1643 - Description de l’Angoumois, Saintonge et Aunis par Pierre d’Avity

D 9 décembre 2016     H 02:20     A Pierre     C 0 messages A 134 LECTURES


La description de l’Angoumois, de la Saintonge et de l’Aunis par Pierre d’Avity a été publiée en 1643, 15 ans après la chute de la Rochelle (Grand Siège), à une époque où ces provinces sont encore sous le choc de cet épisode terrible. Elle est particulièrement documentée : histoire, paysages, population, administration, productions, caractère des habitants. C’est probablement le document de ce type le plus détaillé publié sur ce site. De plus, le style de l’auteur rend la lecture plutôt agréable. Ne boudez pas votre plaisir.

Source : Le Monde, ou La description générale de ses quatre parties, avec tous ses empires, royaumes, estats et républiques... par Pierre d’Avity.- 1643 - BNF Gallica

ANGOULMOIS.

L’ANGOULMOIS prend son nom d’Angoulesme ville capitale du pays, Iculisma ou Inculisma, Ecolesma & Ecolisma , Engolisma.

Le Poictou luy est au Septentrion, la Xainctonge au Couchant, le Perigord au Midy, & le Limosin au Levant. Les rivieres de la Dronne & de la Lysonne le séparent du Perigord, & la Tourse du Limosin du costé de Chabanois, Confolant & Montbron. Sa longueur du Levant au Couchant est de vingt-trois lieues, & sa largeur du Midy au Septentrion, de dix-sept.

ANGOVLESME est une ville ancienne, dequoy furent trouvées il y a quelque temps, des traces & des marques dans les fondemens des vieilles murailles. Elle se rencontre presqu’au milieu du pays, bastie sur le sommet d’une montagne, au dessous de laquelle passe la riviere de Charente, avec celle d’Anguenne, qui se vient droits se rencontrent des minières de fer tres-bon, & d’acier, & du costé du Limosin les estangs qui servent aux forges du fer abondent en poisson de toutes sortes. Les simples & herbes medecinales y sont en plus grand nombrc qu’aux Provinces voisines.

L’Angoulmois en general se trouve presque pourveu de tout ce qui peut estre necessaire à la vie, sçavoit bleds, vins, bois, eaux, fruits de plusieurs sortes, comme chastaignes, noix dont ils font de l’huile, & autres fruits à noyau, chanvres, safrans, foins en leurs prairies excellentes, où eschet la dispute que ceux du pays ont avec les Xaintongeois, si le revenu de leurs prez & pasturages, n’esgale pas celuy des salins de Xaintonge. Outre les herbes remarquées curieusement par Corlieu, on y trouve aussi l’Imperatoirc, la Vipaine, laquelle y vient sans culture, le morsus diaboli & autres propres à guérir la contagion. Les treufles, potirons & asperges y proviennent naturellement dans les bois.

On remarque des habitans d’Angoulmois, que leur pays estant petit & entourné du Poictou, du Perigord, du Limosin & de la Xaintonge, ils ont l’humcur, la façon de vivrc & le langage de ceux qu’ils avoisinent le plus : neantmoins qu’ils sont plus fins & subtils que les Xaintongeois, mais qu’ils ne le sont pas tant que les Limosins & Perigordins, qui leur cèdent aussi en civilité & en inclination aux sciences : Ils esgalent les Poictevins en belle humeur & gentillesse. On donne par dessus tout à ceux d’Angoulesme une double réputation, d’aymer les armes & les lettres aussi, avec toutes choses nouvelles, dequoy la nation Françoise est accusée généralement.

Le traffic des bleds, des vins, des chanvres, fer, safran & autres denrées, comme ^ nous l’avons mentionné cy-devant, rend le pays riche & abondant en deniers. A Aubeterre se font de grosses toiles, & quantité de papier qu’on fait conduire à Bordeaux, la Rochelle & Toulouze. L’eau de la Lisonne a esté jugée propre pour les moulins à papier. II s’y fait aussi grand traffic de betail sçavoir boeufs, moutons, & pourceaux qu’on meíne vers les Isles de Marennes, la Rochelle & Bordeaux, & de là en Espagne : La force du pays consiste en ses villes & lieux riches & bien peuplez, ses places fortes & bien assises, particulièrement Angoulesme, que nous avons descrite, avec quelques autres ; & en sa noblesse & l’inclination que les habitans ont aux armes.

