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1756 - Histoire de l’Angoumois - par François Vigier de la Pile - Chap. 7

Paroisses de la châtellenie d’Angoulême

D 21 mai 2007     H 23:02     A Pierre     C 3 messages A 6803 LECTURES


§ I - ASNIÈRES


L’Histoire de l’Angoumois par François Vigier de la Pile
Publiée par J. H. Michon - Paris - 1846

Paroisse à deux lieues d’Angoulême. La cure est sous l’invocation de saint Martin, de l’archiprêtré de Saint-Genis, à la collation du chapitre d’Angoulême, qui a la justice haute, moyenne et basse, et les dîmes. Le curé est à la portion congrue. Cette paroisse et plusieurs autres, placées dans la châtellenie, avaient été distraites de la juridiction du juge-prévôt par des concessions particulières ou des donations faites par nos comtes. L’on a néanmoins continué de les laisser dans le rang de cette châtellenie, comme elles étaient auparavant, ce qui doit faire juger que la distribution des châtellenies que l’on suit pour l’élection est fort ancienne.

On trouve dans cette paroisse les fiefs de Nouhère et de Neuillac, situés sur la petite rivière de Nouhère ; ils sont considérables ; les maisons ont beaucoup d’apparence et sont fort logeables ; elles appartiennent aux sieurs Nadaud frères, dont j’ai parlé sur l’article de la maison de ville au mot Nadaud. Le nom d’Asnières, en latin Asneria ou Asinorum vicus, est très-commun et se trouve en plusieurs autres provinces. C’est un pays fort sec et qui produit peu de blé ; les vins y sont communs et fort estimés.

§ II - BALZAC


Petite paroisse sur la Charente, à une lieue et demie d’Angoulême. Les terres sont sablonneuses, produisent des seigles, des baillarges et autres menus grains, peu de froment, quelques vins ; il y a peu de bois. La cure est de l’archiprêtré d’Amberac ; le patron saint Martin. L’abbé de Saint-Amand y présente ; le curé a toutes les dîmes, à la réserve d’un quartier, nommé la Chapelle, qui dépend du prieur de Vindelle. La justice était autrefois de la prévôté ; elle en a été démembrée, lors des aliénations du domaine.

La maison du seigneur, située sur la Charente, est une des plus belles de la province. Elle a été bâtie par Guillaume Guez, trésorier de l’extraordinaire des guerres, au commencement du siècle passé. Ce nom a été rendu fameux dans la république des lettres par Jean Louis Guez, connu sous le nom de Balzac, dont il était seigneur. Voyez ce que j’en ai dit au mot Guez, au chapitre de la maison de ville.

Robert Bourée, secrétaire du roi et receveur des tailles de l’élection d’Angoulême, avait acquis Balzac peu de temps avant sa mort. Il avait fait sa fortune dans cette charge ; il était venu de Beauvais, capitale du Beauvoisis, d’une famille connue, puisque M. Simon, dans son supplément à l’histoire de Beauvoisis, fait mention de deux Bourée, l’un échevin en 1552, et l’autre élu en 1578.

La veuve de celui dont je parle, et son fils, aussi receveur, ont vendu nouvellement cette terre à un gentilhomme, sorti cadet du Limousin, à qui le séjour qu’il a fait dans l’Amérique a procuré une fortune considérable. Dans un plantier appelé de Bourguignone, situé proche le pont Suraud, est le tombeau appelé du Bourguignon, mis par Corlieu parmi les antiquités qui se voient autour d’Angoulême. C’est une grosse pierre, longue de sept pieds, de trois à quatre de large et autant de hauteur, élevée sur deux grosses pierres, à la hauteur d’environ six pieds. Elle est creuse comme les tombeaux anciens. Il y a une autre pierre, taillée en dos d’âne, mise dessus, qui la ferme juste. Il ne paraît point avoir jamais eu d’inscription ni d’armoiries ; il n’y a pas d’apparence qu’il y ait d’ossements dans cette cavité. On ne sait pas au vrai dans le pays ni le temps ni par qui il a été placé en ce lieu, ni d’où lui vient le nom qu’il porte ; on en raconte quelques faits qui ressentent trop la fable pour mériter d’être rapportés.

§ III. - BESSÉ


Est une petite paroisse à six grandes lieues d’Angoulême, du diocèse de Poitiers, archiprêtré de Bioussac ; les patrons saint Fabien et saint Sébastien ; la justice haute, moyenne et basse ; les dîmes et la majeure partie des rentes appartiennent à l’abbaye de Saint-Ausone. Elle ressortit par appel à Angoulême. L’abbesse nomme à la cure, qui est à la portion congrue. Le pays est fort maigre ; il y a peu de blés et quelques vignes ; le bourg est petit. Il y a une maison noble qui en porte le nom ; elle est composée de deux fiefs différents, qui appartiennent, depuis près de deux siècles, à la maison de Danché, dont le nom se trouve fini en la personne de Louis Danché, mort jeune, qui n’a laissé de son mariage avec Emerie de Voluire, que deux filles. Jeanne Danché, sa sœur, a été mariée avec Paul de Moneys, chevalier, seigneur d’Ordière.

§ IV. - BRIE


Etait autrefois une annexe de Champniers ; le curé qui vit actuellement est le troisième titulaire. Le sieur Roy, son antéprédécesseur, en obtint des provisions en cour de Rome, et se maintint dans le bénéfice. Le patron ..... est de l’archiprêtré d’Amberac a la nomination de l’évêque. Les dîmes sont unies à l’abbaye de Saint-Ausone.

La justice de cette paroisse a été démembrée de la prévôté. En sorte que le feu sieur Nesmond de Brie a prétendu avoir acquis la justice sur son fief.

Pierre Bareau, ci-devant procureur du roi au Présidial, a eu le domaine du roi et la justice sur son fief ; il l’a fait exercer. Quelques villages plaident cependant encore à la prévôté, réunie à présent à la sénéchaussée.

Le fief de Brie appartient à la succession de Martial de Nesmond, et à ses frères et à ses sœurs, les fiefs des Giraudières et de la Prévôterie appartiennent à M. le président de Girac, fils du sieur Bareau.

§ V - CHAMPNIERS


Grande paroisse, à une lieue d’Angoulême. La cure est de l’archiprêtré d’Amberac à la nomination de l’abbesse de Saint-Ausone. Elle en avait toutes les dîmes ; mais par un traité fait avec le curé, elle lui en a laissé un quartier, ce qui rend ce bénéfice considérable. La cure est d’une si grande étendue, qu’il faut deux ou trois vicaires. Le bourg est grand. Il y a une halle et des foires nouvellement établies. La justice étant autrefois de la prévôté ; elle en a été démembrée ainsi que plusieurs rentes et autres droits appartenant au roi, est à présent à François Arnaud, premier président du Présidial, seigneur de cette terre. Son château, nommé Le Breuil, est une des belles maisons de la province. Cette terre a été composée de plusieurs fiefs réunis ensemble, et se trouve aujourd’hui fort considérable. Elle a appartenu longtemps à des gentilshommes nommés Guy, connus sous le nom de Puyrobert. Cette famille ne subsiste que dans deux branches établies dans l’élection de Cognac.

Le fief de Puydenelle est encore considérable. Il a été acquis nouvellement par le seigneur du Breuil ; ce qui en augmente beaucoup les droits. Le fief a été possédé longtemps par une branche de la maison de Talleyrand, tombée dans une grande décadence et finie par des filles.

Celui de Denac est joli, il consiste principalement en droits seigneuriaux. Il appartient à l’hérédité du sieur de Denac, mort en 1736. C’était un ancien lieutenant-colonel qui avait servi avec honneur, et à qui le roi avait donné des pensions considérables. En lui est finie la branche aînée des Bareau.

Le fief de Fontenille appartient à Jean Robuste de Laubarrière, issu d’une famille noble, originaire de Normandie. Il est le cadet de la seconde branche qui subsiste en cette province. L’aîné de la même branche est dans le Laudunois, et celui de la branche aînée à Carentan, généralité de Caen, en Basse-Normandie.

Thomas Robuste, leur bisaïeul, fils de Gilles Robuste, écuyer, et de Marguerite Duval, était un savant qui quitta son pays de Normandie et se maria en Àugoumois, en 1606, avec Marie Genude ; ils eurent Philippe et Nicolas.

