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1562 - Agrippa d’Aubigné - Episodes de la 1ère guerre de religion en Poitou et Saintonge

D 3 février 2010     H 23:34     A Pierre     C 0 messages A 965 LECTURES


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Agrippa d’Aubigné avait 10 ans en 1562. Il n’a pas été témoin des évènements qu’il raconte, et il a emprunté aux autres chroniqueurs du temps, de la Popelinière et de Thou. Dès la première guerre de religion, la Saintonge, l’Aunis, l’Angoumois et le Poitou sont pris dans la tourmente.

Source : Histoire Universelle - Agrippa d’Aubigné - Baron Alphonse du Ruble - Paris - 1887 - Archives.org

Poitiers, Saint-Jean-d’Angély, Saintes et la Rochelle sont à feu et à sang.

1562

10 ans
Troubles, deffaictes et massacres en divers lieux ; prise et reprise de Poictiers et autres affaires de Xainctonge et de la Rochelle

Histoire Universelle, Tome II, livre III
Ch. VI (pages 41-47)
La bataille présentée fut refusée par les catholiques [1], tant pource qu’ils attendoyent leurs forces estrangères, comme aussi pource qu’ils avoyent fourni de leur armée au duc de Montpensier, employé en Anjou, comme nous avons dict. Nous tardons à faire une course par ces pays-là, pour revenir trouver le prince, qui, ayant passé sa colère sur Baugensi [2], pris par escalade et par sappe en plein jour et pillé, avoit despesché en plusieurs parts du royaume et dehors : asçavoir Duras en Guienne, de qui nous avons parlé ; le comte de la Rochefoucaut en Xaintonge et Poictou, Soubize [3] à Lyon, Yvoy [4] à Bourges, Briquemaut en Angleterre, le prince Porcian [5] pour accompagner jusques en Champagne d’Andelot, qui de là passe en Allemagne, pour amener le secours de ce costé. Doncques, cependant que les deux principaux chefs travaillent à Orléans aux affaires du parti et fortifications de la ville, nous avons à dire que, presque par toutes les parties de France, les curez ayant eu charge d’exhorter à prendre les armes, tout ce qui en estoit capable s’enrolla par les villes, bourgades et villages. L’Anjou ayant commencé comme nous avons dit, le Vandosmois fit ses légionnaires, ausquels commanda pour un temps Ronsard [6], gentilhomme de courage et à qui les vers n’avoyent pas osté l’usage de l’espée. Lors y eut deux deffaictes à St Carlais, une sur chasque parti, avec plusieurs inhumanitez, à l’imitation de celles d’Anjou [7].

L’amas de Touraine donna à Ligueil, où ils estranglèrent plusieurs hommes, crevèrent les yeux au ministre, pour le brusler après à petit feu. Cormeri, Loches, l’Isle-Bouchard et Azai furent pillez et, faute de huguenots ou de huguenottes, plusieurs paysans tuez et leurs femmes forcées [8].

Comme la plus part des villes s’estoyent prises elles-mesmes par exemple, ainsi l’estonnement d’Angers fut imité par Tours [9], Chastelleraut, Saumur, Loudun et Chinon [10], que Roche-du-Maine avoit rendu au comte de la Rochefoucaut, à la veue d’une seule compagnie de gens d’armes, ce que je dis pour monstrer combien les plus braves sont journaliers. Les garnisons de tous ces lieux, et le peuple qui les voulut suivre, firent estat de gaigner Poictiers, mais en deux bandes ; car l’une fut deffaicte à quatre lieues de Poictiers par les compagnies de Villars, Montpezat et Richelieu [11], accompagnez des communes, et là moururent 400 tant gens de guerre qu’autres ; les autres, favorisez de 3,000 chevaux que Saincte-Gemme [12] amena de Poictiers, y entrèrent [13].

Ceste grande ville, qui s’estoit donnée au parti réformé de mesme façon que les autres [14], se perdit aussi fort facilement ; car le mareschal St André, ayant joinct toutes les forces que nous avons dictes à celles qu’il avoit amenées, et s’estans logé au fauxbourg St Ladre et ayant tiré quelques misérables volées de canon à la porte de ce costé, Saincte Gemme s’advisa que le chasteau n’estoit pas pour lui, y ayant laissé le recepveur Pineau [15] pour conserver l’argent des tailles. Ce recepveur, ayant fait un temps l’huguenot, déclara sa révolte à mousquetades, si bien que la ville fut quittée par la garnison [16] presqu’aussi forte que les assiégeans ; et alla joindre les forces du comte de la Rochefoucaut. Les habitans voulurent gaigner Chauvigni [17], mais ils le trouvèrent saisi par la Roche-Pouzai [18], tout cela vers la fin d’aoust. D’une mesme suitte nous despescherons la Rochelle, où Jarnac [19] avoit mis en mespris les affaires du prince et des réformez, tellement qu’ils chassoyent les fugitifs de leur religion et mesmes leurs ministres, entre ceux-là Fayet [20], pource qu’il les exhortoit à union au parti. Ainsi la Rochelle [21] et Poictiers enseignèrent force huguenots à quitter les cazaques blanches.

