la messe aux Dominicains, et visitai le séminaire et les autres communautés, pour en prendre l’établissement. Il n’y a rien à la Cathédrale. MM. Renaudet, de St-Front et La Jaunie, chanoines de la Cathédrale, furent députés de leur compagnie, pour me communiquer leurs Mémoires. Je dînai à l’évêché, où était le provincial des Récollets, etc.

11 juin. Jour de la Trinité. M. l’évêque de Saintes reçut ordre de la Cour de faire chanter le Te Deum, et les échevins de publier la paix [26]. On fera cette cérémonie dimanche prochain. Le P. Thomas Bergue prêcha à la Cathédrale ; j’assistai à vêpres , Monseigneur l’évêque était dans son siège. Je travaillai aux archives des Jésuites, où je trouvai beaucoup de Mémoires de l’abbaye de la Tenaille [27], unie au collège. Le P. Jacques de Mesplez, recteur du collège et fils de M. l’évêque de Lescar [28], me fit des accueils inimaginables. Il me donna un souper magnifique. Je revis agréablement le P. Voisin, que j’avais connu particulièrement à Beaulieu et à St-Jean d’Angely.

12. Je travaillai au collège, où je soupai aussi. Je dis la messe à l’autel de St Ignace, et tous ces bons Pères me firent mille caresses. M. l’abbé du Plessis [29], frère de feu M. de La Brunetière, évêque de Saintes, ancien doyen de la Cathédrale, me prêta le Cartulaire de son abbaye de St-Etienne de Vaux [30], de l’Ordre de St-Benoît, dont je fis des extraits avec beaucoup de travail. Je dînai à l’évêché, où se trouvèrent le R. P. provincial et le P. custode des Cordeliers, le P. recteur des Jésuites, le P. Voisin, etc.
Après souper, je fus aux Cordeliers, avec le P. recteur et le régent premier, pour voir le R. P. provincial qui nous fit collationner avec le P. prieur des Jacobins, le professeur de théologie, aussi Jacobin, et un Jacobin qui est venu de Bordeaux, pour prêcher l’octave du Très-Saint Sacrement, et le prieur des Frères de la Charité, etc.

13. Jour de St Antoine de Padoue. Je dis la messe à son autel. J’entendis aussi celle de M. Joseph Garneteau, mon ancien écolier [31] qui avait dit sa première messe au séminaire, le jour précédent. Je dînai à l’évêché, et pris congé de Mgr l’évêque, qui m’a bien régalé et fait toutes les amitiés possibles. J’ai reçu pareillement beaucoup d’honnêtetés de M. de Vain, docteur de Sorbonne, son grand-vicaire, de M. de Gesté, doyen, de M. Savalet, archidiacre d’Aunis, de M. l’archidiacre de Saintes [32] et de M. le syndic du Chapitre [33]. Sur les trois heures, je partis de Saintes, avec le R. P. recteur, qui me fit l’honneur de me venir prendre à mon auberge, et m’accompagna jusqu’à l’abbaye de Fontdouce [34]. Nous n’y trouvâmes qu’un moine en chemise et en culottes, qui n’eut ni vin, ni lit, ni Mémoires à nous donner. Nous retournâmes sur nos pas à St-Brix [35], où nous mangeâmes des sardines de Royan, dont le R. P. recteur avait pris bonne provision. M. de Pompadour est abbé de Fontdouce [36].

14 juin. Le R. P. recteur prit le chemin de Saintes, avec le correcteur qui nous avait accompagnés. Je partis pour la Frenade, plein de reconnaissance pour ce Jésuite si généreux. Je saluai en passant le château de Cognac [37], célèbre par la naissance de François I. Dom Jean-Baptiste Vitier, prieur de la Frenade, me reçut parfaitement bien, et me communiqua tous les titres de l’abbaye.

15. Je dis la sainte messe à l’église de la Frenade. M. le prieur voulut me la servir. Après, il m’accompagna jusqu’à Bassac, où nous prîmes la bénédiction du Saint-Sacrement. Nous passâmes par St-Mesme [38], monastère ruiné de Bénédictines.

16. Je reçus des lettres du P. de Ste-Marthe et de M. l’abbé du Breuil, qui m’a envoyé des Mémoires de l’abbaye de Bournet [39]. J’ai fait réponse au dernier et ai écrit à D. P. d’Estancheau [40], religieux de St-Denis.

17. M. le prieur de la Frenade est retourné chez lui. D. Jean Dalème [41] est arrivé de Brantôme, pour rester à Bassac. C’est une solitude toute charmante. Il y avait autrefois une partie des liens avec lesquels notre Sauveur avait été attaché. Ces reliques étaient fort renommées. La lettre de la femme de François I [42], qui est en original à Bassac, en fait foi. En voici une fidèle copie.

De par la Royne.

« Chers et bien amés, le temps où debvons acouscher aprouche qui nous fait vous escripre et prier de nous envoyer le plus tôt que pourrez le Sainct Cordon à Sainct Germain en Laye par le Religieux qui a accoutumé de y venir, nous recommandant toujours à vos bonnes et dévocieuses prières. Chers et bien amés, notre Seigneur vous ayt en sa garde. Escript à Abbeville, le premier jour de juillet. »

CLAUDE.

Et au dessus : A nos chers et bien amés les abbés, religieux et couvent de Bassac.

Dans un livre couvert de rouge, où sont contenus les droits du sacristain de St-Etienne de Bassac, on lit les vers suivants.

Oraison à Dieu en honneur et mémoire du sacré Saint Lien.


O bon Jhesus et très-miséricors,

Qui pour ouster des humains les discors,

Que Adam y mist par l’offense première,

Voulustes bien, par cruelle manière,

Par les Juyfs en merveilleux despris

Estre de nuict, comme un malfaiteur, pris,

Battu, lyé d’aspres et durs cordons,

Dont l’un d’iceulx, comme nous recordons,

En cette église et dévot oratoire,

Gist et repouse à votre très-grand gloire.

