Familles d’Ecoyeux et de Château-Chesnel - Qui est qui ?

D 5 décembre 2006     H 17:33     A Christian     C 0 messages A 3181 LECTURES


Christian Hervé a examiné à la loupe les données de l’inventaire Frétard de 1787, et plusieurs documents d’archives auxquels ce site ouvre la porte.

Sa connaissance de l’environnement seigneurial local lui permet de donner une vision très précise des personnages et des lieux qui y sont mentionnés.

Nota : Les cotes indiquées ci-dessous, de A à Y, sont celles utilisées par le notaire Crugy en adjoignant simplement à ces lettres un nombre ; un alinéa est numéroté B7-8, un peu arbitrairement, pour arriver au total de 24 titres, comme annoncé).
Quelques corrections :
B7-8 : il faut sans doute renoncer à la date de 1427 et lire « Charles, comte d’Angoulême » – (plutôt que Claude). Epernay n’est entré dans les biens de la famille d’Angoulême qu’en 1445 (à vérifier) cf. http://www.geocities.com/eurprin/angouleme.html
K2 : « Izaac » est certainement mis pour Josias
N10 : le mariage de Louis avec Marie-Elisabeth de Blondel de Joigny, fille du sgr de Bellebrune, a eu lieu en 1663, et non en 1633.
Et une mise en garde : les dates de pièces relatives à Charles (F5, F6, B21) et à Josias (N4, N11) ne sont que celles des expéditions.

1. Les Chesnel à Cherves

« De 1530 à 1535, Jacques Chesnel, sieur des Reaux en Saintonge, gouverneur des ville et château de Cognac, acheta des héritiers de Jacques Adam la terre de Cherves, dont le logis était situé dans le bourg non loin de l’église » (P. Lacroix, L’Angoumois occidental, p. 111) – Gabriel Maître (Cherves, qui es-tu ?, s.d.) situe cet hébergement entre l’église et la fontaine Saint-Vivien.

Son grand-père, un autre Jacques, avait épousé en 1454 Béatrice, fille de Renaud de Sainte-Maure, seigneur de Jonzac, et dame de Meux. De ce mariage sortirent une branche (aînée ?) de Meux et cette branche des Réaux et de Cherves dont Jacques, capitaine de Cognac de 1515 à 1552, est le premier représentant.

Les premières pièces du fonds Frétard relatives à la fois à Cherves et aux Chesnel ne datent probablement que de l’époque de son fils, encore un autre Jacques (le dernier), maréchal des logis de M. de Burie, à moins que ce ne soit de son petit-fils, François († vers 1582), qui épousa l’héritière de Chazotte et Mesnac (1573). Il s’agit d’achats de rentes à Cherves et de droits d’agriers sur les terres du Colombier (B16, 1563). Est aussi mentionné, sans précision de propriétaire, un hôtel à Mongaud (E1, 1571).

L’extension n’a lieu véritablement que sous Charles (1580-1646) : achat de Plumejeaud (M et N6, 1617) ; de La Roche de Cherves, qui sera le site de Château-Chesnel (N12, 1620) ; d’une rente seigneuriale près du village des Marons (D3, 1620) ; de la moitié d’un droit d’agrière au fief Dumas (L2, 1625) ; de divers biens à Mesnac (F5, F6) et ailleurs (B21), et peut-être du fief de Chalotte en Javrezac (B20, dénombrement de 1613).

Deux problèmes à propos de ces acquisitions :
- G. Maître prétend que les Chesnel « habitaient un petit château-fort au lieu-dit Plumejeau, situé sur le piton près de l’Antenne, à 500 m environ du pont de Saint-Sulpice, [ayant] trouvé, lors de l’achat de la terre de Cherves, le vieux manoir du bourg trop petit » et que ce château fut pillé et brûlé en 1569, par les Huguenots qui venaient d’être défaits à Jarnac. Or Plumejeau n’aurait été acheté par les Chesnel qu’en 1617 (M et N6), aux Ribier ou Ribière dont la présence semble attestée continûment depuis 1553 (H3, B15, H4).
- on date communément le début de la construction de Château-Chesnel de 1610 ; or le terrain de la Roche n’aurait été acheté que dix ans après…
Josias (1613-1680), qui va devenir par son mariage seigneur d’Ecoyeux et de Fouras, achète des « droits d’agrières et complants » à Javrezac (D4, 1653) et, surtout, Vignolle (N4) et l’Isle de Mesnac (K2, 1655).