Philippe, sieur de Cheneusac, épousa Marguerite Loiseau ; ils en ont deux garçons et une fille. L’aîné fut François Clément, connu sous le nom du brave Cheneusac, parce qu’il avait donné des marques de sa bravoure en différentes occasions. Il fut capitaine, dans les régiments de la Serre et de la Couronne, et mourut de ses anciennes blessures, sans laisser d’enfants de Jeanne Régnier, son épouse.
Le cadet, François-Philippe, nommé le chevalier de Cheneusac, épousa Françoise de Chaumontel à Carentan, où il a laissé un fils nommé Michel, aîné de la famille.

La fille, nommée Marie, épousa, en premières noces, Jacques de Cronembourg, marquis de Saint-Achou, et, en secondes, Louis, comte de Grailly. Elle est morte sans enfants de ces deux mariages. C’était une dame très-bien faite et d’une grande beauté. Elle mourut âgée de 82 ans.

Nicolas, fils puîné de Thomas Robuste et de Marguerite Guindé, épousa Françoise Juilhard, dont il eut Joseph Olivier, sieur du Petit Tomire, et Jean, sieur des Moulins. Celui-ci a eu Jean qui demeure dans la paroisse de l’Houmeau, et autre Jean, sieur de Laubarrière, qui a donné lieu à cet article.

Joseph Olivier, pendant les guerres civiles sous Louis XIV, soutint avec une fidélité inviolable le parti du roi. Il reçut, dans une occasion, au genou gauche, une blessure qui le réduisit, sans perdre la jambe, à porter néanmoins, toute sa vie, une jambe de bois. Il s’adonna à la jurisprudence, fut un avocat de réputation, et s’appliqua surtout à apaiser les différends entre la noblesse, dont il s’était attiré la confiance. Il eut sur ses vieux jours la lieutenance du roi des ville et château de Loudun, et mourut âgé de plus de quatre-vingt-onze ans. Il laissa, de son mariage avec Françoise Autlier, trois filles et deux garçons, savoir François et François-Joseph. Ce dernier est prieur de La Tache, paroisse de Cellefroin, docteur de la Maison et Société de Sorbonne ; il a été censeur royal des livres, député à l’assemblée générale du clergé de France, en 1726, nommé, en 1728, évêque suffragant de Reims, sacré en Sorbonne évêque de Nitrie, le 21 août 1729.

François, seigneur de Fradilly et de la Moutalerie, en Lodunois, a épousé Elisabeth Bignon, dont il a eu Joseph Olivier, François-Jérôme, capitaine à Saint-Domingue, chevalier de Saint-Louis, marié avec Rose de Villaroche ; François-Jérôme, nommé le chevalier de Fredilly, enseigne de vaisseau, péri sur mer ; Etienne-Jérôme et Jean-Jérôme, appelé le chevalier Robuste, enseigne de vaisseau.

Les armes des Robuste sont : de gueules à deux lions d’or, affrontés en chef, et un rocher de même en pointe, avec cette devise : Arduis superiores.

Fontenille appartient à Annet de Chilloux ; c’est l’ancien patrimoine de cette famille.

§ VI. - CLAIX


Paroisse à deux lieues d’Angoulême, de l’archiprêtré de Jurignac, à la collation de l’évêque ; pays fort maigre, beaucoup de rochers, de bruyères, de bois, quelques blés et peu de vin.

Cette terre a été longtemps dans la maison de La Laurentie, ensuite à Antoine Boisson, procureur du roi, qui l’a laissée à sa fille aînée, mariée à N... Galard de Blanzaguet, qui l’a vendue au sieur de Puygombert. La terre de Claix est en justice haute, moyenne et basse, avec les droits seigneuriaux dans cette paroisse et dans partie de celle de Plassac ; elle ressortit par appel à Blanzac. Le château est une petite forteresse sur une croupe de montagne, dans un lieu fort désert.

C’est dans ce lieu que Calvin, s’étant réfugié dans la maison de Louis Du Tillet, qui en était curé, quoiqu’il fût archidiacre d’Angoulême, et non pas chanoine, comme quelques-uns l’ont dit, composa la plus grande partie de son livre intitulé : Institution de la religion chrétienne.

Le sieur Hastenait de Puygombert a laissé plusieurs enfants de deux mariages. Du bien qu’il a gagné dans les forges, et par son activité, ses ancêtres ont possédé très-longtemps Planchemeunier. Il prouve sa noblesse depuis plus de deux siècles.

§ VII. - COULGENS


Paroisse de l’archiprêtré de Jaudes ; le patron, saint Jean-Baptiste. La cure est à la présentation du chapitre de Saint-Pierre d’Angoulême, qui a les dîmes, et le curé a la portion congrue.

La haute justice, dans une partie, avec ce qui était du domaine du roi, a été aliénée ; Jean Bordage, conseiller au Présidial, s’en est rendu adjudicataire.

Il y a une enclave, nommée de Sigogne, qui est de l’élection de Cognac, et de la juridiction de Montignac. Elle est plus considérable que le bourg et le surplus de la paroisse, qui sont de l’élection d’Angoulême.

Le pays, sec et maigre, manque souvent d’eau. Il n’y a point de fontaines ; la rivière de Tardoire y tarit presque tous les étés et une grande partie de l’année. Il y a peu de prés et de bois.

Le fief le plus considérable est celui de Sigogne, auquel sont réunis ceux de la Marche, de Rougnac et de Savignac, qui furent acquis de Jean Tison par François de Vignaud et Louise de Guitard, sa femme, en 1670, et saisis réellement l’année suivante. Ils ont été vendus par Louise de Guitard, dame de Vaucarte et ses enfants audit sieur Bordage, par contrat du 15 janvier 1717, homologué par sentence de la sénéchaussée.

Il y a dans le bourg un autre fief possédé par Roch du Rousseau, connu sous le nom du sieur de Coulgens, sur la noblesse duquel je n’ai pu avoir de mémoires jusqu’à présent.

Il y a aussi d’autres biens nobles, possédés par différents particuliers, qui appartenaient autrefois aux Vigier de Coulgens.

§ - VIII. - DOUZAC


Paroisse à deux lieues d’Angoulême, de l’archiprêtré de Saint-Genis, sous le patronage de l’Assomption de Notre-Dame, et à la collation de l’evêque. Le curé a toutes les dîmes ; la justice est de la prévôté, réunie à présent au sénéchal.

Le fief de Fonteuvon, dont la maison est située dans Saint-Amand-de-Noire s’étend beaucoup sur cette paroisse. C’est une belle maison avec de beaux jardins et des prés considérables. Elle est dans la maison des Gandilliaud depuis près de deux siècles.

Il y a un autre fief dans le bourg, qui a été possédé longtemps par d’anciens gentilshommes, nommés Desroches, connus sous le nom de Douzac.

La petite forêt de Marange, appartenant au roi, est dans cette paroisse.

§ IX. - ÉBRÉON


Paroisse de cent soixante feux, à six lieues d’Angoulême, du diocèse de Poitiers. Saint Jacques en est le patron. Le curé en a les dîmes ; le Bénéfice vaut environ 800 livres. La justice en a été aliénée et acquise par Louis Corgnol, écuyer, sieur de Tessé.

§ X. - FLEAC


Paroisse à une lieue d’Angoulême, de l’archiprêtré de Saint-Genis, à la nomination du doyen du chapitre, qui a une partie des dîmes, l’autre partie est à l’abbaye de Saint-Ausone, et le curé a un certain gros en grain, un tiers du vin, et les menues dîmes. Le patron est l’Assomption ; la justice est du chapitre.

Le principal fief est le Lugeat, qui appartient à Philippe Thevet. Ce nom est connu par André Thevet, cosmographe de plusieurs de nos rois, qui a fait beaucoup d’ouvrages estimés des savants.

Sainte-Barbe est une chapelle bâtie sur le chemin et sur la hauteur ; on y dit la messe le jour de la fête de cette sainte. L’on y vient en procession, dans les grandes sécheresses, pour demander de la pluie.

Le fief de la Vergne appartient au sieur Dubois.

Celui du Tranchard est possédé par Jean-François Guitton, connu sous le nom du chevalier du Tranchard, fils puîné du sieur Guitton.

