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1798 - Description économique du ci-devant Angoumois, aujourd’hui Charente

D 30 mars 2012     H 23:36     A Pierre     C 0 messages A 330 LECTURES


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L’auteur de cette description minutieuse et chiffrée de l’économie de l’Angoumois et de ses productions, pendant la Révolution, a quelques difficultés pour choisir entre anciennes et nouvelles unités de mesure. Cela ne nous facilite pas la lecture.
Nous avons retenu ici deux articles de son dictionnaire : ANGOUMOIS et ANGOULEME.

Source : Dictionnaire universel de la géographie commerçante, contenant tout ce qui a raport à la situation et à l’étendue de chaque Etat commerçant ; aux productions de l’Agriculture, et au commerce qui s’en fait ; aux Manufactures, Pêches , Mines , et au commerce qui se fait de leurs produits ; aux Lois, Usages, Tribunaux et Administrations du Commerce ; au Roulage, à la Navigation ; aux Banques, Compagnies de commerce, Poids, Mesures et Monnaies ; au Commerce d’exportation et d’importation, au Change , à la Balance du Commerce, aux Colonies, etc. - Par J. Peuchet, auteur du Dictionnaire de Police de l’Encyclopédie méthodique etc. - Paris - An VII (1798 ou 1799) - Google Livres

ANGOUMOIS : ancienne province de France, formant aujourd’hui la plus grande partie du département de la Charente. Voyez CHARENTE. (départ.)

Elle est bornée au nord par le Poitou, aujourd’hui le département de la Vienne, à l’orient par le Limousin et la Marche aujourd’hui le département de la Haute-Vienne, au midi par le Périgord fesant partie du département de la Dordogne : la Saintonge fesant la plus grande partie du département de la Charente-Inférieure, lui sert de limite à l’occident et une partie du midi.

Son étendue en longueur, est à peu-près de 24 lieues, et sa largeur de 8 ; à, cette étendue il faut ajouter deux enclaves, l’une ( le petit Angoumois ) dans la Saintonge près-Barbezieux, l’autre, (la Tour-Blanche) dans le Périgord.

Le climat de l’Angoumois est sain, et quoiqu’un peu froid, il est en général plus tempéré que celui de Paris. Le pays est rempli de collines, mais il n’y a point de montagnes considérables, à l’exception de celle sur laquelle se trouve bâtie la ville d’Angoulème.

Les villes de l’Angoumois, sont Angouléme aujourd’hui chef-lieu du département de la Charente, ensuite en commençant par le nord, Ruffec, Verteuil, Chabanais, la Rochefoucauld, Montbron, Marton, Nersac, Blanzac, la Valette, la Rochebeaucourt, Montmoreau, Aubeterre, Saint-Aulaye, Baigne et la Tour-Blanche.

Culture et diverses productions du sol.

Les terres y sont propres à toutes sortes de récoltes, et quoique généralement parlant, elles ne produisent pas avec abondance, et que ce qui s’y recueille, ne suffise que pour la consommation du pays, c’est moins la stérilité du sol, que le manque de culture qu’on donne aux terres, qui en est cause.

Les fruits et les grains qui y croissent avec le plus d’abondance, sont, le froment, le seigle, l’orge, l’avoine, le baillarge qui est une espèce de grain qui approche de l’orge, le mays, le safran, les vins, les noix, et toutes sortes de fruits.

Les objets de son commerce sont des vins, des eaux-de-vie, du safran, de la graine de lin, des bois, des bestiaux, du sel et du genièvre, à quoi il faut ajouter quelques objets de gresserre et d’épicerie, qui sont des articles de mercantile, bornés à peu-près à la consommation de la province.

Vins et eaux-de-vie.

La principale richesse de l’Angoumois, consiste dans le bénéfice de la vente de ses vins et de ses eaux-de-vie. La nature de son sol est très-propre à la culture de la vigne, et sa situation favorise l’exportation des denrées qu’elle produit.

Il sort de la ci-devant élection d’Angoulême 35,000 barriques de vin année commune : chaque barrique contient trente veltes, et chaque velte 8 pintes mesure de Paris. Cette quantité de vin s’exporte en Poitou et dans les parties limitrophes du Limousin ; on en fait aussi des envois par la Charente à Rochefort, mais ils se réduisent à très-peu de chose, parce qu’on y préfère les vins de la Saintonge qui ont plus de qualité. D’ailleurs il se consomme une quantité très-considérable de vin dans la province ; on peut s’en convaincre en considérant que dans la seule ville d’Angoulème, il entre 12,000 barriques de vin par an.

Les meilleurs vignobles et ceux dont les vins sont les plus recherchés, et se vendent par préférence aux autres, sont, Cognac et son élection ; ensuite ceux d’Angoulème ; les autres cantons sont plus communs.

Les vins rouges se débitent en Limousin et en Poitou, et l’on en vend fort peu aux étrangers.

Les vins blancs sont employés à faire de l’eau-de-vie. Il se recueille année commune dans les environs de Cognac 200,000 barriques de vin propre à brûler, qui font 50,000 ton. qui doivent produire 13,400 pipes d’eau-de-vie de trois barriques. Chaque pipe que l’on appelle vulgairement sur le lieu, pièce de trois barriques, d’environ 81 veltes, quelquefois plus ou moins, parce qu’il y a des pièces qui contiennent jusqu’à 90 veltes ; d’autres 75, 78, 80 et 85 veltes ? l’on compte toujours que le produit ordinaire est de plus de quarante mille barriques, qui contiennent chacune 27 veltes d’eau-de-vie.

Lorsque l’année est abondante, ce produit peut augmenter considérablement et même doubler cette quantité.

Il y a des années où les vins sont faibles : en ce cas il faut six barriques de vin pour en faire une d’eau de vie de 27 veltes. Il est rare de faire une barrique d’eau-de-vie avec quatre barriques de vin ; si les vins sont passablement bons, neuf barriques de vin font deux barriques d’eau-de-vie de 27 veltes.

L’eau-de-vie de Cognac est très estimée : les étrangers en font charger à Charente [1] chaque année de 24 à 27 mille barriques.

Lorsque les vignes de la rivière de Loire manquent, il s’en voiture de grandes quantités par terre à Châtelleraud pour la route de Paris, et même pour la Flandre dans le tems de guerre ; mais dans celui de paix toutes les eaux de vie de Cognac destinées pour l’étranger, se chargent par mer à Charente, sur les vaisseaux de plusieurs Nations, ou à fret sur des bâtimens français.

Ce qu’on appelait autrefois l’élection de Cognac produit encore, année commune, 2.500 tonneaux de vin de grande, moyenne, et petite borderie.

C’est dans les paroisses de Richemond, Jauresac, et Saint-Laurent, qu’on recueille tous les ans environ 800 tonneaux de vin de grande borderie ; lorsqu’ils sont doux et bons, ils se chargent pour Hollande, Angleterre, et le nord ; ils se conservent ordinairement à la mer pendant les voyages de long cours ; mais si la douceur leur manque, ils ne sont point potables, et deviennent troubles, brunis, et tournés pendant le voyage.

