1849 - La colonie agricole de la Vallade continue contre vents et marées - Archives

D 19 mars 2016     H 17:57     A Pierre, Razine     C 0 messages A 76 LECTURES


Plan général de cette étude Références et bibliographie

L’année 1848 s’était terminée sous le signe du désordre pour la colonie agricole de La Vallade. A la suite de différents rapports adressés au Préfet l’Administration est partagée. Certes, La Vallade rencontre des difficultés sur le plan de l’organisation mais il convient de soutenir l’initiative privée, l’assistance publique ne pouvant à elle seule gérer le trop plein de ces enfants déshérités. L’action de de Luc se doit d’être encouragée. Cependant, La Vallade est désormais sous surveillance.

Archives de l’année 1849 associées à cet article

AD17 - 3X373

- 15/04/1849 : Lettre du Sous-préfet de Saintes à Jean de Luc. Voir ce document
- 24/05/1849 – Extrait du registre des délibérations de la commission administrative de la colonie agricole de Valade. Voir ce document
- 27/05/1849 – Mise en place de la commission de surveillance de la Vallade. Voir ce document
- 30/06/1849 – Lettre du sous-préfet de Saintes aux membres de la commission administrative de l’hospice civil de Saintes. Voir ce document
- 31/07/1849 – Le même aux mêmes. Voir ce document
- 26/08/1849 - Article du journal l’Union Républicaine
- 27/08/1849 – Lettre du sous-préfet de Saintes au Préfet de la Charente-Inférieure. Voir ce document
- 03/09/1849 – Délibération du Conseil Général : vote de la suppression de toute allocation de fonds à la Vallade. Voir ce document
- 09/09/1849 - Article du journal l’Union Républicaine
- 06/11/1849 – Le Maire de Bordeaux au Préfet de la Charente-Inférieure. Voir ce document
- 10/11/1849 – Lettre du Préfet de la Charente-Inférieure au Maire de Bordeaux.Voir ce document

15/04/1849 : Lettre du Sous-préfet de Saintes à Jean de Luc.

Monsieur le Directeur de la Colonie agricole de Vallade, commune de Rétaud

Le 15 avril 1849

Monsieur le Directeur,

J’ai l’honneur de vous adresser ci-joint, un mandat de la somme de 2 000 francs, pour servir en paiement de la subvention de pareille somme qui suivant l’avis que je vous en ai donné par ma lettre du 18 janvier dernier, a été accordée sur les fonds départementaux à la colonie agricole que vous dirigez.

Par lettre du 10 de ce mois, M. le Ministre de l’instruction publique et xxx m’annonce que prochainement, il m’adressera l’ordonnance de délégation xxx de 500 francs qu’il a alloué à votre établissement sur les fonds de son ministère exercice courant.

Ces encouragements doivent vous porter, Monsieur le Directeur, à ne rien négliger pour améliorer les différents services de votre philanthropique fondation ; de mon côté, je ferai en sorte que sous mon administration, elle continue à recevoir les subventions qui doivent contribuer à son développement.

signature

24/05/1849 - Extrait du registre des délibérations de la commission administrative de la colonie agricole de Valade.

L’an 1849, le 24 mai étaient présents et réunis à l’hôtel de la sous-préfecture : Monsieur le sous-préfet de l’arrondissement de Saintes président, et MM Charrier juge de paix, Arnaud Edmon propriétaire, Sarrazin Léon propriétaire, Marc Arnaud banquier.

Monsieur le sous-préfet a donné lecture d’un arrêté de Monsieur le préfet du département, instituant une commission de surveillance près de la colonie agricole de Valade, et portant nomination comme membres de ladite commission de MM
le Sous Préfet de l’arrondissement de Saintes, président
le Maire de Saintes, vice président
Charrier juge de paix du canton de Saintes (nord)
Arnaud Edmon propriétaire
Sarrazin Léon propriétaire
Daubonneau propriétaire
Poitevin Maire de Rétaud
Marc Arnaud banquier.

Après cette lecture et après avoir rapporté que la principale mission de cette commission, et de renseigner l’administration supérieure sur les besoins de cet asile, et la direction à imprimer à cet établissement subventionné par l’État et le département.

Monsieur le président a déclaré la commission installée.

Cette installation faite, il a été procédé à la nomination d’un secrétaire. Après délibération Monsieur Marc Arnaud a été nommé secrétaire.

La commission ainsi définitivement constituée, Monsieur le président a donné lecture d’une lettre de Monsieur Poitevin s’excusant de ne pouvoir assister à la séance.