Les plus anciens Comtes d’Angoulesme ont esté du nom de Taille-fer. qui furent iusqu’en l’an 1217, qu’Ysabeau fille d’Aymar dernier de la race espousa Hugues de Lusignan Comte de la Marche ; dont la postérité posséda ceste belle terre iusqu’à Guy de Lusignan, Comte d’Angoulesme, de la Marche & de Lusignan, qui ne fut point marié, & mourut ieune l’an 1307 apres avoir fait son héritier le Roy Philippes le Bel, en qui ces trois Comtez furent réunis à la Couronne. Charles le Bel mariant Ieanne sa niepce, fille de Louis Hutin, Royne de Navarre, l’an 1321 à Philippes, fils du Comte d’Evreux, luy remit le Comté d’Angoulesme. Ieanne Royne de Navarre & Comtesse d’Angoulesme estant decedée, le Roy Iean reprit ceste terre, & s’en empara sur les Anglois, & sur Charles Roy de Navarre, fils aisné de Ieanne, & la donna à Charles d’Espagne Connestablc de France l’an 1350. Mais le Connestable ayant esté tué, le mesme par Charles Roy de Navarre le Comté revint au Roy Iean, & à Charles cinquiesme son successeur, par le moyen des habitans qui chassèrent les Anglois, ausquels le Comté avoit esté transporté. II fut depuis baillé en appennage à Iean Duc de Berry, frère de Charles cinquiesme, & à Louis Duc d’Orléans, frère de Charles sixiesme. Iean fils puisné de Louis eut pour son partage les Comtez d’Angoulesme & de Perigord ; & à luy succéda Charles pere de François Comte d’Angoulesme & Roy de France, premier de ce nom, qui l’erigea en Duché l’an 1515, comme estant de la succession de Diane légitimée de France, fille naturelle de Henry second, à laquelle il avoit esté baillé, Charles de Valois, fils naturel de Charles neufiesrne, en jouyt auiourd’huy auec déclaration du Roy.

II y a un Gouverneur & Lieutenant general pour le Roy, outre celuy d’Angoulesme & des autres places. Lc pays ressortit pour la Iustice à la Cour de Parlement de Paris. Nous avons parlé des sièges Royaux & autres Iustices. De trois cens quatre-vingt quinze parroisses & bourgs, qui sont du pays & ressort du siège Presidial d’Angoulesme, il n’y en a que trois cens vingt qui soient de son Eslection, les autres ayans esté données & jointes aux Eslections de sainct Iean d’Angely & de Niort. Les habitans d’Angoulesme ne payent ny taille, ny gabelle. Leur Hostel de ville est composé de cent personnes, outre le Maire, qui sont vingt-cinq Eschevins, & 75 Pairs. Les Eschevins demeurent nobles & leur postérité. Leurs privileges sont rapportez à Charles cinquiesme, & confirmez de temps en temps, pour leur fidélité & valeur tesmoignée contre les Anglois. L’Histoirc d’Angoulesme a esté soigneusement dressée par Corlieu.

La maison de la Roche-foucaud a esté de tout temps la plus ancienne & la plus estenduë en terres & alliances tres-honorables, du pays d’Angoulmois, & l’une aussi des plus illustres de France. Les belles terres & fiefs du pays marquent assez les puissantes familles, qui y subsistent encores ; & plusieurs personnes qualifiées en charges publiques, soit à Paris, soit à Bordeaux, sont issues d’Angoulesme, dont l’air espuré est capable de produire & nourrir des esprits sublimes.

II y a plusieurs habitans au pays, qui font profession de la Religion prétendue reformée, aucuns dans Angoulesme, qui en ont l’exercice pres de la ville, la moitié des habitans de Montignac-Charente, où l’exercice y est aussi, de mesme qu’à la Roche-foucaud, Vertueil, sainct Claude, Iarnac, Chasteau-neuf, Roche-beaucourt, sainct Mesmat, Segonsac & autres lieux : A Coignac, il est hors de la ville. II n’y a point de parroisse en Angoulmois où l’exercice de la Religion Catholique ne se face ; & y a plusieurs belles & bonnes Abbayes dans le pays, outre celle de sainct Cybart, sçavoir sainct Ausany, qui est dans la ville, sainct Anian, sur la Charente, celle de la Couronne, de Bassac pres de Iarnac, de Gros-bois, & plusieurs Prieurez.

XAINTONGE.

LA XAINTONGE a pris nom des peuples qui ont habité le pays, Santones, Xantones, Santonia regio.

Elle a du Levant l’Angoulmois & le Perigord, du Nord le Poictou & le pays d’Aulnis ; du Couchant l’Océan, où sont les lsles d’Oleron & de Marennes ; du Midy la Garomne & le Bourdelois. Sa longueur est de vingt-cinq lieues au plus, & sa largeur de douze.