Dans les bonnes et moyennes borderies, on y recueille ordinairement 250 tonneaux de vin ; et dans les petites, de 14 à 1500 tonneaux dont la plupart se brûlent pour faire des eaux de vie, c’est-à-dire, ceux qui se trouvent de rebut.

Le tonneau de vin de grande borderie tiré au fin, revient ordinairement à 200 fr.
Le tonneau de moyenne borderie, à 170
Le tonneau de petit borderie, à. 140
Les prix ci-dessus sont à peu-près ce que se vendent ces vins, année commune ; quelquefois dans les grandes vinées ils valent moins ; et se vendent suivant leur qualité et bonté.

Paris tire ses eaux de vie, par terre, d’Aigre et de Cognac, par le retour des voituriers qui conduisent des marchandises aux foires de Bordeaux et à la Rochelle, qui sans cela reviendraient souvent à vuide. Ils en tirent aussi par mer qui arrivent à Rouen et viennent à Paris par la Seine. Quelquefois, et surtout après l’hiver, ils les tirent par la Loire, arrivant par terre à Chatellerault, où il faut avoir un commissionnaire qui les chargent sur la Vienne où elle commence à porter bateau ; cette rivière se décharge dans la Loire entre Saumur et Chinon ; on remonte ce fleuve jusqu’au canal d’Orléans qui conduit à Paris,

Ces deux marchés d’Aigre et de Cognac sont si abondamment pourvus en eaux de vie, et les affaires qu’on y fait pour les embarquemens de la Rochelle et des autres ports voisins sont si considérables à raison de la quantité, de la qualité supérieure et du bas prix de celles qu’on fabrique aux environs de ces marchés, et auxquelles toutes les Nations de l’Europe donnent la préférence, qu’on a vu souvent des magasins d’une étendue immense pleins de ces marchandises se vuider et se remplir en très-peu de jours.

Le prix des eaux de vie varie beaucoup ; c’est au marché de Cognac, centre de ce commerce que le prix courant se fixe ; et ces variations dépendent surtout des demandes de l’étranger, ou de certaines adresses des marchands. Le prix commun de l’eau de vie est d’environ 57 fr. la barrique y compris le tonneau.

Safran.

Le safran formait autrefois un objet de culture et de commerce pour l’Angoumois, mais ensuite la culture en fut négligée, parce que le prix baissa considérablement en 1765 : depuis elle a repris de l’activité, sans cependant être ce qu’elle était avant.

Un demi-arpent de terre, mesure de Paris, planté en safran, lorsque la récolte est assez bonne, peut produire trois livres et demie de safran, ce qui fait un bénéfice de 72 fr. année commune, mais comme il faut deux ans avant que le safran donne une récolte, c’est sur le pied de 36 fr. que l’on doit compter le produit d un demi-arpent de terre consacré à cette culture. Elle n’exige pas d’ailleurs une grande dépense : dix journées d’hommes suffisent dans les deux années ; et comme l’oignon jette de nouveaux cayeux, le nombre en augmente tous les deux ans, de manière que d’un demi-arpent planté de safran, on peut en tirer pour planter un arpent entier.

Les paroisses où l’on cultive le plus de safran dans l’Angoumois, sont Champniers, la Forêt de Tessé, Moutonneau, Moutardon, Bayers, Sales et Touchimbert, Lafaye et la paroisse de l’Houmeau ; il s’en cultive dans d’autres paroisses, mais c’est un petit objet. Le plus estimé est celui que l’on recueille à Bayers, à Sales et à Moutonneau : c’est à Champniers, à Mansle, à Verteuil et à Vars, que se tiennent les marchés de safran pendant les mois d’octobre, de novembre et de décembre. Des commissionnaires d’Angoulême, qui ont reçu des ordres de Lyon, d’Allemagne et de Hollande, enlèvent le safran et donnent le prix à cette denrée, lequel varie très-subitement, suivant les demandes dont ils sont chargés, depuis 20 fr. jusqu’à 26 fr. la livre pesant. L’Angoumois peut produire, année commune, environ 3,500 livres de safran, qui à raison de 22 liv. la livre, forment un objet de 70,000 francs.

Graine de lin.

Depuis à-peu-près une vingtaine d’années, on a commencé à exporter de la graine de lin qu’on tire des environs d’Aigre en Saintonge : les envois ont monté jusqu’à environ 500 boisseaux. Les Hollandais qui viennent chercher cette graine en tems de paix, et qui en tirent une quantité beaucoup plus considérable de la Guyenne et des bords de la Charente, en font de l’huile qui est bien meilleure que l’huile de noix, et d’une couleur moins forte.

Genièvre.

Le commerce de la graine de genièvre est presque tombé. Ce commerce fut très-intéressant et très-animé depuis 1736 jusqu’à 1750. Les habitans de plusieurs villes de cette province, trouvaient dans cette récolte d’autant plus de bénéfice, que le genièvre n’exigeait de leur part aucune culture, et qu’il croissait dans les terres les plus maigres et les plus arides. Dans les premières années de ce commerce, il s’est fait des envois d’environ un million de livres pesant de graine de genièvre. Le prix commun pour celui qui le récoltait et qui le conduisait au faubourg de l’Houmeau, était de 10 deniers la livre, et le marchand le vendait 7 livres 10 sous le cent pesant, rendu au port de Charente, où on l’embarquait pour l’Angleterre et la Hollande.

Au moyen de cette exportation, il se répandoit dans les paroisses que nous avons indiquées ci-dessus, environ 42,000 livres. Le marchand pouvait trouver un profit d’environ 15,000, sans compter le bénéfice des gabariers, et de la vente des toiles d’emballage, qui montait bien à la même somme. Mais, soit que les Hollandais ayent trouvé d’autres cantons plus à leur portée, d’où ils tirent la graine de genièvre, soit par d’autres raisons qu’on ignore, les envois qu’on en fesait avant la guerre, ne montaient pas à 10,000 liv.

Commerce des bois.

Le commerce du merrain et des futailles est en Angoumois une dépendance naturelle de celui des vins et eaux-de-vie.

Le merrain se lire du Limousin, du Poitou et du Périgord : celui du Limousin est préféré à celui des autres provinces ; c’est celui-ci qu’on réserve surtout pour la fabrication des tierçons de deux barriques et des pièces contenant trois barriques, destinées pour l’eau-de-vie. Les propriétés de ce bois sont d’être net, de plier facilement, et de se prêter à toutes les formes qu’on veut lui donner en l’exposant à la flamme. Celui du Périgord, quoique dur et de bon usage lorsqu’il est sain, est sujet à être criblé de petits trous que les ouvriers appèlent yeux de perdrix, et à beaucoup de nœuds. Dans toute la Saintonge, à Château-Neuf, à Jarnac, à Cognac, à Saintes, à Taillebourg, à Saint-Savinien, à Saint-Jean d’Angély, à Rochefort, dans l’Isle-de- Ré, dans l’Isle-d’Oleron, on préfère le bois de chêne du Limousin pour les barriques comme pour les tierçons : il a même conservé cette supériorité en concurrence avec le merrain de Hambourg, qu’on a transporté dans la Saintonge en différens tems.

