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1776 - Etat des revenus du Comté de Matha : compte d’exploitation commenté

D 24 septembre 2008     H 01:22     A Pierre     C 0 messages A 713 LECTURES


Le régisseur du comté de Matha ne se contente pas de fournir les résultats de sa gestion : il propose des solutions pour améliorer la rentabilité du domaine qui lui est confié. Le comte de Bourdeille, seigneur de Matha, prenait-il le temps de lire ce rapport ? On sait qu’il le conservait dans ses archives.

Source : Archives Départementales 17 - cote 1 J - Transcription : P. Collenot

Document sans date : 1776 ou 1777

Etat des revenus du Comté de Matha

Le cencif [1] contenant environ mille à douze cents articles dont la majeure partie sont deus, en boisseaux de froment, méture et avoine, les autres en volailles, très peu en argent - ces derniers sont les moins considérables – a produit depuis huit à neuf ans annuellement la somme de 3000#
Le droit de guet et garde, deus par les paroisses de Saint Téries [2] et Banizeau [3] au nombre de environ quatre cent feux, à 5s par feux cy 100#
Les los et vantes deues par chaque vente de fonds, au denier six, dont on fait ordinairement grasse de partie peuvent s’évaluer annuellement à peu près à 300#
Le four banal des bourgs de Mathas et de Saint Teries, contenant environ trois cent feux, dont le droit de fournage se persoit au quatorze, peut rapporter annuellement 2000#
Les agriers en bleds, de toutes espèces, rapportent à peu près annuellement deux cent cinquante boisseaux, mesure du lieu, pesant 100lb, qui équivallent à 5 boisseaux chacun de la mesure de Paris, à 5# le boisseau, 1250#
6650#
Les agriers en vin rapportent à peu près annuellement cent cinq bariques de vin tant blan que rouge, la barique de 240 pintes, mesure de Paris, qui se vend année commune 15# la barique, l’un dans l’autre, cy 2250#

Nota : que l’usage du pays est de convertir du vin blanc en eau de vie, qui se vendant aux negotians, cette danrée sujette à des révolutions qui étant gardée quelques années doublent sa première valeur, les vins rouges se vendent aussi très bien, pour la province du Poitoux, et pour les ports de Rochefort et de La Rochelle.

La récolte de la pièce de terre appelé le grand pres, qui faisoit autrefois un prés tres bons, facile a aroser, de la contenance denviron trante journaux, convertie, aujourd’huy, en terre labourable, rapporte annuellement avec deux autres petites pieces de terre labourable, y joignant, environ 100 Bx de bleds de toute espèce a 5# le Bx 500#
Les vignes a la main consistant en les plantis des Breuils et du Marquisat contenant au total 250 a 260 gerbes, equivalant a 50 journaux a raison de cinq gerbes au journal, dont la recolte peut rapporter annuellement 30 barriques de vin a 15# cy 450#
9850#

Nota : le vieux plantis du Marquisat ne doit plus être compté aujourd’huy dont les facons excedent les revenus on ne doit compter que sur environ 30 gerbes plantées depuis six a sept ans il y a dans le même lieu du Marquisat de quoi faire un nouveau plant de vigne tres etandus qui remplasseroit lancien, cent le terrin qu’a aquis Mr le Cte de Bourdeilles, ou il avoit commencé a faire planter les 30 gerbes cy dessus citées ou pourroit mesme létendre davantage par les nouvelles acquisitions qu’on pourroit y faire le terrin nétant pas cher dans cette partie, en arrachant le vieux plantis ou le convertiroit dabord en sinfoin ensuite en terre labourable, il en rapportrait bien davantage et pouroit être retablis en vigne une dizaine d’années après atendus que le crus du vin est des meilleurs du pays en cette partie.

La récolte des foins consistant en deux pieces de prés attenantes au Château rapportant annuellement année commune trante miliers de foin qui se vend communément 20# le millier 600#
10450#
La coupe des bois taillis chaque année rapportent environ vingt milliers de fagots de fourage qui se consomme a l’entretien des fours banaux tant de Masthas que de Banizeau, et quatre a cinq milliers de trilles ou gros brins qui se vandent annuellement 35# le millier 140#

Nota : les futais repandus dans les differentes coupes des bois y portent un prejudice considerable et on ne doute pas que le produit des taillis nogmentat de moitié si les arbres futais etoit exploités dautant quils sont tous sur le retour et que ces arbres déperissent aujourd’huy au lieu d’augmenter on estime que le produit de la vantes de ces futais seroient un objet d’environ 10000# qui ne rapporte rien.