XAINTES, Mediolanum, ou Mediolanium Santonum, Santonus, où passe la Charente, ville ancienne ; ce que tesmoignent quelques restes de murailles & d’un Amphithéâtre hors de la ville, avec le pont qui semble estre basty à l’antique, & porte quelques inscriptions avec le nom de Iules César, & finalement les masures d’un aqueduct au chemin qui va de Xaintes à sainct Iean d’Angely. Sur le pont est assise la tour qu’on appelle de Mantrible, consistant en deux arches fort hautes basties du temps des Romains, & de pierres semblables aux Arènes de Nismes. On a descouvert depuis quelques années plusieurs autres marques & restes d’antiquité hors de la ville. C’est un siège Presidial, & Evesché. Il y a plusieurs Eglises parrochiales, outre la Cathédrale qui est dédiée à sainct Pierre, bastie par Charlemagne, & les Convents de Religieux & Religieuses, le Monstier-sainct Eutrope, l’Abbaye des Dames, & les faux-bourgs qui sont aussi grands & peuplez que la ville, & plus marchands. La Charante passe entre la ville & le faux-bourg des Dames. La ville est assez petite & foible. Il y a un chasteau bien fortifié. Sainct Iean d’Angely, de Angeria à quatre lieuës de Xaintes, sise sur la croupe d’une colline, où il faut monter par toutes les advenuës, sinon par la porte d’Aulnis. La riviere de Boutonne coule au pied de la colline, faisant trois branches, dont l’une passe dans les fossez, l’autre entre la ville & le faux-bourg de Taillebourg, & fait tourner quatre moulins ; la troisiesme qui est le grand bras passe au bout du fauxbourg de Taillebourg, qui est une Isle au milieu de la riviere. De l’autre costé le païs est plus montueux & difficile. La ville fut prise par le Roy en Juin 1621, & démantelée. Matha est petite ville avec Chasteau, à trois lieues de sainct Iean d’Angely. Pons est à quatre lieues de Xaintes, au delà de Charente, ville tres-bien bastie, au bas de laquelle passe la riviere de Seigne par trois divers cours. Sa forme est comme en arcade qui couvre une montagne peu accessible. Le Chasteau est fort & tres-beau, assis au plus haut de la montagne, clos de hautes & fortes murailles, espaisses de dix pieds, de fossez profonds & larges, & muny de quatre grosses & fortes tours, & d’un donjon au milieu, La ville a trois Eglises parrochiales, trois Convents, trois Hospitaux & une Commanderie de sainct Iean, auec soixante-deux parroisses qui sont de l’estenduë de sa Iurisdiction. La maison des sires ou Seigneurs de Pons.est fort ancienne, iusqu’à se dire issue des Pontifes Romains : un puisné de la maison d’Albret de Miossens en a espousé l’heritiere. II y a deux cens cinquante-deux fiefs nobles qui en relevent. L’an 1621 les murailles & fortifications de la ville furent démolies. On la divise en haute qu’on appelle sainct Vivian, & basse, dite les Aires ou sainct Martin, que la Seigne divise en deux, avec quantité de ponts, qui luy ont donné nom, sans aller plus loin.

Royan est petite ville, mais forte, & ceinte de doubles fossez taillez dans le roc, le vieil fossé estant de quarante pieds de large, & profond de vingt, le nouveau de trente pieds de large, & profond de douze. Elle est sise à l’emboucheure de la Garomne battue du flot de la mer de deux costez. Le port est défendu d’un Chasteau appartenant au Marquis de Royan, du nom de la Trimouille. L’Isle ou presqu’Isle d’Alvert est pres de Royan, la riviere de Sudre l’enferme d’un costé. Le Chasteau de Monac est dans l’isle, aucuns croyent que le nom d’Ardvert luy est donné, à cause de son bois, qu’on ard tout vert. Taillebourg sur la Charente, ville & Chasteau au Duc de la Trimouille, à trois lieues de Xaintes.

Blaye, Blavia, lieu cogneu des Anciens, sur la Garomne, & bien loin de son emboucheure : Il y a ville & Chasteau avec garnison, comme les Romains y en tenoient, ce qui l’a faite nommer militaris. L’Isle d’Argenton est à une lieuë de Blaye.

Marennes est proche de la mer, comme son nom le marque, à sept lieues de Xaintes & vne lieue de Broüage ; bourg riche, entouré de marais, où se fait du sel. II a titre de Comté.

Broüage ville fortifiée, entourée de marais, à huict lieues de Xaintes, avec des salins sur le lieu & à quelques lieuës aux environs. Il y a un Gouverneur, qui prend droict sur le sel pour son entretien & de la garnison, par permission du Roy. La gabelle n’ y est point establie : mais le sel est vendu par les propriétaires aux fermiers du Roy & aux marchands estrangers. Ceux du pays en sont rendus riches, & les droits du Roy ou du Gouverneur s’afferment une notable somme. Le Chasteau de la Broüe ruiné par les Anglois, qui estoit proche de Broüage, en est encore une parroisse, & sainct Eutrope-de-la-Broüe luy a donné nom ; Jaques de Pons luy avoit donné celuy de Jaqueville.

II y a quelques autres villes & lieux dans la Xaintonge, sçavoir Barbesieux, beau bourg à neuf lieues de Xaintes, avec un Chasteau, à la maison de la Roche-foucaud : Il y a deux parroisses, & a esté close de murailles. Bourg sur mer, Archaut, Lorgaire, Soubise, Duché sur la Charente, Yers, non loin de Broüage, y a esté joint & fortifié. Cosnac, Chasteau fort, la ville ayant esté ruinée par les Anglois. Chalais bourg & Chasteau, terre de grande estenduë du costé de Perigord, avec titre de Principauté, comme aussi Mortaigne, La tour de Cordouan, Phare ou Fanal sert à ceux qui arrivent de la grand mer en Xaintonge, & en sera parlé ailleurs, Allion & Saugeon, Baronnie, que Charlemagne donna à garder à Taille-fer Comte d’Angoulesme, Plassac, Chasteau au Duc d’Espernon, Coutras ville & Chasteau.