LA ROCHE : a été achetée en 1522 par un Bouchonneau (C1 à C3), puis en 1565 par Jacques de Puyrigaud, seigneur de Charmant (C7) alors qu’elle était passée entre les mains d’un seigneur de Vaujompe (Saint-Sulpice) – « Resin » serait donc plutôt à lire Régnier (probablement Louis : http://perso.orange.fr/jm.ouvrard/armor/fami/r/regnier.htm). Bizarrement, on la retrouve entre les mains d’un autre Bouchonneau en 1611 (N8) et quand Charles Chesnel l’acquiert neuf ans plus tard, c’est d’Isaac Maniac, sieur de la Cheminaderie (N12). Mais elle était peut-être passée en d’autres mains : cf. F5.
- A noter que la deuxième femme de Charles Chesnel, Anne (née en 1618, épousée en 1634), est la fille de Guyonne Bouchonneau – et de Jacques Audouin, « sieur du Portail, prévôt général et provincial de Saintonge », sieur des Quartiers (en Saint-Sulpice), maire de Cognac en 1627-29, qui vend une rente à Charles en 1620 (D3) et une métairie à un procureur de Cognac en 1614 (C9). http://perso.orange.fr/jm.ouvrard/armor/fami/a/audouin.htm. Marvaud (Etudes historiques sur la ville de Cognac, II, p. 80) confirme que Guyonne était la fille de Jean Bouchonneau, « bachelier ès-lois, qui fut avocat au siège royal de Cognac en 1581 », mort vers 1596, et de Marguerite Dalembert. « Les fiefs de Rocheraud et du Mas-des-Roches devaient au seigneur des Cartiers pour hommage à mouvance de seigneur et de vassal le devoir d’un épervier à sonnette d’argent (…) » (Ibid.)
- Ces Bouchonneau étaient-ils parents du directeur général de la gabelle lynché à Cognac par les insurgés de 1548 ?
- A la terre de la Roche étaient attachés des droits de pêche : C7.
- Le fief a continûment relevé de la seigneurie de Gademoulins (Gensac-La Pallue). D’où les hommages rendus dans les années 1520-1530 à Charles de Sandroux, ou Dexandrieux, maire de Cognac en 1491 (P. Lacroix, p. 232), ou à son fils ( ?) David (C1 à C3), puis à leurs successeurs, les Green de Saint-Marsault (C11, 1667 ; cf. Lacroix, p. 233). A noter que, selon Lacroix, Charles de Sandroux avait épousé Marguerite Portier, dame de Villars, près Burie : d’où la présence de l’hommage rendu par celle-ci (N7, 1496) pour son fief des Marchandières ?

PLUMEJEAU est le lieu ou fut retrouvé en 1892 le « trésor de Cherves » – en fait de la celle de Gandoury. Sur le Trésor liturgique de Cherves voir dans le Bulletin de la SAHC

LA MOTTE de CHERVES : dans mon adolescence, le lieu nous faisait rêver, mes camarades et moi, mais on nous a toujours interdit d’en approcher en invoquant la présence de vipères rouges !

Je ne crois pas qu’on y ait jamais conduit des fouilles, mais C6 montre qu’il y eut là un fief, lié au Pont de Saint-Sulpice, et qui relevait en 1559 de la dame de Genouillé, Marguerite de la Chassaigne (et non de Champagne), veuve de Guichard de Rouffignac, seigneur de Gourville – mais l’identification est peu sûre.