On observera aussi au même lieu qu’il y a une prodigieuse quantité de bois de rivière autour des pres de Mastas et de Banizeau et beaucoup de vieux arbres testards sur les bordures des faucés et dans la garenne de Banizeau qui deperissent au lieu daugmenter qu’il seroit bon d’auter dont la vante produiroit encore à ce que l’on estime environs 5000# sans diminuer les revenus du Comté de Masthas.

Sous fermes

La ferme des moulins du château avec le prés en dependant etoit le dernier bail de 100 Bx de bled dont 40 de froment et soixante de meture que l’on peut evaluer chaque année a 6# le Bx 600#
La ferme de la prerie, des terres labourables et autres domaines (sauf les bois) des agriers tant en bled qu’en vin, de la terre de Banizeau, du plantis de Motet, et du four banal de Banizeau dont le bail actuel est de 2400#
La ferme du fief de Foulereau dans la paroisse Siec [4] est actuellement de 700#
14290#
La ferme d’Aumagne 1000#
La ferme des hales et droit de foires au nombre de 5 par an 100#
Les fermes des vilages des Vignes, d’Ains, Brie, Maqueville, Braidon et Saint Ouen [5] et de quelques autres petits agriers détachés fait un objet de 200#
La ferme du greffe de la juridictiction ordinaire du Conté de Masthas et de la grurie Royalle d’ycellui 150#
Total des revenus 16740#

Nota : independamment du four banal il existe un autre four qu’exploite un boulanger gagé auquel on fournit largent necessaire pour acheter des grains qu’il convertit en pain et qu’il vant aux public dont il rend conte aux regisseur, cet objet n’ayant jamais fait un grand benefice qu’au contraire il préjudicit aux four banal en ce que dans une certaine saison les habitans sujait a la contrainte du four manquant de grain prefere d’acheter leur pain de ce boulanger plutot que d’acheter du grain dans le minage voisin pour ensuite cuire leur pain au four banal ce qu’ils seroient obligé de faire s’ils navoient pas cette ressource. On a donc pas jugé a propos d’en faire mention dans la recette parcequ’on ne scauroit trop tot reformer un etablissement aussi abusif.

Frais de Regie

Nota on va donner cet état conformement
- 1° a ce qui s’est pratiqué depuis 1768 jusqu’à 1773,
- 2° depuis 1773 jusqu’à 1776,
- 3° conformément a ce qui se pratique aujourd’huy.

État des frais de Régie depuis 1768 jusqu’à 1773

Au Sr Chopy de Masthas pour la regie administration et recette des revenus dudit Conté de Mathas de gages par an sans nourriture 500#
Aux nommé Arramy de Masthas pour la nourriture et gage de lui sa femme et trois autres domestiques pour le labourage du plantis des Breuils, la culture des jardins, le labour et cultiver des terres labourables, pour faucher les pres, pour moissonner battre et vaner tous les bleds 800# en argent et 4 barriques de vin et leur chaufage 900#

Nota on fait actuellement labourer les terres par les bouviers corveable, c’est une economie a la vérité mais on cour risque que le labourage soit mal fait et que la récolte en soit moins abondante.

Pour la nourriture de deux bœufs de labour, dune jument destinée a voituré les pastes au four banal, l’entretien des charrues, charetes et autres ustanciles 200#
Aux nommé Berthelot pour chaufer ledit four banal de Masthas de gages par an 80#
1680#
Pour la facon des vignes de la tailles et du labour du Marquisat a la quantité de 150 gerbes a 20s la gerbe 150#

Nota on a pris lusage de se servir des corveable pour la culture des vignes, c’est un moyen sur de les anneantir dans peu sur tout pour la tailles qui etant mal faite et tailliée trop longue fait perir une vigne dans deux ou trois ans.

