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1848 - Lamartine vote la mort du vieux pont de Cognac (16)

D 19 janvier 2008     H 00:09     A Pierre     C 2 messages     A 1691 LECTURES


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Quelques semaines après la révolution qui vient d’abattre la Monarchie de Juillet, le gouvernement de la jeune seconde République vote la mort du vieux pont de Cognac, devenu trop étroit pour la circulation, et qui gène la navigation des gabares. La décision est prise par Arago, Garnier-Pagès, Marie, Ledru-Rollin et Lamartine.

Source : Compte rendu des séances de l’Assemblée nationale. 4 mai 1848 - 27 mai 1849 - Books Google

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Pont de Cognac sur la Charente

La route nationale n° 141 de Clermont à Saintes traverse la Charente dans la ville de Cognac sur un pont d’origine fort ancienne composé de onze arches de formes et de dimensions inégales.

Réparé déjà à diverses époques ce pont est dans un état peu satisfaisant. L’insuffisance de son débouché augmente le champ des inondations pendant les crues et présente en tout temps des obstacles et des périls à la navigation en raison du peu de largeur de ses arches. Celle que les mariniers empruntent de préférence la sixième en partant de la culée gauche n’a que 7 m 37 c d’ouverture ; les gabares de la Charente ayant 6 m de largeur courent les plus grands dangers dans ce véritable défilé, pour peu que les eaux soient hautes et le chargement élevé. Sur le pont, la circulation par terre n’est guère plus favorisée. Une largeur totale de 5 m 20 c entre les parapets est bien loin de répondre aux besoins d’une ville aussi commerçante que Cognac.

D’un autre côté, la route nationale n° 141 emprunte, de part et d’autre du pont, des rues étroites, sinueuses et rapides, causes permanentes de fatigues et même de périls pour le transit. Il suffira de dire que la largeur de la traverse varie de 5 m 45 c à 4 m 60 c et que les déclivités sont de 0 m 58 à 0 m 93 par mètre.

Il y a déjà plusieurs années que la question de l’amélioration de la traverse est à l’étude. Deux systèmes ont été produits : l’un consistant à élargir le pont actuel et ses abords ; l’autre à construire un nouveau pont et à ouvrir dans les deux hypothèses une nouvelle traverse commune aux deux combinaisons depuis la porte Angoumoise jusqu’à l’extrémité du boulevard du Nord ; mais à partir de là l’un des tracés se détournerait pour emprunter la rue du Château et aller rejoindre le vieux pont ; l’autre continue la ligne du boulevard à travers la vallée de la Charente, franchit la rivière sur un pont neuf et se dirige vers la place du faubourg Saint-Jacques, où il rejoint le prolongement de la route actuelle. A cette combinaison se rattache, comme annexe, le déplacement du bras du Falençon, et la conservation provisoire de l’ancien pont pour le service de la ville, sous la réserve de l’établissement d’une arche marinière aux frais de la commune.

Le projet de construction d’un nouveau pont, préféré par les ingénieurs et vivement appuyé par le conseil municipal de Cognac, a rencontré dans l’enquête locale une assez forte opposition à raison du déplacement d’intérêts qu’il entraînerait.

Sans rejeter en principe ce projet, l’administration crut cependant devoir prendre en considération l’opposition qu’il soulevait et se borner pour le moment à l’élargissement du vieux pont en améliorant ses abords. Mais cette amélioration exigeant la démolition d’une partie do la prison départementale, le conseil général de la Charente fut invité avant tout à s’expliquer sur l’abandon qu’il serait disposé à faire de cette partie du bâtiment.

Sur le refus du conseil général de souscrire à cet arrangement, qui paraîtrait lui imposer l’obligation de construire une prison sur un autre point, l’ingénieur en chef et le préfet ont proposé de reprendre la combinaison ajournée d’une nouvelle traverse et d’un nouveau pont, seul moyen désormais d’opérer une véritable amélioration dans le régime de la route n° 141.

C’est ce projet dont nous venons proposer l’exécution.