L’intérêt de la pièce C6 est aussi de montrer en acte, ici en faveur d’un « pharmacien », la création d’une terre noble, à partir de trois mas – le mas valant (au moins à l’origine) « deux bœufs et une vingtaine d’hectares », soit le double de la borderie qui valait elle-même deux quartiers (F. Julien-Labruyère, Paysans charentais, I, p. 25), mais cela ferait peut-être beaucoup en l’espèce…

2. Les Puyrigaud

Le grand apport du fonds est de faire considérablement remonter dans le temps l’arrivée des Puyrigaud à Chazotte : 1382, soit cent ans avant qu’ils n’achètent Mesnac (1495 selon Betencourt, 1490 selon P. Lacroix). Jean, le premier seigneur de Mesnac, est ainsi précédé par un Mesnard (B1), puis, en 1441-45, par un Pierre, seigneur de Chazotte et « Bourgard » (B4, B5). Actif quant à lui à partir de 1463 (B6) et mort avant 1499 (B9), ce Jean a eu de Marie ou Suzanne Gombaud deux fils, Gilles et François (Dom Bétencourt, II, P. 786).

Après Gilles, attesté en 1504-1505 (B10 et dom Bétencourt), plus rien n’est clair.
Nous ne serions d’ailleurs pas les premiers à donner notre langue au chat, et parce que la liberté de ton et la syntaxe de cette vieille dame de 77 ans sont savoureuses, je reprends des Archives d’Aunis et Saintonge, XXVIII, 1899 (pp. 368-70), une lettre que Marie-Elisabeth de Pons, fille d’Elisabeth de Puyrigault et veuve de ce comte de Miossens qui tua en duel le mari de Mme de Sévigné (P. Lacroix, pages 157-8), adressa en 1713 à un correspondant inconnu :

A Paris, ce 9e may 1713.

Je receus hyer au soir, monsieur, votre pacquet et vôtre lettre en datte du 30 du mois passé. Ce n’est pas un ouvrage d’un jour que de pouvoir trouver les instructions que vous me demandés par vos mémoires touchant les familles de Puyrigaud et de Gombault, et surtout des alliances que vous me marquez, dont je n’ai nulle connoissance ; cependant M. le marquis de Saint-Gelais, qui est ici et qui doit partir demain matin, me fournit l’occasion d’écrire à M. de Chateauchesnel, l’aisné de cette famille, qui a épousé une fille de Châtaigné Saint-Georges, auquel j’envoye la copie d’un de vos mémoires, touchant la famille de Puyrigaud, come en ayant épouzé l’esnée nomée Renée, dame de Chazotte et de Mesnart ; il en doit avoir les tiltres jusqu’à la séparation de Jacques de Puyrigault, seigneur de Charmant, qui avait épousé Izabeau de Balode, dame Dubois, laquelle est issue (de) Jean de Puyrigaud, qui épouza Suzanne Gombault, de la branche de Roumegou ; c’est pourquoy j’ay écrist au Bois-Charmant, pour que l’on me fist des extraits des tiltres qui se trouveront de la famille.

A l’égard des Gombault, je ne peux vous en donner d’instruction, touchant les noms de baptême, que par madame la comtesse de Culan, dame de Champfleury, l’esnée et la seule, je crois, qui en porte le nom ; je luy envoye aussy un mémoire pour cela, et en attendant je vous diray que son grand père avait épousé en première nopces une fille de Bremont de la maison d’Ars, d’où était venu son père et un autre frère, nommé Lagny Ponthyers, qui est mort sans enfants, avec une sœur qui s’étoit mariée avec Palet de Civray, dont il y a eu des enfants. En deuxième noces ce seigneur de Champfleury épousa La Rochefoucault la borgnesse, de la branche de Loumée ; il en est venu un garçon qui se nomoit M. Dufresne, qui, je crois, n’a point eu de garçons ; ses sœurs ne se sont point mariées, qui peuvent bien être mortes. Mais prenez bien garde de confondre avec les Gombault de Chanfleury, un certain Gombault, abbé de Villars, curé d’Angeac-Champagne en Engoumois, qui n’en estait point et en portait encore moins les armes, quoyqu’il fust gentilhome. Ils se sont fort alliés avec ces Ryoux, originaires de la terre de Pons, et luy même en estoit. Voilà donc, monsieur, tout ce que je vous peux dire présentement ; car de demander à M. le marquis de Pons des instructions sur sa grande mère Charlotte de Parthenay, dame de Genoüillé, ce serait m’adresser à l’alcoran : je feray avec plaisir dans les choses qui dépendront de moy tout ce qui vous prouvera l’attachement avec lequel je vous honore et vous estime en vous demandant la continuation de l’honneur de vos bonnes grâces.