Les marchands de Château-Neuf, de Jarnac et de Cognac, vont eux-mêmes en Limousin faire leurs emplètes de merrain, qu’ils font transporter par voitures au faubourg de l’Houmeau, et par gabarres à leur destination. Ces trois villes font ensemble un commerce beaucoup plus étendu que celui du faubourg d’Angoulème.

Il se vend communément plus de merrain sans être fabriqué en futailles, parce que beaucoup de propriétaires font monter eux-mêmes les futailles dont ils ont besoin. Tous ceux qui ont des brûleries d’eau-de-vie considérables, occupent, dans les intervalles de la distillation, les brûleurs à fabriquer des barriques. D’ailleurs, beaucoup de marchands tonneliers achètent le merrain et vendent les futailles pour les besoins ou des environs d’Angoulème ou de la Saintonge. La vente du bois non fabriqué, peut être de 2,500 quarts de barriques, et de 1,200 quarts de tierçons, ce qui forme un objet de 245,000 liv.

C’est au faubourg de l’Houmeau que sont établis les marchands qui font ce commerce. Ils entretiennent environ une centaine d’ouvriers pendant toute l’année, qu’ils occupent à la fabrication des futailles. Soit dans les faubourgs, soit dans les environs, le nombre des barriques fabriquées, peut monter à environ 16,000, et les tierçons à 3,500. Les pièces de trois barriques forment un objet de peu de valeur.

Les cercles sont dépendans du commerce précédent ; on les tire en meules de Dignac, de Rougnac et autres paroisses qui leur sont limitrophes à deux ou trois lieues d’Angoulème. Il s’en débite une quantité assez considérable, parce qu’outre le besoin qu’on en a pour les ateliers de l’Houmeau, les marchands en font des envois dans toute la Saintonge par la voie de la Charente. Ces cercles se coupent dans les taillis de châtaigniers qui ont environ cinq ans. Un propriétaire d’une châtaigneraie de 10 arpens, mesure de Paris, peut retirer tous les ans un revenu de 600 livres par la vente des frettes ou gaules. Il se débite environ 400 milliers de cercles dans la Saintonge, sans comprendre ce qui s’emploie à l’Houmeau ou aux environs : on pourra en avoir une idée, si l’on considère qu’il faut une meule et demie de cercles pour chaque barrique ; la meule de cercles pour barriques, coûte de 6 à 10 sous, et la meule de cercles pour tierçons, de 10 à 15, quelquefois plus, rarement moins.

Le vime ou l’osier qui sert à lier les cercles, se prend aux environs d’Angoulème ; mais celui qui vient sur les bords de la Charente, et notamment au faubourg de Saint-Cibard, est le plus estimé. Celte culture ne laisse pas que de donner un assez grand bénéfice ; car dans la partie de Saint-Cibard, faubourg d’Angoulème, 50 carreaux de terre (le carreau étant de douze pieds de superficie en quarré), peuvent produire pour 24 liv. de vime ; ensuite l’industrie double ce prix pour mettre la vime en état d’être employée. Il en faut une poignée et demie pour chaque barrique, deux poignées pour chaque tierçon ; cent poignées se vendent 11 à 12 fr. D’après ces données, on doit connaître à quoi cet objet peut monter.

Le commerce du bois à brûler a pris faveur depuis environ 50 ans. Autrefois les bois taillis ne produisant aucun revenu certain, on les négligeait. Mais depuis l’établissement des forges pour la fabrication des canons, les bois sont devenus précieux par les bénéfices immenses qu’on en a tirés.

Le commerce du bois à brûler qui se consomme dans la province, ne nous occupera pas. On ne parlera que du bois à brûler qui s’exporte. Ce commerce se fait par des marchands qui conduisent leurs gabarres et qui se transportent à Saintes, à Rochefort et à la Rochelle. Les bûches de quatre pieds et demi de longueur et de quatre pouces de diamètre au petit bout, se vendent communément 18 fr. le cent rendues à Rochefort ou aux environs. Ce commerce peut être de 6 à 700 milliers de bûches qui sortent annuellement de la province pour être conduits dans la Saintonge ; ce qui forme un objet d’environ 100,000 francs.

II se fait aussi des envois de charbon qui méritent d’être rappelés ici. Ce sont les villes de Rochefort et de la Rochelle qui en font la principale consommation. On convertit ordinairement en charbon tout ce qui n’est pas propre pour faire des bûches : l’on ne tire ce bois que de trois ou quatre lieues d’Angoulème, parce que les propriétaires dont les bois sont éloignés, les vendent aux maitres des forges. Il s’exporte environ 400 milliers de charbon sur des gabarres, et chaque millier se vend, rendu à sa destination, environ 25 francs.

Les bois de l’Angoumois et du Périgord sont très-estimés à Rochefort pour la construction, parce qu’ils ont beaucoup de compacité et de solidité ; mais ces provinces en fournissent très-peu. On y transporte seulement quelques bois à bâtir, qu’on tire du Périgord ou des parties voisines ; encore ces envois ne montent pas au delà de 10 à 12 mille pieds cubes, tant en bois de construction qu’en bois de charpente, non compris ce qui se débite à Angoulème et aux environs.

Nous joindrons ici ce qui concerne le commerce de rais pour les roues de charrettes, quoiqu’il se fasse par les marchands de fer. Ces rais se façonnent dans les bois de l’Angoumois et du Périgord ; on n’en tire point du Limousin, parce que le chêne de celte dernière province n’est pas assez solide. Un millier de rais se vend 145 livres rendu en Saintonge, et il s’en débite pour environ 20,000 fr. En retour, la Saintonge fournit beaucoup de bois d’orme pour les moyeux et les jantes des roues.

Epiceries.

C’est principalement aux foires de Bordeaux que les débitans font leurs emplettes en épiceries ; il n’y a que le poivre qui se vende à Angoulème par les marchands de Limoges ; comme cette sorte d’épicerie s’achète à la vente de l’Orient, et que les négocians de Limoges sont depuis longtems en possession de cette branche de commerce, ils font conduire leurs poivres jusqu’au faubourg de l’Houmeau par eau, et ensuite ils les font transporter à Limoges, qui est le centre de leurs débouchés ; ils ont cependant des commissionnaires à Angoulème qui reçoivent cette marchandise, et qui en tiennent en magasin une certaine quantité pour la consommation des marchands d’Angoulême.

Le sucre se tire des rafineries de Bordeaux pour la plus grande partie. On en tire peu de la Rochelle, parce que celui-ci est plus cher. Celui de Bordeaux revient à 5 pour cent meilleur marché, parce qu’il n’est pas aussi bien rafiné qu’à la Rochelle, et dans le détail il se vend tout aussi bien. Le sucre se vend 65 livres le quintal, et il se débite en détail à 16 sols la livre. On n’en débile guères de la rafinerie établie à l’Houmeau, parce que le marchand d’Angoulême ne vend point de marchandises qui se fabriquent chez lui. Il se fait un débit de près de 60 milliers de sucre à Angoulème, et cette quantité comprend autant la consommation de la ville que celle du dehors.

