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Le commerce régional à la veille de la Révolution

en Saintonge, Aunis et Angoumois

samedi 7 mai 2022, par Christian, 27 visites.

Passez vos commandes ! Directement issu des Almanachs de commerce qui se multiplient à partir des années 1760, le Tableau général du commerce, des marchands, négociants, armateurs, &c. de la France, de l’Europe et des autres parties du monde de Gournay (1790) ne fait pas double emploi avec d’autres documents mis en ligne sur ce site [1] dans la mesure où il fournit les noms (parfois légèrement déformés) des négociants et fabricants auxquels s’adresser, ainsi que des indications sur les mesures [2] et leurs correspondances avec les unités ayant cours dans d’autres régions.
Incidemment, on y découvre aussi qu’il y avait une relation entre la culture des fèves à Marennes et la traite des Noirs, ou encore que les Rochefortais pratiquaient déjà la délocalisation…
Sont ici rassemblées les notices consacrées aux villes, bourgs et îles de nos trois provinces : La Rochelle, Ré, Rochefort, Tonnay-Charente, Oléron, Brouage, Marennes et La Tremblade, Saintes, Saint-Jean d’Angély, Barbezieux, Angoulême, Cognac et Jarnac ; on y a ajouté celles de Saint-Savinien et d’Aubeterre, présentes dans un almanach de 1779 dont nous avons tiré quelques autres détails, signalés par la mention [ALM 1779...].
On a donné quelques définitions en note, mais pour les mots suivis d’un astérisque, nous renvoyons au glossaire ajouté par Pierre à la fin de son article sur « Le commerce du port de La Rochelle ».

ROCHELLE (la)

ville considérable de Fr., capitale du pays d’Aunis, avec un très beau port sur l’Océan, à 6 lieues de Rochefort [ALM 1779 : et à 120 lieues de Paris].
Productions. Vins, eaux-de-vie, sels, chanvres & graines de lin & de moutarde. [ALM 1779 ajoute : et chevaux. On y en élève beaucoup et d’une excellente qualité.]
Industrie. Raffineries pour le sucre [ALM 1779 : au nombre de quatre], manufacture de faïence, verrerie royale, armemens pour les côtes de Guinée & les isles françoises de l’Amérique.
Commerce. Les expéditions qu’on fait pour les isles de l’Amérique, se font ordinairement pour Saint-Domingue, la Martinique, la Guadeloupe & Cayenne ; les bâtiments qu’on y envoie se chargent en retour de sucres, de cafés, de cotons, d’indigo, de cuirs secs, de canéfices [3], de sirops de melasse & autres ; de rocou*, de gingembre, de cacao, de toutes sortes de bois pour la teinture & la marquetterie.
Les bâtimens qu’on expédie pour les côtes de Guinée, prennent des Nègres, des gommes, des dents d’éléphant, de la cire jaune, & d’autres productions de ces contrées ; déposent leurs nègres dans les Isles, & y complettent leurs cargaisons.
Les provinces de France & les nations avec lesquelles la Rochelle est en correspondance, lui fournissent les productions & les objets qu’elles fabriquent.
Le Poitou & la Saintonge fournissent à son commerce des grains de toutes espèces, des fèves, des chanvres, des bestiaux & des étoffes de laine.
L’Angoumois ; du papier, des grains & des bestiaux.
La Provence & le Languedoc, des olives, des huiles, du savon, des câpres, des anchois, des fruits secs, tels que raisins, figues, brignoles [4], amandes ; & en outre des noix de galles [5], du riz, du séné, de la manne [6], des pistaches, du maroquin [7] & du liège.
La Bretagne, de la morue, du poisson sec, des sardines, des bariques, du merrain, des toiles à voiles, du fer en barre & en verge [8].
Bayonne, des fanons & des huiles de baleine, des jambons, de la réglisse, des laines d’Espagne, du brai* gras & sec.
La Hollande, des beurres, des fromages, des drogues, du poivre, de la canelle, du girofle ; des muscades, des chanvres, des lins en bottes, des fils, des planches, des mâts, du brai, du goudron, & toutes sortes de quincaillerie & de petite mercerie.
Les pays du nord, des chanvres, des lins, des fils, des planches, des sapins, des douves pour pipes [9] & bariques, des mâts, des cordages, des poëles à frire, des fils-d’archal* & de carret*, des pots de fer, du cuivre ouvré & du cuivre en plaques, du fer & de l’acier.
L’Espagne, des vins de Chérès, d’Alicante, de Malaga, de Tinto, des raisins secs, des bois de Campêche*, & des laines.
Le Portugal, des huiles d’olives, de la cassonnade, du tabac du Bresil & de Marignan [10], , des cuivres, des cuirs secs, du bois pour la teinture & les parfums, de l’ipecacuanha [11], des cocos propres à la tabletterie, du musc & de l’ambre gris.
L’Angleterre, du charbon de terre, de l’étain, du plomb, de l’alun, de la couperose [12], des cuirs secs & en poil, du tabac de Virginie, & toutes sortes de quincaillerie.
L’Irlande, du beurre & des viandes salées, du saumon en baril, & du charbon de terre [13].
L’Ecosse, du saumon salé, en baril, & du charbon de terre.
Négocians armateurs, MM. Admirault (ve.) & fils aîné. Arnaud, frères. Carrayon, fils aîné. De Baussai & Thouron (G.). De Missy, fils. Dumoustier de Fredilly. Dumoustier, frères & de Jarnac. Fleuriau, frères & Thouron (P.). Garesché (Daniel). Giraudeau (Benjamin). Goguet. Guibert (Jacques). Lanusse. Le Clercq (Aug.) & Baudin. Le Febvre (M. A.). Poupet & Guimet. Quenet (veuve) & Denis. Rasteau, frères. Schaaff (Nic.). Vanhoogwerff (P. J.). Wilkens, frères. Weis & fils (Em. & Nic.). Vivier (Louis).
[ALM 1779 : Armateurs & Commissionnaires, MM. Admiraud & fils aîné, Carayon & fils, Gareché (Daniel), Goguet (fils), Suidre (Nicolas), Valete (Charles), (Eml. & N.) Wiel & fils, Robert (frères), Le Grix & fils, Lambert (Pierre & Jean), Fort (Louis), Otto (Mathurin, fils de J. Henry), Robert (P. D.), Pinasseau (J. D.).
MM. Robert (frères), font aussi la commission des marchandises de l’Amérique pour le Nord, avec une intelligence & probité, qui leur a attiré la considération de leurs commettans & l’estime de leurs concitoyens.
Courrier. Part de Paris les mard. & sam. à midi, & les merc. & dimanches, à 2 heures.]
Imprimeurs-libraires. MM. Legier (Jér.). Mesnier (Pierre).
Libraires, MM. Chabosseau, Pavie père et fils. Pintenelle.
- Nota. Il seroit possible qu’il y eut quelques légers changemens dans la nomenclature de cet article.
Poids & mesures. On se sert du poids de marc [14]. Les sels s’y vendent aux 28 muids, comme à l’isle de Ré. Les eaux-de-vie, s’y vendent aux 27 veltes & au même prix qu’à l’isle de Ré.
Usages pour le payement des effets. Tous les effets indistinctement jouissent de 10 [Le chiffre des dizaines est mal imprimé.] jours de grace ; mais les porteurs ont trois mois pour faire leurs diligences, pour ceux valeur en marchandises [sic].