Je vous supply qu’en vertu de la corde,

Ou le cordon, dont cy je me recorde,

Duquel fustes lyé effrontément,

Que lyé sois en la foy tellement

Que puisse avoir toujours votre grâce

Sans que le diable en rien me mesface ;

Et me guardez de son dampné lyen

Tant que je puisse avoir enfin le bien

De paradis, que vous avez promys

A vous servans et fidelles amys.
_Amen.

Il y a aussi, dans le trésor de Bassac, une narration très-curieuse du combat de Guy Chabot, seigneur de Jarnac, et de François de Vivonne, seigneur de la Chastaigneraye, avec des vers latins et français sur le même sujet [43].

18 juin. Après vêpres, on fit la procession solennelle du St Sacrement. Je fis diacre. Nous fîmes la station à la paroisse de St-Nicolas. Ce même jour, on publia la paix à Saintes et on y chanta un Te Deum d’une belle composition. On avait fait venir la musique de la Rochelle, pour l’unir à celle de Saintes. Le même jour, on chanta le Te Deum à Angoulême, et le prélat donna un dîner royal où il y avait trente-six couverts. Il a une si grande attention à tout, que pendant que les rues des plus grandes villes sont pavées de pauvres, on n’en voit presque point à Angoulême. Lorsque j’y étais, M. l’évêque et la ville donnèrent 700 livres aux pauvres étrangers, pour se conduire chacun chez soi, et l’on mit des sentinelles aux portes de la ville, pour leur en empêcher l’entrée, et pour obvier aux maladies qui infectent les autres villes. On a enterré à Rochefort jusqu’à trente corps en un seul jour.

19. Le R. P. prieur eut la bonté de me conduire jusqu’à Châteauneuf. Nous dînâmes chez les bons PP. Minimes. Nous fûmes ensuite au château de Moulidar [44], dont le prieuré est uni au doyenné d’Angoulême. D. F. de Grandsaigne [45], prieur de St-Jean-d’Angely, et D. Robert Lyotard [46] arrivèrent à Bassac, presqu’à même temps que nous.

20. Après dîner, je fus à Jarnac, avec les RR. PP. prieurs de St-Jean et de Bassac, et avec Dom Lyotard. Madame la comtesse [47] nous reçut fort bien. Le château est des plus beaux. M. de La Rochefoucaud de Montendre, qui a épousé Madame la comtesse, a fait des réparations bien entendues. M. l’abbé Chabot de Jarnac est prieur du prieuré bénédictin de St-Pierre de Jarnac, dépendant de St-Cybard. Il loge chez les Récollets, dont le couvent a été bâti, sur la Charente, en 1680, par Guy Henry Chabot, lieutenant du Roi en Saintonge et en Angoumois, et par Dame Marie-Claire de Créquy, son épouse [48].

21 juin. Je fus à St-Jean-d’Angély [49], avec le R. P. prieur et D. R. Lyotard. Nous dînâmes à Matha [50]. D. Louis Cavelier prêcha, et le jour suivant. Un Jacobin qui devait prêcher l’Octave manqua, et nos Pères furent obligés de suppléer in promptu.

22. Nous fîmes la procession en chapes, par la ville. Mes écoliers et les principaux de la ville me rendirent visite. J’écrivis au Père abbé de St-Allyre, à D. Girardin, au P. prieur de Brantôme, à M. le doyen d’Angoulême. Je reçus une lettre du R. P. visiteur et une du P. de Ste-Marthe.

23. Le P. Lyotard, procureur de l’abbé, fit la chevauchée de M. le prévôt-moine. Il va par la ville, en froc et à cheval, accompagné des officiers, en robe de palais et en bonnet carré, et précédé par des huissiers et halebardiers. Chaque père de famille est obligé de nous donner une maille d’or, que l’on a appréciée à sept sols six deniers.

24. Après complies, le R. P. prieur entonna le Te Deum , chanté alternativement par le chœur et par une bande de violons. Les Jacobins, les Cordeliers et les Capucins y assistèrent avec le maire et les échevins. Nous fûmes ensuite processionnellement à la place, où le P. prieur, avec le maire, mirent le feu au bûcher que l’on avait préparé avec des devises. Toute la bourgeoisie était sous les armes. Le P. prieur donna deux tonneaux de vin au peuple, et un magnifique souper aux principaux de la ville. Il y avait vingt-cinq couverts.

25. Je fus dîner à Saintes, avec le R. P. D. Joseph Mignat, visiteur de la province de Toulouse, qui m’a donné mille témoignages d’amitié pendant tout le voyage. D. L. Cavelier était de la partie. Il va prêcher à Bassac. J’écrivis au P. prieur de St-Denis. Nous couchâmes à Pons [51], à St-Martin. Le P. recteur de Saintes, accompagné de trois Jésuites, me vint voir en cérémonie.

26. Nous dînâmes au Petit-Nyort [52], et couchâmes à Blaye (3), à la Fleur-de-Lys, chez Madame Fleury. Madame la présidente et lieutenante- générale de St-Jean était de notre voyage.

27. Nous nous embarquâmes pour aller à Bordeaux,

Juillet 1713

3. Je dînai à Ponts, où je trouvai plusieurs officiers de distinction. Sur les quatre heures du soir, après avoir fait collation aux Jacobins, je fus souper à Saintes, à St-Paul, où je trouvai bonne compagnie. J’étais venu avec trois Anglais depuis Bordeaux.

4. Je rendis visite à quelques chanoines, et dînai au collège, où le P. de Mesplez, recteur, me fit cent amitiés. Je fus coucher à St-Jean, où le R. P. prieur me reçut avec sa bonté ordinaire.

