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Étienne Contant (Content), de Burie ou de Migron, émigre au Québec au 17ème siècle

D 19 novembre 2007     H 00:56     A Alain Contant     C 0 messages A 2093 LECTURES


Il s’est déclaré de Burie, mais Étienne Contant (Content) venait-il de Migron ?

Le hameau de Contant, Migron et Burie, sur la carte de Cassini
Etienne Contant venait-il de Migron ou de Burie ?

Alors que le Québec et le Canada se préparent à commémorer le 400e anniversaire de la fondation de la ville de Québec le 3 juillet 1608 par Samuel de Champlain, il est opportun de se pencher sur ces pionniers venus de France au XVIIe et XVIIIe siècles, et au moins sur un d’entre eux, puisqu’il vient de la Saintonge.

Si la prise de Constantinople par le sultan Mehmet II en 1453 a rendu difficile la route traditionelle vers l’Orient, et poussé les puissances européennes à en chercher une autre vers l’ouest, et à y fonder des colonies, les efforts du Portugal, de l’Espagne, de l’Angleterre et de la France ne sont pas proportionnés à leurs populations. La France fait preuve d’un manque d’entrain, que la simple comparaison entre les populations brésilienne, latino-américaine, anglophone et francophone des Amériques illustre parfaitement. Sur ce sujet, nous suggérons Les origines familiales des pionniers du Québec ancien (1621-1865) [1], qui suggère une immigration brute d’environ 36 000 personnes, dont un peu plus que le cinquième a pris souche.

On connaît leurs noms et ceux de leur descendance. Attardons-nous à Étienne Contant, dont le seul mérite est d’être l’ancêtre agnatique de l’auteur.

On sait qu’il est d’abord soldat dans la compagnie du capitaine François de Tapie de Monteil et de Clérac au sein du Régiment de Poitou. Malgré son nom, ce régiment ne comporte pas que des Poitevins : la vingtaine de soldats que nous connaissons de la compagnie de Monteil vient d’un peu partout. Étienne reçoit le surnom de Berry. A t-il été recruté avant l’embarquement afin que chaque compagnie ait ses cinquante hommes ? Peut-être. Le 26 février 1664, un navire de 800 tonneaux, le Brézé, quitte La Rochelle pour Cayenne faire la guerre aux Hollandais. A bord, trois compagnie dont celle du capitaine de Monteil. Leur mission accomplie, on les retrouve à la Martinique et à la Guadeloupe d’où elles lèvent l’ancre pour Québec le 25 avril 1665, toujours à bord du Brézé. Il s’agit de rejoindre une vingtaine d’autres compagnies du Régiment de Carignan-Salières. Le Brézé est à Gaspé le 19 juin où les soldats changent d’embarcations pour rejoindre Québec le 30 juin.

Il est notoire que l’immigration en Nouvelle-France est anémique, et que les Iroquois et leurs alliés Anglais constituent une menace constante, qui a été plus ou moins exagérée, mais qui préoccupe suffisamment Versailles pour y envoyer des troupes, et les inciter à y demeurer la paix conclue. Les officiers obtiennent des seigneuries qu’ils développent en recrutant parmi les soldats des censitaires qui abatteront les arbres, défricheront, ensemenceront, récolteront. Mais il faut des épouses à ces jeunes célibataires ; le roi envoit des jeunes filles aptes à fonder famille, souvent bien nées mais pauvres : les filles du Roy.

On ne sait rien des exploits guerriers d’Étienne Contant. En 1666 il est recensé chez Simon Laireau à l’île d’Orléans comme tisserand en toile. La Nouvelle-France possède alors 3 215 habitants. L’année suivante, Étienne déclare avoir 30 ans et demeurer chez Mathurin Bélouard qui en a 25. La même année il loue une ferme d’Hyppolite Thivierge à l’île d’Orléans. Dans l’acte notarié, il se dit laboureur volontaire.

C’est en 1669 qu’Étienne Contant pose le geste fondateur : il épouse Anne Laisné, fille du Roy. Le contrat de mariage reçu par le notaire Pierre Duquet de la Chesnaye en septembre 1669 (la date est incomplète, comme le sont beaucoup de ses actes) nous apprend qu’Étienne est de Burie, évêché de Saintes, ce qui explique peut-être son surnom de Berry et qu’il est fils de Pierre Content et de Marguerite Grenier (on lit Guernier). Anne a pour parents Emmanuel Laisné et Jeanne Legrand, de la région de Chartres. Saint-Lubin-de-la Haye, Saint-Lubin-des-Joncherets, Saint-Lubin-de-Cravant ? À déterminer. Notons que Marie-Barbe de Boulogne (1614-1685), veuve du gouverneur Louis d’Ailleboust de Coulonge et d’Argentenay (c1612-1660), signe comme témoin. Anne Laisné était-elle une de ses protégées ? Peut-être. Le 14 octobre 1669 la bénédiction nuptiale complète le contrat civil en la paroisse de la Sainte-Famille, île d’Orléans. Étienne confirme être de Burie (l’acte dit Bury). La terre qu’il avait louée d’Hyppolite Thivierge est située dans la même paroisse.

Le couple a six enfants, quatre fils et deux filles. Étienne meurt accidentellement en 1685, et sa veuve se remarie la même année avec René Bisson, veuf de Louise Valet. Veuve une deuxième fois en 1708, Anne épouse tout de suite Marc Tessier, lui-même deux fois veuf. Elle décède le 16 mai 1725 à l’Hôtel-Dieu de Québec à 78 ans.

Un des quatre fils d’Étienne et d’Anne assure la pérennité du nom en Amérique : Étienne II, né à l’île d’Orléans en 1676 et décédé à Saint-Charles de Lachenaie près de Montréal en 1752. L’homme semble avoir eu quelque envergure : il épouse d’abord en 1700 Marie Bélanger, fille du seigneur François Bélanger de Bonsecours, et déjà veuve de Joseph Gravel. Veuf en 1713, il s’installe à l’île Jésus (aujourd’hui ville de Laval) en face de Lachenaie à titre de procureur et d’économe du seigneur, le Séminaire de Québec. En 1719 il épouse à la Pointe-aux-Trembles de Montréal Marie-Françoise Bazinet, fille d’Antoine Bazinet, capitaine de la milice du lieu, et de Françoise Janot. Il achète et vend des terres, se fait donner du sieur par les notaires, devient marguiller, bref c’est un notable. Sa signature est belle et affirmée. Il établit ses enfants sur les belles terres de Saint-Charles de Lachenaie et sur celles de Saint-François-de-Sales de l’île Jésus, de l’autre côté de la rivière des Mille-Îles. Sa descendance y est encore, bien que beaucoup aient émigré vers Montréal et les États-Unis.

Nous ne savons rien sur les ancêtres d’Étienne Contant, sauf les noms et prénoms de ses parents. Les registres de l’État civil n’existent pas, ou n’existent plus. Burie compte 1 287 habitants en 1999 [2], et il n’y a pas de trace de Contant. Mais à quatre kilomètres au nord-ouest, tout près de Migron (651 habitants) [3], se trouve une route des Contants et une ferme Chez Contant que Cassini avait indiquée sur sa carte au XVIIIe siècle, ferme tout en face de Château-Couvert. Est-ce la piste à suivre ?

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