Les savons se tirent de Marseille par la voie de Bordeaux. Le quintal revient à 45 francs rendu à Angoulème, et dans le détail il se vend environ 11 s. la livre. Il peut bien se vendre à Angoulème, année commune, pour 10 à 12,000 francs tout au plus de savon.

Bestiaux.

On engraisse dans l’Angoumois beaucoup de bœufs pour la provision de Paris. C’est dans les foires de Chabanois, de Rochechouart, de Suri et de la Rochefoucauld, que les Périgourdins et les Saintongeais vendent les bœufs qui ont vieilli dans les travaux de la culture, et qu’ils prennent en échange de jeunes bœufs propres à les remplacer : cet échange qui se fait journellement, est l’objet d’un commerce considérable.

Beurres d’Irlande.

Les beurres de Dublin, capitale de l’Irlande, forment en tems de paix, une branche de commerce de l’Angoumois. Ils viennent par des vaisseaux jusqu’au port de Charente, et de là au faubourg de l’Houmeau, par des gabarres. Le débit s’en fait à Angoulème et dans les principales villes des environs, telles sont la Rochefoucauld, Confolens, Chabanois, Saint-Junien, Ruffec, Verteuil, la Valette et Montmoreau, et enfin on en verse aussi des parties considérables dans le Périgord, et même dans le Poitou et dans le Limousin. Cet objet peut bien aller à 150,000 francs. Ce beurre est en barils de 120, 150 et 200 livres. Le prix commun est de 55 francs le quintal net. On donne ordinairement 120 livres brut pour 100 livres net. Le poids des barils et la quantité de sel qui s’y trouve par couches, dessus et dessous, font que l’excédent de 20 livres remplit à peine exactement le poids de 100 livres justes. Le beurre qui coûte 55 francs se vend communément 59 à 60 francs en gros, et le détaillant le vend alors 13 sols 6 deniers la livre.

On paie cette marchandise comptant à l’étranger, et les retours des premières avances ne se font guères qu’après six à sept mois.

Suifs et chandelles.

Les suifs se tirent des différens cantons circonvoisins de l’Angoumois, du Périgord, de la Saintonge. On en fait même venir quelque partie de Rochefort. Ces suifs étrangers étant fabriqués en Irlande et en Hollande, sont plus chers et de meilleure qualité que ceux qu’on prend dans la province, parce qu’ils sont sans mélange. Si l’on en fait entrer ans la chandelle qu’on fabrique à Angoulème, c’est toujours en très-petite quantité. On emploie pour la chandelle des suifs de bœufs, de vaches et de moutons. Cette dernière espèce qui est la meilleure, n’est pas toujours la partie qui domine, et la chandelle n’en vaut pas mieux ; cependant celle fabriquée à Angouléme est communément d’une assez bonne qualité, elle est au surplus bien moulée et blanchie avec beaucoup d’attention. Le suif se vend 45 à 46 fr. le quintal. Il se fabrique à Angouléme plus de 250 milliers de chandelle qui se consomment en partie dans la province, le reste se vend au dehors, en Saintonge, à la Rochelle, sur le pied de 13 sols la livre.

On compte qu’un fabricant de chandelles qui veut bien purifier le suif qu’il emploie, perd par cette dépuration environ 10 livres par quintal, de manière que 100 livres de suif ne fournissent que 90 livres de chandelle. Tous ces déchets déduits, on croit que chaque millier de chandelle produit 60 francs de bénéfice ; ainsi 250 milliers, à quoi j’ai fait monter la fabrication de la chandelle, produisent un profit net de 15,000 francs.

Mines.

Il y a des mines de fer qui sont très abondantes, et dont le fer est fort doux. Celles de Rancogne et de Plancheminier sont les plus connues. Les premières sont situées à trois lieues et demie, est, un quart au nord d’Angouléme, et celles de Plancheminier sont à une lieue et demie sud-est de cette capitale. Ces mines ont fourni en divers tems une très-grande quantité de matière, dont on a fait des canons, des bombes, des boulets, etc., qui ont été envoyés à Rochefort par la Charente. Il y a aussi d’autres mines de fer a Rochebeaucourt et à Roussines. On avait découvert une mine d’antimoine à Menet, près de Montbron, et dans cette mine, il se trouvait aussi de l’argent ; mais la dépense qu’exigeait l’exploitation a rebuté les entrepreneurs.

Celui qui veut tirer la mine dans un terrein dont il n’est pas le propriétaire, est obligé de payer une certaine somme à celui à qui il appartient : on en paie ordinairement 10 à 12 fr. pour chaque ouverture de cinq à six pieds de diamètre, dans sa superficie.

Lorsque celui qui a payé ce droit a fait creuser fort avant dans la terre, et qu’il trouve abondamment devant et derrière, ou à droite ou à gauche de la mine, il lui est permis de la fouiller et d’en tirer autant de mine qu’il pourra sans rien payer de plus ; s’il ne trouve point de mine, il perd les 10 ou 12 fr. qu’il a payés au propriétaire de ladite terre.

Il y a des propriétaires qui font tirer eux-mêmes la mine de leurs terres, afin de la vendre pour leur compte, par une mesure que l’on appèle une fondue, c’est le terme dont on se sert en Périgord et en Angoumois. La fondue est composée de 32 petites tombrées rases ; chaque tombrée contient environ deux bacs et demi pesant environ 200 livres chaque bac, ce qui revient à 500 livres la tombrée, et la fondue, à 16,000 livres pesant.

Forges.

Quoique les grandes forges de fer soient établies dans le Périgord, cependant comme leur principal débouché se fait par l’Angoumois, et que d’ailleurs il se fabrique dans ces forges d’Angoumois des canons, des boulets, des mortiers, des bombes, des plaques de cheminées, des marmites, des poêles, etc., on peut considérer cette branche de commerce et d’industrie comme appartenant à cette province dans toute son étendue.

La plus belle forge de l’Angoumois est celle de Ruelle établie sur la Touvre : ensuite viennent celles de Plancheminier, de Roussines et de Rancogne, proche la Rochefoucauld, et celle de Combien, proche la Rochebeaucourt ; et enfin celle de Taizé-Aizie, dépendante du ci-devant marquisat de Ruffec. Dans cette dernière forge, on fabrique du fer forgé qu’on débite même en petites baguettes, par le secours d’une très-belle fenderie. On y a fait aussi, avec beaucoup de succès, des essais d’acier, suivant le procédé d’Angleterre.