RÉ (isle de)

petite isle de Fr., sur l’Océan, dans le golfe de Gascogne, province d’Aunis, à […] lieue(s) de la Rochelle, […] de l’isle d’Oleron, & […] du continent du Poitou. Elle n’a que 4 lieues de long sur une de large. Le chef-lieu est Saint-Martin.
Productions & commerce. Sels, vins blancs & rouges, eaux-de-vie & vinaigres, morue, harengs, planches, mâtures, chanvres, fer & goudron.
Industries. Manufacture de bas de fil & de coton, de siamoises [15] & de bazin [16].
Sels, vins, eaux-de vie & vinaigres. Ils forment la principale branche de commerce. La récolte des sels monte, année commune, à environ 12,000 muids de Paris, & celle des vins de 25 à 30,000 tonneaux. A l’égard des eaux-de-vie, on en distille 2,500 à 3,000 pièces de 60 veltes par an. Une partie des sels s’enlève pour les gabelles de France, pour la pêche de la morue, du hareng & du maquereau, & s’envoie dans les entrepôts de Normandie, de Bretagne & de Dunkerque : le surplus passe en Hollande, en Prusse, dans le nord, la mer Baltique & la nouvelle-Angleterre.
Morues, harengs, planches, mâtures, chanvres, fer & goudron. Ces marchandises sont portées dans l’isle par les vaisseaux qui vont y faire leurs chargemens, elles se versent ensuite dans le royaume par les provinces voisines.
Négocians commissionnaires. MM. Baussant, père et fils. Baudin (François). Dechézeaux (G.) & Lan. Fournier Désormeaux & Ce. Fairholm & Lurther. Kraaft (ve. C.) & Comp. Rivaville Dupré (veuve) & fils aîné.
Vice-commissaire de la marine de Hollande. Dechézeaux (Louis).
Mesures. Les sels se vendent par 28 muids de 24 boisseaux chacun. Le boisseau pèse 83 livres 1/3, ainsi le muid pèse 2000 livres, & les 28 muids 56,000 livres. Les 28 muids sont égaux à 12 muids de Paris, à 19 à 20 tonneaux de Saint-Malo, à 220 à 224 rasières de Calais & de Dunkerque, à 40 à 41 pipes de Bordeaux, & à 336 conques de Bayonne.
Les liquides se vendent au tonneau de 120 veltes : on le divise comme à Bordeaux, en 2 pièces, 4 bariques, 6 tierçons & 8 quarts.
On y vend les eaux-de-vie aux 27 veltes : ainsi, quand on dit que les eaux-de-vie sont à 100 livres, c’est-à-dire qu’elles sont à 100 livres les 27 veltes.

ROCHEFORT

ville de Fr., dans le pays d’Aunis, sur la Charente, à 2 ½ lieues de son embouchure dans la mer, 3 de Brouage & 5 de la Rochelle.
Rochefort étant un des départemens de la marine royale, on est plus porté à le considérer comme une ville de guerre, que comme une place marchande ; il s’y fait cependant un bon commerce. La Charente lui ouvrant des voies de communication avec différentes provinces, telles que la Saintonge, l’Angoumois, le Limosin, &c. lui procure, non-seulement l’avantage de contribuer à les approvisionner en productions de l’étranger, mais même celui de participer à l’exportation des divers articles qu’elles fournissent au commerce, tels que vins, eaux-de-vie, papier, &c.
Les fournitures en tout genre, pour la marine royale, lui procurent encore une branche de commerce avantageuse.
Il y a deux ports à Rochefort, un port royal & un port marchand : nous ne parlerons que du dernier. Il est au-dessus de la ville, dans un lieu qu’on appelle la cabane quarrée ; les navires de 800 tonneaux peuvent y entrer & sortir avec leurs cargaisons entières : les armateurs de la Rochelle y envoient leurs grands bâtimens, qui ne peuvent entrer dans le Havre de cette dernière ville.
On y fait des armemens pour la pêche de la morue au banc de Terre Neuve & pour les isles de St. Pierre & Miquelon, tant pour y pêcher aussi, que pour y faire le commerce d’échange.
Il n’y a aucunes espèces de manufactures ni fabriques à Rochefort, à cause de la cherté excessive de la main-d’œuvre : les négocians de cette ville qui ont quelques-uns de ces établissements, les ont en Saintonge, où la main-d’œuvre est bien moins chère.
Les Anglois, les Hollandois & les nations du nord, en allant y faire des chargements de vins & d’eaux-de-vie, y portent les productions de leurs pays. Nous avons établi en quoi elles consistent, aux articles Bordeaux, Dunkerque & Le Havre.
Négocians & armateurs, MM. Aiguillé (Bart.), aîné. Faurès Chauvet. Hebre de Saint-Clément & Compagnie. Hebre (François). Pelletreau (François) & Compagnie. Pelletreau (Jean). Priou (V.) Menadier.
Libraire, M. Bonhomme.
Quoique Rochefort jouisse du privilège d’entrepôt pour les isles françoises de l’Amérique & la côte de Guinée, il ne s’est néanmoins fait jusqu’à présent que très-peu d’expéditions pour ces contrées : cependant comme elles peuvent, à beaucoup d’égards, s’y faire avec plus d’économie qu’ailleurs ; il est à présumer que les négocians reconnoîtront les avantages que leur offre cette ville.
Quoique Rochefort soit en Aunis, il est censé, pour les droits, en Saintonge, & réputé ville étrangère aux cinq grosses fermes.
Usages pour le payement des effets. Voyez La Rochelle.