§ XI - GARAT


Est un archiprêtré qui comprend les cures de Mornac, de Dirac, de Sers, de Touvre, de Dignac, de Villars, de Beaulieu, de Cloulas, de Bouex, de Soyaux, l’île d’Espagnac, Maignac et Ruelle. Le patron est saint Pierre ès-liens. Ce bénéfice est à la collation de l’évêque et vaut 2,000 livres de revenu.

Cette paroisse est d’une grande étendue, parce qu’on y a joint Sainte-Catherine-de-la-Doux, qui était autrefois une paroisse que la plupart des habitants quittèrent dans les temps des guerres civiles. On a continué cependant à y faire le service les dimanches et fêtes pendant longtemps ; on y a même exercé les fonctions curiales jusqu’en l’année 1667. Il y avait des fonts baptismaux, un cimetière, et une maison presbytérale ; mais à présent on y dit la messe seulement les quatre fêtes annuelles, le jour de sainte Catherine et de saint Jean-Baptiste.

Il y a une chapelle de Saint-Roch, bâtie dans le milieu du grand chemin, avec grande dévotion le jour de la fête de ce saint.

Il y avait autrefois dans le village de la Greuse, composé de dix à douze feux, un monastère de religieux bénédictins ; il n’en reste plus que le nom d’abbaye de la Greuse, dont les revenus appartiennent, dans un certain détroit, à l’abbaye de Saint-Cybard, dans un autre à celle de Grosbost, et dans un troisième au seigneur de la Tranchade. Quand j’ai mis dans l’état des juridictions d’Angoumois, page 536 de la Coutume, que la justice moyenne et basse de la Greuse ressortit à Marthon, j’ai été trompé par les mémoires qui m’ont été fournis, et qui s’étaient conformés à la prétention du seigneur de Marthon, et à l’ancien usage. Cette justice a été perdue par les religieux de Saint-Cybard, qui ont cessé de la faire exercer depuis un temps immémorial ; elle est prétendue par le seigneur de la Tranchade, comme ayant acquis toute la justice du roi dans l’étendue de cette paroisse, en 1605. Elle lui est contestée par le seigneur de Bouex, qui prétend la tenir des seigneurs de Marthon, ce qui fait la matière d’un procès pendant au Parlement.

Le fief de la Tranchade est fort ancien et considérable. Son château était autrefois une forteresse servant de retraite dans les dernières guerres civiles. Il comprenait originairement toute la paroisse de Sainte-Catherine, et partie de celle de Garat, avec toute juridiction. Il relève de l’évêché. Son ancien nom était Monestherou. Il n’est plus connu que sous celui de la Tranchade. Il était possédé dès le XIVe siècle par des de Pressac. Après avoir passé en plusieurs mains et par celles des de Nesmond, il est tombé dans la famille des Normand, et appartient à présent à François Normand, connu sous le nom de Garat. Voyez ce que j’ai dit de cette maison sous le mot Normand, chapitre de la maison de ville.

Les autres fiefs sont Villars, Chémant et les Bournis, qui appartiennent, savoir : Villars au sieur Dusouchet, les Bournis aux héritiers du sieur Birot. Celui de Chémant a été nouvellement vendu au sieur Dubois, issu de cette ville, qui a fait à Paris une fortune qu’il a voulu réaliser.

§ XII HlERSAC


Paroisse à deux lieues d’Angoulême. La cure est à la collation de l’évêque, sous le patronage de saint Thomas, de l’archiprêtré de Rouillac ; les dîmes appartiennent au chapitre. La justice et les droits seigneuriaux sont à l’abbaye de la Couronne. Le curé est à portion congrue ; il n’y a qu’un petit village, nommé Marange, qui dépend du bourg.

La Filière est un fief qui a été anobli par l’acquisition faite du fief de Borbudaux, dont ce bien dépendait. La maison, située dans un village de ce nom, partie dans Hiersac et partie dans Champmilon, est entièrement ruinée. La Filière relève du château du Fa, autrement Saint-Hermine. Il appartient à Alain de Nogerée, lieutenant des vaisseaux du roi.

C’est un pays de vignobles ; il y a peu de blé, peu d’eau et de pacages.

Juillé de Villesorbier est une paroisse de cent cinquante feux ou environ, à cinq lieues d’Angoulême ; le patron, la décollation de saint Jean ; est du diocèse de Poitiers et de l’archiprêtré de Bioussac. C’est un prieuré uni à l’abbaye du Valon, en Normandie, qui a presque toutes les rentes et partie des agriers ; l’autre partie des droits seigneuriaux appartient à l’abbaye de Grosbost, ce qui s’afferme 500 livres et les droits du prieur 1,700 livres, sur quoi il paie au curé 560 livres, en sorte qu’avec les novales il peut avoir environ 500 livres de revenu.

Le prieur de Juillé prend aussi les deux tiers des dîmes dans la paroisse de Fontenille ; il n’a point de maison. La justice est aliénée du domaine du roi, et acquise par M. Deschoisy. [Echoisy]

Villesorbier, et par corruption Villesoubie, est un petit village de la paroisse de Juillé, compris aux impositions sur le même rôle. Les religieuses de Tusson y ont quelques rentes, et la justice basse, qui s’exerce rarement, ressortit par appel à Ruffec, à qui la moyenne et haute justice appartient dans le même territoire.

Il n’y a pas d’autre fief que celui du Châtelux, relevant de l’abbé de Nanteuil. Il appartient à François de Giboust, écuyer. Ce fief est ancien ; il a été possédé d’abord par les d’Aloue, qui en ont fait bâtir l’hôtel avec droit de forteresse. Il est porté en cette qualité dans les dénombrements rendus à l’abbé de Nanteuil, de qui il relève.

Jeanne de Montalembert, veuve de Louis d’Aloue, ayant perdu ses titres pour établir l’ancienne possession des seigneurs du Châtelux des droits honorifiques dans l’église de Juillé obtint d’Henri II des lettres patentes du mois de janvier 1554, confirmatives de ce droit, qui furent enregistrées en la sénéchaussée d’Angoulême, au mois de mars suivant. Je les ai vues en bonne et due forme. Ce fief a passé, à titre successif, à Antoinette de Lausme, petite-fille de ladite Jeanne de Montalembert, qui le porta à Antoine de Giboust, son mari. Cette famille de Giboust est originaire de Picardie. Il paraît, par un partage du 10 juillet 1524, passé dans la ville de Noyon, que Pierre de Giboust, écuyer, sieur de Lessart, partagea comme fils aîné et principal héritier de Geoffroy de Giboust, écuyer, et de damoiselle Baluery.

Pierre de Giboust, premier du nom, eut pour fils Guillaume de Giboust, écuyer, sieur de Molincourt-Lemeubre, qui épousa Geneviève Gally, le 22 avril 1557.

Ils eurent de leur mariage Pierre de Giboust, écuyer, deuxième du nom, qui épousa Marie Alpin ; ils laissèrent trois enfants ; l’aîné est resté en Picardie, et y a fait une branche.

Antoine de Giboust, écuyer, sieur de Molincourt, un des puînés, se maria à Fontenay-le-Comte, avec Antoinette de Lausme. Il était alors lieutenant commandant la ville et château dudit Fontenay, pour le service du roi. Son contrat de mariage est du 7 mai 1630. Il rendit de si bons services à Louis XIII, dans différents emplois qu’il eut en Poitou, qu’il l’honora du collier de l’ordre de Saint-Michel.

Il laissa Michel de Giboust, écuyer, seigneur du Châtelux, qui épousa Elisabeth de Pindray, par contrat du 29 avril 1656. Il fut maintenu dans sa noblesse par arrêt contradictoire du conseil du 9 juillet 1667.

Ils ont laissé François de Giboust, écuyer, seigneur du Châtelux, qui épousa Marie Marsaude, suivant leur contrat du 15 septembre 1688, passé à Brioude en Poitou ; ils ont eu plusieurs enfants, savoir :

- François de Giboust, deuxième du nom, écuyer, sieur du Châtelux,leur fils aîné, marié avec Eléonore Silénie Terrasson, fille d’Achille Terrasson, seigneur de Verneuil et d’Hippolyte Laubert.

- Robert de Giboust, écuyer, lieutenant de la Grande-vénerie, connu sous le nom du Châtelux.