DEPONS MIOSSENS d’ALBRET.

Reprenons, et voyons les noeuds. On trouve un Jean en 1533 (B11) et en 1553-56 (H3, L1) mais, entre ces deux dates, apparaissent aussi un Gilles, dont les enfants se partagent les biens en 1544 (D1, les fils se nomment Jean-François et Jean-Michel) et, la même année (B13), des frères (les mêmes ?) qui s’échangent Chazotte et Saint-Seurin d’Uzet. Le Gilles mort en 1544 ou peu avant est-il le même que celui de 1504 ? Ce n’est pas impossible, et on pourrait l’identifier à cet homonyme qui apparaît au château de Baine, à Saint-Seurin d’Uzet, vers 1500 (http://www.quelquepartenfrance.com/commune7747.html).

D’autre part, P. Lacroix lui attribue des aveux et dénombrements de 1496 et de 1527 (pages 95 et 116).

Se pose aussi la question des interventions de Jacques, seigneur de Chermant, entre 1565 (C7) et 1578 (C8, H4), dont cependant rien ne nous dit qu’il ait possédé Chazotte. Ce Chermant est Bois-Charmant (Les Nouillers), où les Balodes avaient succédé aux du Refuge vers 1456 ; avant 1555, Isabeau de Balodes épousa Jacques de Puyrigauld, « issu en ligne directe de Humbert de Puyrigauld et de Marie d’Aunay, sœur des vicomtes d’Aunay, en 1254 », et ils eurent pour fils Jean, « qualifié seigneur du Bois de Charmant, Marcheroy, Grand fief des Nouillers et autres lieux » (BSAHSA, 1910, pages 112 et suivantes), mort en 1627 et dont on trouve l’inventaire dans la même revue, 1876-79, p. 407. De Suzanne Gombaud de Champfleury, il eut cinq filles, dont Elisabeth, mariée à Pons de Pons, seigneur de Bourg-Charente (d’où la comtesse de Miossens citée ci-dessus), et Léa, mariée à Charles Razin, « seigneur du Fief, conseiller du Roi, lieutenant général au siège de Saint-Jean d’Y, son cousin germain comme fils d’Elie Razin, seigneur du Fief (Genouillé), et de Marguerite de Puyrigaud » – cela signalé pour poser une borne dans l’histoire de Mesnac…

On peut donc supposer que Jacques (issu – lui et non sa femme qui était fille d’André de Balodes et de… Marguerite Gombaud ! – de Jean de Puyrigaud et de Suzanne Gombaud) eut en partage quelques biens autour de Chazotte et les échangea pour se procurer la seigneurie de La Roche de Cherves, dont il se débarrassa avant 1611 – lui ou ses filles.
Pour simplifier encore, notons que les Puyrigaud sont également signalés à Boisroche, au XVème s. (http://g.bachelier.free.fr/pontlevain.htm, voir encadré) et à Richemont : selon P. Lacroix, « la terre de Richemont appartint (…) aux seigneurs de Chazotte, notamment à Jean de Puyrigault, qui vivait en 1463, et qui eut pour fils Gilles de Puyrigault, lequel fit aveu et dénombrement de Chozotte [sic] en 1496. Les aînés de cette famille ayant la terre patrimoniale de Chazotte par attributions successives, il est probable que la terre de Richemont passa aux puînés. Au seizième siècle, la terre de Richemont appartenait à la famille de l’Estang… ». Il semble qu’il y eût, au moins un moment, parage entre les Puyrigault et les l’Estang – de même que, plus tard, entre les l’Estang et les Pontlevain –, de sorte que cette formule, interprétée à tort comme une preuve de « suzeraineté » de Richemont sur Chazotte, donna lieu à un contentieux entre les Fé, seigneurs de Richemont, et M. d’Orvilliers (S). Un document de 1578 (H4) a pu faire preuve...