5. Je reçus des visites des principaux de la ville.

6. Je rendis plusieurs visites avec D. Melchior Boyer [53].

7. Je fus à la Fayolle [54] avec D. Jacques Cusson [55], zélateur. D. Etienne Marcombes [56], cellérier, nous régala fort obligeamment. M. l’avocat du roi, jadis mon écolier, et trois autres messieurs furent de la partie.

8. Je fis plusieurs visites avec D. V. Marcland.

9. Je fus chez les Ursulines, avec le P. prieur, et j’y dis la messe.

25. Je reçus plusieurs bouquets pour la fête de St Jacques. Nous nous rencontrâmes six Jacques dans la communauté de St-Jean-d’Angely.

31. Je visitai les couvents de la ville de Saint-Jean.

Août 1713

3. Je fus au Poupeau [57], paroisse de Bignay [58], avec D. Melchior Boyer et D. Vincent Marcland, où M. Mestadier, avocat du roi, qui a été mon écolier , nous régala magnifiquement et de bon cœur. Nous déjeûnâmes chez le procureur du roi.

4. J’entendis le panégyrique de St Dominique aux Jacobins. Le P. Amadieu, Cordeiier, prit pour texte : Omnia facio propter Evangelium [59]. Il fit voir que St Dominique, plein de foi, avait pratiqué l’Evangile ; que, plein de charité, il l’avait prêché.
On commença après vêpres une neuvaine à la Vierge, pour obtenir le beau temps et la cessation des pluies continuelles. D. Ant. Roy a prêché aujourd’hui à l’abbaye de Saintes, pour la rénovation des vœux. J’ai fait la classe de rhétorique pendant deux jours.

15 août. Après vêpres, nous fîmes la procession solennelle, où assistaient les Jacobins, les Cordeliers et les Capucins, et tous les corps de ville.

18. Nous fîmes un service solennel pour D. Arnoul de Loo, notre supérieur-général, décédé à St-Germain-des-Prés, le 9 de ce mois.

19. Je reçus une lettre toute obligeante de M. l’évêque de Sarlat, qui m’a fait l’honneur de m’envoyer son mandement pour la publication de la paix, et un détail des réjouissances qui se sont faites, par son ordre, le 15 juin dernier. M. l’abbé de Vaux, vicaire-général de M. de Sarlat, m’a envoyé quelques Mémoires de Ponts, et le P. Justin Bergue, fameux prédicateur, gardien des Récollets de Ponts, m’en a envoyé quelques-uns de son couvent.

20. St Bernard ramena le beau temps, avec la nouvelle lune. On prit Landau.

26. Je partis de St-Jean avec Dom Vincent Torrillon [60], qui va demeurer à Solignac. Nous dînâmes à Macqueville [61], prieuré dépendant de l’abbaye de Charroux, uni au collège de Saintes. Nous soupâmes à Bassac.

28 et 29. Je transcrivis quelques titres d’une redevance du prieur d’Eschalat [62] au prévôt-moine de Bassac, que le P. prieur a retirés d’un procureur d’Angoulême ; motif pour lequel j’étais retourné à Bassac, à la sollicitation du cher R. P. prieur.

30. F. Fleury et F. Julien La Mothe, Chanoines-Réguliers de la Couronne, me vinrent voir à Bassac. Ce dernier me donna une copie d’un manuscrit historique de l’abbaye de la Couronne, que je l’avais prié de me transcrire. Le P. Dalème, prieur des Carmes-Déchaussés d’Angoulême, arriva le soir avec D. Jean Dalème, son frère. Il nous dit que les PP. Jésuites d’Angoulême venaient de soutenir une thèse, où ils avançaient que l’opinion du Père Maignan [63] sur les accidents est periculosa in fide.

31. On célébra, à Bassac, la fête de la dédicace de l’Eglise, dédiée à St Etienne. Je corrigeai le Cérémonial monastique, et fis un ordre des cérémonies, que l’on fera le jour des Saintes Reliques, que l’on célébrera pour la première fois le dimanche après la St Luc. Le P. sous-prieur de St-Jean-d’Angely est invité pour faire le sermon. On fera la procession en chapes, et l’on portera les quatre beaux reliquaires d’ébène que le P. prieur a fait venir de Paris. Il attend un tabernacle de même, et il a fait, dans l’église et dans le monastère, des réparations bien entendues.

Septembre 1713

1. Je partis de Bassac avec le R. P. prieur et M. le curé de St-Simond [64] (S. Sigismondi) ; nous dînâmes à l’abbaye de la Frenade, où Dom Vitier, mon bon ami, nous régala bien. Nous passâmes la Charente au port de Lis, que nous avions passée, avant dîner, à Vinade. Nous couchâmes au prieuré de St-Georges d’Aurion [65], où M. de Maisonneuve, qui en est fermier, nous reçut parfaitement bien. Ce prieuré est situé sur la Charente, à une lieue et demie de Saintes, et il dépend de Bassac.

2. Nous dînâmes chez M. l’évêque de Saintes, qui doit partir, pour Paris, le 9 de ce mois, et qui avait mandé au prieur de Bassac qu’il souhaitait le voir avant son départ. Ce prélat nous fit mille amitiés, et m’embrassa bien tendrement. Nous soupâmes à St-Eutrope, où M. du Caurroy, prieur, nous reçut à sa manière ordinaire.

3. Dimanche. Après avoir dit Ia messe à Ste-Claire, église la plus voisine de notre auberge de Saint-Paul, nous fûmes coucher à Rochefort [66], et M. le curé de St-Simond s’en retourna à sa paroisse. Nous logeâmes à la Ville de Poitiers. Nous traversâmes la belle allée de la Roche-Courbon [67].