CHARENTE, ou TONNAI-CHARENTE

ville de Fr. en Saintonge, avec un port sur la Charente, à 1 lieue au-dessus de Rochefort & à 6 lieues de la Rochelle. Son port est très-sûr & très-commode : les navires de 800 & même de 1000 tonneaux peuvent y monter.
Commerce. Il y est très-actif, cette ville étant comme l’entrepôt des articles d’exportation que fournissent l’Angoumois & la Saintonge, des vins & eaux-de-vie, principalement. Il s’est expédié de Charente, pendant le cours de 1787, tant pour l’étranger que pour l’intérieur du royaume, 150 navires qui ont exporté au moins 54 mille bariques d’eau-de-vie, de 27 veltes chacune. Cette ville voit aussi entrer dans son port, chaque année plus de 300 barques chargées de sel, qui se répand ensuite jusque dans le Limousin.
Négocians. MM. Augier & Comp. Blosfeld & Hardy (Ls.). Dardillouze (Ger. Ls.). Lallemand (J.) Lambretz & C.

OLÉRON

isle de Fr., sur les côtes d’Aunis & de Saintonge, à 2 lieues du continent & 8 de la Rochelle […à 129 lieues de Paris].
Productions & commerce. Vins, eaux-de vie & sels.
Négocians, MM. Biscon, Compère Delaubier, Lajaille, Meaume, Pinasseau.

BROUAGE

ville de Fr. en Saintonge, avec un port de mer, à 11 lieues de la Rochelle & 140 de Paris.
Les marais salans qui entourent cette ville, forment son principal commerce. La quantité de sel qu’on en tire est immense. Les propriétaires des marais le vendent aux adjudicataires de la ferme des gabelles & aux étrangers, qui en font des enlèvements considérables.

MARENNES

petite ville de Fr., en Saintonge, entre l’embouchure de la rivière de Seudre & le Havre de Brouage ; à 9 lieues de la Rochelle.
Productions & commerce. Sels, vins, eaux-de-vie, huîtres vertes excellentes, fèves de la meilleure qualité & qui servent pour la nourriture des nègres dont on fait la traite.
Sels. Ils passent pour être des meilleurs de France, & bien supérieurs à ceux d’Espagne & de Portugal ; il y en a de plusieurs espèces ; du sel rouge, ou de chaudière, dont les gabelles de France, les ports de la Manche & de la Hollande s’approvisionnent ; des sels communs, connus sous le nom de sels blancs, de Seudre & de Liman [17], qui s’enlèvent pour Marans, Charente, Bordeaux, Bayonne, la mer Baltique, la Suède, le Danemark & autres pays du nord ; du sel vert, dont on se sert pour la pêche, & pour faire toutes sortes de salaisons.
Vins. Il y en a de blancs & de rouges ; ils sont d’une fort bonne qualité : la Bretagne, Hambourg, Bremen, Lubeck & plusieurs autres villes du nord, en tirent considérablement.
Eaux-de-vie. On y en trouve de différentes espèces ; la plus commune ou ordinaire, pèse 2 degrés à l’éprouvette de comparaison de Tessa [18] ; celle au titre de Cognac, pèse 4 degrés & l’esprit-de-vin 11 degrés. La Picardie, la Flandre, l’Artois & presque toutes les provinces de France en enlèvent la majeure partie [ALM 1779 ajoute l’Inde et la Nouvelle-Angleterre].
Poids & mesures. Le sel se vend au cent ; le cent est composé de 28 muids, mesure de Brouage, qui font 12 muids & ½ de Paris ; le muid contient 24 boisseaux, & le boisseau pèse environ 80 livres poids de marc [, ce qui fait qu’on évalue la pesanteur d’un cent de sel à celle de 25 tonneaux de vin] ; le 100 de sel rend [à Paris 336 setiers,] à Bayonne, 330 conques ; à Bordeaux, 42 pipes ; à Saint-Malo, 19 tonneaux, & à Dunkerque, 168 [338] rasières.
Le vin se met en futailles, qui contiennent environ 29 veltes de 8 pintes de Paris, chacune.
Les eaux-de-vie se vendent à tant les 27 veltes, & s’enlèvent en tierçons de 60 veltes ou environ.
Négocians, MM. Bertrand (B.), l’aîné. Bonnefous, l’aîné. Charon, l’aîné (fils du jeune). Dubourg & Granier. Godet & Comp. Veillon, fils.
(ALM 1779 : MM. Godet (frères), Dubourg, Bertrand, Menardy (l’aîné), Veillon (père et fils).
Courier. Part de Paris sam., à midi ; dimanches et mercredis, à 2 h.]

TREMBLADE (la)