CHAZOTTE : le « château » se trouvait sur une hauteur en face du moulin, de l’autre côté de la voie pré-romaine de Matha à Blaye. Ses restes, murs et fossés envahis par les brandes, ont été, selon le maire de Mesnac, Georges Renou, détruits dans les années 1950 pour planter des vignes. Quant au moulin, daté au mieux du XVIIIème par les services de l’Inventaire :
(voir la Base Mérimée), il remonterait selon son actuel propriétaire au XVème. Il est vrai qu’il s’agit de publicité, mais ce monsieur présente un élément de carrelage qui pourrait effectivement attester de l’ancienneté des lieux, à moins qu’il ne se fût agi d’un réemploi : http://www.cognacvacances.com/Gite%20restorations.htm et http://www.cognacvacances.com/News.htm (voir septembre 2005).
 Les services de l’Inventaire esquissent une intéressante polémique sur la situation administrative de Chazotte : les lieux relèvent-ils de Mesnac ou de Cherves ?

L’ISLE : cette métairie était reliée à Chazotte par une chaussée longeant l’Antenne, et à Mesnac par un simple gué, jusqu’en 1857. Mais c’était aussi une maison noble. La terre et le fief étaient aux mains des Démontis : Charles et Nicolas à l’époque de Charles Chesnel, c’est-à-dire avant 1646 (B21 et K1) ; puis, après une saisie dont profita un La Rochefoucauld-Montendre (Y, 1645) – très peu de temps, apparemment –, leur héritière Anne et son mari, Simon Gaillard, « conseiller du Roi et son procureur en l’élection de Saint-Jean d’Angély » : ce sont eux qui vendent cette terre à Josias Chesnel en 1655 pour 9 700 livres (N5 et K2).

Grâce aux numérisations réalisées par Pierre Collenot, j’ai pu facilement retrouver dans le Bulletin de la SAHSA (1892, pages 46-48 et 1894, pages 153-155) quelques informations sur les Demontis ou Desmontis.

Les premiers, et d’abord Nicolas mentionné en 1444, sont seigneurs de La Tour « en la paroisse de Saint-Sorlin de Seschaud » [Saint-Saturnin de Séchaud, devenu Port-d’Envaux en 1853]. Se succèdent ainsi Nicolas, Emery, Guillaume et Antoine, qui épousa Louise-Catherine Chauvin, veuve d’André de Puyrigaud, écuyer, seigneur de l’Isle, le 23 février 1521, laquelle testa le 10 février 1561. » (Leur fils Antoine, seigneur de la Vigerie, des Bruières, épousa, en 1566, sans doute une cousine, Renée Desmontils, fille de Jean, seigneur de la Bournadière,… et d’Anne de l’Isle). Sont aussi mentionnés en 1621 Marie de Montgaillard, « veuve de Charles Desmontils, écuyer, sieur de l’Isle » [celui de B21 ?] et, en 1623, René Desmontils, sieur de l’Isle. On trouve également trace (AHSA, 1879, p. 179) d’un Alexandre « Demontis », seigneur de Lisle, possessionné en la paroisse de Chérac et mort dès 1649… Les « Isles » sont nombreuses mais, en conjonction avec « Demontils » et « Puyrigaud », le risque de confusion s’amoindrit, sans pour autant être nul. Et rien n’assure que les Demontis se soient installés à l’Isle de Mesnac avant le début du XVIIème siècle. En revanche, il paraît probable que des cadets des Puyrigaud y aient été établis un siècle plus tôt.