Monsieur le sous-préfet a ensuite exposé à la commission, que s’il avait retardé le jour de la réunion, malgré tout le désir qu’il avait de voir cette commission venir en aide à un établissement utile, c’est que ce même établissement était lui-même en état de transformation. En effet ajoute Monsieur le président : jusqu’à ce jour l’autorité supérieure avait considéré l’établissement de Valade comme une petite colonie agricole, que c’est ainsi que M. de Luc lui-même l’avait toujours présenté, mais que depuis quelques temps, son directeur Monsieur de Luc, surtout depuis son nouvel établissement dans l’arrondissement de Maremnes a réduit l’établissement de Valade, et dans le nombre des enfants et dans la direction du travail, de telle sorte que l’on ne peut considérer dans ce moment cet établissement que comme un établissement nourricier, digne du plus grand intérêt, mais n’étant plus dans les conditions primitives.

Ces motifs justifiant le retard apporté dans la convocation ont été appréciés et approuvés par tous les membres de la commission, et ils ont d’un commun accord remercier Monsieur le président des soins tout particuliers qu’il a déjà apportés à cette affaire.

Après cette manifestation de la pensée de la commission, Monsieur le président a exposé qu’il lui paraissait bien avant tout de faire un règlement réglant les divers travaux de la commission est aussi la direction à imprimer à la colonie nourricière de Valade.

La commission adoptant entièrement la pensée de son président, a chargé Monsieur Charrier de s’entendre avec M. de Luc sur la rédaction de ce règlement et a ajourné sa première réunion après la confection du règlement.

Fais est délivré les mois et ans que dessus, et ont signé au registre le président et le secrétaire.
Pour copie conforme, le secrétaire

27/051848 à compléter

30/06/1849 - Le sous-préfet ? aux membres de la commission administrative de l’hospice civil de Saintes

Le 30 juin 1849

Le sous-préfet ? à Messieurs les membres de la commission administrative de l’hospice civil de Saintes

Messieurs,

Par ma lettre du 10 mai dernier, j’ai eu l’honneur de vous faire connaître que l’établissement de Vallade pouvait recevoir 30 enfants de l’âge de trois à quatre ans et vous êtes priés de me désigner ceux des élèves de votre hospice qu’il y aurait lieu d’envoyer à cette colonie agricole, s’il n’étaient pas convenablement placés à la campagne.

Je vous serais très obligé, Messieurs, de me fixer le plus promptement possible sur vos intentions à cet égard.

31/07/1849 - le même, aux mêmes

Messieurs,

Par ma lettre du 10 mai dernier, j’ai eu l’honneur … convenablement placés à la campagne.

Le 3 juin suivant, je vous ai rappelé cette communication, qui est restée jusqu’à ce jour sans réponse.

Je vous prie, Messieurs, de ne pas différer davantage à me faire connaître vos intentions à cet égard.

26/08/1849 - Article du journal "l’Union Républicaine"

Enfans trouvés. — Asile de Valade.

Depuis quelques années, il s’est fondé à Valade, commune de Rétaud, arrondissement de Saintes, un asile destiné à recueillir et à élever de jeunes enfants trouvés. Cet établissement, dirigé par M. le comte de Luc, a conquis tout de suite la faveur publique et a obtenu des encouragements pécuniaires de la part du conseil général. En effet, créé pour donner des soins aux enfans du premier âge, les éléments d’instruction et de travail aux adultes, il semblait appelé , sous une bonne direction, à rendre d’immenses services ; mais les résultats sont loin d’avoir répondu aux espérances.

Au 1er juillet 1848 , l’administration des hospices avait confié depuis quelques tems à M. le directeur de Valade, 72 garçons de 3 à 12 ans ; le rapport de M. l’inspecteur des enfans trouvés présenté au conseil général en 1848, établit de bien grandes lacunes dans l’organisation et l’administration de Valade. « La lingerie » n’est pas suffisamment garnie de linge, les ateliers que devait organiser le directeur n’existent qu’à l’état de projet, l’établissement manque de terre et du matériel nécessaire pour que les élèves soient exercés aux travaux agricoles, aucune commission de surveillance n’est chargée de visiter l’établissement de Valade. »

M. l’inspecteur ne dit pas que le plus grand désordre règne dans la direction de cet asile ; mais il constate que la commission administrative de l’hospice de Saintes n’a pas voulu désigner 20 enfans pour être envoyés à M. de Luc, sur sa demande.