4 septembre. Nous vîmes les magasins et l’arsenal, les corderies, etc., de Rochefort ; nous montâmes dans le vaisseau La Reine des Anges, que l’on armait et qui devait partir le lendemain. M. de La Galissonnière [68], commandant de la place, nous fit beaucoup d’honnêtetés. J’en reçus beaucoup de M. le curé de St-Louis et des bons PP. Capucins. Nous partîmes après le dîner. Nous fîmes collation chez les Capucins de Tonnay-Charente [69], où il y a une abbaye qui dépendait autrefois de celle de St-Jean-d’Angely. Nous passâmes la Boutonne, et, après avoir traversé la ville de St-Savinien [70], où il y a un prieuré dépendant de Bassac, et un couvent d’Augustins, nous couchâmes au château de Coulonges [71], chez M. de Mérignac.

5. Nous dînâmes au Poupeau, chez M. l’avocat du roi, et soupâmes à St-Jean, en bonne compagnie.

6. Le P. prieur de St-Jean, celui de Bassac, et le P. curé de St-Jean m’invitèrent à dîner avec eux. J’accompagnai le P. prieur de Bassac jusqu’à Asnières [72]. Les autres deux furent prendre congé de M. l’évêque de Saintes.

8. Après vêpres, on fit la procession, après laquelle on donna la bénédiction ; ce que l’on fait les fêtes et dimanches, par ordre de M. l’évêque, pour demander à Dieu le beau temps.

11 septembre. Je fus à Fontenet [73], à une grande lieue de St-Jean, avec M. Maurice Griffon de la Richardière. M. Croizé de Fontorbe nous traita splendidement ; il y avait une nombreuse compagnie. Le prieuré de St-Vincent de Fontenet dépend de St-Jean-d’Angely. M. l’abbé de Bouville en est titulaire. Pierre d’Abzac de La Douze, moine de St-Jean, ensuite archevêque de Narbonne [74], était prieur de Fontenet, où il y avait plusieurs religieux.

Parmi les papiers du monastère de St-Jean , j’ai trouvé une lettre qui mérite d’être insérée ici. D. F. Rolle [75], qui en est l’auteur, possédait parfaitement l’Ecriture-Sainte. Il écrivit cette lettre au sujet de l’union du monastère de St-Jean à la Congrégation des Exempts [76], qui, selon les apparences, étaient alors moins exempts de bien faire qu’ils ne le sont à présent.

Reverendo in Christo patri Domino Àngeliacensi Caenobiarchae, Venerandis patribus Magistris ordinis, Religiosis fratribus, officiariis prioribus, minoribus Angeliacensis Abbatiae, Generalis Congregationis Benedictinorum Exemptorum. Salutem, et sic bona plantare, ut nec inimicus valeat convellere.

Mirabilis facta est nobis, Venerandi patres et dilectissitni fratres, scientia vestra luculento sermone et ardenti desiderio confortata. Ecquis poterit adversus illam ? Humilem procuratorum vestrorum supplicationem suscepimus, qua per illos postulalis nobis nostraeque Benedictinae Congrégationi Exemptornm uniri et aggregari. Copiosus est divinae gratiae sinus, qui nec déficit singulis, et sufficit universis : dispersos colligit, errantes revocat, redeuntes amplectitur, volentes trahit, et invitos compellit intrare. Hujus desiderio paternitatem ac devotionem vestram, quae terrenae militiae infructuosos labores contemuit, totam se, ut experientia docet, ad palmam supernae vocationis extendit ; dum adhuc super flumina Babylonis sedentes recordati estis Sion, idest, veteris et antiquae reformationis et monasticae professionis Benedictinorum ; ut operibus pietatis ac devotionis intenti, in exemplum justitiae supra montes Bethel per virtutum gradus conscendatis. Crescat in dies voluntas haec vestra bona, Deo placens et perfecta, disciplina regularis per industriam vestram vestro in monasterio Angeliacensi reviviscat : vestra diligentia a capite in barbam et usque in oram vestimenti, et inconsutilis tunicae Christi descendat odor unguentorum vestrorum, et sit super omnia aromata terrae. Vestra denique singulari diligentia et providentia ad lapidem, qui Christus est, allidantur hujusce infelicis seculi fluctus ; in opere vobis injuncto sedulo invigilate, ut mensuram bonam et confertam, coagitatam, et super-effluentem reportetis in sinum vestrum, cum dominus ad judicandum venerit, et reddiderit unicuique juxta opera sua. Valete in Domino, et vestris apud Deum orationibus me vestri studiosissimum, nostramque Benedictinorum Exemplorum congregationem juvate. Si quid vero instructionis, dilectionis, et doctrinae poterimus, parati sumus vobis impertiri, et materna ubera potiùsquam paternam severitatem porrigere et exhibere. Lutetiae Parisiorum, Kalend. Decemb. anno Domini millesimo quingentesimo octuagesimo (sic) quarto.

Et infra sign : FRANCISCUS ROLLE Generalis Benedictinorum Exemptorum. Et inferius. De mandato Rdi Dni Generalis Bened. Exemptorum. J. MOYSANT.

18 sept. Le R. P.D.F. de Grandsaigne, prieur de St-Jean, ayant reçu ordre de la Diète de chercher, au diocèse de Luçon, un endroit pour y transporter le monastère de St-Michel-en-Lherm, et d’en faire son rapport au Chapitre général prochain, me fit l’honneur de me choisir pour son compagnon. Nous fumes dîner à Surgères [77], où la fièvre double tierce continue me prit, de sorte que je fus obligé de m’y arrêter, et le P. prieur fut coucher à la Rochelle [78], où il prit congé de M. le maréchal de Chamilly [79], qui va à Paris.