Pour les frais des vendanges, les complanteurs necessaire, pour la recette des droits dagrier etoient payés a 20s par jour sans nourriture et pour les vignes a la main on prenoit des corveables auquels on donne 5s par jour sans nourriture en sorte que cette depence se montoit annuellement a 100#

Nota cette methode ne vaut rien quelque peu dispendieuse quelle paroisse parce qu’en etant obligés de prendre pour conplanteurs des domiciliés gens la plus part sans fortune, interessé directement ou indirectement a favoriser la fraude, la coupe des raisins des vignes a la main faite par des corvéables qui n’ont pas même leur nourriture est aussi susceptible d’une infinité d’abus, on pourroit bien faire usage de ces corveables pour cette opération en ayant quelqu’un entendu pour les suivre et en les nourrissant bien. Quant aux complanteurs il vaut mieux avoir des etrangers a qui l’on paye 10 ou 12s par jour et la nourriture.

1930#
La fagoture des bois taillis de la coupe annuelle montant a vingt cinq milliers compris les trilles ou gros brins a 7# le millier 140#
Pour les gages d’un garde grurier 250#
Total des frais de régie depuis 1768 jusqu’à 1773 par chaque année 2320#

Etat des frais de régie depuis 1773 jusqu’à 1776

Au Sr Deschirons et sa femme de gages par ans 900#
Pour la nouriture dudit Sr Deschirons celle de sa femme ses trois enfans et celle d’un cheval a son usage que l’on n’établira ici que par supposition a 1200#
Les gages et la nourriture d’une servente aussi par supposition 150#
Les gages et nourriture d’un tonnelier chargé de l’entretien et racommodage des futailles et de faire les agriers en bled et les droits aux treuils lors des vandanges 300#
Nota ce domestique ne subsiste plus depuis environ une ans ce ne seroit cependant pas le moins necessaire dans une regie bien administrée.
2550#
Les gages et la nourriture de quatre domestiques de paine dont un chargé de chaufer le four banal, un autre du labourage des terres a bled, les autres a cultiver les vignes a la main, du plantis des Breuils, les jardins, de faucher les pres couper battre et vanner les bleds, exploiter les bois taillis avec des corveables que l’on est en usage de prendre pour leur aider dans toutes ces operations, estimé par supposition a 1200#

Nota depuis deux ans ces quatre domestiques ne subsiste plus on a pris un homme du Bourg de Masthas pour chaufer le four banal, les terres labourables sont cultivées par des corveables bouviers, les jardins et l’exploitation des bois taillis par des corveables a bras, aujourd’huy par des fagoteurs payés a 7# du millier des fagots qu’ils font et des trilles ou gros brins comptés a trois pour un. Cette dernière méthode est la meilleure. Si l’on eut continué longtemps a faire usage des corveables pour l’exploitation des bois taillis on leur eut porté un préjudice considérable par la mauvaise exploitation provenant de la negligence de ces sortes d’ouvriers. Les vignes a la main ont aussi dabord été cultivées par des corveables mais on croit qu’aujourd’huy elles le sont par des vignerons payé a 20s de la gerbe ou 5# du journal pour deux façons de labourage et la taille ou coupes des vignes.

3750#
Pour la nourriture de deux bœufs de labour et de la jument destinée a voiturer les pastes (voyez cet article dans l’état précédent) 200#
Pour la nourriture et payement des journées des complanteurs et autres frais de vandange de même que dans l’état precedent 100#
Pour la nourriture et les gages du nomé Tineau, ceux de sa femme et de ses enfans etablis au Marquisat pour en cultiver les vignes y garder des veaux et des moutons qu’on estime au moins 400#

Nota cet etablissement ne subsiste plus dont le produit ne recuperoit pas la depence a beaucoup près cependant cet etablissement seroit tres avantageux s’il etoit entre les mains d’un bourdier laborieux intelligent et interressé dans les benefices des bestiaux qu’il eleveroit, le pacage des bois de Masthas en etant proche et des plus considerables par leur etandue lorsquils seront soigneusement gardé. Le dit Tineau sa femme et son fils font actuellement le service de domestique au château de Masthas et y sont les seuls.