- Jean de Giboust, écuyer, lieutenant dans le régiment royal de la marine.

- Michel de Giboust, chanoine régulier de l’ordre de Sainte-Geneviève.

- Etienne et Jean de Giboust, religieux de l’ordre de Grammont.

Les armes des Giboust sont : d’azur à la croix d’or, chargée en pal d’une molette de gueules, cantonnée de quatre autres molettes d’or, avec un collier de l’ordre de Saint-Michel.

Le bien de Becoiseau, quoique roturier, est considérable ; il appartient à Marie Eugaigne, épouse en secondes noces d’Armand du Lau, cadet de la maison du Lau.

XIII. - LA COURONNE


Est un bourg à une petite lieue d’Angoulême, où il y a une abbaye de chanoines réguliers de la congrégation de France. L’église est très-vaste et une des plus belles de ces provinces. Il y a un autel où le service se fait très-bien, quoiqu’il n’y ait ordinairement que dix ou douze religieux. Cette église est sous l’invocation de Notre-Dame. L’église paroissiale a pour patron saint Jean-Baptiste de La Palu, ainsi appelé Joannes de Paludibus, parce que c’était autrefois un pays de marais. Elle est unie, à l’abbaye et desservie par un religieux. L’abbaye est possédée en commande par Louis-Jacques Chapt de Rastignac, archevêque de Tours. Elle avait été unie au collège de Clermont, de Paris, en faveur des Jésuites, qui l’ont gardée quelque temps et ont cessé de la posséder. Les revenus de l’abbé ne montaient, il y a cinquante ans, qu’à 3,000 livres ; ils vont, à présent, à près de 5,000 livres, sur quoi il y a des charges à payer.

Les premiers fondements de cette abbaye furent jetés, l’an 1118, par le curé de la paroisse, nommé Lambert, qui rassembla quelques ecclésiastiques ; cherchant une plus grande perfection, il fit vœu de vivre avec eux dans la retraite. Il bâtit, par les aumônes du peuple, les commencements de ce monastère et de l’église, qui s’est ensuite fort augmentée par les bienfaits de nos comtes ; elle est devenue très-célèbre. Ce Lambert fut ensuite évêque.

Il y a cinq anciennes foires fort fréquentées, qui sont : le lendemain des fêtes de Pâques ; le 11 mai ; le lendemain de la saint Jean, le lendemain de la saint Martin, et le lendemain des fêtes de Noël. On en a établi quelques autres nouvellement, qui n’ont pas de cours. Ce lieu est principalement célèbre par la fabrique des papiers qui y sont fort renommés. Il y a cinq moulins sur la petite rivière nommée La Charrau, et sept, sur la Bohême. Four et moulin banaux, justice haute, moyenne et basse, dont les appels sont portés à Angoulême.

Le fief de l’Oisellerie est le plus considérable. Il y a entre autres une maison fort belle, et des bois de grande étendue ; elle appartient aux enfants de François Maulde, conseiller au Présidial.

§ XIV. LA ROCHANDRY


Château ancien au-dessous duquel est un petit village du même nom ; la paroisse se nomme Moutiers ; c’était autrefois un monastère de religieux, quoiqu’il n’en paraisse aucun vestige. C’est à présent un prieuré sous le nom de Saint-Hilaire de Moutiers, à la présentation de l’abbé de Saint-Martial de Limoges. La cure est de l’archiprêtré de Perignac et à la présentation du même abbé de Saint-Martial. Le prieur et le curé partagent les dîmes par moitié, et chacun afferme sa portion 900 livres. Cette église est vaste et paraît ancienne ; l’église paroissiale était autrefois dans un gros village appelé Gersac ; les murs en subsistent encore, mais la couverture est entièrement ruinée.

Cette terre, en titre de baronnie, est une des vieilles roches d’Angoumois ; elle relève de la baronnie de la Pesne unie à l’évêché. Elle s’étend dans toute la paroisse de Moutiers, dans partie de celles de Voulgezac et de Voeuil. Les appels du juge ressortissent à Saint-Jean d’Angely, et de là au Parlement de Bordeaux, en sorte que ce territoire, situé à deux lieues d’Angoulême, suit le droit et la coutume de Saint-Jean. Il arriva dans le IXe siècle, qu’un comte de Saintonge, nommé Candericus, eut à combattre avec Emenon, comte d’Angoulême ; Candericus se saisit du rocher où est bâti le château de la Rochandry ; il en fit un petit fort, et y donna son nom, c’est de là qu’elle fut nommée Rupes Canderici, en français la Rochandry, et qu’elle a été conservée au comté de Saintonge, et réputée en faire partie depuis ce temps-là, quoiqu’elle fût auparavant du diocèse d’Angoulême, à quoi il n’a été rien changé. Le prieur y fait dire la messe, les fêtes et dimanches ; il y a quatre foires dont deux se tiennent à la Rochandry, et les deux autres à Moutiers.

Cette terre appartient à la succession d’Etienne Cherade, mort secrétaire du roi, et lieutenant-général d’Angoumois.

Il y a sous la maison de Forges, une fontaine magnifique par l’abondance de ses eaux, qui forme un espèce de gouffre ; on voit l’eau rejaillir sous la terre, elle fait moudre un moulin dès sa source en se jetant ensuite dans le petit ruisseau, (nommé la Bohême) qui vient de Nanteuillet, elle le grossit considérablement.

Il y a dans l’un et l’autre de ces ruisseaux des brochets et quelques truites d’une grande bonté.

Ce pays est fort maigre, entrecoupé de rochers et de vallons, mêlé de bois et de lieux stériles et incultes ; ce qui y croît est de bonne qualité.

La terre vaut entre 4 à 5,000 liv. en beaux droits.

§ XV - LA ROCHETTE


Est sur la Tardoire à trois lieues d’Angoulême, en assez bons fonds. Les landes et le mauvais pays, en venant du côté de Saint-Claud, finissent à cette paroisse, qui est de l’archiprêtré de Jaudes, son patron est Saint-Sébastien, à la collation de l’évêque, le curé n’a que moitié des dîmes ; l’autre moitié est au chapitre de La Rochefoucault, en vertu d’un ancien partage, en conséquence duquel chaque décimateur a son quartier. Le revenu du curé vaut environ 500 liv., il n’a que quatre cents communiants tout au plus. L’église est jolie et assez bien ornée, c’est un pays de blé ; les vignes, quoiqu’en petite quantité, sont surtout dans le quartier du chapitre de La Rochefoucault, la forêt occupe une partie de cette paroisse. Il s’y trouve une grande étendue d’un terrain aride et vague, nommé les chaumes de La Rochette, où il n’y a ni arbres ni buissons ; c’est une pelouse très-rase, qui pourrait produire du vin et du grain si elle était mise en culture, et qu’il plût au roi d’en faire des baillettes sous quelques redevances modiques. La justice est de la prévôté d’Angoulême réunie à la sénéchaussée.

Le fief de La Rochette n’a qu’une partie des droits seigneuriaux de la paroisse, le surplus en a été démembré ; ce qui reste avec la maison et le domaine forme encore un fonds considérable ; la maison est logeable, assortie de jardins, de beaux prés, de garennes et de bois d’une grande étendue.

Ce fief a été possédé très-longtemps par une branche des anciens Tisons, qui portaient le nom de cette paroisse ; une fille, s’en étant trouvée seule propriétaire, épousa un Frotier qui joignit son nom à celui de son épouse.

Le dernier possesseur s’est trouvé sans enfants, sa terre saisie réellement et ses dettes montant à 60,000 liv., il l’a cédée pour 40,000liv. à Alexandre de Paris ; il a obtenu par ce moyen un tiers de remise de ses créanciers qui ont évité la perte que leur auraient causée les frais d’un décret et les longueurs pour y parvenir.

Le chevalier de la Rochette, frère du défunt, seigneur de La Rochette, a formé une autre branche dont il reste un garçon.

§ XVI - L’HOUMEAU


Faubourg d’Angoulême qui s’est fort augmenté depuis environ un siècle ; l’église est de Saint-Jacques de l’Houmeau, archiprêtré de Saint-Jean, à la nomination du Chapitre.