Certains Démontis au moins étaient réformés.
- Jean-Marie Ouvrard cite un Antoine « de Montis », seigneur de l’Isle, sans autre précision. Il donne aussi le blason (qui comporte des roues, comme celui de la cloche de Mesnac, datée de 1597…)

- Pour Simon Gaillard, Beauchat-Filleau lui consacre une notice, lui attribuant deux filles : Marie, qui épousa en 1671 Pierre de Montalembert, seigneur de Mongaugé [ou Montjaugé, cf. http://perso.orange.fr/jm.ouvrard/armor/fami/m/montal.htm, branche de Saint-Simon] ; et Louise, religieuse bénédictine à La Mothe-Saint-Héray de 1654 à sa mort, survenue avant 1704 – La Revue poitevine et saintongeaise raconterait en son tome IX comment elle s’évada de ce monastère, puis y rentra…

VIGNOLLE : ce fief appartenait aux seigneurs de Coulonge (en Saint-Sulpice) et les hommages et dénombrements sont à peu près conformes à la succession indiquée par P. Lacroix (pp. 106-107) : Jean de Montalembert en 1533 (B11) est probablement le père du premier seigneur signalé, Pierre de Montalembert, gouverneur de Cognac de 1553 à 1562 (successeur donc de Jacques Chesnel) ; Charles de Cursay, qui vendit Vignolle à Josias Chesnel avant 1680 (N4), se prénommait peut-être en fait Jean, fils de Charles et époux en 1655 de Marie de Montalembert. Ce qui intrigue est la présence, dans cette liste, de Marie « Chatagner », comtemporaine de Charles Chesnel (N3), mais c’est peut-être une veuve Montalembert.

LA POMMERADE (B3 et B10) est un nom bien méridional. Il s’agit plus probablement d’une Pommeraie comme il s’en trouve à Villars et à Javrezac, mais aussi à Saint-Sulpice (http://www.ruesdemaville.com/VILLES_16/page_ville_6201.htm) – et c’est sans doute celle-ci qui nous intéresse. Quant aux Verrit, je n’en ai encore trouvé nulle trace ailleurs.

B3 1434 Hommage rendu par Jean Verrit, héritier de son frère Aymard
B10 1504 Dénombrement et hommage par Guillaume Verrit ; devoir de 5 sols ou deux arcs sans corde

LA BIDONNIERE figure également au cadastre de Saint-Sulpice (et non de Migron, même si « plusieurs fiefs » en dépendant se trouvaient sur le territoire de cette paroisse, unie à Saint-Sulpice). Jean et Pierre Bellot, M. de Roche en sont détenteurs au XVème siècle (J1, J2), M. de Lastre de Livenne [1] en 1540 (P), et c’est à ce dernier que le sieur Deshalles, seigneur des Granges d’Aumagne, achète au moins une partie du fief. Un Puyrigaud (Gilles ?) acquiert à son tour la seigneurie « en forme de retrait lignager » (Q, 1549), ce qui suppose une parenté avec ce Deshalles.

MESNAC : les Beaumanoir, Geoffroy et François (F3, F4), sont connus. Le seul élément nouveau tient à la date du premier dénombrement rendu par François : cela semble impliquer que Geoffroy était mort dès 1469.

D’autre part, la rédaction passablement embrouillée de la pièce F5 laisse supposer que, vers 1620, Mesnac appartenait (comme La Roche), à un certain Elie Bazin. Mais si l’on rapproche de cette pièce la généalogie des Puyrigaud de Charmant, il faudrait y lire « d’Elie Razin, seigneur du Fief et de Ménac, et de sa femme » – Marguerite de Puyrigaud, sœur de Jacques …

Cette pièce et plusieurs autres, en particulier celles qui ont trait aux rachats de Charles et de Josias Chesnel, ne peuvent s’expliquer que par un partage, ou des partages successifs. Renée semble n’avoir eu que Chazotte et La Bidonnière ; Mesnac échut à Jacques de Bois-Charmant et, de là, par sa fille Léa, à Elie Razin ; L’Isle à André ou à Anne « de l’Isle », puis aux Demontis. Les Chesnel réparèrent ce démembrement…


[1Antoine de Lastre, seigneur du Bouchereau, époux en 1528 de Catherine de Livenne ? http://g.bachelier.free.fr/livenne.htm

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