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Étienne Contant, émigrant au Québec au 17ème siècle, de Migron plutôt que de Burie (suite)

D 2 janvier 2010     H 16:53     A Alain Contant     C 0 messages A 1216 LECTURES


En novembre 2007 nous nous interrogions ici (voir cette page) sur la provenance de l’ancêtre Étienne I Contant : Burie (comme l’indiquent certains actes), ou Migron, paroisse voisine, où le patronyme a survécu dans un nom de lieu.

Pour ceux qui peut-être encore doutent de l’intérêt que présente la mise en ligne de l’État-civil, cette page pourrait être un très bel argument.

Le hameau de Contant, Migron et Burie, sur la carte de Cassini
Etienne Contant venait-il de Migron ou de Burie ?

En novembre 2007 nous nous interrogions ici sur la provenance de l’ancêtre Étienne I Contant : la paroisse de Burie, tel qu’il l’affirmait dans certains documents officiels, dont son contrat et son acte de mariage, ou celle de Migron, à 4 km au nord-ouest, où il y a une route des Contants et un hameau du même nom. Les deux paroisses, Saint-Léger de Burie et Saint-Nazaire de Migron, se jouxtent. Nous constations que les registres de l’État civil n’existaient plus pour la date de naissance présumée d’Éyienne I Contant (1635) mais nous n’avions pas renoncé à suivre cette piste et avons consulté en ligne (Etat-civil en ligne aux AD17) les registres disponibles pour Burie, Migron et certaines paroisses avoisinantes dans l’espoir de trouver l’acte de sépulture d’un de ses parents, Pierre Contant et Marguerite Grenier, ou tout autre acte intéressant. Les BMS de Burie disponibles commencent en 1637, ceux de Migron en 1674.

On nous pardonnera un aparté nostalgique : ceux qui ont consulté de vieux registres aux Archives départementales françaises ou dans les palais de Justice québécois, ou leur microfilm, et qui le font encore là où cela est encore possible, se rappelleront combien ces expéditions peuvent être parfois pénibles mais combien jubilatoires lorsque l’énigme à résoudre trouve enfin sa réponse. Obtenir copie des actes était souvent compliqué. Sur Internet, tout cela se fait d’un ou deux clics de souris.

Ce qui n’a pas changé, c’est la présentation des actes, souvent illisibles ou très difficilement déchiffrables, à cause d’accidents survenus aux registres, de l’écriture abominable des curés ou des vicaires, de la trop grande concision de ces derniers, voire de leur propension à rédiger plus tard les actes que personne ne signera et qui feront passer les paroissiens pour des illetrés. Ainsi, l’acte de sépulture du sieur Étienne Contant II (1676-1752), fils aîné de l’ancêtre et notable dans sa paroisse de Saint-Charles de Lachenaie, indique que les funérailles furent célébrées par son curé en présence des deux curés voisins, Saint-François-de-Sales de l’Île-Jésus et Saint-Henry de Lachenaie, qui ont signé, et « ...autres qui ont déclaré ne savoir signer de ce enquis ». On lui accorde l’honneur d’être enterré dans l’église. Faut-il conclure que l’élite locale qui a sûrement assisté aux obsèques d’un ancien marguiller et procureur des seigneurs de l’Île-Jésus ne pouvait signer son nom ? Le procès des ces braves ecclésiastiques a été fait et comme madame Paulette Aupoix, de la Société des Études du Lot, nous croyons :

« ...qu’il faut que le généalogiste cultive les trois vertus théologales : foi et espérance pour lui et charité à l’égard de ces pauvres prêtres qui ne pouvaient penser que les descendants de leurs ouailles allaient, quelques siècles plus tard, disséquer leurs registres. » [1]

Les heures passées devant l’ordinateur n’ont pas élucidé notre question mais nous ont souvent ravi : ce voyage dans le temps a confirmé que les humains - au Québec homme est désormais réservé aux porteurs de chromosome Y - se ressemblent beaucoup, où qu’ils soient. La même page nous apprend le mariage d’un laboureur à bras avec une brave fille de la ferme voisine, et celui du fils d’un haut et puissant seigneur avec la demoiselle d’un château des environs. Les premiers ne signent pas car ils déclarent ne le savoir de ce enquis alors que les seconds paraphent avec une vigueur qui indique une forte personnalité. Mais revenons à Étienne I Contant.