La plus grande partie de cette paroisse est de la banlieue et jouit des mêmes franchises et privilèges que la ville. Le surplus est dans le tâillable. La ville jouissait seule autrefois du droit de débiter le sel ; ce principal commerce se faisait dans Saint-Martial. Ce privilège était exclusif jusqu’à deux lieues aux environs. Sur les représentations faites par les marchands que le lieu de l’Houmeau est le plus commode pour le commerce, ils ont obtenu la liberté de l’y faire, ce qui a donné lieu aux nouveaux, établissements qui s’y sont formés depuis environ un siècle et se sont fort ralentis par les difficultés qui se rencontrent aujourd’hui dans le commerce.

La justice est en partie de la prévôté ; le surplus a été aliéné et acquis avec des droits seigneuriaux par le seigneur de Landouillette, qu’il a joint au fief du Gond, qu’il avait acquis pour lui servir d’entrepôt pour des canons, bombes et autres ouvrages.

Il avait fait une grande fortune par son habi¬leté dans les forges. Il ne lui est resté que deux filles : Marthe Ambroise, mariée à Jacques-Joseph de Boixe, chevalier, seigneur de la Bachelerie, qui a laissé des enfants, et à qui le fief du Gond appartient.

Marguerite de Landouillette, demoiselle de Logivière, encore fille, qui demeure à Paris.

§ XVII. - L’ILE D’ESPAGNAC


La cure dépend de l’archiprêtré de Garat, a pour patron saint Michel, est à la présentation du chapitre d’Angoulême, qui a toutes les grosses dîmes, plusieurs droits seigneuriaux et justice exercée dans ce qui est de sa direction. Le surplus de la paroisse plaide à la prévôté aussi bien que le village de Chaumontet et ses dépendances, qui sont dans la mouvance de la commanderie du Temple, qui dépend du grand prieur d’Aquitaine, ordre de Malte. Il a cessé d’y faire exercer depuis longtemps la justice, ce qui a donné lieu à ses juridicts de se pourvoir devant le juge prévôt.

Cette petite paroisse est située à une lieue d’Angoulême, dans un pays fort maigre. Le fief d’Espagnac, relevant de l’évêché, est considérable : il s’étend sur la partie du bourg où l’église est située.

Il y a un autre fief, nommé de la Font, possédé par le même, qui est mouvant du chapitre. Ces fiefs sont entrés dans la maison de la Forestie par Madeleine du Souchet, héritière de la branche aînée de la famille des du Souchet. Elle les apporta, en 1667, à Jean Léonard de la Forestie, son mari. Voici ce que nous avons pu recueillir de cette maison, sur les titres qui nous ont été représentés.

La Forestie était un château proche de Brive, en Bas-Limousin, qui a été enclos dans cette ville lorsqu’on en a augmenté l’enceinte, soit que les propriétaires lui eussent donné leur nom, ou qu’ils l’eussent pris de ce lieu ; cette famille prouve sa noblesse depuis plus de deux siècles.

Le premier était François de la Forestie qui se qualifiait écuyer.

Son fils, Jean, sieur de la Porcherie, fut marié, en 1542, avec Antoinette de Juyé.

L’année suivante, un de Juyé, seigneur de Cellai, élection de Brive, donna sa fille en mariage à Libéral de la Forestie, frère de Jean, l’institua son héritier, à la charge de porter le nom de Juyé, ce qui a été exécuté depuis.

Les enfants de Jean et d’Antoine de Juyé ont été :

- 1° Jean II, sieur des Aubards, qui épousa Jeanne de Verlhiac ;

- 2° Libéral de la Porcherie, qui se maria d’abord avec Marguerite de Bouzigne, qui avait des biens venus de sa mère, dans le comté d’Avignon, qui appartinrent à son mari, après son décès arrivé sans enfants. Il s’engagea au service du pape, puisque dans un acte de 1594 il est qualifié chevalier de notre saint père le pape. Il se maria, en secondes noces, avec Marguerite des Achards de Valaubre.

- 3° Antoine de la Forestie, abbé de Miseray ;

- 4° Léonard, chanoine d’Angoulême.

- 5° Sébastien, abbé de Beaulieu, aumônier de la reine. Il fut nommé à l’évêché de Lodève, mais il n’en prit point possession ; le roi y pourvut de son consentement son neveu, sous réserve d’une pension de 2,000 livres.

De Jean II et de Jeanne de Verlhiac est venu Jean III, seigneur de Valette et du Châtain, marié en 1624 avec Jeanne de Plas.

Léonard de la Forestie, leur fils, épousa en 1667 Madeleine du Souchet, comme on l’a dit, et s’est établi dans cette paroisse.

Il en est venu Léonard II, connu sous le nom de la Forestie, qui a épousé Marie-Rose Aymard, actuellement vivant.

Pierre Paul, leur aîné, sieur de Lille, a épousé Léonarde de Pindray ; les autres enfants sont des filles. Ceux de cette branche ont eu quelques emplois militaires, comme une compagnie de cent hommes des gens de guerre à pied français, en 1635, et depuis des compagnies d’infanterie.

De Libéral de la Forestie et de Marguerite des Achards de Valaubre est venu : Jean Libéral, surnommé le baron de la Forestie, qui a été maréchal des camps et armées du roi.

Le fief de Boismenu est de la même paroisse. Il est joli par ses bois et par ses beaux jardins ; il appartient à Etienne-Adrien Cherade, lieutenant général d’Angoulême.

§ XVIII. - MAGNAC-SUR-TOUVRE


Paroisse à une lieue d’Angoulême et de l’archiprêtré de Garat, patron saint Cybard, à la collation de l’évêché. La justice, qui était de la prévôté avec plusieurs autres droits, en fut acquise lors de l’aliénation du domaine du roi et réunie au fief de Maumont. Il a passé dans la maison de François de la Rochefoucauld, second fils de Louis de la Rochefoucauld, seigneur de Bayers et d’Angélique Gelier, par son contrat de mariage du 22 mai 1603, avec Bertrande des Ages, fille de François des Ages, seigneur de ce fief ; c’est ce qui a formé la branche de Maumont et de Magnac, sortie de la maison de la Rochefoucauld de Bayers. Elle se trouve aujourd’hui renfermée en deux frères, enfants de François-Joseph de la Rochefoucauld, troisième du nom, et dame Thomas, fille de Jean Thomas, écuyer, seigneur des Bretonnières, conseiller au présidial d’Angoulême.

Jean de la Rochefoucauld, seigneur de Maumont ; l’aîné est chevalier des ordres militaires de Notre-Dame de Montcarmel et de Saint-Lazare. Il a épousé Marie-Marguerite des Escaud, fille du sieur du Vivier et de Charlotte de la Place, dont il a plusieurs enfants.

François-Victorin de la Rochefoucauld, seigneur des Bretonnières, connu sous le nom de Magnac, a épousé N.... Biroteau de Marillac.

§ XIX.- MONGOMMARD


N’est qu’un village ou enclave de la paroisse de Bunzac, châtellenie de la Rochefoucauld ; comme il dépendait de la prévôté, et que le surplus delà paroisse est d’une juridiction différente, on l’a placé dans la châtellenie d’Angoulême ; la justice en a été aliénée avec les autres droits appartenant au roi. Le seigneur de Mongommard est l’aîné de la famille des Thomas et n’a qu’une fille.

§ XX. - MORNAC


Paroisse à deux lieues d’Angoulême. La cure a saint Martin pour patron et est à la collation de l’évêque. La justice et les rentes en ont été aliénés et appartiennent aux sieurs Birot de Ruelle et le Roi de Saint-Georges, à cause des dames de la Charlonnie du Mayne-Gaynaud, leurs épouses, qui nomment conjointement les officiers de justice.

Louis Lhuilier, écuyer, sieur de Bellefosse, demeure dans cette paroisse ; il a épousé Antoinette Dumas dont il a plusieurs enfants.

François-Antoine Lhuilier, son frère puîné, a épousé N... Dumas ; leurs femmes sont sœurs.

Le père des sieurs Lhuilier s’était établi dans cette ville après avoir travaillé dans les affaires du roi. Cette paroisse a inquiété le sieur Lhuilier sur la noblesse dans laquelle il a été maintenu, par arrêt de la cour des aides contre les habitants.