bourg de Fr., en Saintonge, près Marennes, sur la rive gauche de la rivière de Seudre, qui lui procure l’avantage d’un bon port qui peut recevoir des bâtimens de 600 tonneaux.
Productions & commerce. Sels, vins & eaux-de-vie.
Industrie. Verrerie à bouteilles.
Ce bourg faisant absolument le même commerce que celui de Marennes, les poids & les mesures y étant aussi les mêmes, nous y renvoyons.
Négocians faisant la commission, MM. Rivieres, frères. Ils se chargent aussi de la réclamation des navires & effets naufragés sur la côte.
Verrerie. Elle répand une grande quantité de bouteilles d’une belle qualité, dans le commerce.
Propriétaire, M. Chaillé Latouche.
[ALM 1779 : Il y a du vin rouge, du vin blanc, & du vinaigre ; ces objets sont en futaille de Bordeaux, d’environ 29 veltes de 8 pintes de Paris.
Les eaux-de-vie dont 27 veltes font la barrique ; sont de différens titres, & logées en pieces ou tiersons d’environ 60 veltes bien solides. L’espèce la plus commune est l’eau-de-vie ordinaire qui pèse 2 degrés à l’éprouvette de comparaison de Tessa ; celle au titre de Cognac pèse 4 degrés, & l’esprit de vin ou trois cinq, 11 degrés...
Principaux négocians commissionnaires, MM. Cerclé, Effausier, Vignaud (père). MM. Riviere (frères) sont au centre de toutes les productions & dans le port le plus commode pour les expéditions : leur nom connu depuis plus d’un siecle dans le commerce, est un sûr garant de leur zele & de leur exactitude à exécuter les ordres qui leur sont confiés ; ils ont mérité la confiance de MM. les Armateurs & Négocians François & Etrangers de la ville de Bordeaux, qui leur ont donné une procuration pour les représenter lors des naufrages, & relâches des navires sur les côtes & dans les ports à portée de leur domicile, ainsi qu’une correspondance étandue avec différentes places de l’Europe.
Courier. Par Marennes, part de Paris samedi à midi, dimanche & mercredi à 2 heures.]

SAINT-SAVINIEN-DE-PORT

[ALM 1779 : gros bourg, à 3 lieues de Saintes, sur la rivière de Charente.
Productions, industrie & commerce. Foin en abondance, qui se consomme par les chevaux & les bœufs du pays ; quelquefois il s’en envoie à Saintes, lorsqu’il y a des régimens de cavalerie en garnison, de même qu’à Cognac. Le grain peut se consommer aisément sur les lieux ; il y a peu de froment, mais beaucoup d’orges, baillarge, bled d’Espagne & avoine : il se fait un commerce assez considérable d’avoine, on en charge plusieurs barques pour Bordeaux, de même que de la graine de lin, qui se vend ordinairement à des Négocians de Charente & de Rochefort.
Il y a beaucoup de bois de chêne pour le chauffage, qui se transportent par barques & gabarres, à Rochefort, la Rochelle, Isle de Rhé, Oleron & ailleurs.
Il y a aussi des bois de construction, qui se vendent à des fournisseurs du port de Rochefort.
On amasse aussi des noix, du génievre, & des pommes en assez grande quantité ; on en charge des barques pour la Rochelle, l’Isle de Ré, Oleron, Bordeaux, &c.
Le vin qu’on y recueille est assez bon ; le blanc se convertit en eau-de-vie, le rouge se consomme sur les lieux, une partie s’envoie à Rochefort.
Il y a une vingtaine de barques du port d’environ 100 tonneaux & au-dessous.
Ceux qui naviguent au large, c’est-à-dire à Bordeaux, Nantes ; & côtes de Bretagne, Dunkerque, sont MM. Adrien, Adrien fils, Adrien Bijou, Audaire, Canaud, Delis, Gaudin, Lajassons, Mois, Procureur, Saurin fils, Simonet.
Le sieur Saurin l’aîné, navigue aux isles d’Oléron, & se charge de toutes les marchandises qu’on envoie dans le Limousin, Angoumois & Saintonge, & qu’on retire de ces mêmes villes : Saurin Hillairet navigue en l’Isle de Ré, se charge des marchandises qu’on y envoie du Limousin, Angoumois & Saintonge ; toutes les autres barques chargent pour les lieux voisins, des bois, pierres & autres choses.
Les carrieres de ce bourg & des environs, telles que celles de la Touche & Crasannes, sont très-considérables : il s’enleve tous les ans une grande quantité de pierres, pour Rochefort, la Rochelle, l’isle de Ré, Oléron, Bordeaux, Nantes, &c.
Il y a 4 foires dans l’année, elles sont de peu de conséquence, & ne durent qu’un jour chaque ; elles tombent les 13 & 25 Janvier, premier Mai & 29 Septembre ; le bétail en fait presque seul l’objet.
Il y a marché tous les samedis, & les habitans des villages voisins viennent s’y approvisionner.
Noms des Commerçans de bois, MM. Adrien Lamothe, fait aussi le commerce de pierres, fer, tuiles, ardoises, planches de sapin & bleds. Saurin l’aîné, Saurin Hillairet.
Pour les étoffes de laines, MM. Cheigneau, Laguiberrie, Chaignaud (frères). Negocians en gros, Allenet, Chaignaud (Baptiste), La Combe.
Tous ces marchands tirent leurs marchandises de Rochefort, la Rochelle, Bordeaux & autres lieux.
Pour la graisserie, MM. Adrien Lamothe, Allenet, Lestrille, Morineau, Pougnet, Hilaire.
Il y a 2 bateaux de postes pour Rochefort & Saintes.
Notaires royaux & Procureur de la Jurisdiction Seigneuriale du Prieuré de Saint Savinien, MM. Bergier & Boffinet.
Courier. Part de Paris les merc. & dim. à 2 heures.

