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Créé le 08/10/06 - MAJ le 20/12/09 par Pierre - Lectures : 91242 - Popularité : 27 -  Ecrire un commentaire / Post a comment
Accueil > Grands thèmes d’histoire locale > Poids, mesures, monnaies, prix, salaires > Monnaies, prix et salaires > Conversion des monnaies d’avant la Révolution en valeur (...)

Conversion des monnaies d’avant la Révolution en valeur actuelle

Combien d’Euros vaudrait une Livre d’avant la Révolution ? C’est une question qui vient rapidement à l’esprit lorsqu’on fréquente un peu les documents anciens.

Essais de réponse, mais le débat n’est pas clos, car la question a des facettes multiples ...

Plusieurs visiteurs du site ont apporté leur contribution à la réflexion sur ce sujet, avec des approches différentes de celle de l’auteur de la page. La réponse à la question varie évidemment avec la méthode.

Les thèmes qui reviennent sont : les métaux qui ont servi de référence pour la valeur de la monnaie, mais aussi les notions de pouvoir d’achat, les habitudes de consommation.

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denier Louis XVI (1792)
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Ecu de 6 livres Louis XVI (1792)
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Ecu de 6 livres Louis XVI (1792)

Les éléments apportés ici ne peuvent constituer une réponse absolue et définitive à cette question, pour de multiples raisons qui sont expliquées ci-dessous.

Une très grande prudence s’impose dans leur utilisation.

Histoire Passion vous propose d’aborder la question sous deux angles :

- sous celui de l’étalon métallique sur lequel était basée la monnaie
- et sous celui du pouvoir d’achat

1 - Par référence à la valeur de l’étalon métallique sur lequel était basée la monnaie

On connait depuis l’année 1200 la valeur du marc d’argent (245 gr.) en livres tournois. Voir tableau ci-contre.

On peut donc déterminer depuis cette date la valeur de la livre tournois en grammes d’argent (de 98 gr. en 1200 à 4,05 gr à la veille de la création du franc germinal)

Au 18 germinal an III (7 avril 1795), date qui explique la dénomination de "Franc germinal", le Franc remplace la Livre avec la règle de conversion suivante : 1 Franc = 1 Livre 3 Deniers, soit 4,5 gr d’argent.

Selon cette méthode, la valeur actuelle du Franc germinal est le cours actuel de 4,5 gr d’argent-métal.

Les cours de l’argent métal sont exprimés aujourd’hui pour une once d’argent (1 once de Troy, soit 31,10 gr) : au 15/10/2007, l’once d’argent valait 13,90$, soit 9,80€. C’est à dire un prix du gramme d’argent de 0,315€. (9,80€/31,10)

Pour ce cours, le prix en euros de 4,5 gr d’argent est de 1,42 €. (0,315€ x 4,5gr).

L’évolution de la valeur de la livre tournois en grammes d’argent de 1200 au 07/04/1795, jour de son remplacement par le franc, est donnée par le tableau ci-contre. La colonne de droite donne la valeur en euros, pour un cours de 13,90 $ l’once d’argent métal (once de Troy).

La difficulté, pour l’utilisation de cette méthode, vient
- 1- de la fluctuation des cours de l’argent métal
- 2- de la variation de la parité dollar-euro (l’argent métal a un cours en $),

qui rendent le calcul rapidement obsolète.

Enfin cette méthode ne prend pas en compte le fait que la valeur des monnaies d’aujourd’hui ne se détermine plus par rapport à un étalon métallique.

Tableau de conversion de la Livre tournois en euros, pour un cours de 13,90$ l’once d’argent métal.



Source, pour les colonnes 1, 2 et 3 : Les prix, aperçu de l’histoire économique de la valeur de la terre en France - M. E. Levasseur - Paris 1893 (sur BNF Gallica).

L’auteur de ce livre apporte la précision suivante :"La base de ces évaluations est la division de 245 grammes, poids du marc d’argent, par son prix. Le quotient représente le nombre de grammes d’argent fin contenus dans la livre de compte, et le rapport de ce nombre a 4 gr. 50 (poids du franc actuel) est exactement la valeur de la livre en francs. Si la livre contient 98 grammes d’argent, le franc pesant 4 gr. 1/2, la livre vaut 21 fr. 77 ; ainsi de suite."

