1723 - Le couvent des Minimes de Châteauneuf (Charente)

D 2 novembre 2012     H 23:59     A Pierre     C 0 messages A 218 LECTURES


En 1723, Jean-Jacques Amelot de Chaillou, intendant de la Généralité de la Rochelle, lance une enquête sur les établissements religieux et hospitaliers de la Généralité, dans le but d’établir une "statistique". Le questionnaire envoyé par courrier comprend 6 questions :
- historique de la fondation
- nom de l’établissement
- ordre de rattachement
- effectifs
- revenus
- charges

Nous avons dépouillé pour vous les réponses à cette enquête. Voir l’introduction de cette rubrique

Source : Archives Départementales 17 - H86 - Transcription : Pierre Collenot.

Etat de la fondation du couvent des Minimes dans la petite ville de Châteauneuf, diocêze d’Angoulesme, Generalité de la Rochelle, de ses revenus passez et presents, ce 27 septembre 1723.

- Consentement des habitans du 7 avril 1619

Monsieur Bastard en ce temps là curé de la paroisse qui compte toute la ville et plusieurs grands et petits village, gemissant de voir que dans les paroisses voizines, de la campagne, lorsque les curéz etoient absents, malades, ou morts, les paroissiens manquoient de secours spirituel, demanda aux habitants de ce lieu s’ils consentiroient à l’etablissement d’une communauté de religieux, dont la principale charge seroit d’aller au secours des paroisses qui marqueroient avoir besoin de leur ministère, bien entendu qu’il en resteroit journellement un certain nombre pour secourir sa paroisse.

Leur consentement est du 7 avril 1619 et firent choix des religieux Minimes.

- Consentement de l’evesque diocezain du 30 janvier 1620.

Monseigneur de la Rochefoucauld evesque d’Angoulesme donna son approbation en datte du 30 janvier 1620, et notre entrée fut du 1er may 1620.

- Lettres patentes du Louis 13 du 10 janvier 1637, avec gratification de 1143# 4 s. 7d. pour elever l’eglise.

Nos lettres patentes sont de Louis 13 du 10 janvier 1637, par lesquelles sa majesté nous fait une gratification de la somme de 1143# pour nous aider à bastir notre eglise, la ditte somme provenant du droit parisin levé par les greffiers des chatellenies de Chateauneuf et Boutteville qui se trouvoient reünis au domaine de la couronne.

- Nom

Il est rare dans l’ordre des Minimes de distinguer chaque couvent par un nom particulier ny ayant ny prieuré ny abbaye qui donnent ordinairement occasion ou necessité de distinction.

- Ordre

L’ordre est de l’institution de St François de Paule, etablis en France sous les regnes de Loüis 11 et Charles huict.

- Le nombre des religieux est de trois depuis 4 ans avec un jardinier et un portier, autrefois 6 ou 7. Il faut entretenir un cheval pour assister les paroisses voisines.

Dans le commancement de l’etablissement, le nombre etoit de quatre et tant accause du grand nombre des habitans que des services quil faut rendre dans les paroisses de campagne on s’est veu jusqu’à six rarement sept par rapport au petit espace que nous occupons qui est fort resserré et tres mal basti, meritant mieux estre dit auspice composé de simples maisons qu’on a fermé et lié ensemble le mieux qu’on a pu. Presentement nous ne sommes que trois accause du derangement de nos biens, avec un jardinier et un portier qui repond aux messes, nous entretenons un cheval pour aller plus promptement en campagne à laquelle nous ne pouvons donner que peu de secours presentement.

- Resolution du P. Provincial de n’en mettre que 2 religieux.

Il y a quatre ans que le P. Provincial ne voulut mettre que deux religieux icy, mais on luy representa qu’un tombant malade, l’autre pouroit se trouver fort ambarassé pour plusieurs inconvenients.

- Les religieux de Châteauneuf ne possedent point de bien en fond de terre excepté ce qui suit.

Quoyque nous puissions posseder des biens en fond de terre, tout le pays sçait bien que nous nen possedons pas à l’exception de ce que l’on verra cy apres c’est pourquoy nous acheptons bled, vin, huille, poisson, bois, et tout autre denrées et notre maniere de vivre nous depence beaucoup plus que de vivre en gras et avec du beurre ou oeufs qui nous sont egalement deffendus.

- Pré : 7#

1° Un préz affermé 7# et qui ne rapportant pas d’herbe pour la somme, nous a esté exponcé depuis douze ans.

- Deux autres préz l’un affermé 10# l’autre 12#

2° deux autres préz l’un affermé 10# et l’autre 12#.

- Deux maisons l’une affermée 27# l’autre 20# après y avoir fait pour 260# de reparation.