Sur ce pays, qui a un air fort doux, & est tres-abondant en bleds, vins, bon sel, safran, poisson, & en tous fruits, on attribue au Roy Henry le Grand ce qui s’en dit ordinairement, que si la France estoit un œuf, la Xaintonge en seroit le moyeu. Elle a plus de bled & de vin qu’il ne luy en faut pour sa provision ; elle a quantité de bois & force foins, à cause de la Charente qui va serpentant & coule doucement par le milieu du pays, où il fait une prairie qui a une lieuë de large en certains endroits & trente de long. On parle de certain oyseau nommé Gouland, qui se void sur la mer de Xaintonge, & voltige sans cesse sur les eaux pour y surprendre les poissons dont il se nourrit, & estant saoul iusqu’à l’extremité se tourne droit au vent qui luy cause & parfait sa digestion. Les anciens ont parlé de l’absynthe de Xaintonge, dont il se trouve encor beaucoup dans le pays ; c’est l’absynthe Romain, ou Pontique-marin ou aluyne, qui a de belles proprietez. La matiere du verre tirée de quelques pierres ou herbes abonde en Xaintonge.

La Noblesse & le peuple du pays se trouvent si bien chez eux, qu’ils n’ont pas besoin de leurs voisins ou de courir ailleurs. Les gentils-hommes y sont généreux toutesfois un peu vains & altiers. Ils se visitent fort peu, au contraire de ceux d’Angoulmois leurs voisins, qui se voyent souvent. On accuse le peuple de Marennes d’estre soudain, amy de nouveauté & prompt à mutinerie, à cause qu’ils se fient aucunement en l’assiette de leur pays. Ceux qui sont proches de la mer portent encore de ces cappes anciennes, bardocuculli, qui viennent aujourd’huy du Bearn.

Sa richesse consiste en son traffic de bleds, vins & autres dentées qui se transportent aux autres Provinces & pays estrangers.Quant au sel de Broüage, le revenu que le Roy en perçoit en ses fermes, & le commerce qui s’en fait pour l’Espagne, l’Angleterre, Flandres, Alemagne, Pologne & Isles Septentrionales, sont tres-grands, comme nous l’avons déduit ailleurs. Des bleds & des vins qui passent sous le pont de Charente à Xaintes, sous l’arche de la ferme, qui est la plus grande, où est une chaîne de fer, le Roy retire des droicts qui s’afferment à une notable somme. Les lieux proches de la mer y sont bien fortifiez, & ont leurs Gouverneurs & garnisons, comme Broüage, & autres. Il y a de bonnes & fortes places & Chasteaux, sçavoir Pons, Conac, & autres que nous avons mentionnez. Le païs est grandement peuplé, & le Roy en peut tirer secours assez notable : mais plus de gens de pied que de cheval. Marennes seul peut mettre sur pied douze cens hommes pour sa défense.

Sous le nom des anciens Santons, César ou l’autheur des guerres de Gaule, baille des peuples puissans, qui alloient iusqu’à Toulouse, & dit qu’en l’assembléc generale qui se tint pour se défendre à luy, on leur ordonna de lever iusqu’à douze mille-hommes, quoy que les Poictevins ne fussent commandez que pour huict mille, & les Limosins pour dix mille. Le pays est aujourd’huy sous un Gouverneur & Lieutenant general pour le Roy, avec des gouuerneurs particuliers des villes & places. Marennes dépend de celuy de Broüage, lequel ne recognoist point le Gouverneur de la Xaintonge. Nous avons parlé du Gouvernement particulier de Xaintes ville capitale, pour la iustice & la police. Le pays ressortit à la Cour de Parlement de Bordeaux. Le nombre des habitans de la Religion prétendue reformée y est plus grand en general. A Broüage ils sont tous Catholiques, & à Xaintes la plus grand part.

PAYS D’AULNIS.

LE PAYS D’AULNIS a son nom du terroir ou bourg, Alnisiensìs. Le lieu ancien, Annedonnacum, qui peut estre Aulnay d’aujourd’huy, n’est point logé loing de Saintcs. 1’Alniensis pagus se trouve ailleurs dans l’Angoulmois.

Le Poictou luy est au Septentrion, la Xaintonge au Midy ; au Lcvant & au Couchant la mer Oceane. Sa longueur & largeur est presqu’esgale, de six a sept grandes lieuës, sans y comprendre l’Isle de Ré.