19. J’eus assez de courage pour retourner à St-Jean, où la fièvre m’étrilla bien pendant sept jours.

Octobre 1713

1. Je dis la sainte messe à la chapelle de l’infirmerie.

5. Je la dis à l’église. Le P. prieur de St-Jean est revenu avec la fièvre tierce. Il a acheté, de la bibliothèque de feu M. Begon [80], la Byzantine [81], et les portraits de D. Benoit Brachet [82] et de D. Luc Dachéry [83], le tout 50 pisloles.
Le vers suivant se peut changer en 1022 façons, en gardant le sens et les lois du vers hexamètre. On le peut aussi changer cent fois, en rétrogradant.
Tot tibi sunt dotes, virgo, quot sidera coelo [84].

Le suivant, qui est tiré de l’Ecriture, se peut tourner en 3628800 manières.
_abcdefghik
Rex, dux, sol, lex, lux, fons, spes, pax, mons, petra, Christus.

Au bas de la page on lit :

EPIGRAMMA. DE S. CAROLI EFFIGIE.

Dimidium pinxit quae dextera Borromeum,

Norat quod totum pingere nemo queat.

13 octobre. Fête de St Venant, abbé, que l’on fait double au monastère de St-Jean ; je fus à la Fayolle, d’où je revins le lendemain. D. E. Marcombes, cellérier, m’y fit toutes les caresses possibles. Nous avons vu, à St-Jean, le P. supérieur de St-Aubin d’Angers, et Dom Rohault, bachelier de l’Université d’Angers et maître de théologie à St-Aubin , qui est un très-savant religieux, et qui a un mérite extraordinaire.

Voici la conclusion d’un discours adressé à une Ursuline de Dieppe, le jour de sa profession, par un autre religieux qui avait aussi un talent extraordinaire. C’est le vénérable Père Abacuc de Lombez.
« Courage, dit-il, ma chère Sœur, vous voilà enfin Ursuline, c’est-à-dire une jeune ourse encore informe et imparfaite, mais votre charitable supérieure , comme la mère ourse , vous formera, vous façonnera et vous léchera tant, que l’on verra incessamment s’ouvrir en vous les yeux de la circonspection, naître les oreilles de l’attention, s’affiler le museau de la précaution, s’étendre l’échine de la soumission et s’allonger la queue de la persévérance, qui vous fera passer dans le grand bassin des eaux vives qui rejaillissent en la vie éternelle , d’où vous serez transportée dans le giron du Père Eternel, où vous conduisent les mérites de son Fils, par la vertu du St-Esprit. »

18 octobre. On célébra, à St-Jean, la révélation du chef de St Jean. Fête de second ordre.

20. Je fus à St-Sauveur de Bignay, prieuré dépendant de celui de Lanville [85], de la Congrégation des Chanoines-Réguliers de France. Le P. Nouvellet, Champenois, me régala splendidement, et me donna une liste des prieures d’Espagnac [86], en Quercy, où il a été aumônier. La flèche de l’église de Bignay est d’une délicatesse achevée.

21. On célèbre, au monastère de St-Jean, la fête de St Hilarion, dont on avait autrefois le corps, comme je l’ai trouvé dans le Cartulaire.

23. On célébra la dédicace de l’église de St-Jean.

24. D. Etienne Marcombes, cellérier, me fit l’amitié de me venir prendre à St-Jean, pour me conduire à la Fayolle, où il me donna très-bien à dîner, et le soir il me conduisit à la Chapelle-Bâton [87]. Je partis de St-Jean, très-satisfait du R. P. prieur, et de tous nos RR. PP. qui m’ont fait mille amitiés pendant mon séjour, et surtout pendant ma maladie.

F. Pierre Terrasse [88] a fait une copie de mes Mémoires, et j’ai été édifié de la sagesse de nos jeunes confrères.

25. D. Robert Lyotard, procureur de l’abbé de St-Jean, me retint à la Chapelle-Bâton ; nous entendîmes la messe de D. Melchior Boyer, dans l’église paroissiale, dédiée à saint Clément, pape et martyr. Après dîner, nous fûmes, tous trois, avec M. Besvin, curé de la Chapelle, mon ancien écolier à St-Jean, voir M. Peluchon, au Breuil. Il y a une belle bibliothèque et un enclos charmant.

26. D. Lyotard et M. le curé me firent l’amitié de m’accompagner jusqu’à la Ville-Dieu d’Aulnay [89]. Nous passâmes la Boutonne, à Coudiou [90], sur un très-mauvais esquif, conduit par une femme. Nous vîmes Aulnay, où il y a une église très-ancienne, et un couvent de Carmes. On nous montra une statue équestre de Charlemagne, au-dessus de la porte de St-Pierre d’Aulnay [91] ; mais elle est moins ancienne que cet empereur. L’église de Ste-Madelaine de la Ville-Dieu est une annexe de St-Pierre d’Aulnay, l’une et l’autre sont de la collation du chapitre de St-Pierre [92] de Poitiers. Après avoir dîné à la Ville-Dieu, je passai à Briou [93], à Vilaine [94], dépendance de Celles, à Montigné [95], annexe du prieuré de St-Maixent de Veyrines [96], où M. Dupuy, fermier de nos Pères de St-Maixent, me fit boire d’excellent vin d’Ains de trois feuilles.


[1L’abbaye de N.-D. de Grosbos ou Grobois, appelée autrefois Font-Vif (Grossum Boscum, B. M. de Grosso Bosco, Fons vivus), Ordre de Citeaux, diocèse d’Angoulême. — Grosbot, village de la commune de Charras, canton de Montbron, arrondissement d’AngouIême (Charente).

[2St Eutrope, évêque de Saintes. — Ste Quitère ou Quitterie, vierge et martyre.

[3L’abbaye de St-Ausone (S. Ausonius), Ordre de St-Benoit, située dans la ville d’Angoulême.

