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Histoire du Chteau de Triac Triac-Lautrait (16) par Paul de Lacroix (1906)

vendredi 12 octobre 2007, par Pierre, 4628 visites.

Photo : P. Collenot - 2007

Le chteau de Triac est situ dans la valle de la Charente entre Jarnac et Bassac.

Son histoire pourrait remonter au 11me sicle.

Source : Les anciens chteaux des environs de Cognac, par Paul de Lacroix, bibliothcaire de la ville de Cognac - 1906

Le chteau de Triac est situ dans la valle de la Charente entre Jarnac et Bassac.

Triac, au onzime sicle, faisait partie de la seigneurie de Jarnac ; quelques droits sur cette terre avaient t cds aux religieux de Saint-Cybard par Wardrade, en reconnaissance de ce que le monastre avait envoy des religieux pour fonder son abbaye de Bassac. On trouve autour de l’glise, ancien prieur de l’ordre de Saint-Benot, des fondations considrables qui porteraient croire que le chteau primitif, qui avoisinait cet difice, tait un chteau-fort : il parat rationnel qu’on ait lev sur le petit mamelon qui domine le bourg, la demeure seigneuriale, dans un temps o il tait ncessaire de se placer avantageusement pour faciliter la dfense contre les attaques frquentes d’ennemis de toute sorte.

Ce premier chteau, ainsi qu’une partie de l’glise, fut dtruit pendant la guerre de cent ans.

Un nouveau chteau s’leva bientt, mais plus proche de la rivire : son corps de logis, flanqu de deux tours dont une subsiste encore, fut ravag et incendi en partie, une premire fois en 1569 par les protestants qui s’enfuyaient vers Jarnac aprs la bataille livre le dimanche 13 mars, o ils avaient subi une mmorable dfaite et perdu leur chef, le prince de Cond.

Restaur au commencement du dix-septime sicle, ce chteau passa aux mains de Jacques Le Meusnier, sieur de Lartige (fief et hameau l’est de Jarnac , Rouffignac et Ardennes (en Moulidards) trsorier gnral au bureau des finances de Limoges. La famille Le Meusnier tait originaire de la ville d’Angoulme, o elle avait exerc plusieurs charges de judicature ; elle descendait de Franois Le Meusnier, maire en 1592, 1593 et 1600, qui possdait le fief de Lartige et tait prsident en l’Election d’Angoulme.

L’arrire petit-fils de Jacques Le Meusnier a pous une demoiselle de Chrade, fille d’Etienne de Chrade, lieutenant gnral au prsidial d’Angoulme. On peut donc attribuer la construction du second chteau de Triac Jacques Le Meusnier et la dame de Chrade, sa femme.

Dans le sicle suivant, le chteau ayant t de nouveau incendi, l’exception de la tour occidentale, le petit-fils de l’acqureur, Jean Le Meusnier, chevalier, baron de Blanzac et La Rochandry et seigneur de Raix, Rouffignac, Lartige et Triac, le vendit, en 1772, Jean-Abraham Bonniot de Salignac, qui possdait les fiefs nobles de Salignac prs Merpins, et Fleurac, paroisse de Vaux. Il tenait sa noblesse d’une charge de secrtaire du roi que son pre, Abraham Bonniot de Salignac, avait achete, vers 1772, cinquante-cinq mille livres.

L’anne suivante (1773) un nouveau chteau fut commenc, mais dans les jardins, plus prs encore de la Charente.

Le plan qui fut adopt tait vaste et dans le got de l’poque : c’tait, un grand difice genre Mansard, avec treize fentres de faade au midi, et dont l’uniformit tait rompue de ce ct par un fronton triangulaire ; au nord, deux ailes en retour s’avanaient dans la cour d’honneur.

Cette construction, imposante par sa masse, tait couronne d’une haute toiture en ardoise sans mansardes, que surmontaient des chemines trs leves. Un foss profond, avec balustres, rgnait autour de la cour d’honneur, et un vivier, aussi avec balustres, limitait en tous sens le jardin. De beaux ombrages, une position exceptionnelle sur la Charente, en faisaient une habitation dlicieuse.

M. Bonniot de Salignac fit plusieurs fois recommencer la construction de ce chteau, et on raconte qu’effray des dpenses qu’il avait dj faites lorsque les murs sortaient peine de terre, il dchira ses comptes et n’en voulut plus tenir jusqu’ complet achvement. A sa mort il laissa plusieurs enfants de son premier mariage avec Marie de Guldiman, et un seul de son second mariage avec Marie-Anne Horric, dame de la Mothe en St-Genis-d’Hiersac. Ce dernier, qui porta d’abord le nom de sieur de Triac, reprit celui de Salignac sa majorit, et mourut prsident de chambre la Cour de Paris. Mme de Salignac, en mourant, laissa des enfants mineurs. Triac fut vendu, en 1803 ou 1804, M. Roy d’Angeac, qui s’tait mari, en 1780, demoiselle Apollonie Texier de la Pgerie, demeurant Barbezieux, o son pre tait juge snchal. Mme d’Angeac se fixa Triac, o elle mourut en 1851, laissant la famille Ferreire de Saint-Antonin, ses hritiers naturels, cette belle proprit. Ceux-ci vendirent Triac des marchands de biens en 1871, et, peu de temps aprs, ce domaine fut achet par M. Roumage, ancien maire de Saint-Preuil. Chose digne de remarque, ce chteau, termin en 1777, fut dtruit par un nouvel incendie, juste cent ans aprs, en 1877. Achet par M. Pignon, ngociant, il a t, aprs maints travaux, rendu habitable.

On ne connat aucun fait historique se rapportant cette ancienne rsidence des Le Meusnier, des Bonniot et des d’Angeac.

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