Il faut attendre 1864 pour que les registres de Burie (1637-1902) révèlent un Zéphirin Coûtant, maçon, originaire de la commune de Chatain, département de la Vienne, qui s’y marie et qui y déclarera la naissance d’enfants. Si il y a eu des Contant à Burie, ils n’y ont pas laissé de trace dans les registres de l’État civil.

Il en est bien autrement à Migron. En plus de la route et du hameau déjà sur la carte de Cassini au XVIIIe siècle et qui sont toujours là, nous avons dénombré au moins 31 naissances entre 1674 (les registres en ligne commencent cette année-là) et 1868, 10 mariages entre 1818 et 1877, et 29 décès entre 1681 et 1881, dont le sire Jacques Contant (1581-1681). Ce centenaire, si on peut se fier à ce qu’on a rapporté au curé, a peut-être vu naître le hameau Chez Contant : Jean-Louis Beaucarnot [2] fait remonter au XVIe siècle la création de quantité de hameaux ou de fermes dont les noms s’inspirent de leurs fondateurs [3]. On sait que la peste, la guerre avec les Anglais et les conflits entre catholiques et protestants ont décimé les populations des lieux et ont amené l’arrivée de nouveaux venus provenant des provinces avoisinantes. Il faut tout naturellement consulter les sources primaires pouvant traiter des origines de Chez Contant plutôt que d’extrapoler à partir d’études généralisantes, toutes savantes soient-elles. Au milieu du XVIIe siècle, Burie exerçait-il sur Migron une ascendance telle qu’on le préférait à Migron comme lieu d’origine ? Ce n’est qu’en 1801 que Napoléon le désignera comme chef-lieu du canton du même nom, canton comprenant Migron. Est-il hasardeux de penser que Burie a toujours été plus populeux que Migron, ce qui expliquerait son ascendance ?

Situé en face et à trois cent mètres de Château-Couvert, manoir des seigneurs de Migron, dont les éléments les plus anciens pourraient remonter au XIIe siècle, Chez Contant et la route des Contants qui relie le hameau à la Route Mathalienne D131 (vers Matha) et à la Route des Fins Bois D120, témoignent de la présence d’une famille significative dans la région. Le fief de Château-Couvert a appartenu aux Authon au XIIe siècle, aux Céris aux XVIe, aux Saint-Georges et aux La Laurencie jusqu’au XIXe et aux comtes du Parc depuis 1927 [4].

La lecture des actes (naissances, mariages, sépultures) ne nous a pas permis d’établir de filiations parmi ces Contant, et curieusement nous n’avons pas trouvé d’actes indiquant des domiciliés Chez Contant, bien qu’on habitait pas bien loin : aux Bernardières, au Gué, Chez Gestreau. Mais nous avons trouvé une troublante coïncidence : Jean Contant, né vers 1635 comme Étienne I, meurt noyé en 1704, comme Étienne I en 1685.

Nous espérions ajouter un acte à ceux du Fichier Origine, qui comprend les noms de tous les individus, mariés, célibataires et religieux dont l’acte de naissance ou de baptême a été retracé dans leurs pays d’origine, surtout la France, et qui ont fondé la population canadienne.

Nos recherches ne l’ont pas permis. La paroisse de Saint-Martin à Aujac révèle trois baptêmes Contant dès les premiers registres disponibles, soit 1638, mais rien de significatif jusqu’en 1672.

Mais que cela n’empêche personne de rechercher les même renseignements : voilà une entreprise où la compétition ne fera que des gagnants !

Alain Contant

avocat à la retraite à Montréal (Québec)


[1Errare Humanum Est : De la fiabilité très relative des registres paroissiaux de l’Ancien Régime, in Bulletin de la Société des Études du Lot, Tome CXIX, 3è fascicule 1998, juillet-septembre. 18 mars 2009

[2Comment retrouver vos origines, Le Livre de Poche 7789, ISBN 2-253-02807-X, c Éditions Mengès 1980, p. 177.

[3Tous ces toponymes en Chez qui comportent un patronyme mériteraient une étude particulière quant à leur implantation géographique. Je crois, sans en être absolument certain, qu’ils sont typiques de la région. Pour eux, la recherche du sens originel est facile. Ils portent le nom de celui qui aurait occupé l’endroit le premier pour le cultiver et y implanter sa ferme. Quelques uns de ces hameaux ou fermes isolées sont encore habités par des gens portant toujours le patronyme du fondateur de l’endroit.

Jean-Michel Hermans. Analyse des toponymes de la Basse Saintonge, de l’Aunis et du sud Poitou. Essai de paléolinguistique le 15 avril 2009

[4Château-Couvert, le 17 novembre 2009

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