§ XXI. - NERSAC


Paroisse sur la Charente, à deux lieues d’Angoulême (de l’archiprêtré de Saint-Jean). Le patron est saint Pierre-ès-Liens. Présentation de l’abbé de Saint-Cybard, qui y a les droits seigneuriaux et la justice. Le bourg est assez gros ; il se fabrique dans le bourg de grosses étoffes et quelques papiers.

Le fief de la Foucaudie a sa maison tout près du bourg et de l’église. Il appartient à François de Lubersac dont les ancêtres ont possédé les fiefs de Fayolle et de la Chandellerie et sont sortis cadets, il y a près de 250 ans de la maison de Lubersac, élection de Brives, dont le château se nomme le Verdier. C’est une terre considérable qui a passé par succession dans la maison de Chasseneuil et a été vendue au sieur de la Combe, receveur des tailles à Tulle. Le sieur de Lubersac a deux filles, dont l’aînée a épousé le sieur Martin de Bourgon.

La Mothe-Charente est un fief considérable dont la maison est située sur la rivière de Charente.

Suzanne de Gentils de Langalerie, demeurant à Paris,vient de le vendre à M. Inaud.

Boisbedeuil est aussi un joli fief bien situé sur le même côté que la Mothe-Charente.

§ XXII. - PUYMOYEN


Cure de l’archiprêtré de Perignac, à une petite lieue d’Angoulême. Saint Vincent est le patron, à la nomination du chapitre d’Angoulême ; il y a la justice, la majeure partie des droits seigneuriaux et toutes les dîmes. Le curé est à portion congrue et jouit de la dîme des agneaux et des novales.

§ XXIII. - ROULLET ET ROCHERAUD


Roullet est une paroisse à deux lieues d’Angoulême, dans un pays sec et maigre. La cure est de l’archiprêtré de Jurignac, à la nomination de l’archidiacre ; le patron est saint Cybard. Il y a une chapelle de Notre-Dame-de-Pitié à la présentation des Guillemeteau.

Rocheraud était un ancien château sur une éminence, dont il ne reste plus qu’un vieux mur et quelques vestiges. C’était une des quatre roches d’Angoumois dont il dépendait quantité de rentes et d’autres droits seigneuriaux, qui ont été la plupart démembrés. La maison seigneuriale, bâtie à la moderne, est à présent proche du bourg. Cette terre a justice haute, moyenne et basse, ressortissant à Angoulême. Elle appartient aux enfants de Rose Boisson, femme de Jacques Goulard, nommé le marquis de Vervant ; il a été capitaine de cavalerie et s’est retiré en Saintonge en sa terre de la Hoguette.

La maison de Goulard est une noblesse très-ancienne et distinguée ; il en est parlé dans les Annales de Bellefores et dans les histoires de Duplex et de Mezeray ; elle a subsisté fort longtemps en cette province, dans les barons de Touverac, dans ceux de la Faie, dans les seigneurs de la Ferté-Goulard. Elle se trouve à la veille d’être restreinte dans les descendants du seigneur de Vervant. Le seigneur d’Anville, son cadet et lui, ont eu procès au parlement de Bordeaux avec M. Béchon, président en la cour des aides de Guyenne, qui leur fit un incident sur une taxe de dépens qu’on leur avait adjugés comme à des nobles de distinction, d’autant que le parlement de Bordeaux fait de la différence entre les nobles ; et sur l’appel, les sieurs Goulard ont justifié par contrat de mariage treize générations depuis Jean Goulard, fils d’Emery, baron de Touverac, et de Marie de Sainte-Maure, de l’an 1229, avec des alliances considérables. Ils ont fait voir que le nom de Goulard est celui des comtes de Beauvais, en Anjou, des barons de Lajefardière, en Bas-Poitou, des seigneurs de Porsay et de plusieurs autres, aussi en Poitou, du marquis de Taraube en Agenois, des barons de Castelnaudary, en Languedoc, et qu’ils sortent tous de la même origine ; qu’il y a eu des gentilshommes de la chambre du roi, des chevaliers de ses ordres, et, par arrêt de l’année 1720, la taxe a été confirmée.

Cette preuve ne peut point être contestée ; elle a été examinée avec un légitime contradicteur qui a subi la peine de sa curiosité.

Le fief de Verneuil est aux enfants de Jean Terrasson, écuyer.

Il y a une enclave qui est de l’élection de Cognac, dans laquelle se trouve le lieu de Berguille. Une partie de Roullet dépend de la Couronne pour la direction et pour la justice, comme le village de la Rabrie, celui de la Vergne, du Four-de-la-Chaux, et le restant, qui est de la seigneurie ancienne de Rocheraud, fait une terre particulière.

L’archidiacre a les dîmes ; le curé est à portion congrue.

§ XXIV. - RUELLE


Etait autrefois une annexe de Magnac, mais depuis longtemps il y a un curé dont le bénéfice vaut 14 ou 1,500 livres, quoiqu’il n’ait que les trois quarts des dîmes, et que l’autre quart appartienne au sieur Birot de Ruelle. Saint Médard est le patron de l’église ; ce bourg est situé sur la Touvre. Cette paroisse est fort étendue, assez bonne et bien cultivée. Il y a plusieurs fiefs considérables, la plupart des droits seigneuriaux, qui appartenaient au roi, ont été aliénés ; la justice était restée à la prévôté, à présent réunie à la sénéchaussée.

Le fief, qui porte le nom de la paroisse, appartient au sieur Birot de Ruelle. Il y a bâti une maison dont la situation est très-agréable ; il en a beaucoup augmenté les revenus par son travail et son habileté.

Le fief de Fissac est aussi bien situé et considérable. Il appartenait autrefois à Cybard Tison d’Argence ; il tomba au lot de Catherine Tison d’Argence, sa fille, épouse de Léon de Polignac, chevalier, seigneur des Coyeux [1] et de Paransay. Louis de Polignac, son fils, sieur d’Argence, et lui, vendirent ce fief par contrat du dernier janvier 1608, à François de Hauteclaire, écuyer, seigneur du Maine-Gagnaud, et il est passé de cette famille des Hauteclaire à celui qui le possède aujourd’hui.

Le fief du Maine-Gagnaud, d’une étendue fort considérable, a la même situation sur la Touvre ; il a des mouvances dans la ville d’Angoulême. Il a passé des Hauteclaire aux la Charlonnie. Celui qui en porte aujourd’hui le nom a épousé N... Meturas, dont il n’a qu’un garçon et une fille, mariée avec N.... Labatud, maire les années 1754, 55 et 56, qui est maintenant possesseur dudit fief.

Le fief des Rifaux appartient à la dame de Neuvy, unique héritière de feu sieur Paulte, maître particulier des eaux et forêts d’Angou-mois.

§ XXV. - SAINT-MICHEL D’ENTRAIGUES


Petite paroisse aune demi-lieue d’Angoulême. La cure est de l’archiprêtré de Saint-Jean, à la collation de 1’évêque ; elle est dite d’Entraigues, du latin inter aquas, parce qu’il y a deux petits ruisseaux qui la traversent et qu’elle joint à la rivière de Charente. L’église est de figure octogone et particulière en cette espèce.

L’étang qui avait été fait par Hugues de Lusignan et Isabel Taillefer, sa femme, dans le XIIIe siècle, a été vendu et desséché. On y a fait à sa chute un martinet à battre du cuivre et un moulin à blé. La justice a été aliénée du domaine et acquise par François Guiton.

Il y a le fief de Girac appartenant au sieur Bareau, chanoine de la cathédrale.

Le fief du Grand et Petit-Girard appartient au sieur Roche, marchand papetier.

Le fief de Fleurac est dans une situation charmante avec une vue magnifique sur la Charente. Il fut acquis par donation alimentaire par le feu sieur Guiton, d’un ancien gentilhomme du nom de Baudouin, connu sous le nom de Fleurac, dont la maison a été pendant très-longtemps le rendez-vous de tous les principaux de la ville et des étrangers. Il était fort poli et très-sage, et un vrai philosophe, un peu épicurien. Le nom de Baudouin a fini en sa personne.