Certes, il y avait dans le rapport de M. l’inspecteur de quoi éveiller l’attention du conseil général. On pouvait se demander si recevant la rétribution mensuelle accordée aux nourrices des enfants trouvés, plus une subvention annuelle de 2,ooo francs, les enfans confiés à l’asile de Valade ne devaient pas être mieux soignés, mieux vêtus, mieux couchés , mieux instruits que les enfans , confiés aux pauvres nourrices des campagnes. Le conseil général ne s’est pas arrêté à cette pensée et il a alloué pour 1849 une subvention de 2,000 francs. — Les protecteurs de l’asile de Valade voulant détruire la fâcheuse impression produite par le rapport de M. l’inspecteur, rejetaient sur les embarras et les dépenses de premier établissement la mauvaise organisation intérieure et le manque d’objets de première nécessité, et promettaient pour l’avenir des résultats magnifiques et complets. Malheureusement, nous ne craignons pas de le dire, l’établissement de la Valade est aujourd’hui dans un état de désordre et de désorganisation complet. La plus grande incurie préside à la direction ou plutôt il n’y a pas de direction. Au lieu de 72 enfans, l’asile n’en a plus que 40 et ces 40 enfans, tous de 5 à 7 ans, sont tenus dans un état de mal-propreté impossible à décrire ; ils sont vêtus de haillons sordides. Pâles et chétifs, aux membres grêles et aux regards effarés, ils semblent attendre un libérateur et demandent à chaque visiteur si on ne vient pas bientôt les chercher.

Le dortoir, le réfectoire qui est en même tems la salle d’étude, sont souillés d’immondices de toute nature, et donnent la mesure de l’incurie et de la fainéantise des employés de l’asile. Tout en un mot a un aspect de misère et de désolation.
Abandonnés presque à eux-mêmes ces malheureux enfans croupissent dans la mal-propreté et l’ignorance. Mal vêtus, mal nourris, mal couchés , mal surveillés, mal instruits, ils donnent un démenti vivant à tous ces charlatans de philantropie qui, parce qu’ils sont vêtus de bure, et qu’ils affectent l’abnégation, en marmottant des patenôtres, se croient appelés à régénérer les popu­lations.— Nous nous arrêtons. Seulement nous appelons l’attention du conseil général sur les faits que nous venons de signaler. Qu’on ne croie pas que le tableau que nous venons de tracer soit chargé. Nous avons raconté une partie de ce qui est, nous avons négligé des détails.

27/08/1849 - Le sous-préfet de Saintes au préfet de la Charente-Inférieure

Charente inférieure
Sous-préfecture de Saintes

Saintes, le 27 août 1849

Monsieur le préfet

Je lis dans l’Union Républicaine, n° d’hier dimanche, un article sur l’asile de Vallade qui fait un tableau de la situation de cette maison heureusement inexact, mais propre, s’il était accepté, à lui enlever votre intérêt et celui du conseil général.

Je m’empresse donc de vous fournir les explications les plus nécessaires sur la situation actuelle de cet établissement et sur les espérances qui s’y attachent.

L’œuvre de Monsieur Duluc, digne des plus grands éloges dans sa conception, laisse dans l’exécution beaucoup à désirer. Comme colonie agricole, Vallade a échoué ; il n’y avait là ni terre, ni matériel, enfin aucune des conditions les plus indispensables ; Monsieur Duluc l’a senti lui-même ; il a transformé sa maison en un simple asile pour l’enfance, et a transporté l’institution professionnelle qu’il s’était proposé de créer à la Tremblade, ou l’administration de l’arrondissement de Saintes n’a pas eu à suivre ses progrès.

Cependant une commission de surveillance avait été instituée dans cet arrondissement par vos arrêtés des 29 décembre 1848 et 18 avril 1849 ; la mission de cette commission devait se modifier avec les vues de Monsieur Duluc et il convenait de laisser à ses vues le temps de se réaliser : c’est ce qui explique pourquoi cette commission n’a été installée que le 27 mai suivant ; déjà mon attention particulière s’était portée sur l’établissement ; je l’avais visité deux fois, la deuxième en compagnie d’un des commissaires les plus zélés, Monsieur Marc Arnaud, et je m’étais mis en mesure de formuler devant la commission des propositions qui seraient actuellement réalisées, si elles avaient trouvé chez Monsieur Duluc un empressement plus marqué à concourir par sa collaboration au règlement projeté.
Ces propositions admises par la commission, tendait à obtenir de Monsieur Duluc, pour la maison de Vallade, un régime tout à fait distinct de celui des autres établissements fondés pour développer ou compléter son œuvre, administration, personnel, comptabilité séparée, Vallade, maison élémentaire de l’œuvre, consacrée exclusivement à la première éducation de l’enfance, verserait ses élèves à la Tremblade, physiquement et moralement préparés à la vie et à l’éducation agricole. Bien administrer le revenu de ses 7 à 8 hectares de terres, la rétribution nourricière des enfants qui lui seraient confiés par le département, suffirait pour assurer le service, du moins quant à l’appropriation et à l’entretien des bâtiments et au régime alimentaire, en sorte que les subventions accordées par le conseil général, exclusivement affectées à l’amélioration du mobilier ou au vestiaire, ne pourraient en aucun cas être distraites pour d’autres besoins à leur destination.