Le pont sera composé de cinq arches de 15 mètres d’ouverture, offrant un débouché total de 75 mètres supérieur à celui même du pont de Saintes, situé à 26 kilomètres au dessous de Cognac. La largeur de la voie sera de 9 mètres francs, savoir : 6 mètres pour la chaussée et 3 mètres pour les trottoirs. La naissance des cinq voûtes est placée au niveau de la crue de 1783, la plus haute dont la tradition ait gardé souvenir, soit à 5 mètres au dessus de l’étiage extraordinaire de la Charente.

Le projet comprend en outre, les levées aux abords du pont, leur raccordement avec la route, le déplacement du bras du Falençon, le redressement des deux rives, l’enlèvement de l’Ilot Yvon et l’établissement de murs de quai. Tous ces ouvrages annexes ont été étudiés avec le plus grand soin. Le conseil général des ponts et chaussées a conclu à l’adoption du projet sauf quelques modifications de détail que les ingénieurs s’occupent en ce moment d’introduire dans les pièces du projet.

La dépense totale est évaluée par l’ingénieur ordinaire à 480,000 fr y compris 105,970 fr pour indemnités de terrains et 23,712 fr 82 c de somme à valoir pour cas imprévus ; mais l’ingénieur en chef est d’avis de porter l’estimation à 500,000 fr., pour prévenir tout mécompte.

Les résultats de l’enquête paraissent peu favorables à l’exécution de cette rectification importante ; toutefois, les rapports des ingénieurs éclairent sur la véritable valeur des oppositions produites par la majorité des citoyens qui ont émis leur opinion : ils insistent avec raison sur l’adhésion formelle et presque unanime du conseil municipal, résultat très significatif de la part d’une assemblée ou les intérêts de tous les quartiers de la ville ont leurs représentants.

La traverse actuelle de la route n° 141 dans la ville de Cognac est par le fait à l’état de lacune ; l’impossibilité de l’améliorer sur place d’une manière convenable étant suffisamment démontrée, il n ya pas lieu d’hésiter à donner satisfaction aux intérêts généraux, qui sont en même temps ceux de la ville de Cognac, ainsi que l’a parfaitement compris son conseil municipal. Nous proposons de répartir la dépense de 500,000 fr sur deux exercices savoir 200,000 fr. en 1848 et 300,000 fr en 1849.

PROJET DE DÉCRET

Au nom du peuple français,

La Commission du pouvoir exécutif,
Arrête :

Le projet de décret dont la teneur suit sera présenté à l’Assemblée Nationale par le citoyen Ministre des travaux publics, qui est chargé d’en exposer les motifs et d’en soutenir la discussion.
- Article 1er. Un crédit de deux millions neuf cent quarante mille francs 2,940,000 fr est affecté à la reconstruction des cinq ponts ci-après désignés, savoir :

  • Pont de Montereau, sur l’Yonne et la route nationale n° 5, de Paris à Genève ;
  • Pont de Lagny, sur la Marne et la route nationale n° 34, de Paris à Vitry-le-François ;
  • Pont de Flavigny, sur la Moselle et la route nationale n° 57 de Metz à Besancon ;
  • Pont de Cognac, sur la Charente et la route nationale n° 141 de Clermont à Saintes ;
  • Pont de Confolens, sur la Vienne pour le service des deux routes nationales n° 148, de Limoges à Nantes, et n° 151 bis, d’Angoulême à Nevers.
    - Art. 2. Sur l’allocation énoncée en l’article précédent, il est ouvert au Ministre des travaux publics un crédit de un million trois cent cinquante mille francs (1,350,000 f) pour l’exercice 1848 et de un million cinq cent quatre vingt dix mille francs (1,590,000 fr) sur l’exercice 1849.
    - Art 3. Les plans d’ensemble et les devis par masses des travaux compris dans le présent décret seront déposés aux archives de l’Assemblée Nationale.
    - Art 4. Les Ministres des travaux publics et des finances sont chargés chacun en ce qui le concerne de l’exécution du présent décret.

Fait à Paris, en conseil, le 7 juin 1848

Les membres de la Commission du pouvoir exécutif,
F. ARAGO, GARNIER-PAGÈS, MARIE, LEDRU-ROLLIN, LAMARTINE.

Le secrétaire de la Commission, PAGNERRE

Le Ministre des travaux publics, TRÉLAT.

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