1896 - Château-Chesnel (Cherves-Richemont 16) - Les canons de Madame d’Ecoyeux

D 24 janvier 2007     H 02:33     A Pierre     C 4 messages A 2958 LECTURES


Que sont devenus les canons de Château-Chesnel ?

Une drôle d’histoire à découvrir, en marge de l’inventaire de 1787.

Rassurez-vous, ils ne sont pas perdus ...!

Source : Bulletin des Archives Historiques de Saintonge et d’Aunis - T 16 - 1896 - p. 342

LES CANONS DE Mme d’ESCOYEUX.

L’Ère nouvelle de Cognac du 6 août, en annonçant la prochaine reconstruction de l’ancien hôtel de ville, couvent des récollets avant 1789, assure que l’on conservera ce qu’il y a encore d’intéressant au point de vue archéologique : la salle des mariages, ancienne chapelle aux voûtes ogivales, la porte monumentale chef d’oeuvre de serrurerie venant de l’abbaye de Bassac, acquise par la ville, lorsqu’en 1808 on démolit une partie de ce monastère ; la belle rampe de l’escalier en fer forgé, don de Mme de Her, épouse de M. de Sainctonas, etc.

A la porte sont deux pièces de canon qu’il faudrait déposer au musée. L’histoire de ces deux canons est assez curieuse. M. L... nous la raconte dans la note suivante :
« Le 31 mai 1791, en séance de la société des amis de la constitution de Cognac, il fut fait une motion tendant à faire monter sur des affûts deux petites pièces de canon que l’on avait eues de madame d’Ecoyeux, propriétaire du Château-Chesnel. Il y avait alors en ce château quatre pièces de canon et quelques mousquets que l’amiral d’Orvilliers avait ramenés de ses campagnes d’Ouessant et d’ailleurs. Comme on s’occupait beaucoup d’armement et que la ville de Cognac possédait dans sa garde nationale une compagnie de canonniers dont le chirurgien Marquet était capitaine, on fut bien aise d’avoir ces deux canons.

 » Après de longs débats, dans cette séance du 31 mai, l’assemblée arrêta que l’on offrirait à la municipalité les fonds nécessaires pour faire monter les dites deux pièces de canon. Il fut décidé en outre que l’on délèguerait les citoyens Cothu et Caminade pour aller remercier Mme d’Ecoyeux des deux petites pièces de canon que l’on avait à elle appartenant et qu’elle avait bien voulu laisser à la municipalité, la prier aussi de vouloir bien confier les deux autres que l’on disait qu’elle avait en son château. Mme Louise de Saint-Mathieu était veuve, depuis 1786, d’Alexande Frétard, seigneur d’Ecoyeux et de Fouras, lieutenant de vaisseau et chevalier de Saint-Louis, qui avait hérité des biens de Mme d’Orvilliers, née Chesnel. Elle confia les deux autres pièces de canon à la municipalité de Cognac, et, les jours de grandes revues de la garde nationale, les quatre pièces de canon, montées sur affûts et trainées par des chevaux prêtés par les riches négociants de la ville, faisaient bonne figure dans le défilé. »

Les citadins les firent tonner ferme aux victoires de Valmy et de Marengo. Mais en 1815 les deux pièces furent descendues de leurs affûts, classées comme vieux matériel de guerre et plantées en terre, comme des factionnaires montant la garde nuit et jour à la porte de l’hôtel de ville.

Un autre petit canon est placé au bord de la Charente, en face de la place de la Salle verte. C’est un souvenir du siège mémorable de 1651 que Cognac soutint victorieusement contre les armées de Condé.

Une lettre de M. le vicomte de Boisset, petit-fils du marquis d’Ecoyeux (Les Ponts, par Saint-Claud sur le Son, Charente, 6 août), ajoute que les deux canons de l’hôtel de ville avaient été donnés par le roi à l’amiral Guillouet d’Orvilliers, lieutenant général des armées navales, grand croix de Saint-Louis, après la victoire qu’il remporta à Ouessant, le 27 juillet 1778, sur la flotte anglaise commandée par l’amiral Keppel.

D’Orvilliers, né et mort à Moulins sur Allier, était devenu propriétaire de Chesnel par son mariage (31 août 1747) avec Marie-Anne-Thérèse Chesnel, qui devint par la mort (1754) sans postérité de son frère Charles-Roch Chesnel, chevalier de Saint-Louis, capitaine de vaisseau, dame de Château-Chesnel, Chazotte, Mesnac, Montignac, Burie, Villars-les-Bois, Mansac et Migronneau. (Voir dans le tome 1er, page 176, du Bulletin de la société des Archives, un article sur ce sujet : L’amiral Guillouet d’Orvilliers à Château-Chesnel.) J’ai vu en août dernier le portrait d’Orvilliers au château de Contresol près de La Pallisse, chez M. de Villette, un de ses petits-neveux.

M. de Boisset parle aussi d’une pierre de la tour de Lusignan, démolie vers 1840, sur laquelle les échevins de Cognac avaient fait sculpter les armes de Josias Chesnel : D’argent aux trois troncs de chêne écotés de sinople, posés 2 et 1, en l’honneur de sa belle conduite au siège de 1651, et demande ce qu’elle est devenue. Je puis donner une indication : Il y a bien une trentaine d’années, en visite chez. M. Albert, à Cognac, j’aperçus dans le jardin à la porte de la maison une pierre gravée que je reconnus aussitôt : « Vous avez là, dis-je, les armes des Chesnel-Ecoyeux. »

A mon tour de répéter la question : « Qu’est devenue cette pierre ? »
L. A.

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