SAINTES

ville de Fr., capitale de la Saintonge, sur la Charente, à 13 lieues de la Rochelle & d’Angoulême.
La fertilité de son territoire, sa proximité de plusieurs grandes villes, la commodité des rivières qui arrosent la Saintonge, & sur-tout la Charente qui est navigable depuis Angoulême, rendent la position de cette ville très-avantageuse pour le commerce.
Productions & commerce. Bleds, vins & eaux-de-vie ; laines.
Industries. Fabriques d’étamines [19], de molletons [20] & de cadis [21], de basins & de bonneterie : manufactures de porcelaine, de creusets de grès & autres ouvrages de même nature, & de faïence : mégisserie.
Bleds. On y en recueille en abondance, sur-tout du bled de Turquie [22] : la majeure partie se consomme dans la province, & le surplus s’enlève pour Bordeaux.
Vin & eaux-de-vie. Cette ville & les environs, produisent, année commune, 8 mille tonneaux de vin rouge & 10 mille tonneaux de vin blanc : la majeure partie des rouges passe à Rochefort, les vins blancs se convertissent en eaux-de-vie & esprit-de-vin, qui sont d’une excellente qualité, & dont la majeure partie passe en Angleterre, en Hollande & aux isles françoises.
Négocians. MM. Gillet. Laurent. Pannetier. Picard.
Laines. Elles reçoivent leur apprêt & la teinture à Saintes : une partie sert à alimenter les fabriques de la ville ; le surplus passe en Poitou, dans la Touraine, & en Normandie.
Etamines. Elles sont connues sous les noms d’étamines de Saintes & d’étamines de Bordeaux ; elles approchent des camelots[Camelot : étoffe non croisée qui se fabrique comme la toile ou comme l’étamine, sur un métier à deux marches. Il y en a de différentes longueurs & largeurs, & de toutes couleurs. On en distingue de plusieurs sortes, entre lesquels les uns sont tout poil de chevre ; d’autres ont la trame poil, & la chaîne moitié poil & moitié soie ; de troisiemes qui sont tout laine ; & de quatriemes, où la chaîne est fil & la trame est laine. » (Encyclopédie de Diderot).]] de Lille pour la couleur, & des étamines d’Amiens pour la force et la finesse.
Fabricans expéditionnaires, MM. Augé Basset. Boisnard (Pierre). Castagnery (Jn. & Guill.). Chasserau, l’aîné. Compagnon (Pierre). Lafont (Pierre). Moreau (P. & L.). Moreau, fils.
Molletons & cadis. Ils sont dans le genre de ceux qui se fabriquent en Poitou ; ils passent pour être d’une excellente qualité ; la fabrique en est établie à l’hôpital-général.
Entrepreneurs, MM. Dulac. Gout. Savary.
Basins. On y en fabrique de toutes qualités ; ils sont très estimés.
Négocians faisant fabriquer, MM. Appert. Viauld, jeune.
Bonneterie. On fait dans cette fabrique, des bonnets, & des bas fins drapés, à la broche, & en toutes couleurs.
Fabricans, MM. Fevrier (Fr.), Taunay (Jean). Viollaud (Pierre).
Porcelaine & grès. Entrepreneur de la manufacture, M. Morin.
Manufactures de faïence. Entrepreneurs, MM. Crouzat. Dejoye. Rochex, aîné. Rochex, jeune.
Mégisserie. On y apprête beaucoup de cuirs en blanc.
Mégissiers, MM. Debein. Gaudin, frères. Marquizeau (ve.). Moreau. Prou. Quoindreau.
Outre le commerce des objets dont nous venons de parler, il s’en fait encore un assez considérable en petites draperies de la fabrique de Pons ; en serges [23] & droguets [24] sur fil, de la fabrique de Jonsac, & en étoffes de coton.
Négocians, MM. Charier. Duchaine. Favre. Forès. Gout. Laurent. Maréchal. Savary (veuve). Viaud.
Négociant qui escompte, M. Pannetier.
Imprimeur-libraire, M. Toussaint (Pierre).
Usages pour le payement des effets. On suit l’ordonnance.

[ALM 1779 : (Etamines) On prétend qu’elles approchent des camelots de Lille pour la couleur ; qu’elles surpassent les étamines d’Amiens, pour la force & la finesse. Les indiennes étrangères, & les fabriques de Rouen, en ont diminué la consommation.
Molletons & cadis, façon de Poitou, mais supérieurs en qualité ; fabrique établie en l’Hôpital de cette ville, par les soins & aux dépens de M. le Marquis de Monconseil.
Les laines du pays se teignent en bleu & en rouge, & se consomment principalement dans le Poitou. Il en passe aussi en Tourraine & en Normandie.
Serges & droguets sur fil, de la fabrique de Jonsac, qui est assez considérable.
Petits draps, de la fabrique de Pons.
Bonneterie. Bonnets, bas fins & drapés, à la broche & en toutes couleurs.
Cuirs en blancs. L’apprêt de Saintes est assez estimé. Il s’en fait aussi à Jonsac de blancs & de chamois.
Commerce. Il s’en fait un assez considérable en épicerie, eaux-de-vie, en bois, en fer, en plomb, en draperie & mercerie, en quincaillerie, bijouterie & faiancerie.
Courier. Part de Paris les mardis & sam. à midi, le mercredi & le dimanche à 2 heures.]

SAINT-JEAN-D’ANGELY

ville de Fr., en Saintonge, à 6 lieues de Saintes & 13 de la Rochelle.
Productions & commerce. Vins & eaux-de-vie. Les eaux-de-vie sont excellentes, & passent quelquefois dans le commerce pour eaux-de-vie de Cognac, lorsque celles-ci viennent à manquer : elles forment une branche de commerce assez considérable.
Libraire, M. Destain.
Foires. Il y en a six, qui se tiennent le 1er mars, 6 mai, 24 juin, 29 août, 2 novembre & 26 décembre : elles ne durent qu’un jour.
Usage pour le payement des effets. Voyez SAINTES.

PONS

ville de Fr., en Saintonge, sur la Seigne, à 4 lieues de Saintes.
Productions & commerce. Bleds & eaux-de-vie. Ils forment le commerce le plus important de cette ville : la rivière n’étant pas navigable, les négocians tiennent leurs magasins sur les bords de la Charente, dans un lieu qu’on appelle Brives, & sur le port du Lic, à une lieue de Cognac.
Négocians, MM. Arbouin (Mathieu). Basset, l’aîné. Broussard [ou Brouffard ?] & Jarnon. Dumorisson.
Nous ignorons si cet article exact. [sic ! ]

BARBEZIEUX

ville de Fr., en Saintonge, à 10 lieues d’Angoulême, sur la route de Poitiers à Bordeaux.
Productions. Vins. La majeure partie se convertit en eau-de-vie : outre qu’il s’en fait des envois considérables dans nos colonies, & que les Anglois & les Hollandois en enlevent beaucoup, Paris en tire encore une assez grande quantité.
Industrie. Fabrique de toiles.
Négociant commissionnaire, M. Lecourt.