La valeur en francs donnée dans cette citation est celle en vigueur en 1893, date à laquelle le franc était encore, comme en 1795, basé sur un équivalent argent-métal de 4,50 gr. C’est la guerre, en 1914, qui portera le coup fatal au franc germinal.

Par utilisation de la notion de pouvoir d’achat (méthode 1)

Ici, on compare le prix d’un bien de consommation courante à la veille de la Révolution et aujourd’hui, en utilisant un bien qui est facile à identifier et dont l’usage et la rareté sont restés relativement stables pendant la période considérée.

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Le panier de la ménagère en 1781
Source : le carnet de compte du régisseur du château de Matha (AD 17)



La douzaine d’oeufs semble être un exemple qui répond assez bien aux critères retenus :

- en 1781, le régisseur du château de Matha (Charente-Maritime) payait ce produit 5 sols (soit 0,25 livre)

- en 2006, ce produit vaut environ 2,00 €.

Ceci donnerait 8,00 € de 2007 pour valeur de la livre de 1781. Un résultat différent de celui donné par la méthode précédente !

L’inconvénient de cette méthode est bien sûr son approximation, et la difficulté de trouver des produits dont l’usage, la rareté et le mode de production aient gardé une certaine stabilité au cours de la période.

Prenons un autre exemple, le prix d’un véhicule.

En 1787, feu Louis Alexandre Frétard de Gadeville, seigneur d’Ecoyeux, possède, stationnée dans le garage de son hôtel particulier de la rue Saint-Maur à Saintes, "une berline vernie fond chamois, touttes les moulures dorées, garnie, tant de sa doublure que de ses coussins en velours d’Utrecht couleur verte, de sa housse et siège du cocher, montée sur tout son train et deux arnois de timon", évaluée 1500 livres.

C’est un véhicule d’occasion, plutôt "haut de gamme" (petite noblesse provinciale), bien entretenu, évalué au prix de l’Argus de l’époque (sans les chevaux, ce qui fausse un peu la démonstration).

Si on applique à ce prix en livres le coefficient de conversion trouvé pour la douzaine d’oeufs, cela donne une valeur en euros de 1500 x 8€ = 12.000€.

En recherchant en 2006 sur internet le prix de vente d’occasion d’une berline 406 Peugeot modèle 2.0 HDI 110 Confort Pack, millésime 2003, je trouve un prix de 14.300 €.

L’humble douzaine d’oeufs en rosit d’émotion !!!

En revanche, la méthode est un peu moins probante pour d’autres produits du panier de la ménagère de 1781.

- Le prix des pommes, environ 32€ le kilo, quand bien même la Charente ne soit pas la Normandie, laisse perplexe.

- Le prix du sucre paraît exorbitant, mais le sucre (de canne) est alors un produit importé des Iles. Il restera longtemps une denrée d’exception, sa production lointaine et son transport en faisant un produit onéreux. La betterave sucrière ne se développera que sous l’Empire napoléonien à partir de 1812, en raison du blocus continental imposé à la France par la marine britannique.

- Le café est également un produit de luxe en 1781

- La volaille est en promotion, c’est le moment d’en profiter !

- Le boisseau de sel ne peut pas servir utilement à la comparaison, car le prix du sel, bien que produit régional, contient une grande partie de taxes.

Par utilisation de la notion de pouvoir d’achat (méthode 2)

Dans cette méthode, on va se servir également d’un produit-repère, mais cette fois en observant son poids dans un revenu.

Autrement dit, quel temps de travail d’un emploi courant est nécessaire pour acquérir le produit en question ?

Je ne suis pas le seul à faire cet essai de conversion livres d’avant la Révolution -> euros. Voyez aussi :
- sur le site Histoire-Généalogie.net
- sur le site de G. Perilhou, qui donne un coefficient de conversion de 1 livre = 0,15 €
- ou encore dans Wikipédia

Peut-on comparer des livres de 1789 à des euros d’aujourd’hui ?

Le sujet est vaste, car il doit prendre en compte une notion qui relève du contenu du "panier de la ménagère" et son évolution entre 1789 et aujourd’hui.

Pour un ménage de "français moyen" de 1789, le poste alimentation représentait entre 80 et 90% du budget.

Aujourd’hui, le poste alimentation représente moins de 15% du budget moyen des ménages (source INSEE).