La forge de Ruelle sur laquelle nous donneront ici quelques détails, est un établissement considérable sur la rivière de Touvre, qui en fait mouvoir les usines. Il y a trois fourneaux, deux seulement sont occupés pendant neuf ou dix mois de l’année à la fonte de dix-huit mille quintaux de fer, dont on fait des canons, depuis le calibre de 12, jusqu’à celui de 36. Sur ces dix-huit mille quintaux, on compte environ un tiers de déchet, tant en têtes de canons qu’en limaille, qui se tire de la forerie. Toutes ces parties du fer fondu se vendent aux maîtres de forges du Limousin, qui en fabriquent du fer forgé : ainsi il ne reste que douze mille quintaux dont on ait fait un véritable emploi.

La forêt de la Braconne, voisine de Ruelle, partagée en vingt coupes de quatre cents arpens chacune, fournit tous les ans douze mille cordes de bois de chêne, dont on fait du charbon pour !a consommation de la forge.

La mine est beaucoup plus éloignée. On la tire de quatre à cinq lieues. La meilleure et la plus abondante se trouve dans le Périgord, à dix, vingt, et trente brasses de profondeur, dans les paroisses de Feuillade, Mainzac, Hautesaye, les Farges, Nontrouneau, Lussac, Someliers, la Chapelle, le Breuil, et le Vieux-Cirier. On en trouve encore du côté de Charas, Marthon, Grassac, Combiers et Montbron, toutes paroisses de l’Angoumois, mais elle est moins bonne.

Il faut pour obtenir 18,000 quintaux de fer, 54,000 quintaux de mine : par conséquent la mine ne rend qu’un tiers de son poids de fer.

Dans la forge dont nous suivons les opérations, il y a huit équipages propres à forer les canons et à les tourner : outre cela une machine à scier les têtes des canons, et un brocart pour casser le laitier, etc., et en tirer la fonte qui y est engagée. L’atelier destiné à faire les moules des canons, est très vaste et très-commode. On fait dans cette forge, pour le compte de l’État, des mortiers, des canons de différens calibres, des aubusiers, et des pièces à la suédoise.

Dans les autres forges on travaille pour les particuliers. Le commerce de fer qui se fait par ces particuliers à Angoulême peut bien monter à quatre cents milliers par an, qui se débitent dans l’Angoumois, dans la Saintonge, dans l’Aunis, dans les isles et même dans certaines parties du Limousin. Les fers de Ruffec, les meilleurs qui se fabriquent en Angoumois, se vendent en partie dans le Poitou et surtout à Niort. Ces différentes espèces de fer forgé, non compris les canons ; forment une circulation annuelle de 150,000 fr.

Les canons font un objet considérable, ils se vendent depuis onze jusqu’à quinze francs le quintal, rendus à Rochefort.

Les forges de l’Angoumois ont pris beaucoup d’activité depuis que le gouvernement a fait fabriquer dans cette province une grande quantité de canons.

Sel.

Le sel forme un objet de commerce assez considérable à Angoulême, et il se fait principalement par les habitans du faubourg de l’Houmeau. Les barques de l’île de Ré et d’Oléron portent le sel à Charente. C’est dans ce dépôt qu’environ seize gabarres du port de 50 à 70 tonneaux viennent prendre le sel pour le conduire au faubourg de l’Houmeau ; ces gabarres sont sans cesse employées à ce transport. Lorsque la Charente est bien navigable, seize jours suffisent pour descendre à Charente et pour remonter à l’Houmeau. Mais dans les tems des basses eaux, il faut trois semaines et quelquefois deux mois pour faire ce trajet. Dans certains tems même les voituriers sont obligés d’aller à Jarnac, bourg éloigné de cinq lieues d’Angoulême, pour aller chercher le sel. D’après la considération de tous ces inconvéniens, on peut compter que les seize gabarres font environ chacune neuf retours par an. Ainsi on évaluera la quantité de sel qui se transporte à Angoulême sur le pied de cent quarante-quatre charges de gabarres. Une gabarre est communément chargée de quarante-cinq à cinquante muids de sel qui coûtent 300 à 350 francs de premier achat, ce qui fait un petit objet ; mais on doit ajouter à cette première dépense environ deux mille deux cents ou deux mille quatre cents francs de droits qu’il faut payer au bureau de Charente, pour le chargement de la gabarre indiqué ci-dessus, de manière que tous frais faits, un chargement de sel revient à-peu-près à deux mille huit cents francs, rendu au port de l’Houmeau.

La voiture n’en augmente pas beaucoup le prix : car on fait monter une gabarre chargée de sel pour environ 90 fr., tous frais faits ; les matelots trouvent des dédommagemens dans le produit du transport des marchandises qu’ils descendent à Saintes, à Rochefort, etc.

Les marchands de sel le débitent à des voituriers du Limosin et du Poitou, qui viennent chargés de merrain ou de bled, et qui le transportent dans ces provinces. Les profits de ce commerce sont peu considérables : on ne compte pour l’ordinaire que six francs de bénéfice sur le chargement d’une gabarre ; mais le foin qu’on vend aux voituriers, et le débit des provisions que prennent les matelots, forment de petits gains accumulés qui se répètent journellement.

Fabriques et manufactures.

Il y a dans l’Angoumois des fabriques de poterie, des papeteries et des forges.

Poterie.

C’est à Sainte-Eutrope, paroisse distante de cinq lieues d’Angoulême, et au Tastre, près Baigne, dans le petit Angoumois, à 8 lieues d’Angoulême, que se fabrique la poterie dont nous allons parler.

Ce genre d’industrie est d’autant plus utile que les matières premières se trouvent sur les lieux, de sorte qu’un potier, en vendant les pots de sa fabrique, ne vend en quelque façon que sa peine, car la terre se tire presque toute de la superficie du terrein qui entoure la paroisse sur un quart de lieue de circonférence, et les brandes qui servent à cuire la poterie, du moins la petite, se coupent dans les environs.

Comme les travaux de la préparation de la terre, ainsi que ceux de la fabrication de la poterie, emportent un tems considérable, un potier ne peut faire dans le courant d’une année que cent cinquante fournées de moyenne et de petite poterie, et quatre fournées de grandes poteries.

Chaque fournée contient cent vingt pièces principales de petites poteries, qui se vendent depuis six deniers jusqu’à trois sols, et même il y en a qui se paient quatre et six sols, en supposant que chaque pièce se vende un sol, l’une portant l’autre, les cent cinquante fournées produiront neuf cents francs.

Les quatre fournées de ponnes et de oules, contenant environ vingt-cinq pièces chacune, et chaque pièce se vendant depuis deux francs jusqu’à quatre fr., et deux fr. 50 centimes, prix commun, produiront une somme de deux cent cinquante francs ; ainsi un potier gagnera dans le courant d’une année onze cent cinquante livres.

Il faut communément soixante charrois de terre à chaque potier, les charrois coûtant 1 franc, cet objet fait une avance annuelle de 60 francs.

Comme c’est de la brande que l’on emploie à chauffer les fours, la consommation de bois pour chaque fournée ne va pas au-delà de 5 sols, ce qui fera à-peu-près 110 francs, à quoi l’on peut ajouter la réparation annuelle du four qui peut bien aller à 10 fr.