II n’est arrouse que de deux rivieres, sça un lieu appelle Seuret, & se rend à Marans & deux lieues au dessous va dans la mer par lc canal du lieu. L’autre est la Charente vers le Midy, qui tombe dans la mer à la tour de Fourras.
LA ROCHELLE, Santonum portus, assise sur un golfe de mer, laquelle y fait comme un cap. La plaine où elle est logée s’esleve doucement vers l’Orient & le Septentrion, & la mer y fait un canal d’environ mille pas de large, & forme son port asseuré pour recevoir toute sorte de vaisseaux. A l’entrée sont deux grosses tours basties par le Roy Charles V. des ruines du Chasteau, auec deux fenestres qui regardent sur la mer, & l’artillerie pour repousser ceux qui veulent entrer au port. Ce lieu est appellé la Chaîne, à cause d’une chaîne qui va d’une tour à l’autre, sçavoir de la tour de la Chaine à celle de sainct Nicolas A ces tours est jointe une forte & espaisse muraille, qui fait une enceinte, & se va joindre à une autre tour dite du Garrot, pour commander sur tout le canal, & estre comme l’Arsenal de la ville. Sa fortification ancienne consistoit aux vieilles murailles, où l’on voyoit quelques angles saillants & rentrans, accompagnez de force tours, & des bastions de l’Evangile, de la porte neuve, & des Vases. La nouvelle estoit de sept bastions revestus, ayans leurs courtines & défenses, & deux ravelins, & de quatre bastions accompagnez de fossez , remparts & Corridors revestus au dehors de la contr’escarpe. Il y a plusieurs moulins à vent, & fort peu à eau, bien que les Rochelois eussent inventé un moyen pour se servir commodément de l’eau de la mer pour mouldre, ayans fait bastir certains receptales d’eau assez grands pres des moulins, pour recevoir & leur dispenser l’eau. Le tour de toute la ville est de trois mille pas, presqu’en forme quadrangulaire ; les murailles pour la pluspart estoient fondées sur le roc, & estoient si hautes & les fossez si profonds, qu’on ne la pouvoit prendre par escalade. Toutes ces murailles & fortications vieilles & nouvelles ne sont plus depuis l’an 1628 que le Roy régnant par l’invention extraordinaire d’une digue merveilleuse, descrite & exaltée dans l’histoire, & digne de la cognoissance des siècles futurs, la réduisit en son obéissance. A deux lieuës de la Rochelle est le promontoire Bosium ou chef de Boys, ou Bayes, capable de receuoir seurement une armée navale. A pareille distance de la Rochelle, sur la coste de la mer, estoit autresfois une ville fort ancienne, qu’on nommoit Chastel-aillon, Castrum Iulii, ceinte de grosses tours, dont une seule en reste du costé de la terre, les autres estans ruinées, quoy qu’assises sur le roc. Des ruines de Chastel-aillon, la Rochelle prit ses commencemens par un simple Chasteau, lequel -y fut basty. Par sa prise & reduction les tours, rampart,bastions & autres fortifications de la ville (fors les tours de S. Nicolas, de la Chaîne & de la Lanterne ou Phare, & les murs vers la mer depuis S.Nicolas iusqu’à la tour de la Lanterne) ont esté rasées, les fondements arrachez, & les fossez comblez, en sorte que de tous costez les charretes y entrent.

Mause a esté autresfois un lieu clos dans l’Aulnis : mais depuis quelques siècles il ne l’est plus, & n’est point nommé ville par aucuns actes publics.

Marans estoit nommé ville pendant la translation du siège Presidial à cause des guerres & rébellion de la Rochelle, & depuis a repris le nom de bourg, avec titre de Comté, consistant en une seule parroisse, sans autre droit ny estat de communauté : Il est bien peuplé, maisonné & marchand, voire un des plus grands greniers de Francc par l’abord & descente de la pluspart des grains de Poictou, pour transporter en pays estranger, Le bourg est défendu d’un fort Chasteau, qui a esté depuis rasé par commandement du Roy. En toute saison on a moyen de faire passer toute sorte de marchandises de Poictou & des pays voisins par la riviere de Sevre Niortoise, qui traverse le bourg, en quelque partie que ce soit de l’Europe. Ceste place est comme une Isle, ceinte de grands marais, ses advenuës ont esté autresfois fortifiées, parce qu’en esté les eaux se retirent & la place est accessible. Cigoigne est une Iste autour de Marans, & celle de Charon en est proche, où est le Fort de Braw, où la Sevre se deschage en la mer. Surgeres est une Baronnic & bourg ouvert arrousé d’une petite riviere. Le Chasteau de Benon est un ancien Comté du pays, & est presque tout démoly.

Outre les lieux susmentionnez y sont encor ceux de la Iarrie, de Dompierre, de S. Xandre, Laleu, Nieuil, Esnandes, Adilly-le-Marois, Bourg-neuf, Thaire, Rochefort, avec Chasteau sur la Charente, Ciré, Aitié & autres moins principaux, & parmy ceux-là Surgeres, passage ordinaire pour aller de tous endroits à la Rochelle, Andilly-le-Marois avec Charon, la Saussaye, Cheusse, la Garde-aux-vallets, & S. Christophe sont les plus belles maisons du pays. L’Isle d’Aix ou Ez n’est distante de la Rochelle que de quatre lieues, & trois de Broüage.