[4Françoise-Gabrielle d’Orléans de Rothelin, fille de Henri, et de Gabrielle Eléonore de Montaut de Bénac de Navailles, professe, puis grande-prieure de Ste-Croix de Poitiers, fut abbesse de N.-D. de Protection, au diocèse de Coutances, et devint ensuite abbesse de St-Ausone en 1711.

[5Charlotte-Françoise Radegonde de Montaut de Bénac de Navailles.

[6L’abbaye de N.-D. de la Couronne (Corona), Ordre de St-Augustin, Congrégation de France, diocèse d’Angoulême. — La Couronne, chef-lieu de commune du canton d’Angoulême.

[7Cyprien-Gabriel-Bernard de Rezay (1689-1737).

[8Joseph du Verdier, qui fournit aux auteurs du Gallia Chrisiiana la liste des doyens d’Angoulême.

[9L’abbaye de St-Cybar (S. Eparchius), Ordre de St-Benoit, dans un des faubourgs d’Angoulême,

[10François d’Osmond, d’une ancienne famille de Normandie.

[11Le P. Mathurin-François Pintard naquit à Chartres, le 25 décembre I675. M. Henri Wilhelm a bien voulu nous signaler deux notices sur ce religieux, l’une de D. Liron dans la Bibliothèque Chartraine, p. 334, (Paris. Garnier, 1719, in-4°) ; l’autre de M. Lucien Merlet, archiviste d’Eure-et-Loir, dans la Bibliothèque Chartraine antérieure au xixe siècles (Orléans, Herluison, 188 ’). Il est probable que les ouvrages en vers français donnés à D. Boyer, par le P. Pintard, sont quelques-unes de ces pièces fugitives qui, d’après D. Liron, « ont fait les délices des connaisseurs et qu’on sait être sorties de sa plume. »

[12Châteauneuf-sur-Charente, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Cognac.

[13L’abbaye de St-Etienne de Bassac (Bassacum), Ordre de St-Benoit, dans l’ancien diocèse de Saintes. Elle fut unie à la Congrégation de St-Maur en 1664. — Bassac, chef-lieu de commune du canton de Jarnac, arrondissement de Cognac.

[14Blanzac, abbaye sécularisée, dans le diocèse d’Angoulême. M. de l’Estoile en était alors abbé. — Blanzac, chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Angoulême,

[15Henri-Augustin Le Pileur, fils de Jean, seigneur de Grandbonne, et de Catherine Heudebert du Buisson. Il fut nommé évêque de Saintes en 1711, et se démit en 1716. Ce prélat mourut, à Paris, le 25 avril 1726

[16Guy-Charles Chabot de Jarnac, fils de Louis Chabot, comte de Jarnac et de Catherine de la Rochebeaucourt. Il avait été doyen de Saintes.

[17D. Antoine Palerne. Voir au 11 avril 1711.

[18Barbezieux, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente,

[19Vinade, village de la commune de St-Même, canton de Segonzac, arrondissement de Cognac.

[20L’abbaye de N.-D. de la Frenade (Frenada), Ordre de Citeaux, dans l’ancien diocèse de Saintes. — La Frenade, village de la commune de Merpins.

[21Merpins, chef-lieu de commune du canton de Cognac.

[22Saintes, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente-Inférieure. — Cette ville était autrefois le siège d’un évêché.

[23L’abbaye de St-Eutrope (SS. Eutropius et Stephanus), Ordre de St-Benoit, située dans la ville de Saintes, n’était plus qu’un prieuré de l’Ordre de Cluny.

[24D. Charles du Cauroy.

[25L’abbaye de N.-D. de Saintes (S. Maria Santonensis), Ordre de St-Benoit, était située dans un faubourg de cette ville.

[26NDLR la paix d’Utrecht, (11 avril), qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne (1701-1713) avec l’Angleterre, les Provinces-Unies, le Portugal, la Savoie et la Prusse

[27L’abbaye de N,-D. de la Tenaille (Tenalia), Ordre de St-Benoit, dans l’ancien diocèse de Saintes. Elle fut unie au collège des Jésuites de cette ville en vertu d’une bulle de Paul V, du 24 août 1619. — La Tenaille, commune de St-Sigismond de Clermont, canton de St-Genis, arrondissement de Jonzac.

[28Dominique des Claux de Mesplez, conseiller au Parlement de Pau, embrassa l’état ecclésiastique après avoir perdu sa femme, dont il avait eu plusieurs enfants. Il fut nommé évêque de Lescar, le 51 mai 1681, et mourut en 1718.

[29Jacques du Plessis Gesté de La Brunetière, frère de M. Guillaume de La Brunetière, évêque de Saintes, mort le 2 mai 1702, fut nommé abbé de Vaux en 1681.

[30L’abbaye de St-Etienne de Vaux [Valles S. Stephani, S. Stephanus de Vallibus), Ordre de St-Benoit, dans l’ancien diocèse de Saintes. — Vaux, chef-lieu de commune du canton de Royan, arrondissement de Marennes (Charente-Inférieure).

[31D. Jacques Boyer avait professé les humanités, alors qu’il était religieux au monastère de St-Jean d’Angely.

[32Henri du Plessis Gesté de La Brunetière.

[33M. de la Roche de Guimp.

[34L’abbaye de N.-D. de Fontdouce (Fons Dulcis), Ordre de St-Benoit, dans l’ancien diocèse de Saintes. — Fontdouce, commune de St-Bris-des-Bois,

[35St-Bris-des-Bois, chef-lieu de commune du canton de Burie, arrondissement de Saintes.

[36Nicolas Machat de la Méchaussée de la Coste de Pompadour, nommé le 3 juin 1689.

[37Cognac, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente.

[38St-Même, chef-lieu de commune du canton de Segonzac, arrondissement de Cognac.

[39L’abbaye de N.-D. de Bournet (Bornetum), d’abord de l’Ordre de St-Benoit, puis de Cîteaux, dans le diocèse d’Angoulême. — Bournet, village de la commune de Courgeac, canton de Montmoreau, arrondissement de Barbezieux.