3° une maison affermée 27# qui n’a ny cour ny cave ny jardin

4° une autre maison affermée autrefois 10# et presentement 20# apres y avoir fait depuis quatre ans pour 260# de reparation.

- 160# de rente dont nous jouissons – Charges.

5° il nous reste a peu près 160# de rente de differentes fondations ou epargnes qui n’ont pas estéz remboursées dont les charges compris.

Les charges des sommes remboursées montent à 280 basses messes et trente deux grandes à chanter.

- Retribution de messes journalieres à cinq sols.

La retribution des messes journalieres est comme en campagne à cinq sols, quelques unes à six sols.

- Remboursement presque total de nos rentes – 14000# dont 13370# sont en billets de banque.

Avant les billets de banque nous recevions annuellement de rente pres de cent pistolles qui provenoient de fondations ou epargnes ; nos rembourcements montent à quinze mille livres dont nous en avons employez plus de trois mille à payer nos debtes ou à achepter de quoy vivre quoyque ce fussent des fonds.

- Reduction à 4932# par un billet de liquidation.

Nous avons envoyé au visa pour douze mille trois cent soixante livres en billets de banque dont nous n’avons pû tirer qu’un billet de liquidation de quatre mille neuf cent trente deux livres que bous gardons jusqu’au temps present, la reduction est un peu forte, sans sçavoir ce que deviendra notre billet.

- Les habitans de Châteauneuf nourrissoient les religieux par jour journellement et se taxoient volontairement.

Il est à remarquer que pendant les premières années de notre etablissement chaque habitant aisé nous nourrissoit journellement et les fabriciens de la paroisse recevoient la taxe annuelle que chacun s’imposoit volontairement, pour estre employée à bastir peu à peu le couvent ou à vitrer et paver l’eglise. Après plusieurs années ils nous inviterent à nous presenter à chaque recolte de l’année, ce qui a duré jusqu’à 1698 que nous cessasmes parce que nous avions moyen de viver honnestement, et pour ne pas frustrer les pauvres ou d’autres religieux des villes voisines des aumosnes dont ils avoient plus besoin que nous et dont ils ont profité.

- Les habitans s’excusent de nous assister comme ils ont fait autrefois.

Presentement les affaires des particuliers sont si derangées que nous n’ozons nous y presenter accause des excuses que chacun se donne ; cela n’empesche point que nous ne leur vendions les services qu’ils attendent de notre ministere.

- Le couvent tombe presque en ruine par faute des moyens de le relever.

Le couvent menace ruine presque de tous costez n’etant que de maisons de simples particuliers que l’on a assemblez et liéz le mieux qu’on a pu. Il y a pres de six ans que nous ny avons fait aucune reparation, les vitres sont tombées ayant assez de peine pour vivre. Le poisson vaut douze sols la livre, touttes les denrees sont tres cheres, nous ne vendons rien et acheptons tout.

- Droits d’amortissements payé plusieurs fois pour le mesme sujet et pourquoy

De temps à autre depuis notre etablissement nous recevions des remboursements de fondation que nous etions obligez de placer par contrat de constitut ; c’est ce qui nous a esté rembourcé en billets de banque apres en avoir payé les droits d’amortissement ou autres comme nos quittances en font foy dont une est de 500# outre qu’on nous fit payer vers l’année 1708 et 1709 deux années du revenu de chaque contract de constitut, nayant pas eu le precaution d’y expliquer que l’argent provenoit des rembourcements de tels et tels.

C’est presentement un triste état pour des religieux etablis pour l’utilité publique et dont l’etat devroit estre la retraite que d’aller battre la campagne pour pouvoir vivre pour ainsi dire en languissant. Nous sommes tous prestres, un frere ne trouveroit pas de quoy se nourrir et s’entretenir, c’est pourquoy nous n’en avons pas.

- Estant seule communauté dans le pays, le nombre de six religieux conviendroit comme autrefois, étant obligéz d’assister les … la ville et la campagne.

Nous prions tres humblement de faire attention que nous sommes seuls religieux dans ce pays établis pour rendre service à la ville qui nous a appelé avec obligation d’assister les paroisses de la campagne qui manquent de secours spirituels, nous ne le pouvons plus faire, n’etant que trois, six religieux trouveroient de l’occupation comme ils ont fait autrefois, ordinairement entre plusieurs il s’en rencontre de malades, fatiguéz ou d’un aage trop avancé, ceux là sont pour faire leurs fonctions dans la maison.

Je soussigné correcteur du couvent des Minimes certifie que le present memoire doit estre cru veritable par les raisons alleguées et que nous sommes prets de prouver.

En foy de quoy j’ai signé ce 27 septembre 1723.

Fr. René Aimereau, correcteur.

Au couvent des Minimes de Châteauneuf.

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