Les lieux qui sont à couvert de la mer ont l’air assez bon & tempéré :mais les autres l’ont un peu mauvais & catarrheux. Le terroir quoy qu’assez sec, produit de bons bleds, & les endroits marescageux y ont quelques prairies, & sont fournis de bestail.
Il y a quantité de vignes & d’assez bons vins. La chasse des perdrix & des lièvres y est médiocre. Les forests de Benon & de Rochefort nourrissent quelques chevreuls ; mais les oyseaux de riviere & de mer se prennent abondamment en certains endroits. II y a des marais salants, & par l’industrie de ceux de la Rochelle & autres du pays on y fait du sel fort blanc avec l’eau de la mer qu’ils enferment en Hyvcr, & la font desseicher pendant les ardentes chaleurs de l’Esté.

Les habitans sont rudes & grossiers, plustost que gens de mauvaise foy, & ne sont gueres adonnez à plaider, de quoy les Poictevins qui leur sont proches sont accusez. Les habitans de la Rochelle pour le commun s’addonnent au traffic de la marine, & le peuple y a esté insolent & hardy, mais les choses passées avec le changement des affaires & de l’estat de leur ville, peuvent avoir amendé leurs mœurs.

Le traffic du plat pays n’a iamais esté grand, & depuis que par les guerres leurs vignes furent arrachées, tout le vin qui s’y recueilloit s’y consumoit aussi. La Rochelle estoit autresfois lieu de grand commerce pour débiter ez Prouinces voisines toutes les marchandises qui viennent d’Angleterre & de Holande, avec celles que les Rochelois estaient allés chercher eux mesmes en Espagne : mais cela a fort décliné, Marans conserve le traffic des bleds & du sel en terre le long de sa riviere. La richesse principale du païs, qui est fort descheuë, consiste en sel & en deniers, les terres n’estans pas de grand apport ; & outre les bleds, les vins, &les marchandises estrangeres, il y a aussi grand traffic de poisson sec & salé.

La force du pays & particulièrement de la Rochelle se peut recueillir de ce qui en a esté desia dit : La Province est fort dépeuplée d’hommes par les guerres & le long siège de ceste ville là.

La Rochelle commençant par un Chasteau accompagné de quelques maisons devint une ville possédée par des Seigneurs particuliers & depuis par les Ducs d’Aquitaine & Comtes de Poictou, en la personne de Guillaume dernier Comte, dont la fille & hentiere Eleonor se mariant avec Loüis le Ieune l’en avoit rendu maistre & Seigneur : mais par sa répudiation la Rochelle avec toute l’Aquitaine parvint en autres mains, Eleonor s’estant remariée avec Henry Duc de Normandie & Roy d’Angleterre. Sous ce gouvernement la Rochelle acquit le droit de Commune, la Mairrie & plusieurs autres privileges, avec les vingt-quatre Eschevins, & cent Pairs. En l’année 1224, elle fut prise par le Roy Louis huictiesme, qui luy confirma ses priuileges, & promit de ne mettre la ville hors de sa main, & de n’en point abbatre ou ruiner la closture. Sainct Louis en l’an 1227. en fit de mesme, ce que continuerent les successeurs Rois, sçavoir Phillippes le Bel l’an 1286. Charles le Bel, & Philippes de Valois en 1339 lesquels luy octroyèrent de nouvelles grâces. La prison du Rov Iean & le traité de Bretigny fait en l’année 1360. remirent la Rochelle au pouvoir des Anglois avec la Xaintonge & le Comté de Poictou, mais en l’an 1362. elle fut reconquise sur les Anglois par le Roy Charles cinquiesme, finalement asseurée à la Couronne souz Charles septiesmc, qui chassa les Anglois de la Guyenne ; de sorte que souz Louis unziesme son successeur en l’an 1461. ses privileges furent confirmez, & ce Roy fut dans la ville en l’an 1472. Les Rois Charles huictiesme & Loüis douziesme la maintindrent dans les mesmes grâces. & le Roy François premier y entra en armes l’an 1542 apres les émeutes & différends arrivez entre les gens de guerre & les bourgeois, Henry second son successeur restablit la Mairrie, qui avoit esté faite perpétuelle. Les guerres survenuës souz les Rois suivans parmy les divisions de l’Estat, soit pour la Religion, soit pour autres causes (qui en leur source regardoient le gouvernement du Royaume par ceux de la maison de Guyse, qui souz prétexte de Religion furent en fin les Auteurs de la Ligue, qui n’a esté destruite que par le Roy Henry le Grand ) rendirent la Rochelle comme un Asyle des Princes qui avoient embrassé la Religion prétendue reformée ; & souz le Roy régnant dés l’an 1621. pour avoir desobey à sa Majesté & receu l’Assemblée generale, elle fut privée de ses privileges & déclarée rebelle. Dans la recidive & le renouvellement des guerres, & apres la descente des Anglois en l’Isle de Ré, elle fut tellement pressée en l’an 1628. que la reddition s’en ensuivit ; & par ce moyen la Mairrie, Eschevinage, Corps & Communauté de la ville, ordre des Pairs & celuy des bourgeois ont esté esteints, & tous droits, privileges, exemptions & franchises cy-devant attribuées, révoquées, avec reünion au domaine du Roy des rentes & revenus de la Communauté & de la Iustice & Police attribuées à l’Hostel de ville, au siège du Seneschal de la ville, & des droits & offices de la marine à la charge de sur-Intendant géneral de la Navigation. Le siège de la Prevosté & celuy du Seel furent pareillement supprimez & unis au Seneschal & Gouverneur, auquel & au siège Presidial le Roy érigea nouveaux officiers & supposts, conserva la Iurisdiction des luge & Consuls des marchands, & establit un Intendant de la Iustice en la ville, pays & gouvernement, & dans les pays de Poictou & de Xaintonge depuis la riuiere de Loire iusqu’à la Garomne & Gironde, & dans les Isles, Il y a un Gouverneur particulier, qui l’est aussi de Brouage & des Isles de Xaintonge. Outre le Seneschal & siege Presidial de la Rochelle, il n’y a point d’autre siège Royal dans le pays, le bureau de l’Election de la Rochelle dépend de la généralité de Poictiers ; le spirituel est de l’Evesché de Xaintes, la Iustice & les finances sont de la Cour de Parlement, Chambre des Comptes & Cour des Aydes de Paris.