§ XXVI. - SAINT-SATURNIN


Paroisse à une lieue et demie d’Angoulême. La cure est de l’archiprêtré de Saint-Genis, à la présentation de l’archidiacre qui en a les dîmes. Le curé a la portion congrue, les novales avec quelques autres petits revenus, sans maison curiale. Il y a, joignant l’église, un vieux bâtiment qu’on nomme l’archidiaconé, pour loger les fermiers et les fruits. Dans ce vieux bâtiment est une chambre appelée de Calvin, où il y avait autrefois beaucoup de peintures. Calvin y avait écrit quantité de passages tirés de la Bible. Il y a aussi une vigne qu’on nomme communément la vigne de Calvin, ce qui doit faire juger qu’il y a demeuré pendant le temps qu’il était en ce pays avec Louis du Tillet, archidiacre.

Mailloux est le lieu de la seigneurie ; c’est un château assez joli, avec justice haute, moyenne et basse, dans la paroisse et la plupart des droits seigneuriaux. Cette terre a été possédée par la branche des Nesmond, établie à Bordeaux. L’héritière, épouse du seigneur de Césane, l’a vendue à Henri Rambaud, qui l’a laissée dans sa succession, et beaucoup augmentée par des plants de vignes et autres réparations.

Il y a un village nommé Tersac, qui est de l’élection de Cognac ; en revanche, il se trouve une autre enclave qui fait partie de la paroisse de Champmillon, qui paie la taille et les autres impositions, conjointement avec Saint-Saturnin. Ce mélange est fort incommode dans la levée des droits du roi.

L’abbé de Saint-Cybard y a des droits, aussi bien que les religieux de la Couronne, à cause de Moulède. Il se trouve en ce lieu un vieux corps d’une chapelle assez spacieuse ; il ne lui manque que sa couverture. Les bâtiments joignants sont faits de manière à faire croire qu’il y a eu autrefois un hospice de religieux.

Mouillac est un fief appartenant à Pierre Valleteau, ci-devant vice-sénéchal d’Angoumois.

Le principal revenu de cette paroisse consiste en vin, qui s’y recueille fort bon.

§ XXVII. - SlREUIL


Paroisse, située à deux lieues d’Angoulême, entre cette ville et Châteauneuf, traversée par le cours de la Charente. Elle confronte aux paroisses de Nersac, Roullet, Monac, Champmillon, Trois-Palis et Saint-Saturnin. C’est un prieuré-cure de l’archiprêtré de Saint-Genis ; le patron saint Orient ; il est dans l’ordre des chanoines réguliers, à la présentation de l’abbé de la Couronne, dont il dépend ; il n’y a qu’une partie de la paroisse qui soit de l’élection d’Angoulême. Le clocher, la maison presbytérale et une partie du bourg se trouvent de l’élection de Cognac et forment une enclave, nommée l’enclave Sireuil.

Le château ou la tour du Fa, connu aujourd’hui plus communément sous le nom de Saint-Hermine, a son aspect sur la Charente, a son midi dans une situation fort agréable ; un bois, coupé de plusieurs allées, y forme de belles issues. Le logement est commode et la maison passe pour une des plus jolies qui soient sur le fleuve. Cette tour a été placée sur une maçonnerie qu’on regarde comme un ouvrage des Romains. Corlieu l’a mise au nombre de nos antiquités ; il la représente comme une masse carrée, oblongue, de vingt pieds de large, autant de haut et trente de long. Il juge qu’elle a été élevée en ce lieu par des soldats romains, du temps de la conquête des Gaules, pour monument à éterniser leur nom ; qu’elle n’était pas pour aucun autre usage. Il dit qu’il y en a quantité d’autres bâties pour la même fin, ou que ce pouvait être encore un signe de quelque victoire par eux remportée. Il semblerait naturel d’en juger par l’étymologie du terme latin fanum, et de croire que c’était un autel dédié au dieu Faune, ou à quelque autre divinité païenne. Quoi qu’il en soit, la tour, bâtie sur cette masse, formait une petite forteresse, dès le XIVe siècle, puisqu’en 1385, Louis de Bourbon en fit le siège, la prit, et que Jean de Clermont II, vicomte d’Aunay, seigneur de Montagne, s’y trouva. Le seigneur de ce temps-là était un Hélie de Saint-Hermine ; plusieurs baillettes, faites alors, en sont une preuve complète. Cette terre est mouvante de l’évêché, et quoiqu’elle ne soit pas d’une grande étendue, elle est des plus jolies, tant par sa situation que par les droits de direction et de justice haute, moyenne et basse dont elle jouit, relevant immédiatement au sénéchal d’Angoulême. Comme elle est dans la classe des paroisses qui forment la châtellenie d’Angoulême, il s’ensuit :

- 1°qu’elle a été autrefois à nos comtes qui l’ont donnée aux évêques d’Angoulême, ou changée avec eux ;

- 2° qu’on a suivi l’ancien plan de la châtellenie d’Angoulême, dans l’ordre qui se trouve établi pour l’élection.

Cette terre appartient à François de Saint-Hermine, chef d’escadre des vaisseaux du roi et son pensionnaire. Il la possède comme aîné de sa maison, par succession de père en fils ; il est prouvé, par un acte de 1225, qu’Hélie de Saint-Hermine fit l’acquisition du Fa, et en rendit son hommage, ce qui fait voir que ces gentilshommes la possèdent depuis longtemps. Ses ancêtres sont qualifiés valets, dans les plus anciens titres, ou écuyers, et d’autres fois chevaliers. Duport, dans l’histoire de la vie du comte Jean, dit qu’Hélie de Saint-Hermine, chevalier, sieur du Fa, déposa dans l’information faite pour la canonisation de notre comte. Ils ont fait du bien à l’église de leur paroisse ; leurs armes, gravées dans plusieurs pierres fort anciennes, prouvent qu’ils l’ont rétablie. Ils ont fondé une petite chapelle placée sur le grand chemin d’Angoulême à Bassac, dans cette paroisse de Sireuil, proche du bois de la Roche, nommée la chapelle de Criton, abandonnée par la négligence des titulaires, plus soigneux d’en recevoir les revenus que d’entretenir l’édifice, qui a plus l’air d’un réceptacle de voleurs ou de bêtes sauvages, que d’un bâtiment consacré au culte du vrai Dieu. Les seigneurs de Saint-Hermine embrassèrent le calvinisme. Le père de celui d’aujourd’hui et sa famille firent leur abjuration lors de la révocation de l’édit de Nantes. Leur exemple contribua à ramener beaucoup d’autres, ce qui excita la piété du roi qui leur accorda des pensions considérables.

Les armes de ces gentilshommes sont semées d’hermines, qui sont les mêmes que celles de Bretagne ; ils ignorent leur origine. Un savant qui voudrait percer dans l’antiquité reculée pourrait peut-être trouver leur descendance des ducs de Bretagne ou des seigneurs qui ont possédé Saint-Hermine en Bas-Poitou. L’aïeul de François de Saint-Hermine, chef d’escadre, commandant à Rochefort, a laissé plusieurs enfants, dont deux cadets ont fait chacun leur branche, savoir : celle de Saint-Laurent ou la Barrière, établie dans la paroisse de Masnac [sans doute pour Mosnac], et celle de Chenon, à cause du fief de ce nom, dans la paroisse de Merignac, de laquelle dernière branche il reste le sieur de Saint-Hermine, capitaine de cavalerie, et l’abbé de Saint-Hermine, son oncle, aumônier de la reine.

Dans la branché aînée, il est mort plusieurs garçons dans la marine. Outre François de Saint-Hermine, chef d’escadre, il reste le chevalier de Saint-Hermine, capitaine de vaisseau, non marié. Son aîné a épousé Marie-Julie de Vassoigne, d’un nom qui a fourni un chancelier de France, mort en 1300. Ils n’ont point d’enfants.

Hélie de Saint-Hermine, seigneur de la Leigne, était sorti cadet de cette maison. Il était marié en Aunis avec Magdeleine Vallois de Villette. Anne-Marie-Françoise de Saint-Hermine, leur fille, fut mariée, par contrat du 8 juillet 1687, avec Louis, comte de Mailly, qui devint maréchal des camps et armées du roi, mestre de camp, général des dragons et menin de Monseigneur. Son épouse se trouva parente de madame de Maintenon qui l’éleva. Elle devint dame d’atours de madame la duchesse de Bourgogne. Cette protection n’a pas peu contribué à élever cette maison.

La Valade est un fief mouvant de Jarnac. Il est au sieur Chevraux, par la démission volontaire de son père qui porte le nom de ce fief.