Pour les gages du garde grurier 250#
Nota on a depuis un an suprimé les gage de ce garde qui na plus que ce qu’il peut atraper aussi traite il avec les particuliers et les bois n’en sont pas mieux, la peche et la chasse sont a la merci publique
Total des frais de régie chaque année depuis 1773 jusqu’à 1776 4700#

Etat des frais de la régie actuelle

Au Sr Deschiron et sa femme pour leurs gages 900#
Leur nourriture comme dans le preced. état 1200#
Pour les gages la nouriture du nomé Tineau, sa femme et son fils servant de domestiques 400#
Pour la culture des vignes a la main consistant dans les plantis des Breuils et du Marquisat contenant environ 260 gerbes de vignes a 20s la gerbe 260#

Nota : La culture des terres labourables se fait par les bouviers corveables et toute la moisson des bleds soit pour les couper les battre et les vaner se fait par les corveables a bras, on ne peut que perdre beaucoup par la mauvaise facon dont il est coupé dans les champs, bateu et vané, la méthode usitée generalement dans le pays et preferable a toute celle cy dessus cytée, on prend un nombre suffisant de moissonneurs pour couper battre et vanner les bleds qui levent aux boisseaux cet a dire de huit ou de dix boisseaux selon la convention qui depent du plus ou du moins d’ouvrage ils en ont un pour eux. D’autres sont dans l’usage d’accueillir ces moissonneurs pour le temps de la moisson c’est à dire de la St Jean a la St Michel comme on fait d’autre domestiques auquels on donne des gages soit en argent ou en bled et la nourriture. Cette derniere méthode n’est guerre en usage que dans les grosse ferme ou maitairie ou il n’y a que des terres a la main.

La recolte des foins se fait de même aujourd’huy par les corveables il est impossible quelles soient bien faite. On ne scauroit avoir de trop habile faucheurs qui coupent l’herbe bien ras, il est donc plus avantageux de les payer et nourrir. Cet objet de depence seroit toujours recupéré par la bonne coupe et l’augmentation du foin. On peut encore et ce seroit le mieux vendre l’herbe sur pied à un certain prix le journal apres avoir reservé la provision necessaire. On peut encore afermé chaque journal de prés pour un certain temps.

Pour les gages du nomé Malliou fournier du four banal de Masthas 80#
Pour la nouriture de la jument destinée a voiturer les pastes 60#
2900#
Pour la nouriture et payement des journées des complanteurs et autres frais de vandanges comme cy devant 100#
Pour l’exploitation de la coupe des bois taillis idem 140#
Total a quoy se monte les frais de la Regie actuelle 3140#

Nota : on na point compris dans ces differants etats de frais de Regie les voiture des fagots provenants des coupes des bois et d’autres ouvrages pour lesquels les corveables tant a bras qu’a bœufs sont employés auquels il est d’usage de donné 5s a chacun pour leur tenir lieu de leur nouriture ; attendu que cette depence se trouve et au dela sur le produit de la recette des biens et corvées que les corveables des paroisses eloignées prefere de payer en argent plutot que de les venir servir dont on a point aussi fait mention dans l’etat des revenus ce produit n’étant pas toujours le même et ne pouvant s’exiger etant volontaire de la part des corveables, on dira seulement qu’en 1769 il a monté a 500# ce qui prouve que le nombre des corveables est considerables en effet c’est un objet année commune d’environ 4000 journées tant a bœufs qu’à bras cependant qu’il pourroit augmenter les revenus de près de huit a neuf cent livres.

- 3° le rétablissement de la Bordrie [6] du Marquisat dans laquelle on pouroit mettre un bourdier [7] qui eut un suffisant nombre d’enfans pour cultiver les vignes qu’il faudroit continuer d’y planter et avec deux bœufs les terres labourables qui en dependroient qui sont la plus part des plasses vides dans les bois taillis incultes depuis nombre dannées qui cultivées et augmentées par les fients des bestiaux de la Bordrie rapporteroient beaucoup de bled. Un particulier qui cultivait ces terres il y a 40 ou 50 ans assure qu’il y a ramassé jusqu’à 200 Bx de bled. La proximité des bois facilitroit de donner au bourdier des bestiaux a garder tels que des moutons des juments poulinieres ou des vaux qui s’eleveroient a peu de frais dans les bois en edifiant seulement comme on a déjà dit le vieux plantis en sinfoin dont le produit ne laisseroit pas dêtre considerable ces objets peuvent produire annuellement six a sept cent livres de revenus on pouroit encore faire semer du glan dans ces différentes places vides dans les bois qui par la suite augmenteroient considerablement les coupes.