Ce seul exemple montre que l’aspect mathématique montré ci-dessus ne peut pas être le seul élément de réflexion.

Qu’en pensez-vous ? Utilisez le forum ci-dessous.

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22 Messages

  • À tous ceux que le problème de la valeur actuelle de valeurs anciennes intéresse, je recommande le site américain suivant. Il répondra à la plupart de vos questions, et en suscitera d’autres.
    http://measuringworth.com/uscompare/

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  • Bonjour,

    L’uniforme de marin de mon ancetre valait £ 8 et 7 Sols soit £ 8,53

    Certain dise que la £ vaut environ 8 Euros et d’autres 12 Euros. En prenant la base de 10 Euros pour £1, l’uniforme vaudrat 85 Euros ... c’est assez realiste.

    Cordialement

    Romain

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  • Vaste sujet d’interrogations effectivement.
    Il semble que l’évolution du "prix" de la livre Tournois depuis son apparition sous Louis IX en 1226 pesait 8,271 g d’or fin. Son évolution serait la suivante depuis sa réapparition sous Louis XIV :

    1709 : 0,38 gr d’or fin (Louis XIV)
    1720 : 0,31 gr d’or fin (Louis XV)
    1785 : 0,29 gr d’or fin (Louis XVI)

    À la suite de différents calculs effectués en monnaies courantes (LT > €) j’en arrive au résultat de 1 LT = 3,00 € (2011). Il demeure évident que cela ne peut tenir compte que de valeurs absolues.

    Quant à l’estimation du coût du château de Versailles, des données précises sont consignées au AD du 78. Mais ne comptabiliser que le petit parc me semble être une hérésie. Il faut également comptabiliser l’intégralité des travaux nécessaires à l’alimentation du Petit Parc (Clagny, Bièvre, réseaux inférieur et supérieur, machine de Marly, canal de l’Eure). Uniquement sous Louis XIV, les travaux relatifs à l’alimentation en eau du Petit Parc ont représenté entre 1664 et 1690 quarante pour cent de l’ensemble de la dépense.

    Sans eaux à Versailles, pas de Versailles !

    Mon estimation qui sera bientôt disponible sur l’Internet (l’adresse suivra ultérieurement) ne prend en considération qu’une conversion en données courantes. Il me semble, effectivement, très difficile de comparer la structure du panier de la ménagère entre le XVIIème siècle et nos jours (les facteurs économiques ayant tellement changés). Par contre, je tiens compte du système inflationniste et déflationniste durant cet intervalle

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    • j’ai essayé lors d’une récente réunion généalogique de donner une équivalence en euros de la valeur de la livre du 18ème siècle sur la base du cours de l’or.
      Sachant qu’un louis d’or de 24 livres pesait 8,15 g d’or à 0,91 de titre
      j’ai pris la valeur de 33 € le gramme comme base du cours de l’or (debut juin 2011) et j’arrive à 11,2 € la livre monnaie (le louis de 24 livres était taillé à 60 flans par livre tournois de 489 grammes)
      En effectuant des conversions diverses, entre le prix des salaires, le prix des denrées de l’époque et en donnant une prime au louis de 24 livres.
      J’en suis arrivé à la conclusion qu’une livre monétaire (appelée aussi livre tournois avec son symbole lt était équivalent à 12 €......on est loin de votre calcul !
      bien cordialement

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  • Bonjour,

    Je me suis penché très brièvement sur l’évaluation du coût de construction du Château de Versailles.

    Tout d’abord quand... ? Attendu que le château est devenu demeure permanente vers 1682 / 83 ( Je crois) je suis partie d’une hypothèse " Valeur" 1700. J’avais lu quelque part que l’édifice avait coûté 1 millions de livres de l’époque.

    En prenant diverses sources sur le web, j’en ai fini par concevoir que 1 livre de 1700 vaut environ 0.650 grammes d’or. Au cours du jour de 30,90 Euros le gramme d’or... On arrive à 20 Millions d’Euros pour le chateau... ça me paraît délirant !!!

    D’autre on pu dire que le chateau avait été relativement peu coûteux à bâtir si on compare cela au prix d’une campagne militaire d’alors. Commentaire peu constructif car on ne parle ni de durée ni du coût journalier d’une telle "campagne"...

    Bref, rien de concluant à ce jour.