Le principal revenu de cette paroisse consiste en vins qui sont fort estimés.

§ XXVIII - SOYAUX


Paroisse à une lieue d’Angoulême. La cure est de l’archiprêtré de Garat ; le patron saint Matthieu, à la nomination du chapitre, qui y a les dîmes, la justice et les droits seigneuriaux pour la plus grande partie. Le surplus appartient au fief de Frégeneuil. L’autel de Saint-Eutrope y attire beaucoup de dévotion pour l’enflure : on dit un proverbe que ceux qui y vont faire leurs dévotions et leurs offrandes ne languissent point, qu’ils sont bientôt morts ou guéris.

Frégeneuil est un fief considérable. La maison est d’architecture moderne. Il a été possédé longtemps par les Gérauld et ensuite par les Guillaume, famille venue du Limousin.

Le Plessac est au sieur Robin du Plessac dont j’ai parlé dans le chapitre de la maison de ville.

§ XXIX. - SAINT-YRIEYX , plus connu sous le nom de SAINT-CYBARD


C’est un faubourg d’Angoulême où il y a un pont sur la Charente, et l’ancienne et fameuse abbaye de Saint-Cybard. Une partie est dans la banlieue et jouit des franchises de la ville. Les villages détachés sont dans le taillable. La cure est de l’archiprêtré de Saint-Jean, à la présentation de l’abbé de Saint-Cybard, qui a toutes les dîmes, les droits seigneuriaux, la justice, four et moulins banaux.

Bardines est un fief dont la situation sur la Charente, avec de jolies promenades, forment un agréable séjour. Le nom du propriétaire est Thomas.

Les sieurs de Paris possèdent le fief de l’Epineuil.

La Pouyade est un fief considérable et bien situé ; il appartient à l’hérédité du sieur Chérade de Laumont.

§ XXX. - TOUVRE


Paroisse à une grande lieue d’Angoulême. L’église est située sur une éminence ; le patron sainte Marie-Madeleine. La cure de l’archiprêtré de Garat à la collation de l’évêque. Il paraît encore sur cette hauteur des vestiges d’un ancien château d’une maison de plaisance de nos comtes. Il n’y reste que de mauvaises masures. Lors de l’aliénation du domaine du roi, ce terrain, avec les droits seigneuriaux, la justice et la pêche sur la rivière, ont été vendus au sieur Deval.

Il y a une chapelle d’environ 20 livres de revenu, qui était, selon les apparences, destinée pour le chapelain des comtes, lorsqu’ils allaient à leur château. C’est au pied de cette éminence et sous les masures de cet ancien édifice, que se trouve le gouffre qui est la source de la rivière de Touvre ; c’est une eau dormante qui sort avec impétuosité, et l’on nomme ce lieu le gouffre, parce qu’on ne peut point en trouver la profondeur. J’ai assisté avec des curieuses à l’épreuve qu’on fit d’y plonger des masses de plomb, bien attachées à des cordes qu’on laissa tomber le plus profondément que l’on put ; mais, soit que les sondes trouvèrent à s’accrocher, ou autrement, nous ne pûmes pas bien juger de la profondeur de ce lieu, où la rivière porte bateau dès sa naissance, pour la pêche seulement.

Quoique le Bandeac [2] se perde en plusieurs cavernes dans la forêt de Braconne et ailleurs, il ne peut point être la seule cause qui fournisse l’eau au gouffre, puisque le Bandeac n’en a pas le quart, et que d’ailleurs (ce qui est fort singulier), la Touvre est presque toujours de même grosseur, sans qu’il y ait diminution ou augmentation sensibles.

Cette rivière produit des truites et des écrevisses excellentes et en grande quantité.

L’évêque y a des droits seigneuriaux avec justice en certain canton.

§ XXXI. - TROIS-PALIS


Paroisse à deux lieues d’Angoulême, sur le bord de la Charente. La cure est de l’archiprêtré de Saint-Genis ; le patron, l’assomption de Notre-Dame. Le curé a toutes les dîmes, les rentes, sur le bourg et sur quelques autres lieux. La justice est de la prévôté, à la réserve du village de Villars-l’Orgueilleux, qui est de la juridiction du chapitre. Le fonds est bon dans la plaine, mais sur les hauteurs où sont les vignes il est fort maigre.

Le fief de Rochecorail est bâti sur une croupe de montagne et dans un lieu d’un accès très-difficile. Les chambres ont été taillées en partie dans le rocher. Il a des rentes et des agriers qui s’étendent sur un terroir très-sec et fort maigre. Le vin s’y fait fort bon. Il relève de Jarnac.

La Brunelière est un fief mouvant de Rochecorail. Ils appartiennent tous deux au même maître, dont le nom est Turrin, qui l’a nouvellement vendu. C’est une noblesse venue du Languedoc et fort ancienne. Les deux frères ont épousé les deux sœurs et n’en ont point d’enfants.

§ XXXII. - VOEUIL et GIGET


Vœuil est à une lieue d’Angoulême ; c’est un grand passage. La cure est de l’archiprêtré de Perignac, à la nomination du chapitre. C’est un lieu enfoncé entre deux coteaux ; il y passe un petit ruisseau ; les abords sont fort escarpés ; les hauteurs sont dans un terrain fort mauvais, très-sec, pierreux et peu cultivé.

Le camp de Vœuil est une de nos antiquités. C’est une plaine entre deux prairies formant un triangle ; deux des côtés sont fortifiés naturellement par des rochers escarpés ; l’autre avait été fermé par une haute levée de terre portée exprès, en ce qu’on n’avait pas pu y faire de tranchée. Corlieu, qui le représente ainsi, pense que c’est un ouvrage des Romains qui y campèrent en traversant le pays, et qu’on y pouvait camper plus de dix mille hommes. On ne sait rien de positif là-dessus. Ce camp peut bien n’être pas si ancien et avoir été fait dans le temps des guerres que les ducs et les comtes se faisaient entre eux.

Giget est une annexe de Vœuil. Il y a une chapelle, et le curé dit la messe alternativement dans l’une et l’autre de ces deux églises.

Veuil et Giget plaident à la prévôté.

§ XXXIII. - VlNDELLE


Est de l’archiprêtré d’Ambeyrac, et a pour patrons saint Jacques et saint Christophe. C’est un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Amand, à présent possédé en commande.

Le prieur est seigneur justicier ; il a les rentes et les dîmes de la paroisse, une maison pour des fermiers et recevait les fruits et bénéfices, s’afferme plus de 2,000 livres, et consiste, la plupart, en blé. Le curé est à la portion congrue.

Le fief du Cluseau est joli. Il appartient à M. de Vallery de Destilly, près de Chinon, en Touraine, comme représentant N. d’Argenson.

Celui du Puy du Maine n’est pas considérable.

L’enclave de Guissale comprend le village de ce nom et quelques maisons et métairies ; est de l’élection de Saint-Jean.

Il s’y trouve deux jolis fiefs du même nom de Guissale : l’un appartient à un Raimondias, de la branche de Guissale ; l’autre est à l’abbaye de Saint-Ausone. Ce dernier est dans une agréable situation, sur la Charente, en belle vue, avec des avenues et de belles promenades. C’est un acquêt dont l’abbesse a trouvé le moyen d’augmenter depuis peu les revenus de son abbaye.

§ XXXIV. - URTEBISE et COMBE-DE-LOUP


Enclave de la paroisse de Dirac. Cette paroisse, quoiqu’à deux lieues d’Angoulême, du côté du levant, et à quinze lieues de Saint-Jean, se trouve de l’élection de Saint-Jean-d’Angely. On n’en sait pas d’autre raison, si ce n’est qu’eî le a eu le même sort que Vars et Marsat qui sont des terres de l’évêché, quoique l’évêque ne soit que conseigneur de Dirac. Cet éloignement de la recette cause de grands frais et beaucoup de peines aux taillables.

Urtebise est un fief composé de trois métairies, dont celle de Laporte et du Til sont de l’enclave. La troisième, appelée du Maine, est du rôle de Dirac. Ce fief appartient au seigneur d’Escar, dont il sera parlé sur l’article de Pransac.

Combe-de-Loup est un village de la même paroisse, auquel sont jointes les métairies du Pouyaud et des Morinaud.


[1Ecoyeux, en Charente-Maritime)

[2le Bandiat

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