[40D. Pierre d’Estancheau, né à Blanzac, diocèse d’AngouIème, fit profession à l’âge de 57 ans, dans le monastère de St-Faron de Meaux, le 22 juin 1701, et mourut à l’abbaye de St-Denis-en-France, le 2 février 1739. Dans la matricule que possède M. Henri Wilhelm, il est nommé Jean-Jacques de Létancheau.

[41D. Jean Dalème, né à Limoges, fit profession dans l’abbaye de St-Augusiin de cette ville, à l’âge de 22 ans, le 1er août 1694.

[42Claude de France, fille ainée de Louis XII, roi de France et d’Anne, Duchesse de Bretagne, née à Romorantin, le 15 octobre 1499, mariée à St-Germain en Laye, le 14 mai 1514, morte au château de Blois, le 20 juillet 1224. — Le roi François I et sa Cour, qui revenaient du camp du Drap-d’Or, se trouvaient à la fin du mois de juin et dans les premiers jours de juillet 1520, à Abbeville, d’où cette lettre est datée, (D’Aubais, Pièces fugitives pour servir à l’Hist. de France. — Voyage de Charles IX, p. 102, Notes : Itinéraire des rois de France). Le 10 août suivant naquit, à St-Germain-en-Laye, la princesse Magdelaine, mariée, le 1er janvier 1536, à Jacques Stuart V, roi d’Ecosse.

[43Il s’agit du duel qui eut lieu à St-Germain en Laye, le 10 juillet 1547, entre Guy Chabot, seigneur de Jarnac, St-Gelais, etc.. et François de Vivonne, seigneur d’Ardelay, dans lequel ce dernier fut tué. Ce sont les circonstances de ce combat qui ont fait appeler un coup peu loyal : coup de Jarnac.

[44Moulidars, chef-lieu de commune du canton d’Hiersac, arrondissement d’Angoulême.

[45D. François de Gransaigne, né à Clermont-en-Auvergne, fit profession à l’âge de 19 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de Limoges, le 1er juillet 1685, et mourut à St-Allyre, le 16 mai 1738. Voir Nouvelles ecclésiastiques, année 1753, p. 66.

[46D. Robert Lyotard, né au Puy-en-Velay, fit profession à l’âge de 19 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de Limoges, le 2 septembre 1682, et mourut à St-Jean-d’Angely, le 18 novembre 1723.

[47Anne-Marie-Louise Chabot, mariée en juillet 1709, à Paul-Auguste-Gaston de La Rochefoucaud, dit le chevalier de Montendre, qui prit, à cause d’elle, la qualité de comte de Jarnac. (Hist. généal. et chron. de la Maison royale de France, par le P. Anselme, t. II, p. 66).

[48Père et mère de la comtesse de Jarnac, dont il vient d’être parlé.

[49L’abbaye de St-Jean-d’Angely (S. Joannes Angeriacensis, Angeriacum, Angeliacum), Ordre de St-Benoit, dans l’ancien diocèse de Saintes. La Congrégation de St-Maur entra en possession de ce monastère le 30 octobre 1625. — St-Jean-d’Angely, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente-Inférieure.

[50Matha, chef-lieu de canton de l’arrondissement de St-Jean-d’Angely.

[51Pons, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saintes (Charente-Inférieure).

[52Le Petit-Niort, village de la commune de Mirambeau, arrondissement de Jonzac (Charente-Inférieure).

[53D. Melchior Boyer, né à Ahun, diocèse de Limoges, fit profession à l’âge de 24 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de cette ville, le 24 juillet 1688, et mourut à St-Jean-d’Angely, le 21 mars 1729.

[54La Fayolle, village de la commune du Pin-St-Denis. — Les religieux de l’abbaye de St-Jean-d’Angely s’y retirèrent vers la fin de l’année 1594, jusqu’en 1600, époque à laquelle ils revinrent dans cette ville.

[55D. Jacques Cusson, né à Thiers, diocèse de Clermont, fit profession à l’âge de 19 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de Limoges, le 9 mars 1705, et mourut à St-Austremoine d’Issoire, le 11 novembre 1754.

[56D. Etienne Marcombes, né à Riom, diocèse de Clermont, fit profession à l’âge de 19 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de Limoges, le 9 novembre 1697, el mourut à St-Jean-d’Angely, le 15 juillet 1734.

[57Le Poupeau, commune de Bignay, canton de St-Jean-d’Angely.

[58Bignay, chef-lieu de commune du canton de St-Jean-d’Angely.

[591 Cor. 9. 23.

[60D. Vincent Torilhon, né à la Chaise-Dieu, fit profession à l’âge de 19 ans, le 25 septembre 1669, à l’abbaye de St-Allyre, et mourut dans celle de la Chaise-Dieu, le 17 mai 1715.

[61Macqueville, chef-lieu de commune du canton de Matha (Charente-lnférieure).

[62Echallat, chef-lieu de commune du canton d’Hiersac, arrondissement d’Angoulême.

[63Le P. Maignan (Emmanuel), religieux Minime, fort savant en philosophie et en mathématiques. Il était né le 10 juillet 1601, à Toulouse, où il mourut le 29 octobre 1676.

[64St-Simon, chef-lieu de commune du canton de Châteauneuf-sur-Charente (Charente).

[65St-Georges d’Orion, commune de Chaniers, canton de Saintes.

[66Rochefort-sur-Mer, port de guerre, chef-lieu d’arrondissement du département de la Charente-Inférieure.

[67La Roche-Courbon, près St-Porchaire.

[68M. de La Galissonnière, lieutenant général des armées du roi, était le père du vainqueur de Mahon.

