Histoire Passion - Saintonge Aunis Angoumois

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1621 - Le bruslement des moulins des Rochelois : La defaicte de Monsieur de la Noüe, et la blesseure de Montpouillant, arrivez le 4 et 5 septembre. 1621.

samedi 22 juillet 2023, par Pierre, 7373 visites.

Un joli document de propagande, écrit par un "journaliste " du 17e siècle, du parti du Roi.

La description de cette opération militaire, destinée à affaiblir la résistance des Rochelais, est précise, les mouvements de troupes bien rendus, le bilan des blessés et des morts probablement sujet à caution.

La période est chaude en Saintonge et en Aunis. Nombreux sont les chroniqueurs qui couvrent les évènements.
- Mai-Juin 1621 - Siège et prise de Saint-Jean d’Angély
- Juin 1621-Octobre 1622 - Blocus de la Rochelle. Le Traité de Montpellier (16 octobre 1622) le suspend provisoirement.
- Mai 1622 - Siège et prise de Royan.

Voir : 1617 - 1629 - Les révoltes protestantes - les sièges de St Jean d’Angély, de Royan et de la Rochelle

Source : BNF Gallica

Personnages cités

Du parti du Roi
- le Duc d’Epernon
- le Chevalier de la Vallette
- le Marquis de Rouillac
- Monsieur de Biron
- le Duc d’Elbeuf
- le Comte de Moret
- le Baron d’Anton

Du parti des Rochelais
- Monsieur de la Noue
Lieux cités

- Cognac
- Surgères
- La Rochelle
- Périgny
- La Jarrie
- Croix Chapeau
- Clavette
- Aytré
- le Fort de la Moulinette

BRVSLEMENT DES MOVLINS DES Rochelois. La defaicte de Monsieur de la Noüe. Et la blesseure de Montpoüillant, arrivez le 4. & 5, de Septembre.

Avec un véritable récit de tout ce qui s’est passé en l’Armée du Roy, commandée par Monsieur le Duc d’Espernon, és pays de Xainctonge & Aulnix.
Ensemble la Conversion du Ministre de Toüars & de son fils.
A Lyon, chez Claude Armand, à l’enseigne du Pélican
M. DC XXI
Avec permission.

M. Despernon ayant esté déclaré General de l’Armée du Roy en Xainctonge & Aulnis, lors que sa Majesté sortit de Coignac, resolut de s’approcher de la Rochelle, ce qui fut en cette sorte. Il fit avancer sa Cavallerie autour de Surgeres, aux bourgs les plus proches, & s’en alla audit Surgeres, attendre les levées des gens de pied qu’il avoit pleu au Roy ordonner pour servir en Aulnix. Il suivit donc dans peu de jours sa Cavallerie, & s’en alla loger à Surgeres, où ayant au bout de quinze jours assemblé son armée, & faict venir quatre canons bien attelez & équipez ; sçavoir, deux de Batterie, & deux de campagne. Il se résolut d’aller recoignoistre la Rochelle, & pour cet effect, ayant commandé cinq cens hommes de chasque Regiment, partit avec toute sa Cavallerie, sans canon marchant en cet ordre. Il arriva en un lieu nommé Perigny, où il y a un grand marais, proche du chemin : de ce marais l’ennemy vient sortant de l’Eglise, qu’ils avoient fortifiée pour incommoder ceux qui marchoyent par le chemin, qui estoient à cinquante pas de ladite Eglise. Là s’attaqua une escarmouche, où les ennemis furent repoussez rudement par les Gardes de Monsieur le Duc Despernon qui passerent ledit marais, l’eau jusques au dessus du genoüil, & les chassant, les uns à coups de mousquets, les autres l’espee dans les reins, rembarrent l’ennemy dans ladicte Eglise. Le corps de l’armée passa plus avant, jusque à un bourg nommé Aytré où il y avoit une Eglise tres-forte, & garnison dedans. L’ennemy sortit à l’escarmouche avec peu d’effect : cependant Monsieur le Duc d’Espernon passe outre à considérer la Rochelle. De la ville furent tirées vingt vollées de canon : mais tout inutillement, il sortit de dedans environ huict cens hommes, entre les marais & une petite maison nommée la Courbe, là s’attaqua une escarmouche tres-chaude, où Monsieur le Marquis de la ValIette estoit en personne, Messieurs les Chevaliers de la Vallette & Marquis de Roüillac, avec plusieurs autres Seigneurs & Gentil-hommes avanturiers qui se meirent avec les coureurs.