- 4° lexploitation des futais dans les bois et des testars dans la garenne de Banizeau en augmentant les coupes en augmenteroit les revenus outre que le produit de la vante placé avantageusement rapporteroit un interest au lieu que non seulement ils ne produisent rien ils nuisent beaucoup aux taillis.

On recommende surtout de ne jamais plus faire usage des corvéables pour lexploitation des bois taillis si l’on est jaloux de leur conservation, et de retablir au plutot un garde actif et vigilent avec des gages honêste pour veiller a leur conservation. On sappersevra infailliblement dans les coupes prochaines, du dommage quelles auront souffert de ces deux faux points d’économie.

On ne scauroit aussi trop réprimer labus de faire cultiver les vignes a la main par les corvéables sans quoi on en verra infailliblement bientôt la fin. Pour travailler au contraire a les retablir il faudroit au plutot y employer de bons vignerons laboureurs payés a un prix raisonnable selon lusage du pays ; il ne seroit même pas mal de leur faire donner une troisieme façon de labour pendant quelques années, de les fumer avec de bons fians ce qui ne leur est peut être jamais arrivés.

- 5° outres les deux moulins du château il en existe un troisieme apellé le moulin Besson situe au bout du jardin du château que l’on a laissé dépéri et tombé en ruine on ne sçait pourquoi, qui ne laisserait pas que de rapporter du revenus s’il etoit rétabli. Il lavoit été en 1771 et il fut exploité pendent un an par un domestique pour moudre les bleds destinés pour le boulanger etablis au petit four (dont on a parlé a la note mise au bas de létat des revenus) de plus on en a pris les moulanges et autres pièces et ustanciles pour reparer les deux autres. La reparation de ce moulin pouroit faire un objet de 1000 a 1200# et on pouroit l’affermer 60 a 80 boisseaux de bled qui vaudroient année commune 3 a 400# de revenus.

6° la verification generale du compté de Masthas est une opperation non moins essencielle, dispendieuse a la vérité mais dont la depence se retrouveroit par une infinité d’objets, de droits, tant utilles qu’honorifiques que l’on recouvreroit et qui sont perdus. On est toujours assuré de plusieurs articles de rente du cencif qui ne se payent point depuis un temps infinis et on soupsonne qu’il y a quelques pieces de terre a l’agrier dont les droits sont perçeus par d’autres seigneurs voisins qui s’en sont emparé.
On pense que dans letat ou sont les chauses le plus avantageux dans ce momens ne seroit pas d’affermer la totalité de la terre de Masthas parce que pendant le cour du bail il ne seroit pas facile d’operer sur les objets suceptibles d’amelioration et qu’en tout cas elles seroient en pure perte pour le seigneur pendant le cour du bail. On pouroit pendant quelques années affermer a par celle comme celle qui le sont déjà les parties des revenus qui sont en regie et ne conserver que celles sur lesquels on jugeroit a propos de travailler a ogmenter les revenus. On pouroit donc par exemple laisser subsister les sous fermes faittes affermée pour le meme espace de temps qu’il en reste a expirer les agriers tant en bled qu’en vin, le four banal, les terres labourables excepté la piece appellée le Grand Prés si l’on etoit davis de le reidifier en prés. On reserveroit aussi en Regie le cencif, la Borderie du Marquisat, les vignes a la main et les prés du château que l’on confiroit a une personne intelligente en qualité de receveur ou regisseur qui executeroit les plans damelioration qui lui seroit proposé conformement au memoire cy dessus et a ce que lexamen du local pourat sugerer après ces operations, finir a peu près au même temps que les termes des fermes expireroient ou pouroit alors se decider a affermer la totalité de la terre de Masthas qui se trouveroit dans toute sa valeur et dans le cas d’être affermée beaucoup plus quelle ne le seroit aujourd’huy ; dailleurs, de cette maniere, on en connoitroit plus positivement la valeur.


[1Censif : rôle d’imposition du cens, impôt seigneurial dû par les tenanciers.

[2Saint-Hérie, une des deux paroisses de Matha

[3Bagnizeau, canton de Matha

[4Siecq, canton de Matha

[5Les Vignes, commune de Sonnac, Haimps, Brie-sous-Matha, Macqueville, Bresdon et Saint Ouen, communes du canton de Matha.

[6Borderie : métairie

[7Bourdier ou bordier : métayer

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