    Avez vous une autre idée ?

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    • Bonjour,

      Je me suis renseigné par curiosité sur la construction du Château de Versailles. Je suis intrigué par le chiffre d’1 million de livres que vous avancez car les difféérents articles que j’ai pu lire à ce sujet parlent plutôt de 100 millions de livres ! (entre autres wikipédia et un forum que je vous recommande : http://passion-histoire.net/viewtopic.php?t=7910). Si on reprend votre raisonnement, on obtient alors un coût actualisé de 2 milliard d’euros au lieu de 20 millions.

      La question du prix d’une telle construction aujourd’hui est discutable, mais l’exercice est intéressant : les méthodes ont changé, les besoins également. Les murs en moellons étaient très courants à l’époque, mais l’eau courante, et les réseaux électriques et de chauffage n’existaient pas. C’est linverse aujourd’hui : les réseaux sont systématiques, mais on a remplacé les pans de bois et les moellons par des carreaux de plâtre, des parpaings et du béton.
      Le problème n’est pas que le savoir se serait perdu mais qu’il n’y a pas de demande, ces prestations sont devenues un luxe et de fait beaucoup plus chères (en proportions) qu’à l’époque de la construction du château.

      Combien pour la construction du château aujourd’hui alors ? Et que serait exactement ce château ?
      - Un bâtiment exactement à l’identique (sans électricité, eau courante, chauffage, ...) y compris la structure (moellons, pans de bois, planchers bois, ...) ?
      - Ou un bâtiment répondant au mêmes critères d’exception (en terme de confort, de représentation et d’excellence) et avec un même niveau de finitions (très, grand luxe) mais transposés à notre époque (intégration de toute la technique moderne nécessaire à l’hygiène, confort, etc.) et réalisé avec les techniques structurelles actuelles (béton, parpaings, etc.) ?

      Je ne sais pas s’il y aurait une nette différence de prix au final : il n’y a certes pas toute la partie technique dans le premier cas, mais l’économie faite est compensée par le surcoût des matériaux et méthodes artisanales employés en structure.

      D’expérience, les coûts engagées pour ce genre de prestations sont très variables : entre 3000 et 10000 € par m² (hors taxe et hors achat du foncier). Ces prix dépendent énormément des presations demandées aux lot technique et décoration, mais si on considère la volonté d’afficher sa toute puissance et sa richesse aux yeux du monde (ce qui je pense était la volonté du monarque le plus puissant d’Europe à l’époque), on peut imaginer que l’on se situerait plutôt dans le haut de la fourchette...

      Si on part sur une base de 8 000 €/m², le Château de Versailles faisant 67 000 m² (bâtiment seul), on obiendrait un coût de construction de l’ordre de 536 millions d’euros (hors taxes et sans le jardin). Ce chiffre n’intègre pas l’aménagement des jardins (93 hectare quand même...!) et du parc (815 hectares au total). Le travail effectué est colossal (le grand canal, le réseau hydraulique, les fontaines, etc.) et relève plus des travaux publics que du bâtiment... J’avoue n’avoir aucune idée de ce que ce genre d’aménagements pourrait coûter de nos jours...

      Qui sait ? Ca n’est peut-ête pas si stupide de parler en milliards en fin de compte...!

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      • bonjour

        excusez moi d’attirer votre attention sur un ecart d’un facteur d’au moins dix ou 20 !

        en effet aujourd’hui le cout reel de construction (sans rapport avec le cout de revente qui inclus profits frais de publicité et charges dites foncieres...) n’est pas de l’ordre de 3000 ou 8000 euros mais du quart de la valeur la plus basse...

        pour exemple les plafonds maximum de cout de construction en matiere de hlm (donc tout equipement meme jardin inclus..) sont de l’ordre de 3000 francs (excuser je n’ai pas pu passer encore a l’euro, ou suis-je en avance d’une reforme !??)

        ce cout est aussi un maximum en matiere de batiments publics simples (pas le genre grande arche ! et encore quel fut son cout reel ??))

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  • Merci de nous faire partager vos recherches. Savoir d’où l’on vient est essentiel !
    La recherche d’équivalence entre monnaies anciennes et modernes est effectivement un exercice difficile.