Le plomb nécessaire pour plomber la poterie ne peut être fixé au juste, parce que cela dépend de la quantité de pots qu’on vernit. Cependant plusieurs potiers ont assuré qu’il leur en fallait environ pour 120 fr. par an.

Sur les cent cinquante fournées on peut bien en déduire dix pour les pertes provenant d’accidens ordinaires, soit de mauvaises cuissons, soit d’autres causes, ceci doit passer en dépense et montera à la somme de 60 fr.

Si le potier n’a pas de famille en état de l’aider, il lui faut un ouvrier auquel il donne ordinairement 100 fr. par an et la nourriture, ce qui fait bien une dépense de 200 fr.

Ainsi, en prenant la somme de tous ces objets de dépense qu’on vient d’indiquer, on aura 560 fr. qui déduites de 1,150 fr., laissent pour bénéfice net 590 fr. à chaque potier. On peut faire monter ceci a 600 fr., parce qu’on a mis les profits au plus bas, et les dépenses au plus haut prix.

On ne comprend pas ici les frais des transports de la marchandise dans les villes où elle se débite, parce que l’on n’a évalué la poterie que sur le prix qu’elle a à la fabrique.

D’après ces premières évaluations qu’on a faites, il parait que tous les potiers de Sainte-Eutrope mettaient avant la révolution dans l’état un fonds d industrie qui montait à 28,750 fr., et ceux du Tastre qui ne font que les deux tiers des premiers 18,000 fr. : en tout, 46,950 fr. On ne se tromperait pas beaucoup, si l’on portait cet objet à 60,000 fr. ; parce que dans le calcul précédent on a évalué le tout au plus bas prix.

Il y a plusieurs marchands de poterie à Angoulême qui en débitent considérablement, et qui, avec peu de fonds, ne laissent pas d’en faire un commerce fort étendu.

La poterie de Sainte-Eutrope se vend aussi à Périgueux, en Saintonge, à Bordeaux, et dans toutes les petites villes des provinces voisines. Celle du Tastre se vend dans le bas Angoumois et à Bordeaux.

Papeteries.

Les papeteries de l’Angoumois ont été sans contredit les plus florissantes de la France au commencement de ce siècle. On voit par les détails que l’intendant de la généralité en donna en 1698, qu’il y avait alors soixante-seize cuves sur les différentes rivières qui avoisinent Angoulême. Avant la révolution il n’y en avait pas plus de vingt-cinq. Voici ce que Savary raporte de la papeterie d’Angoulème à l’époque où il écrivait, c’est-à-dire, environ au commencement de ce siècle.
« Le papier de l’Angoumois, au moins celui pour l’impression, est presque tout pour la Hollande ; et c’est pour cela qu’il n’y en a guères de cette sorte où les manufacturiers ne mettent les armes d’Amsterdam ; il s’en fait aussi quelques envois à Paris.
 » Les papiers qui se fabriquent en Angoumois, se distinguent en papier d’Angoumois et en papier de Périgord ; quoiqu’à la vérité les uns et les autres soient faits dans les moulins de cette première Province.
 » Les papiers qu’on qualifie papier d’Angoumois, se fabriquent, partie dans les moulins situés sur les rivières et ruisseaux qui sont proches d’Angoulème, et partie sur ceux situés sur la rivière de Nizonne, en remontant depuis Riberac en Périgord, jusques à Angoulême.
 » A l’égard des papiers qu’on nomme papier de Périgord, ils se font dans les moulins situés sur la rivière de Nizone, depuis Riberac, en descendant, jusques aux rivières de Drone et de Lisle, qui entrent les unes dans les autres, et dont la dernière tombe dans la Dordogne à Libourne.
 » Sur toutes ces rivières, il y avait environ soixante moulins, dont on parlera plus en détail dans la suite. On remarquera seulement ici que cette distinction de papier Angoumois et de papier de Périgord, n’a été imaginée que pour le paiement du droit d’ancienne marque qui est plus fort sur le papier nommé d’Angoumois, que sur celui appelé de Périgord. Différence qui se trouve aussi à l’égard des papiers de quelques autres Provinces voisines, qui passent par l’Angoumois, pour être envoyés dans les pays étrangers.
 » Papiers qui se fabriquaient dans l’Angoumois ; savoir :
 » 1°. Du papier fin, dont la rame, pèse soixante livres, qui se vend, année commune, 30 francs la rame.
 » 2°. Du royal de quarante-cinq livres pesant la rame, dont le prix est depuis 17 jusqu’à 18 francs.
« 3°. Le grand compte, du poids de vingt-huit à trente livres, qui coûte 9 à 10 francs la rame.
 » 4°. Du moyen compte, pesant dix-huit livres la rame, qui se vend 6 fr. la rame.
 » 5°. Le petit compte ou compte ordinaire, du poids de douze à treize livres, et du prix de 4 à 4 fr, 10 sols.
 » 6°. Le petit cornet, dont la rame pèse dix livres, et coûte 3 fr.
 » 7°. Autre petit cornet, qu’on nomme de la petite sorte, ne pesant que neuf livres, et se vendant néanmoins autant que le précédent.
 » 8°. Enfin, du gros bon, dont la rame pèse ordinairement de neuf à dix livres, du prix de 30 sols la rame ».

Quelques personnes ont attribué la diminution des fabriques de papier dans l’Angoumois, à diverses causes ;
- 1°. l’émigration successive des protestans ; depuis l’époque de la révocation de l’édit de Nantes en 1685, jusqu’aux derniers édits de Louis XV où l’on fesait dire bêtement à ce prince qu’il n’y avait point de protestans en France, (la loi n’en reconnaissant point ) lorsque au su et vu de tout le monde il y en avait près de trois millions ;
- 2°. les droits mis sur la fabrication des papiers. Ce dernier motif fut même l’objet d’un mémoire présenté au gouvernement. L’auteur y prétend que la diminution de ces fabriques provient moins des longues guerres qui ont occupé presque tout le règne de Louis XIV, que de quelques impositions qui ont été mises sur cette marchandise, ou sur les matières qu’on y emploie, depuis l’année 1656 ; savoir, les droits de marque, à raison de 6 sols par rame de papier fin, et 4 sols sur les papiers communs ; la traite-foraine de Tonne-Charente sur chaque balle de papier, revenant à 4 sols par rame, et encore un autre droit de traite-foraine, établi pareillement à à Tonne Charente, de 10 sols par quintal, sur les vieux linges et sur la colle qu’on tire de Poitou, ce qui enchérit encore le papier d’un sol par rame. L’auteur du mémoire était persuadé que, si on diminuait ces droits de moitié seulement, la fabrique et le commerce du papier se rétabliraient sur le pied qu’ils étaient, et qu’on pourrait voir aujourd’hui, comme autrefois, jusqu’à soixante moulins travaillant dans l’Angoumois, au lieu de seize qui y sont restés, et qui encore ne sont pas toujours occupés.