Les plus apparens & la Bourgeoisie de la Rochelle avec autres de moyenne qualité sont pour la pluspart de la Religion prétendue reformée. Ils sont quasi tous Catholiques à la campagne, & les PP Iesuites ont esté logés dans la Rochelle.

ISLE DE RE.

L’ISLE DE RE, Herus, ou Heresis insula, Reacus, ou Rea Reorum insula L’Abbaye reduite en Prieuré a esté nommée par les Poicteuins Ner-Monstier, & Nigrum Monasterium.

L’iste d’Oleron luy est droit au Sud ou au Midy, la terre de Marennes au Sud-Est. Ses deux ouuertures plus proches pour naviger sont du costé du Sud pour aller en Espagne & autres mers, le pertuis d’Antioche & l’autre du costé du Nord, pour aller vers la Bretagne, l’Angleterre & la Hollande,1e pertuis Breton, dans lequel se deschargent deux petites rivieres, cellc de Marans & celle de S. Benoist. Pres du pertuis d’Antioche est le goufre & creux de Maumusson. Elle peut avoir 4 ou 5 lieues de Ìong, & derny de large, & n’est esloignée de la Rochelle que de 3 lieuës.

II n’y a point de ville fermée, mais quelques bons bourgs, & en tout 5 parroisses. Les Isles d’Oye & d’Ars sont la principale. Les autres sont S. Martin avec les villages du Bois & de la Couarde comptés pour deux : la Flotte & S.Marie. La citadelle de S. Martin a esté rasée, & au Fort de la Prée, joignant la mer y a garnison entretenue. II y a port à Ars, à saincte Marie, sainct Martin, & la Flotte : Outre lesquels il y a la fosse de l’Oye & le fief d’An ou l’on peut tirer en tout temps de grands navires tout d’un flot, & hors de danger de tempestes. Il y a aussi plus grandes rades dont les principale sont les Pelisses & celle de S. Martin.

Ses principaux fruits & richesses sont le vin & le sel qu’elle produit en grand’ abondance, le premier en bonne année y vient pour suffire dix fois plus qu’à la provision, & l’autre pour en fournir un Royaume. Le vin y a quelque acrimonie de sel, & le bled n’y croist gueres, si ce n’est quelque peu dans les vignes entre les seps, & n’y a ny foins ny fruits, à cause que la tourmente abbat les arbres. Le vin & le sel vont en Angleterre & en Hollande. L’eau douce se tire des puits, n’y ayant point de Fontaines. On transporte du vin de l’Isle iusqu’à dix mille tonneaux de deux pipes chacun.

Le Comte de Sancerre a esté Baron de l’isle de Ré. L’Abbé de S. Michel en l’Herm est Seigneur d’Ars & de l’Oye, petite Isle séparée de Ré par un petit canal d’eau. Ré a deux iurisdictions subalternes, qui vont par appel à la Rochelle, sçavoir celle du Baron de l’Isle, séante à S.Martin, & celle d’Ars & l’Oye, establie à Ars. Elle est sous le gouvernement du pays d’Aulnis. Le peuple y est en grand nombre, bien aguerry, principalement sur mer.

Il y a deux membres de deux Abbayes, sçavoir de sainct Michel en l’Herm & de nostre-Dame des Chastelliers, & quelques Prieurez. Les Catholiques y sont en beaucoup plus grand nombre.

L’isle de l’Oye a une lieuë de tour, & est jointe à l’Isle de Ré ; en telle sorte que la marée se retirant, on y va à pied sec, mais durant le mord’eau, & la marée venant, la terre est en lsle, qu’on appelle Oye, à cause de sa forme. L’Isle de l’Oye est peuplée de 4 ou 5 villages.

Entre Oleron & Ré il y a quelques Roches, que les Mariniers appellent Antioches, & à la sortie de Ré, celles qu’on a nommées les Baleines, qui vont treize lieuës en mer, & la Roche Orcanie, laquelle a trois brasses.