Belle-Ville [22] et Saincte-Foi [23] furent les premiers qui apprirent à leurs compagnons à s’excuser sur l’injustice du parti. Tout estoit plein de ceux qui de peur faisoient conscience. Le comte de la Rochefoucaut, pour y apporter quelque remède, fit tenir un synode à Xainctes [24] et disputer la justice de leurs armes. Ce résultat en confirma quelques uns, avec lesquels le comte essaya à se rendre maistre de la Rochelle ; mais, y ayant eu visage de bois, il s’avança à Ponts, la battit de deux pièces et l’emporta d’assaut [25]. Il en voulut faire autant à Saint-Jean, que Richelieu avoit pris par une foi violée [26], mais, comme il estoit après, à empescher le bruslement des fauxbourgs, il reçeut nouvelles que Duras, qu’il attendoit, se hastant pour le joindre, avoit esté chargé auprès de Vers par Montluc [27], comme nous dirons après ; et puis, avec ce qu’il put rallier, marcha vers Angoulesme [28], de là au rendé-vous que lui donna le comte à l’Isle-Jourdain [29], pour tirer vers Orléans.

Ce départ fut suivi de presque tous les réformez des environs capables de porter armes et notamment de ceux de Xainctes, que Nogeret [30], trouvant destituée de soldats, mit en sa puissance, y traictant rudement ceux qui estoyent demeurez, en exécution d’un arrest de Bourdeaux, par lequel les vies des réformez estoient abandonnées sans appel à quelque juge royal que ce fust [31]. Les Rochelois, continuans leur civilitez, receurent le duc de Montpensier [32], qui les traicta selon les ordonnances du roi et sa douceur, les remplissans de garnisons et d’insolences et leur ostant la religion, la liberté et le bien. Lors, quelques habitans se repentans, mais trop tard, de s’estre désunis, firent une entreprise avec le capitaine Chesnet, qui entra dedans le havre [33] avec gens de guerre cachez soubs le tillac, se saisit des tours, prit les principaux catholiques de la ville prisonniers [34], mais par honnesteté ne demanda que la foi de leurs parents. Le maire Pineau [35] eut loisir de faire sa troupe, qui crioit, « Vive l’évangile » aussi bien que les autres. Et, comme la ville par là fut pleine de confusion et combustion, il fit entrer Burie [36] avec ses forces, qui rendirent misérables les uns et les autres. Il mit les conquérans prisonniers, non sur la foi de leurs parents, et en fit pendre la plus part.

[1Le 2 juillet 1562 (Compte-rendu du roi de Navarre à la reine du 11 juillet. Minute ; f. fr., vol. 15876, f. 237).

[2Le 3 juillet. La Noue constate que toute la discipline de l’armée huguenote s’évanouit au sac de Beaugency (Mémoires, chap. VI).

[3Jean Larchevêque de Parthenay, baron de Soubize.

[4Jean de Hangest, s. d’Yvoi.

[5Antoine de Croy, premier duc de Portien. Le comte Delaborde a écrit sa vie dans le Bulletin de la Soc. de l’hist. du prot. français, t. XVIII, p. 2.

[6Pierre de Ronsard, célèbre poète du xvre siècle, né le 11 septembre 1524, mort le 27 décembre 1585. Il est douteux qu’il ait porté les armes, mais il a pu être confondu avec un de ses frères, curé d’Evaillé dans le Maine (Notice sur Ronsard par M. Blanchemain, Oeuvres de Ronsard, t. VIII, p. 34).

[7A Saint-Calais, près du Mans, les catholiques remplirent un puits des cadavres de leurs ennemis. Peu de jours après, les huguenots, revenus en force, commirent les mêmes excès (Journal de l’année 1562 dans la Revue rétrospective, t. V, p. 169).

[8Ligueil (Indre-et-Loire) ; Cormery (id.) ; Loches (id.) ; Azay-sur-Cher (id.). Voir de Bèze, t. II, p. 130.

[9Le connétable s’empara de Tours le 11 juillet, Villars de Châtellerault. Les autres villes furent prises par le duc de Montpensier vers la même époque.