ANGOULÊME

ville de Fr., capitale de l’Angoumois, à 30 lieues de Bordeaux & 120 de Paris.
La Charente qui passe sous ses murs & se jette dans la mer au-dessous & à quelques lieues de Rochefort, rend sa position fort avantageuse pour le commerce : outre qu’elle lui ouvre de grands débouchés pour ses productions & celles de la province, elle lui donne encore la facilité de recevoir, par les gabares qui portent jusqu’à 80 tonneaux, toutes les marchandises étrangères dont elle a besoin pour sa propre consommation ou pour son commerce.
Productions. Grains de toutes espèces, vins, graines de lin & de genièvre, safran.
Industries. Fabriques de grosses draperies, serges, étamines & autres étoffes de laines : papeteries ; faïenceries : blanchisserie de cire, martinet pour battre les chaudrons : fabrique de futailles.
Commerce. Vins & eaux-de-vie ; bois merrain, de construction, de charronnage & à brûler ; fer coulé, fer battu & canons provenans des forges répandues dans les environs ; sel, bétail.
Draperies & lainages. Les draps qu’on y fabrique servent pour l’habillement des gens de campagne. On y employe les laines du royaume : la filature y est très-belle, sur-tout depuis qu’on a établi un dévidoir qui en fixe le prix ; les fileuses étant payées selon la longueur du fil, s’appliquent à bien filer.
Entrepreneurs, MM. Tardat, père. Tardat, fils. Gendreau.
Papeteries. Elles sont en grand nombre, la majeure partie à une lieue d’Angoulême. Elles jouissent depuis longtemps d’une grande réputation ; mais depuis 20 à 25 ans, elles semblent redoubler de soins & d’activité ; toutes font de beau papier. Les demandes en sont considérables & surpassent quelquefois la fabrication : le commerce en est un des plus sûrs & des plus lucratifs de la province. Le principal écoulement se fait par Bordeaux & en Hollande, pour l’impression : en Espagne & sur les côtes de la Baltique, pour l’écriture.
Propriétaires de Moulins. MM. Brun des Beauvais. Claveau, frères. Desvaud & Henry, frères. Dubois Sartre. Gratereau, l’aîné. Gilbert. Lescalier. Pirot. Sazerac (Emmanuel). Sazerac de Forges. Tremeau. Texier Pombreton.
Faïenceries. Il y en a deux considérables au fauxbourg de l’Houmeau, pour la faïence commune.
Entrepreneurs. MM. Callaud Beslile. Sazerac (ve.) & enfants.
Blanchissserie de cire. Presque tous les épiciers blanchissent la cire en petite quantité ; mais il y a une blanchisserie montée en grand, & qui est très-considérable. La moitié des cires qui s’y blanchissent se débite en petits pains & en grains dans les provinces circonvoisines : l’autre moitié se convertit en bougie qui égale celle du Mans pour la blancheur, la transparence & la qualité.
L’Angoumois ne fournissant que 15 à 18 milliers de cire, on est obligé de s’approvisionner ailleurs pour l’emploi de cette manufacture. Les beaux blancs que l’on y met en œuvre, se tirent du Limosin, de l’Auvergne & du Médoc : & lorsqu’on ne peut compléter l’approvisionnement dans ces provinces, on tire des cires brutes de Hollande, de Hambourg & de la Prusse.
Les droits que payent les cires de cette manufacture, sont modérés à cinq % dans les bureaux des cinq grosses Fermes.
Entrepreneur. M. Sazerac de Forges.
Martinet [25] pour battre les chaudrons. Cet établissement, presque ignoré, mérite pourtant d’être connu.
Entrepreneur. M. Calaud, l’aîné.
Vins & eaux-de-vie. Ils forment la principale richesse de l’Angoumois : il sort quelquefois de l’élection d’Angoulême, seule, 30 & 35 mille bariques de vin, qui se répandent dans le Poitou & autres provinces voisines.
L’article des eaux-de-vie forme communément un objet de 7 mille bariques. Le prix en varie beaucoup : c’est le marché de Cognac, principal entrepôt de ce commerce, qui en fixe le prix courant. Celles destinées pour l’étranger se transportent, par la Charente, jusqu’à une lieue au-dessus de Rochefort : de-là on les embarque pour l’Angleterre, la Hollande, Hambourg, Cadix, Dantzick, la Suède, le Danemarck, &c. On en transporte aussi, par terre, pour l’approvisionnement de Paris.
Bois merrain & futailles. C’est au marché de Cognac que se fait la principale vente de ce bois, ainsi que des futailles, à la fabrication desquelles les marchands établis dans le fauxbourg de l’Houmeau, entretiennent environ 100 ouvriers. Le nombre de bariques fabriqués dans le f. b. & dans les environs, peut s’évaluer de 12 à 15 mille, & celui des tierçons à 3 mille. La vente du bois non fabriqué est plus considérable encore : on peut l’évaluer à 2 mille quarts de bariques, & à 900 quarts de tierçons.
Le merrain se tire du Limosin, du Poitou & du Périgord : on en fabrique aussi dans l’Angoumois, mais celui du Limosin est préféré à tous les autres, à cause de la propriété qu’a le chêne de cette province, de se lever aisément à la fente, de plier & se prêter aux formes qu’on veut leur donner.
Bois à brûler, de construction & de charronnage. Ces objets sont moins importans, hors l’article du bois à brûler qui est assez considérable.
Négocians en vins, eaux-de-vie & bois merrain, MM. Delimagne, fils. Noël (G.). Noël (Pre.). Marchais de la Bergue & fils aîné. Marchais, frères.
Négocians en bois de construction & de charronnage, MM. Benet. Joffet. Riffeau & Poussard. Roullet.
Nég. en bois à brûler & charbon, M. Texier Lescalier.
Canons & fers fondus & battus. Les forges à canons sont sur la rivière de Touvre à 1 lieue d’Angoulême : l’entrepreneur en est M. Bayneau. Celles pour couler & battre le fer sont à 4 ou 5 lieues : quelques-uns des entrepreneurs sont, MM. Fromantal. La Judée. Quentin.
Sel. Le commerce en est libre dans l’Angoumois : il forme aussi une assez bonne branche de commerce. Les barques des isles de Ré & d’Oléron le portent à Charente : c’est de-là que les gabares le prennent pour le transporter au f. b. de l’Houmeau, d’où on le répand ensuite dans le Périgord, le Limosin, le Poitou & la Marche. Quelques-uns des marchands de sel sont, MM. Fougère. Glomond. Gratereau (ve.).
Safran. Le plus estimé se recueille à Balzac, Champniers, Salles & Bayers : le débit s’en fait aux marchés de Champniers, Vars, Mansle & Verteuil, dans les mois d’octobre, novembre & décembre.
Bétail. A le considérer par la quantité des foires établies dans la province, au nombre de plus de 400, le commerce en paroît très-considérable : cependant il n’y a que celui des bœufs gras & de harnois qui y soit compté pour quelque chose.
Poids & mesures. Comme à Paris.
Usage pour les effets de commerce. On suit l’ordonnance.
Foires. 12 qui tiennent le deuxième jeudi de chaque mois & 4 royales qui commencent le 7 janvier, 22 mai, 29 juin & 30 août, & durent chacune 3 jours.