Mais une troisième cause réelle et nécessaire de la diminution des papeteries de l’Angoumois, résulte des établissemens nombreux de même espèce qui ont été successivement faits dans toutes les parties de la France, où ce genre d industrie peut être cultivé. Voyez FRANCE, papeterie.

La réputation des papiers de l’Angoumois se soutient ; et cette province est en possession de fournir aux libraires de Paris, pour l’impression, un beau papier moelleux, qui, dit-on, prend mieux qu’un autre l’impression de la presse.

La peille ou chiffon qu’on emploie en Angoumois, pour la fabrication du papier, se tire d’Angoumois, de la Saintonge surtout, de la Gascogne, du Poitou et du Périgord. La plus estimée est celle qu’on ramasse dans les environ » de Cognac et de Saint-Jean d’Angely, et qu’on nomme peille de rivière. Ensuite vient la peille de Gascogne. Celle du Poitou est d’une qualité inférieure, ainsi que celle du Périgord.

La colle dont on fait usage pour coller les papiers se tire de Niort en Poitou, de Jonzac, de Saint Jean d’Angely et d’Angoulème : celle de Jonzac est la plus estimée. En comptant la colle sur le pied de 45 livres pour 300 livres de papier, 26 cuves consommeront 120,000 livres de colle.

Les différentes espèces de papiers fabriqués dans les moulins de l’Angoumois, sont le grand colombier, le chapelet fin et le super-royal fin, mais il se fait très-peu de ces grandes sortes, ainsi que des suivantes ; savoir le super-royal second, le royal double de 35 et de 32 liv., le grand compte du poids de 26 livres, le moyen compte, l’écu, etc. du poids de 20 et de 18 livres.

La consommation tombe particulièrement sur les formes suivantes qu’on fabrique en très grande quantité, savoir ; le grand cornet, le griffon, la tellière, le petit-lys, le petit cornet, pâte première et seconde, tous papiers qui servent à l’écriture. Enfin, les carrés fins et moyens, du poids de dix-huit et de seize livres, destinés à l’impression, occupent les manufactures au moins pendant cinq mois de l’année. Il y en a même où on fabrique du carré toute l’année, tant en pâte fine qu’en pâte seconde, parce que le débit en est plus assuré, soit pour la consommation intérieure, soit pour l’étranger. Les Français se sont toujours maintenus jusqu’au commencement de 1793, dans la possession de fabriquer une grande partie du papier pour les étrangers. Les principaux débouchés du papier de l’Angoumois sont Paris et Bordeaux. De Bordeaux le papier d’impression se verse en Hollande, et ceux destinés pour l’écriture, en Espagne, dans les provinces maritimes de France, sur les cotes de la Baltique, etc. les fabricans de l’Angoumois joignent quelquefois à leurs envois des parties considérables de papiers fabriqués en Limousin et en Périgord, avec une pâte moins fine que la leur.

Rivières et navigation.

Les principales rivières de l’Angoumois, sont la Charente, la Tanore, la Tardoire, le Bandiat, la Drome, la Lisonne et la Thude.

La Charente prend sa source proche de l’église de Charonnat, paroisse comprise dans cette espèce d’enclave du Poitou, qui se prolonge entre le Limousin et l’Angoumois. C’est jusqu’au faubourg de Lhoumeau qu’elle est navigable, et qu’elle porte des bagarres de 50 à 60 tonneaux. On a proposé de la rendre navigable au-dessus de ce faubourg, et même jusqu’à Civray. Avec les travaux projettes, elle sera en état de faciliter le transport, et l’exportation des denrées d’un pays fort étendu.

Au-dessous d’Angoulême, la Charente, dans l’espace d’environ deux lieues, reçoit plusieurs ruisseaux ; savoir : l’Anguienne, les eaux claires, Chareau et la Bohème : c’est sur ces ruisseaux que sont établis tous les moulins à papier de l’Angoumois, et d’autres moulins a foulons. Cette rivière est très-poissonneuse, et son poisson est excellent. Ses débordemens, bien loin d’endommager les terres, les engraissent au contraire, et les rendent plus fertiles. On trouve, dit-on, dans la Charente, à peu de distance de Saint-Savinien, à trois lieues nord-nord-ouest de Saintes, de grosses moules, où il se forme des perles qui ne cèdent en rien à celles du Levant ; au reste, la rivière, dont il est question, est navigable dans une bonne partie de son cours, et les plus gros vaisseaux la remontent jusqu’à Rochefort.

Les autres rivières qui ont leur cours dans l’Angoumois, sont toutes fort petites, et elles ne sont remarquables que parce que leurs eaux ont une propriété singulière pour faire de très-beau et très-bon papier.

L’Angoumois formait la plus grande partie de de ce qu’on appelait autrefois la Généralité de Limoges. Voyez Limoges. Voyez encore Charente (département).


ANGOULÈME

Ville de France ; capitale du ci-devant Angoumois, aujourd’hui dans le département de la Charente, dont elle est chef-lieu, est située presqu’au milieu de la Province, sur le sommet d’une montagne, environnée de rochers sur la rive gauche de la Charente, à environ 24 lieues nord-ouest de Bordeaux, 20 lieues de Limoges, 25 lieues est-sud-est de la Rochelle et 128 lieues sud-sud-ouest de Paris. Long. 17 48. lat. 43 40.

Commerce. Le principal commerce d’Angoulême consiste en papiers, en vins, eau-de-vie et sels. Quelques-unes de ces marchandises se fabriquent dans la ville ou aux environs, et les autres y sont transportées du pays d’Aunis sur la Charente. La consommation s’en fait, partie à Angoulème, et partie dans les Provinces d’Angoumois ; Périgord et Limousin. Aux marchandises et denrées, dont nous venons de parler, il faut ajouter le safran, que les habitans d’Angoulème cultivent avec le plus grand soin, et dont ils font un débit également considérable et avantageux, quand la récolte en est bonne.

Un autre objet de commerce, c’est le produit des forges de l’Angoumois et. du Périgord.

Sel. Les sels dont ou fait commerce à Angoulème, viennent de Saintonge. Ils y sont amenés dans des gabarres on bateaux, d’où ils se transportent en Auvergne, en Limousin, en Périgord et dans la Marche, sur des charettes et à dos de mulet. Mais, malgré la nécessité du sel dans cette Province, les profits y ont été longtems médiocres. Les droits du bureau de Tonne-Charente, les différens péages des seigneurs qui avaient .des terres situées sur cette rivière, en emportaient la meilleure partie.

On fait à Angoulème des serges ; des ras, des droguets, avec les laines du pays et celles du Médoc, etc. Mais la principale industrie en genre de lainages est de serge de Minorque, sorte d’étoffe glacée, serges de Rome doubles, hollandaise ou callemaride à cote, canadienne, étoile anglaise cannelée, ordinairement en deux couleurs bien assorties, ratine, façon d’Alby ; enfin, beaucoup d’étoffes grossières.