    Permettez moi une remarque sur le paragraphe 1.
    Vous y faites le lien entre la LT et l’€uro en utilisant l’argent qui était effectivement la base de définition de la LT. Néanmoins dès la loi de Germinal apparaissait dans une référence à l’or (via un ratio officiel de 15.5 entre or et argent) puis les monnaies successives (Francs Poincaré puis Pinay) eurent comme seules référence un poids d’or. La démonétisation de l’argent devait conduire progressivement à la cotation de l’argent (au passage le cours de l’argent et de l’or est établi aussi en €uro et en Sterling à la LBMA à Londres deux fois par jour, la problématique du pair €/$ n’en est donc pas une) selon sa valeur marchande conduisant aujourd’hui à un ratio or/argent de 65.

    Il me semblerait donc plus judicieux pour tenter de faire le lien entre la LT (=1.01125 Franc Germinal) et l’€uro de considérer les parités des monnaies successives par rapport à l’or (avec une restriction dont je parle plus loin) qui a été la référence monétaire de 1803 à 1971 (avec de courtes périodes de cours bloqués).
    1 LT = 1.01125 Franc Germinal et = 1 Franc Germinal à partir de 1810
    Franc Germinal = 0,29032 g d’or fin
    Franc Poincaré = 0,05895 g d’or fin
    Franc Pinay = 0.18 g d’or fin
    Euro = 6,55957 x Franc Pinay (convertibilité jusqu’en 1971) puis selon cotation libre de l’or, soit aujourd’hui 1 Euro = 0.04 g d’or fin (au cours actuel de 25000€/kg).

    Par le cheminement des conversions diverses on voit que nous arriverions :
    - en 1971 à 1€=(6.55957x100x 1Franc Germinal)/4.92 soit 133.32 Franc Germinal ou 38.71g d’or en s’en tenant à la stricte définition de chaque unité monétaire mais ceci ne tient pas compte de la forte dévaluation du Franc Poincaré pendant la période 1939-1958 (97%) qui terminera à 0.0018g d’or.

    - en 1971 la cotation de l’or donne 0.14g d’or pour 1Franc Pinay (proche de la définition d’origine du Pinay à 0.18g) soit 0.92g d’or pour 1€ (aujourd’hui 0.04g d’or pour 1€ à la cotation de 25000€/kg) car la définition de l’euro est dérivée de celle du Franc Pinay.

    La correspondance la plus pertinente est donc à mon sens la deuxième puisqu’elle tient compte des nombreuses dévaluations à l’intérieur d’une unité monétaire rendant les règles arithmétiques de conversion initialement définies entre unités difficilement utilisables.

    Le ratio entre LT de 1795 et euro de 1971, date de la fin de la convertibilité, serait donc de : LT/€1971=0.29032/0.92 = 0.32

    Mais selon les tables de l’INSEE le pouvoir d’achat de l’€uro1971 est 6.16 fois supérieur à celui de l’€uro2008 (100/16.2270=6.16).

    Le ratio de conversion entre LT de 1795 et euro de 2008 serait donc selon cette démarche de 0.32x6.16 = 1.92 soit un ratio d’environ 2.

    Qu’en pensez-vous ?

    repondre message

    • Merci pour votre très intéressante contribution au débat sur ce vaste sujet qui passionne les lecteurs de ce site.

      Le raisonnement suggéré par Levasseur dans son étude de 1893 sur l’évolution de la valeur de la LT au fil des siècles avait guidé ma réflexion, et j’avais tenté, comme vous le faites, de passer de l’argent à l’or, mais j’étais parvenu à un résultat qui m’a semblé si aberrant (peut-être dû à une erreur de calcul ou de raisonnement), que j’ai abandonné là.

      Avec une question en suspens : faut-il, alors que la référence au métal (or ou argent) a été abandonnée, essayer de la suivre de germinal à nos jours ? Ou se contenter de considérer la valeur actuelle des 4,50g d’argent du franc germinal (ou celle des 4,5g/15,5 = 0,29032g d’or que vous indiquez)

      Évidemment, le choix entre ces deux métaux n’est pas neutre.
      Aux cours actuels (décembre 2009), le l’argent-métal de référence du franc germinal vaudrait environ :
      - 1,80 € si l’on prend l’argent (4,50g)
      - 7,27 € si l’on prend son équivalent en or (0,2932g)
      un rapport de 1 à 4 !