COGNAC

ville de Fr. dans l’Angoumois, sur la Charente, à 5 lieues de Saintes, 2 de Jarnac & 7 d’Angoulême.
Les vaisseaux ne pouvant remonter la rivière au-dessus de Charente : on y transporte les marchandises sur des bateaux plats, pour y faire les chargemens.
Productions & commerce. Vins, eaux-de-vie, esprit-de-vin, graine de lin & de genièvre.
Industrie. Manufacture de faïence.
Eaux-de-vie. Elles tiennent le premier rang parmi les eaux-de-vie de France. Les meilleures se font avec les vins blancs : on en fait à trois ou quatre degrés. Paris, la Hollande, l’Angleterre & l’Irlande en consomment la majeure partie. L’esprit-de-vin qu’on y fabrique est communément aux 2/3, 3/5, 4/7, & 1/2 d’eau.
Ces deux objets (les eaux-de-vie & l’esprit-de-vin) forment une branche d’exportation considérable & qui fait la richesse de la province : elle se monte annuellement de 3 à 4 millions.
Graine de lin. Murissant sur pied, elle est bien nourrie & de bonne qualité : elle s’enlève pour l’Angleterre où elle est fort estimée : il y en passe 3 ou 4 cargaisons chaque année.
Le pays fournit aussi de bonne graine de genièvre.
Négocians, MM. Augier, frères. Hennessy & Comp. Martel (N.), Lallemand & Comp. Saule & Comp.
Commissionnaire de la marine. M. Rambaud la Roque.
Manufacture de faïence. Propriétaire, M. Augier.
Foires. Il y en a 12 par an, le second samedi de chaque mois : excepté celle du mois de novembre qui est remise au jour de la St-Martin, & qui dure 3 jours.
Mesures. Les vins se vendent par tonneau composé de 4 bariques qui contiennent chacune 28 ou 30 veltes. La barique pour l’eau-de-vie, contient 216 pintes de Paris.
La graine de lin se vend par mesure, qu’on nomme pochée : elle pèse 160 livres poids de marc.
Usage pour les effets de commerce. On suit l’ordonnance.
A une lieue de Cognac se trouve une papeterie. On y fait des papiers & cartons à l’instar de ceux d’Angoulême. M. Perrin de Brussac en est le propriétaire.

[ALM 1779 :
Productions,
Froment. La récolte qui s’en fait, excède ordinairement la consommation de la Contrée.
Vins. Les vins blancs,appellés de Borderie, ont dans les bonnes années , beaucoup de vin & de liqueur ; ils ressemblent assez aux vins de Bergerac : on les plaçoit avantageusement en Hollande , mais l’hiver rigoureux de 1766, a détruit une partie des vignes.
Les rouges se consomment dans les ports de Rochefort & de Brest : il s’en fait aussi dans les bonnes années quelques envois pour la Hollande.
Eaux-de-vie. Sont connues pour être supérieures, soit pour la force, soit pour le goût, à presque toutes celles qui se font ailleurs. Les meilleures se font avec les vins blancs, qui ont peu de corps ; elles s’expédient journellement pour l’Angleterre & l’Irlande, par la voie de Dunkerque en temps de paix, & par celle de Roterdam en temps de guerre.
Celles qui s’envoient par terre à Paris, ne payent aucun droit de sortie. Il en est de même des vins.
On les met communément en futailles de 60 à 64 septiers, mesure de Paris ; quelquefois en pièces qui contiennent de 90 à 92 septiers.
La vente se fait à tant les 27 septiers, & tout se mesure avec un septier de cuivre.
Esprit-de-vin. Il s’en fabrique au 2/3, 3/5, 4/7, & moitié eau.
Graine de Lin. Est annuellement demandée pour Londres, Glochester, Newcastle & Hull ; on estime qu’il peut s’en amasser dans le pays de 3 à 6 cargaisons. Cet article se vend à la pochée, pesant 160 l. poids de marc, sans le sac qui se paye 20 sols pièces.
Négocians pour les objets ci-dessus, MM. Augier frères ; Broussard (Daniel) ; Martell Lallemand & Compagnie ; L’allemand ( Michel ) ; Hennessy & Paule ; Martel (veuve).
Il y a dans le Pays du bois de chauffage & du bois de charpente.
Transports. Les Vaisseaux ne pouvant remonter la Charente, au-dessus de Tonnay-Charente (qui est à une lieue en deçà de Rochefort) ; c’est en cet endroit que les marchandises se transportent sur des bateaux plats, pour y faire les chargemens des vaisseaux. Depuis l’augmentation de deux nouveaux sols pour livre, il en coûte pour droit de sortie par tonneau de vin, 34 liv. 5 sols, & douze livres de frais jusqu’à bord du vaisseau, & pour l’eau-de-vie 18 liv. 10 sols par chaque 27 septiers, & 6 liv. de frais.
Manufacture. Il n’y en a qu’une de fayance, sans privilège, appartenante à M. E. Augier.
Il n’y a pas à Coignac de Jurisdiction Consulaire. Les Juges du Siège Royal, connoissent des affaires de Bourse.
Procureurs à qui on peut s’adresser. MM. Bernard l’aîné ; Chauvin.
Courier. Part de Paris les mardis & samedis, à midi, dimanches & mercredis, à deux heures.