[10Chinon s’était rendu aux réformés au mois de mai. On conserve dans le f. fr., vol. 3189, f. 56, une ordonnance, datée du 29 mai, de saisie des reliques et croix de la ville, signée par le s. de Coullaines, lieutenant du prince de Condé.

[11Antoine du Plessis de Richelieu, ancien moine, capitaine de gens de pied. — De Bèze nomme le comte de Villars, le s. de Montpezat, son gendre, et le s. de la Roche-Posay (t. II, p. 131), au lieu du capitaine Richelieu. Nous croyons que de Bèze a raison contre d’Aubigné, parce que, vers cette date (13 juillet 1562), Richelieu était à Tours.

[12Lancelot du Bouchet, s. de Sainte-Gemme, envoyé d’Orléans par le prince de Condé comme gouverneur de Poitiers (Lettres du 20 et du 28 mai ; Archives historiques du Poitou, t. II, p. 334).

[13Une lettre du comte de Villars au roi de Navarre, datée du 14 juillet 1562, rend compte de ce fait (Orig. ; f. fr., vol. 15876, f. 251).

[14Etienne Chevalier, seigneur des Prunes, s’était emparé du château de Poitiers le 21 avril 1562.

[15François Pineau, receveur général de la province.

[16Le 1er août 1562. Voir le récit de Belleforest, les Grandes annales, 1579, f. 1632.

[17Chauvigny, à cinq lieues de Poitiers, était le château de l’évêque. Le maréchal Saint-André le prit quelques jours après son entrée à Poitiers.

[18Le s. de la Roche-Posay fut tué peu après au siège de Bourges (Hist. de la maison de Chasteigner, p. 285)

[19Guy Chabot, s. de Jarnac, gouverneur de la Rochelle.

[20Ambroise Faget, ministre de la Rochelle depuis 1560. Arcère le nomme souvent (Histoire de la Rochelle, t. 1, p. 335 et suiv.).

[21Le 9 août, les habitants de la Rochelle adressèrent une lettre de soumission au roi (Orig. ; f. fr., vol. 15876, f. 377). Voyez aussi la lettre d’envoi du maréchal de Saint-André (Ibid., f. 392).

[22François de Belleville, gentilhomme du Poitou, agent de Condé, réputé traître à son parti (De Bèze, t. II, p 259).

[23Charles de Chabot, seigneur de Sainte-Foy, mis à mort comme traître, à Saint-Jean-d’Angély. Voir de Bèze, t. I, p. 421.

[24En septembre 1562. Voir de Thou, liv. 30.

[25Fin septembre 1562.

[26Saint-Jean-d’Angély avait été pris le 23 septembre par le capitaine Châteauroux au nom du roi. Antoine de Richelieu ne devint gouverneur de la ville qu’après le départ de Châteauroux.

[27Le 9 octobre 1562. Voyez plus loin.

[28Angoulême, sur une sommation du maréchal Saint-André, avait fait sa soumission au roi au commencement d’août (Lettre du maréchal Saint-André à la reine du 7 août, Autogr. f. fr., vol. 15876, f. 361).

[29L’lsle-Jourdain (Vienne).

[30Jean de Nogaret, plus tard seigneur de la Valette, et lieutenant général en Guyenne (t. I, p. 341).

[31L’arrêt du parlement de Bordeaux est daté du 28 juillet 1562. Il n’est pas dirigé contre les réformés en général, mais contre 104 accusés de rébellion qui y sont dénommés. Cet arrêt est conservé en copie dans la coll. Brienne, vol. 206, f. 1.

[32Le 26 octobre (Arcère, Hist. de la Rochelle, t. I, p. 339).

[33Le havre, c’est-à-dire le port de la Rochelle.

[34Le 8 février 1563. Chenet était un aventurier chassé de l’île d’Oléron. Son entreprise ne réussit pas. Voir Arcère, Hist. de la Rochelle, t. I, p. 340.

[35Guillaume Pineau, maire intronisé par le duc de Montpensier en place de son frère Jean Pineau.

[36Charles de Coucy, seigneur de Burie, fit ses premières armes en Italie sous les ordres de Lautrec. Capitaine d’ordonnance dès le 6 février 1551 (f. fr., vol. 3127, f. 1), il fut nommé, en 1559, lieutenant du roi de Navarre en Guyenne. Sa modération vis-à-vis des réformés le posa bientôt en rival de Monluc, qui l’accuse sans cesse dans ses Commentaires de partialité contre les catholiques (t. II, p. 365, 368, etc.). De Lurbe a écrit sa vie (De illustribus Aquitaniae viris, 1591, in-8°, p. 97). Brantôme attribue sa modération au désir de ne pas verser le sang (t. III, p. 396).

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