Sur ces bases que la commission de surveillance a soumises aux calculs les plus attentifs, la maison de Vallade peut avoir plus heureuse influence sur le sort des enfants trouvés ou abandonnés à la charge du département. Il serait déplorable que l’insuffisance de résultats obtenus par des allocations dont l’emploi n’a pas été assez spécifié jusqu’à présent fit naître dans le Conseil Général un découragement, et abandonner le sage et juste appui accordé jusqu’à ce jour à une maison susceptible du meilleur avenir.

Quant à l’état actuel des choses, pour qui a vu avec impartialité, il est impossible d’admettre le tableau qu’en fait le journal précité. Il faut reconnaître que l’admirable dévouement de Monsieur Duluc est mal secondé par son aptitude administrative et que si sous le premier rapport il est digne du plus grand respect, il a besoin d’être conseillé et même contenu dans le second par la surveillance et par la spécialité des subventions d’une administration sympathique et prévoyante. Mais dire que la plus grande incurie entoure les enfants confiés à ses soins, qu’ils sont pâles et chétifs, aux membres grêles et au regards effarés, et semblent attendre un libérateur et demander à chaque visiteur si on ne vient pas bientôt les chercher , c’est diamétralement contraire à l’impression que j’ai emportée ainsi que Monsieur Marc Arnaud des visites que nous avons faites ; les enfants nous ont paru spécialement remarquables par les signes les plus manifestes de la santé et du contentement.

Veuillez agréer Monsieur le préfet l’assurance de mon respect.

Le sous-préfet
signature

03/09/1849 - Délibération du Conseil Général de la Charente-Inférieure

DÉPARTEMENT DE LA CHARENTE-INFÉRIEURE

Délibérations du Conseil Général

Séance du 3 Septembre 1849.

ÉTABLISSEMENT DE VALLADE.

Le rapport suivant est fait au nom de la troisième commission :

Messieurs ,

M. le Préfet, dans son rapport au Conseil général, vous a proposé d’allouer une somme de 2,000 francs de subvention à rétablissement de Vallade, tout en déclarant avoir reçu des avis peu satisfaisants sur son état actuel.

Les renseignements fâcheux parvenus à la troisième commission sur l’état de cet établissement, l’engagent à vous proposer de supprimer toute allocation de fonds qui ne ferait que perpétuer un état de détresse intolé­rable pour les malheureux enfants qui s’y trouvent dans un dénùment affreux. Il serait à désirer que cet établis­sement, dont on a déjà extrait 32 enfants, pour en fonder un nouveau, fut lout-à-fait fermé et que les enfants fussent replacés dans les hospices d’où ils sont sortis.

Le Conseil ayant entendu ce rapport et plusieurs de ses membres dans leurs observations à l’appui, déclare refuser l’allocation demandée, et invite M. le Préfet à prendre les mesures nécessaires pour faire réintégrer dans leurs hospices respectifs les enfants placés dans rétablis­sement de Vallade.

09/09/1849 - Article du journal "l’Union Républicaine"

09/09/1849

ASILE DE VALADE.
Le Conseil général a ouvert les yeux à l’évidence vient de supprimer l’allocation de 2,000 francs qu’il avait l’habitude d’inscrire au budget départemental pour l’établissement de Valade. Nous approuvons complètement cette détermination. Mais tout ce qui est à faire n’est pas fait encore. Il reste à l’administration d’autres devoirs à remplir. Il faut retirer les malheureux enfants confiés aux soins des employés de Valade. Évidemment la situation de établissement ne peut pas s’améliorer, l’humanité commande impérieusement de soustraire ces pauvres petits êtres à une aggravation de misère évitable. Nous aimons à penser que l’administration des hospices fera preuve d’énergie, et au besoin nous invoquerions l’intervention des magistrats qui sont les tuteurs des orphelins et des abandonnés.
Un autre établissement fondé dans l’arrondissement de Jonzac pour élever les enfants abandonnés n’a pas encouru la juste sévérité du conseil général. La colonie de St-Antoine, fondée dans l’arrondissement de Jonzac, a vu la subvention portée à 4,000 francs. Espérons qu’en allouant une somme aussi forte, le conseil général aura acquis le droit de surveiller cet établissement et de se faire rendre compte de l’emploi de sa subvention.