ISLE D’OLERON.

L’ISLE D’OLERON, Uliarus, a cinq lieuës de longueur, & pour sa largeur, elle est un peu diverse selon les endroits, mais la plus grande n’est que d’une lieuë, & son circuit de dix à douze lieues. D’Oleron à l’isle d’Alvert il y a une lieuë de trajet par le pertuis de Maumusson, & iusqu’à l’lsle de Ré trois lieuës, par celuy d’Antiochc. Elle est esloignée de la Rochelle sept lieues de mer, qui se va rendre à la Palisse, & au pertuis Breton, entre l’Isle de Ré & Aiguillon, & de Broüage, trois lieuës de mer á l’Est. Du Sud à l’Ouest , elle a la mer Oceane qui sépare de l’Espagne par quatre vingt lieuës & plus de trajet du costé de l’Ouest on va plus de mille lieues sans trouver de terre ferme, à cause de quoy on appelle ceste extrémité le bout du monde.

La mer Oceane qui avoisine & fait l’lsle d’Oleron se distingue en mer de grande & de petite coste, & en mer du Coureau d’Oleron du Nord-Est au Sud. Le long de la grand’coste du Sud à l’Ouest, iusqu’au pertuis d’Antioche, il n’y a point de canaux pour aborder en l’lsle, & le long de la petite coste l’abord des vaisseaux commence au port de sainct Denis, dont l’entrée & le séjour ont quelque danger, comme fort proches du pertuis & des roches d’Antioche. Les canaux sont celuy de la Perrotine, d’Arseau, de l’Abrande, & au bout le port du Chasteau, où commencent les Rochers. Tout le long de la petite coste, la mer, iusqu’à une lieuë avant, y est bonne pour les grands vaisseaux, fussent-ils de huict cens tonneaux. Depuis le port du Chasteau iusqu’à Manson proche de Maumusson du Nord-Est au Sud, où commence la riviere de Cendre, au profond de ce destroit, que vulgairement on nomme le Coureau d’Oleron, il y a bon ancrage pour les navires de deux à trois cens tonneaux, comme aussi dans la Cendre, où le vaisseau qu’on appelle le grand Armand demeure ancré avec seureté. Le long de ce destroit, ou Coureau d’Oleron, est un canal le meilleur de toute l’isle, & qui reçoit les vaisseaux de trente.cinq ou quarante tonneaux.

Le principal lieu de l’lsle est le bourg appellé du Chasteau, lequel y a esté autrefois en iceluy ioignant la mer, a esté basty depuis la reddition de la Rochelle un Fort royal & incomparable avec cinq bastions, dont l’un regarde le port du Chasteau, & y en a deux qui advancent en mer, fondez sur le roc & regardans les terres de Broüage & de Marennes. A une lieuë du bourg du Chasteau est le lieu qu’on appelle Dolus, dont le Seigneur, qui se qualifie Baron d’Oleron, est Suzerain de tous les Seigneurs de l’Isle : A une lieuë de Dolus, & au milieu de l’Isle sont les deux bourgs de sainct Pierre & de Bonnemie, qui ne font qu’une seule parroisse nommée de sainct Pierre, avec celuy de Cheré, & la maison de Rabayne. Les lieux de sainct Georges, de sainct Denis avec le port vis à vis de Ré & de la Rochelle, Chassiron, la Gombaudiere, Matha, Chastelliers, sont aussi fiefs assis dans l’Isle, avec plusieurs bois de haute fustaye & les marais salants, qui portent grand profit aux propriétaires.

II y a du bled beaucoup plus qu’en l’lsle de Ré, & plus qu’il n’en faut pour la provision du pays. L’abondance & la richesse de l’lsle est en vin & en sel, qui se vendent & transportent aux estrangers. Elle est assez couverte d’arbres, avec quelques forests, & nourrit du bestail à corne & à laine, pour la prouvision de ses habitans, force volaille, perdrix, phaisans, & quantité de lapins. Il se trouue aussi des lièvres parmy les sables, & des oyseaux de mer de toutes sortes, qui nichent dans les bois où l’on void aussi des heronnieres. L’Isle nourrit des chevaux en assez bon nombre pour son usage & traffic, de sorte qu’elle a tout le nécessaire pour la vie, avec ce qui est du plaisir & de la délectation.

L’Isle peut mettre sur pied deux mille hommcs pour sa défense, & les habitans s’occupent au traffic, à la pesche, & au sel.

L’Isle est du gouvernement du pays d’Aulnis & de Broüage, & le Fort basty dans le bourg du Chasteau a un Gouverneur particulier. Il n’y a point de siège royal dans l’Isle, mais les Seigneurs y ont haute Iustice, dont on appelle à Xaintes & ailleurs.

Toute l’Isle est divisee en quatre parroisses, scavoir celle du Chasteau, celle de Dolus, qui comprend S. Denis & Chassiron, celle de S. Pierre, & celle de sainct Georges, qui comprend Cheré. Il y a plusieurs Prieurez de bon revenu. Ils sont quasi tous de la Religion prétendue reformée.

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