La nuict separa cette meslée ; La retraicte commandée en bon ordre, la place bien considerée, Monsieur le Duc Despernon se retira à Surgeres. Et apres avoir rafraischy son armée deux jours, de cette corvée, partit le Jeudy 19, de Aoust, : pour venir prendre le logement de Jarrie. Messieurs de Biron & de Rouïllac furent envoyez pour faire les logements avec cinquante chevaux : ils arriverent environ les neuf heures & travaillerent aux quartiers, Monsieur de Biron ordonna des logements : & Monsieur le Marquis de Rouïllac s’advança avec les cinquante chevaux vers la Rochelle. Durant ce temps l’ennemy ce resolut de venir prendre langue, & ayant poussé nos sentinelles, fut rechassé jusques dans la Rochelle l’espée dans les reins & en très-grand desordre, Monsieur le Duc Despernon y arriva sur le midy & divisa son armee en trois logements, sçavoir I’un à la Jarrie, l’autre à Croichapeau, & le troisiesme à Clavette. Le Samedy suivant l’ennemy vient pousser nos gardes avec cinquante Chevaux commandez par Monsieur de la Nouë. A cette alarme, toute l’armée sestant rendue en armes au champ de Bataille, Monsieur le Duc Despernon choisit & commanda six cents hommes de pied, pour venir apres luy & cependant ledit Seigneur suivit l’ennemy avec toute la Cavallerie, & l’ayant poussé jusques aux portes, l’ennemy fit alte sur la contrescarpe à la faveur de son Canon, ce qui donna temps à l’infanterie d’arriver, laquelle estant jointe, Monsieur le Duc Despernon se resolut d’attaquer un fort nommé Ia Moullinette, distant environ de mille pas de la Rochelle, où il y avoit deux ccns hommes en garde, où il ordonna à ses gardes de faire une attaque ausdits six cents hommes de pied d’en faire deux, cedict fort fut emporté d’emblee (encore qu’il sortit mille homme de pied de la Rochelle, pour le favoriser) & lesdits deux cents hommes du fort furent enlevez & tous tués ou prisonniers à leur veuë, & de leur Cavallerie qui s’estoit avancée pour soustenir ledit fort, laquelle fut arrestée par deux escadrons dc la nostre, commandez par messieurs de Biron & Marquis de Roüillac faisant la charge de Maréchaux de camp dans l’armée. Monsieur le Marquis de la Vallette ordonna de tout l’ordre de cette journée, ce que Monsieur le Duc Espernon trouva bon, voulut pour ce jour là luy transférer la charge, & faire le simple, soldat. Ledit sieur Marquis de la Valette eut un coup de mousquet dans une escharpe où il portoit sa jambe, à çause d’une grande blesseure qu’il avoit reçeüe a sainct Jean d’Angely, & fit de sa personne & de son jugement des çhoses incroyables. Six des Gardes des Monsieur le Duc Despernon, quatre soldats, & quelque Gentilhomme, furent tuez, avec quelques blessez. La retraite se feit avec ordre, encore que l’ennemy pressast extrêmement. Quelques jours apres monsieur le Duc Despernon s’allant promener vers la coste de la mer, accompagné de quatres cents chevaux, & de ses gardes, trouva trente hommes qui alloient à la guerre, lequel les voyant se jetter dans l’Eglise de Nieuil, il commanda à Messieurs de Biron, & au Marquis de Roüillac de prendre cent Maistres & ses gardes pour les attaquer, ce qui fut fait, les portes enfoncées à coups de leviers & pris à compositiôn se rendant à discretion desdits Seigneuis, sous le bon plaisir de moniteur le Duc Despernon. Le Dimanche 29. de ce mois d’Aoust monsieur le Duc Despernon partit sur la minuict avec deux mil hommes de pied & trois cens chevaux, & s’estant rendu aux portes de la Rochelle sans bruit fit brusler des moulins à leurs portes & quelques maisons : ils sortirent pour venir sur nous & empescher ce bruslement environ mille,ou douze cens : mais ils furent chargez par les volontaires & les coureurs de l’armee, & plusieurs d’eux tuez, portez par terre & repoussez jusques dans leurs barrières : monsieur de Montpouïllant, de leur party fut blessé d’un grand coup d’espée sur le visage, environ des leurs se trouverent de morts ou prisonniers cent, & des nostres de la compagnie de Monseigneur le Duc Delbœuf trois Gentils-hommes, deux de celle de Monsieur le Comte de Moret, un domestique de Monseigneur le Duc Despernon, quelques soldats tuez & blessez en petit nombre : Monsieur le Duc Despernon eut un coup de mousquet dans le bord de son chapeau & un autre qui luy couppa son baston qu’il tenoit dansla main : Monsieur le Marquis de Rouïllac fut blessé d’un coup d’espee sur la teste & son cheval eut un coup de pistolet dans une espaule. Le lendemain Monsieur de la Noue vint à la guerre avec vingt cinq Maistres, ce que Monseigneur le Duc Despernon ayant sceu envoya quarante Maistres de sa compagnie commandée par Monsieur le Baron d’Anton, & cinquante de ses gardes, qui chargerent de sorte qu’ils deffirent & luy & tous ses gens, estans tous tués, ou prisonniers.

L’on a escrit de Thouars, que !e Ministre du lieu s’est converty a la foy Catholique Apostolique & Romaine, avec son fils, & ont esté processionellement en voyage à Nostre Dame des Hardilliers : conduits par les Peres Capucins,& plus de deux mille personnes dudict lieu de Thouars.

FIN

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