Source : BNF Gallica

06/11/1849 - Le maire de Bordeaux au préfet de la Charente-Inférieure

République Française
Liberté, Egalité, Fraternité

MAIRIE DE BORDEAUX

Secrétariat de la Ville Bordeaux, le 6 novembre 1849

N° 2779

Monsieur le Préfet

Le Conseil municipal de Bordeaux est en ce moment appelé à donner son avis sur un projet de traité à intervenir entre l’administration des hospices et Mr L’abbé De Luc, frère de la charité, pour le placement de 60 à 75 enfants dans la colonie agricole fondée à La Tremblade.

Avant de statuer sur ce projet le Conseil a exprimé le désir de savoir les motifs qui ont porté le Conseil général de la Charente inférieure à supprimer dans sa dernière session l’allocation votée antérieurement chaque année en faveur d’un établissement analogue fondé par la même congrégation à La Valade arrondissement de Jonzac.

Je vous serai bien reconnaissant, Monsieur le Préfet de me faire parvenir dans le plus bref délai possible une expédition de la délibération prise à ce sujet par votre Conseil général et du rapport qui l’a motivé.

Je vous prie d’agréer à l’avance mes remerciements pour cette communication.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet l’assurance de ma respectueuse considération

Le maire de Bordeaux
Antoine GAUTIER

10/11/1849 - Le Préfet de la Charente-Inférieure au Maire de Bordeaux

Monsieur le Maire de Bordeaux Le 10 novembre 1849

Monsieur le Maire

Pour satisfaire à l’objet de la lettre que vous m’avez écrite le 6 de ce mois, j’ai l’honneur de vous adresser copie du rapport qui m’a été fait par M. l’inspecteur du service des enfants trouvés de la Charente Inférieure, sur l’asile de la Valade et l’extrait de la délibération du Conseil Général, qui en a été la conséquence.

Je crois que cette assemblée s’est montrée trop sévère dans cette circonstance. Il y avait sans doute du blâme à déverser sur le relâchement qui s’était fait remarquer dans la direction de Mr Deluc, mais j’aurais préféré qu’elle attendit que les mesures que j’avais prises pour avoir une Commission de surveillance près de cet établissement, eussent produit leur effet, alors, l’autorité mieux éclairée, se fût trouvée en position de faire prendre au Conseil Général un parti en connaissance de cause. Je pensais qu’il y avait lieu de remarquer que M. Deluc avait transporté, cette année une partie de son établissement dans une autre propriété plus vaste (celle de la Ronce, située dans l’arrondissement de Marennes) qu’il venait d’acheter, et de ce que le trouble produit par ce déménagement a occasionné un désordre qui peut ne pas se renouveler les années suivantes rajout en marge : et bien que ce déménagement n’excuse pas l’abandon ou Mr Deluc a laissé l’établissement de La Valade pour ne s’occuper que de celui de la Ronce. Il explique du moins la différence qu’on remarque entre le rapport défavorable fait cette année sur la situation des enfants et le rapport favorable qui était adressé au Préfet les années antérieures.

Dans ma pensée, le Conseil Général a dû être froissé surtout de ce que cette mesure de déplacement ait été effectuée sans qu’il en ait eu préalablement connaissance, lui qui subventionnait l’asile de la Valade et de ce que l’établissement qu’il subventionnait était précisément celui que Mr Deluc délaissait et c’est à ce sentiment qu’aux motifs de mécontentement que lui avait donné le rapport de M. l’inspecteur que j’attribue sa résolution.

Pour ma part, je différerai de me conformer au désir exprimé par le Conseil général relativement au regard des enfants et si j’obtenais l’assurance que l’asile de la Valade se trouve replacé sous l’empire d’une direction plus ferme, plus soigneuse et plus régulière, je maintiendrais dans cet établissement, aux conditions stipulées avec les nourriciers ordinaires, les élèves des hospices qui y ont été placés et que Mr Deluc demande à conserver pour se réhabiliter du reproche qui lui a été adressé.

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