      Je suis certain que le débat sur ce sujet va se poursuivre...

      Cordialement

      PS : l’ouvrage d’Emile Levasseur est en ligne à la BNF à cette adresse

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  • Bonjour, merci pour cet article très intéressant.

    A bientôt,

    Depou

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  • Merci pour l’article, par contre je n’ai pas bien compris l’allusion a :

    En recherchant en 2006 sur internet le prix de vente d’occasion d’une berline 406 Peugeot modèle 2.0 HDI 110 Confort Pack, millésime 2003, je trouve un prix de 14.300 €.

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  • Bonjour,
    savez-vous si quelqu’un a développé la méthode 2 ?
    Cordialement, MArc Méquignon

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    • Il y a sur ce site plusieurs approches de la méthode 2, mais leur synthèse manque ici.

      Réflexions sur les causes de cette absence :
      - 1. il n’y a aucun doute sur la pertinence de la question du pouvoir d’achat du consommateur d’autrefois
      - 2. des éléments existent pour en avoir une idée (voir ci-dessous)
      - 3. ils sont valables à l’instant et au lieu où ils sont observés, mais n’ont pas une valeur générale. On peut dire : "à Cognac, en 1529, pour acheter une miche de pain ordinaire, un ouvrier agricole devait travailler x heures". Mais on ne peut généraliser cette affirmation ni à la Province d’Angoumois, ni à la France entière.

      Voir par exemple :
      - Evolution des prix du 15ème au 19ème siècle - Panier de la ménagère, services, salaires
      - 1759 - Tarifs de la Poste aux Lettres et aux Paquets, à propos du prix d’une lettre. Mais l’envoi d’une lettre doit-il être considéré comme un produit de consommation courante ou comme un produit de luxe à cette époque ?

      Une des difficultés, pour le développement de cette méthode, provient de mécanismes comme celui qui est décrit ici, à propos du pain (élément de base de l’alimentation), dont le poids varie en fonction du prix du blé : 1529 - Cognac (16) - Le prix du pain au XVIème siècle

      Je ne sais pas mieux répondre à votre question, à ce jour, et je pense que d’autres que vous et moi ont dû se la poser, et y apporter des réponses, valables localement.

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      • Bonjour,
        je vous remercie pour cet éclairage.
        Cordialement, Marc Méquignon

        repondre message

      • Bonjour, j’utilise pour ma part le travail de :

        • R.C. ALLEN & R.W. UNGER ’Database : European Commodity Prices 1260-1914’, Department of History, University of British Columbia, Canada (http://www2.history.ubc.ca/unger)

         

        Ainsi que les tableaux de :

        • (1500 à 1619) N. de COQUEREL, ’Conférence des monnoyes de France, à celles de l’Espagne et Angleterre’, à Paris, 1619 (BnF/Gallica)

        • (1620 à 1786) N. de WAILLY (à partir de R.C. ALLEN & R.W. UNGER cités ci dessus)

        • (1789 à 1796) A. BAILLEUL, ’Tableau complet de la valeur des assignats, des rescriptions et des mandats’, à Paris, l’an IV de la république (1796) (BnF/Gallica)

        • (1796 à 1900) Cours officiels

         

        Toutes ces données sont compilées dans mon logiciel gratuit disponible sur mon site au lien :

         
        http://geneamichaud.123.fr

         

        La méthode est expliquée sur le site de R. Allen et R. Unger et est basée sur l’indice de coût de la vie. On en déduit un chiffre qui permet d’estimer en valeur 1900 le prix d’un objet acheté entre 1500 et 1900 "en monnaie usuelle", c’est à dire en monnaie argent. En effet, la monnaie or n’était utilisée que pour les échanges commerciaux d’ampleur (entre nobles, entre états, avec le clergé...). Le commerce de base (achat de nourriture, de lopins de terre, de matériel agricole...) était payé en monnaie argent voire même en monnaie de cuivre. Le logiciel Caldate donne l’indice de cout de la vie basé sur la monnaie argent.

         

        A+

         

        Frédéric

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Autour et alentour de cet article

Ci-contre, un extrait de la liste des articles publiés sur le site Histoire Passion, dont le titre est proche alphabétiquement de celui de cette page.

Le résultat est plus ou moins exploitable. Il est plus particulièrement intéressant pour les articles dont le titre commence par une date.

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