JARNAC

petite ville de Fr., dans l’Angoumois, sur la Charente, à 2 lieues de Cognac, par où il faut écrire.
Productions & commerce. Voyez COGNAC : ce sont les mêmes.
Négocians, MM. Demontis (Paul). Ranson (Jean). Ranson (J.) & de la Main. Renard (J. J.).
Pour les mesures & usages, voyez COGNAC.
[ALM 1779 : …, à 100 lieues de Paris.
Productions & commerces. Grains, vins, eaux-de-vie. Grains de toutes especes ; bons vins & eaux-de-vie de Cognac & de l’Angoumois ; l’eau-de-vie fait la branche principale de commerce ; dans les bonnes années, l’exportation peut aller depuis 1500 à 2000 pieces de 60 setiers, chaque setier contient 8 pintes de Paris ; les chargements s’en font à Charente, petite ville sur la riviere de ce nom, à une lieue de Rochefort : les plus fortes demandes pour ces eaux-de-vie, sont faites pour l’Angleterre, où elles sont fort estimées à cause de leur qualité.
Négocians, MM. J. J. Ranson & de la Main - cette maison ajoute à son commerce très-étendu qu’elle fait, d’eau-de-vie, celui de la graine de lin, qu’elle étend considérablement avec l’Angleterre. Jean Renard (père), Jean Renard (fils), Paul Roulet & Desbordes, Ranson Bois-Blanchard, Paul Demontis, François Faure.
Courier. Part de Paris les mardis & samedis à midi, mercredis & dimanches à 2 heures.]

AUBETERRE

[ALM 1779 : ville de France dans l’Angoumois aux confins du Périgord, située au bord occidental de la Dronne, au-dessous de Riberac & au-dessus de Saint-Aulaye ; ce pays fait un grand trafic, tant de ses bleds que de ses vins qui s’exportent par le moyen de la Charente, du côté de Bordeaux, & de-là en Flandres.
Il se fabrique à Aubeterre, beaucoup de papiers, & de grosses toiles, qu’on envoye à Bordeaux & à la Rochelle.
La Dronne qui y passe est une rivière renommée pour ses belles Carpes, qui fait une assez bonne branche de commerce.
Courier. Part de Paris les mardis & samedis à midi.


[2À confronter à l’article consacré aux poids et mesures.

[3Canéfice ou casse* : fruit du canéficier, dont les gousses viennent des Antilles. Aussi appelée « fausse cannelle ».

[4Brignoles : pruneaux.

[5Les noix de galle étaient utilisées pour la fabrication de colorant et d’encre.

[6Manne : « Suc concret qui nous vient, par Marseille, de la Sicile et de la Calabre, où on le récolte sur une espèce de frêne (fraxinus ornus, L.), appelé vulgairement frêne à la manne. La manne est purgative. » (Littré). Elle servait aussi d’édulcorant.

[7Maroquin : « Cuir de bouc ou de chèvre, apprêté avec de la noix de galle ou du sumac. Maroquin à gros, à petit grain. Livre relié en maroquin. » (Littré).

[8Verge : longue tringle.

[9Pipe : « La pipe de Poitou, de Bordeaux, de Cognac, de la Rochelle ; de l’Isle de Ré, contient 432 pintes de Paris. Il faut deux barriques d’eau-de-vie à Bordeaux, la Rochelle, l’Isle de Ré, pour faire une Pipe. Ainsi la barrique a 216 pintes, le poinçon des mêmes endroits est de 288 pintes. » (J. Peuchet, Vocabulaire des termes de commerce, 1801).

[10Marignan ou Maragnan : Maranhão, état sur la côte nord-est du Brésil.

[11Ipécacuana : Racine vomitive venant du Brésil, et produite par deux végétaux de la famille des rubiacées. (Littré).

[12Couperose (verte) : sulfate de fer, utilisé en jardinage.

[13Charbon de terre : charbon, houille, par opposition au charbon de bois.

[14Poids de marc : système des unités de masse. La formule indique qu’on prend pour unité de poids la livre de Paris, qui vaut 489,5 g.

[15Siamoise : étoffe mêlée de soie & de coton qu’on a vue la premiere fois en France, lorsque les ambassadeurs du roi de Siam y vinrent sous le regne de Louis XIV. Les siamoises de fil & de coton ont été plus heureuses ; il s’en fait toujours un assez grand commerce. Les unes sont à grandes, & les autres à petites raies de diverses couleurs ; leur largeur est de demi-aune, ou de près d’une aune : quelques-unes se savonnent. Dictionnaire du Commerce. (D. J.).

[16Basin, ou bazin : Étoffe croisée dont la chaîne est de fil et la trame de coton – comme les bas et les siamoises, donc.

[17Liman : affluent de la Seudre.

[18L’aréomètre de Tessa n’a guère été utilisé qu’en Saintonge pour mesurer la teneur en alcool : voir Pierre Joigneaux, Le livre de la ferme et des maisons de campagne, tome 2, 1865, p. 345-347. D’après les tables de correspondance, 2, 4 et 11 degrés Tessa valaient respectivement 53, 59 et 79 degrés centigrades.

[19Étamine : « Étoffe légère, dont la trame n’est point velue, comme dans le drap ; mais faite de fil d’étain & de laine peignée, comme la chaîne. La belle étamine est fabriquée d’étain sur étain, ou d’une chaîne & d’une trame également lisses ; ce qui donne quelquefois à cette étoffe un brillant qui approche de celui de la soie ». Le fil d’étain est « un fil de laine plus tors qu’à l’ordinaire » (Lacombe de Prézel, Dictionnaire du citoyen, tome Ier, 1762, p. 242-243).

[20Molleton : tissu de laine doux, chaud, moelleux, légèrement foulé, tiré à poil d’un seul ou des deux côtés et ressemblant à une flanelle épaisse (Grand Larousse Universel)

[21Cadis : « Très-grosse étoffe de laine à grains, tondue et apprêtée à chaud comme le drap. » (Grand Larousse Universel).

[22Blé de Turquie : le maïs.

[23Serge : étoffe légère, de laine.

[24Droguet : « Étoffe, ou toute laine, ou moitié fil & moitié laine, quelquefois croisée, plus ordinairement sans croisure. Comme cette étoffe est à bon marché, la consommation en est considérable, & il y a bien des villes en France qui ont des fabriques de droguets... » (Lacombe de Prézel, Dictionnaire du citoyen, tome Ier, 1762, p. 221).

[25Martinet : gros marteau à bascule, mû ordinairement par la force de l’eau.

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