[69Tonnay-Charente, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Rochefort. — L’abbaye de Tonnay-Charente (Tauniacum, Talnacum, Thalnayum), Ordre de St-Benoit, dépendait de l’ancien diocèse de Saintes.

[70St-Savinien, chef-lieu de canton de l’arrondissement de St-Jean-d’Angely.

[71Coulonges, chef-lieu de commune du canton de St-Savinien.

[72Asnières, chef-lieu de commune du canton de St-Jean-d’Angely.

[73Fontenet, chef-lieu de commune du canton de St-Jean-d’Angely.

[741494-1502.

[75D. François Rolle était né à la Réole (Gironde). — Son neveu, D. Anselme Rolle, introduisit, en 1617, la réforme de St-Maur dans l’abbaye de Ste-Croix de Bordeaux, unie à la Congrégation des Exempts depuis 1583.

[76La Congrégation des Exempts occupa l’abbaye de St-Jean-d’Angely de 1584 à 1623.

[77Surgères, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Rochefort-sur-Mer.

[78La Rochelle, chef-lieu du département de la Charente-Inférieure.

[79Noël Bouton, marquis de Chamilly, commandant des provinces de Poitou, Aunis et Saintonge, nommé maréchal de France le 14 janvier 1703.

[80Michel Begon, Intendant de la généralité de la Rochelle, mort en 1710. Voir Michel Begon, par G. Duplessis ; Paris, 1874. Dictionnaire des Amateurs Français au XVIIe siècle, par Edmond Bonnafé, p. 17 ; Paris, Quantin, 1884.

[81Il s’agit du corps d’Histoire de Constantinople, imprimé au Louvre pendant le XVIIe siècle, et composé de 29 volumes in-folio.

[82D. Michel Benoit Brachel, né à Orléans, mort le 7 janvier 1687, supérieur général de la Cong. de St-Maur. Voir Supp. à l’hist. litt. de la Cong. de St-Maur, par M. Ulysse Robert, p. 21.

[83D. Jean Luc d’Achéry, né à St-Quentin, diocèse de Noyon, fit profession à l’âge de 25 ans dans l’abbaye de la Ste-Trinité de Vendôme, le 24 octobre 1652, et mourut à St-Germain-des-Prés, le 29 avril 1685. — Voir Hist. litt. de la Cong. de St-Maur, p. 103 ; et Bibl. des Ecrivains de la Cong. de St-Haur, par Ch. de Lama, p. 52. — D’après D. Tassin, loc. cit., D. L. d’Achéry aurait fait profession le 4 octobre 1652, à l’âge de 32 ans ; nous croyons qu’il y a là une faute d’impression, car, quelques lignes plus haut, on lit que celui-ci était né en 1609.

[84Ce vers latin : Tot tibi... est du P. Bernard Bauhuis, né à Anvers en 1565 et mort en 1619 ; le suivant est aussi de lui. — Erycius Puteanus publia le premier, sous toutes ses formes, dans : Erycii Puteani pietatis thaumata in Bernardi Bauhusi, e societate Jesu, Proteum Parthenium, unius libri versum, unius versus librum, stellarum numero, sive formis MXXII variatum « Tot tibi sunt dotes, Virgo, quot sidera cœlo. » Antverpiae, ex officina Plantiniana apud Balt, et Juan. Moretos, 1617, 4°, 116 pp. — En 1633, Georges Joseph Bekker publia aussi : Proteus Parthenius, id est, Bernardi Bauhusii Hexameter Marianus milites bis et vicies, sensu et metro servatis, variatus... Lovanii, excudebant Van Linthout et Vundenzander, 1633, 16°, 74 pp. — Dans la suite, Bernoulli montra que ce vers était susceptible de 40320 combinaisons différentes, mais sans conserver la mesure, et le P. Prestet qu’il y en avait 3212, en la conservant. — On peut voir aussi les Récréations littérales et mystérieuses, par le R. P. Antoine Dobert, Minime Daufinois, sourd et asthmatique. Lyon, 1650, 8°. — Le P. Franc. de Franchis, Jésuite italien, publia aussi : Carmen carminum prudens Virginis Deiparae dotes exprimens etc...., Neapoli, apud Franciscum Ricciardo, 1724, 4°, 74 pp. Il trouva qu’il était susceptible de 2568 combinaisons.

[85Lanville, village de la commune de Marcillac-Lanville, canton de Rouillac (Charente).

[86Espagnac, prieuré de Chanoinesses-Régulières de St-Augustin, connu sous le nom de Val de Paradis d’Espagnac. — Espagnac, village de la commune de Ste-Eulalie, canton de Livernon, arrondissement de Figeac (Lot).

[87La Chapelle-Bâton, chef-lieu de commune du canton de St-Jean-d’Angely.

[88D. Pierre Terrasse, né à Dun-le-Roy, diocèse de Bourges, fit profession à l’âge de 20 ans, dans l’abbaye de St-Augustin de Limoges, le 14 février 1712, et mourut à Chezal-Benoit, le 10 juin 1770.

[89La Villedieu, chef-lieu de commune du canton d’Aulnay, arrondissement de St-Jean-d’Angely.

[90Coudiou, village de la commune de Nuaillé, canton d’Aulnay.

[91Voir Les Cavaliers au portail des églises, par M. Louis Audiat, (Angers, 1872) ; et aussi Mémoires sur les statues équestres de Constantin placées dans les églises de l’ouest de la France, par l’abbé Arbellot, (Limoges,1885).

[92L’église collégiale de St-Pierre-le-Puellier, dans la ville de Poitiers.

[93Brioux-sur-Boutonne, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Melle(Deux-Sèvres).

[94Villaines, village de la commune de Périgné, canton de Brioux.

[95Montigné, chef-lieu de commune du canton de Celles, arrondissement de Melle.

[96Verrines-sous-Celles, chef-lieu de commune du canton de Celles, arrondissement de Melle.

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