Il y a aussi une manufacture de siamoise. On y fabrique toutes sortes de siamoises rayées, des siamoises pour doublure, des basins à cotes, des étoffes, chaîne de fil et trame de coton à deux ou trois bouts de deux couleurs, ce qui forme des étoffes jaspées, fort propres pour des habits, et d’un bon usage. Les filatures qui fournissent à ces fabriques sont répandues dans plusieurs petites villes de l’Angoumois, telles que Ruffec, Verteuil, Château-neuf, Montbron et la Rochefoucault. On y a aussi fabriqué des coutils, des toiles ouvrées, des damas de Caux et des espèces de siamoises damassées pour des jupons ; mais ces manufactures sont réduites à peu de chose aujourd’hui.

Il y a plusieurs bonnetiers à Angoulème, occupés à faire filer des laines grossières, même des repaignons d’étam, à faire tricoter à la broche, à faire fouler les bas, à les dégraisser et à les tondre. Ils teignent aussi eux-mêmes leurs bas avec l’orseille ou le santal.

Il y a des tanneries où on prépare des cuirs forts à la chaux, à l’orge et à la jusée, des vaches en boudrier, des cuirs blancs rasés à l’alun, toutes sortes de peaux de veau et des peaux de chèvre maroquinées.

Il y a plusieurs mégissiers à Angoulème, occupés à préparer les peaux de moutons de brebis et d’agneaux en blanc : ils tirent leurs peaux de l’Angoumois, du Périgord, du Limousin, de la Saintonge et du Poitou. Celles du Poitou et de la Saintonge sont les plus estimées. On peut apprêter, dans chaque mégisserie, environ 150 douzaines de peaux chaque année ; ce qui fait en total 18,000 peaux qui sortent des dix mégisseries de cette ville. Ces peaux se vendent à Vendôme, à Paris, à Saintes, à Périgueux, à Poitiers et à Saint Junien, en Limousin.

Outre ces mégissiers, il y a encore de » chamoiseurs.et teinturiers en peaux.

Il y a. aussi une raffinerie de sucre, où on prépare de toutes les espèces de sucre, depuis le sucre dit royal jusqu’aux vergeois et cassonades.

On y trouve une amidonerie, où on fabrique, avec succès, de la poudre fine et superfine etc. ainsi que de l’amidon bien dégraissée et d’un beau blanc.

Il y a une fayencerie à Angoulème et une autre à Rabion, à une petite lieue de la ville.

Il y a une fabrique d’ustensiles de cuivre ; où on fait des chaudières destinées à la distilalion de l’eau-de-vie, en deux pièces d’assemblage seulement ; chaudières pour les rafineries de sucre, pour les teinturiers, etc.,chaudrons, casseroles, marmites, bassines ; ce qui forme un emploi d’environ 25 milliers de cuivre rouge, sans y comprendre le cuivre jaune qu’on fait marteler à bras d’hommes.

Horlogerie. L’horlogerie était autrefois en réputation à Angoulême, mais elle a peine à s’y soutenir, ou plutôt elle est tombée aujourd’hui.

Il y plusieurs papeteries dans cette ville, dont le papier jouit d’une grande réputation. On en parlera à l’article Angoumqis.

Eaux de-vie. Le commerce le plus considérable d’Angoulème, sont les eaux-de-vie. Il peut aller tous les ans à cinq ou 6,000 barriques.

Le commerce des eaux-de-vie est exposé à de grandes variations, d’après celles auxquelles le prix de cette denrée est sujet. Ces variations donnent lieu a des spéculations très incertaines gui peuvent ou procurer des profits immenses, ou entraîner des pertes ruineuses.

La juridiction consulaire d’Angoulême a été créée en 1710 ; elle est aujourd’hui remplacée par un tribunal de commerce. Voici quelle était son organisation. Par les arrêts des 19 décembre 1732, et 13 décembre 1735, il était réglé que l’élection annuelle d’un juge et de quatre consuls, se ferait le lendemain de Saint-Thomas, qui est le 22 décembre : que trois jours avant celui de l’élection, les juges et consuls en charge, convoqueraient trente-cinq notables bourgeois, marchands et négocians, dans le nombre desquels seraient premièrement convoqués les anciens juges et consuls : qu’après la messe du Saint-Esprit, qui se dirait le jour de l’élection, on se rendrait à l’audience, et que là, des trente convoqués il en sortirait treize, par voie de scrutin, et que les quinze qui demeureraient, nommeraient, avec les cinq en charge, le juge et ensuite les quatre consuls, aussi par voix de scrutin, et sans partir du lieu.

La juridiction consulaire était composée,
- D’un juge et quatre consuls
- 9 anciens juges,
- 14 anciens consuls,
- 1 fermier du greffier,
- 2 huissiers.

Les appels se relevaient au parlement de Paris.

Foires et marchés. Il y a à Angoulème quatre foires, appelés autrefois royales, chaque année. Deux de ces foires étaient franches de tous droits ; aux deux autres il se payait un péage, qui était peu de chose.

Le mercredi et le samedi de chaque semaine il y avait aussi, dans cette ville un marché pour les bleds et pour toutes sortes de denrées et de marchandises nécessaires à la vie.

Les foires et marchés subsistant toujours : mais les époques en ont été changées. Nous les ferons connaître au tableau général des foires à l’article France.

Navigation, La ville d’Angoulème retire beaucoup d’avantage pour son commerce, de sa proximité de la Charente. C’est par cette rivière qu’elle envoie ses marchandises et qu’elle reçoit celles dont elle a besoin.

Mesures

. liv. myriag. grammes. millig.
Le septier de froment pèse 80 3 9131 681
de méteil 75 2 6685 951
de seigle 70 3 4240 221
d’orge 55 2 6003 031
d’avoine 50 2 4457 301

La pinte contenant 2 chopines ou 4 demi-septiers pèse

. liv. onc. gr. myriag. grammes. millig.
Vin 2 8 0 1322 825
Eau-de-vie 2 2 0 1039 435
Huile d’olive 2 0 978 292
Huile de noix 2 9 0 1253 437
Huile de graine 2 1 0 1008 864
Huile de poisson 2 9 0 1253 437

La barrique contenant

190 pintes avec la lie liv. onc. gr. 180 pintes sans lie liv. onc. myriag. grammes. millig.
Vin 475 Vin 450 22 115 301
Eau-de-vie 404 12 Eau-de-vie 382 8 18 7098 546
Huile d’olive 380 Huile d’olive 360 17 6092 761
Huile de noix 486 14 Huile de noix 461 4 22 5618 194
Huile de graine 391 14 Huile de graine 371 4 18 1595 654
Huile de poisson 486 14 Huile de poisson 461 4 22 5618 194

Population. Selon l’auteur du Dictionnaire des Gaules, on comptait, de son tems, à Angouléme, 2,240 feux et environ, 11,200 âmes ; mais par le dénombrement fait dans cette ville, en 1764, il s’y est trouvé 12,174 habitans.

Suivant M. Necker (Administration des finances de France, tome I ) les naissances multipliées par 27, donnent 13,000 individus pour Angouléme, nombre qu’il regarde comme représentant la population réelle de cette ville en 1784.


[1Tonnay-Charente

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